Négociations commerciales: des enseignes «prêtes à bafouer» la charte d’engagement
Dans un communiqué commun du 8 avril, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) se sont dits «abasourdis et en colère devant le comportement de certains distributeurs» à l’issue du comité de suivi hebdomadaire des «nouvelles négociations commerciales». «Une semaine après la signature de la charte, certaines enseignes sont prêtes à bafouer son contenu sans aucun scrupule», poursuivent les deux syndicats. Or, le président de la commission économie à la FNSEA, Yannick Fialip, alerte: «Si des hausses de tarif ne sont pas passées très rapidement, la durabilité des filières sera remise en cause». «La distribution n’a absolument pas conscience de ce qui se joue pour la santé des entreprises», abonde le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé. «La charte ne traduit que des intentions. Les distributeurs jouent d’artifices pour reporter le sujet et restent dans leur logiciel de guerre des prix.» Les trois organisations, FNSEA, JA et Coopération agricole, insistent sur le décalage entre l’inflation alimentaire constatée dans les rayons français (+2,8% sur un an en mars selon l’Insee) et celle dans le reste de l’Europe. «Dans certains pays, elle atteint même 10 à 12 %, là où la répercussion des hausses de charges est plus réactive», signale le communiqué commun de la FNSEA et des JA.
Lait: dix organisations de producteurs en désaccord avec Lactalis sur le prix du lait
Pour la première fois depuis la signature d’un accord-cadre en septembre 2019, l’Unell (association de neuf OP livrant à Lactalis) n’a pas trouvé d’accord avec Lactalis sur un prix du lait au mois d’avril, à l’instar de l’organisation de producteurs de Lait Grand Ouest (OPLGO) qui, elle, n’a pas d’accord-cadre avec l’industriel. «Lactalis souhaitait amputer le prix du lait pour le mois d’avril sur la base de l’étude commandée par Atla (portant sur un correctif de l’indicateur beurre-poudre, nldr)», relate le président de l’Unell Claude Bonnet à Agra Presse. L’AOP a donc rejeté la proposition de Lactalis au motif que l'indicateur en question n'aurait pas été validé l'interprofession, comme le prévoirait leur accord-cadre. En conséquence, l’industriel a annoncé reconduire le prix du lait du mois de mars (404€/1000 l) au mois d’avril, d'après une note d'information envoyée aux producteurs. L’OP Lait Grand Ouest signale une même décision «unilatérale» de la part de Lactalis après que des représentants des producteurs ont refusé un «protocole d’accord» comportant la reconnaissance du correctif sur l’indicateur beurre-poudre, indique leur président Frédéric Epineau. «On ne lâchera pas la négociation sur le mois d’avril», assure-t-il. Contacté Lactalis n'a pas encore répondu à nos sollicitations.
Lait: les fromages de Savoie IGP préparent leur dossier de reconnaissance en AOP
Dans un communiqué du 6 avril, les fromages de Savoie IGP (tomme de Savoie, raclette de Savoie, emmental de Savoie) ont fait le point sur l’avancée du projet de passage en AOP, annoncée en 2019. La démarche a été validée en assemblée générale le 7 décembre puis entérinée par le conseil d’administration de l’organisme de défense et de gestion (ODG) des trois IGP, Savoicime. La «prochaine étape» sera la rédaction des cahiers des charges pour déposer une candidature à la commission nationale de l’INAO, informe le communiqué. «Nos fromages IGP de Savoie se caractérisent par le fait que toutes les étapes de production se font dans la zone géographique, explique dans le communiqué Thomas Dantin, le président de Savoicime. Nos vaches mangent les produits de la zone, en autonomie fourragère, et notre savoir-faire témoigne d’un vrai lien au terroir, à tous les maillons de la chaîne de fabrication. Ce lien est mieux reconnu par le consommateur et le grand public, quand on est en AOP». La tomme de Savoie et l’emmental de Savoie ont obtenu la reconnaissance européenne en IGP en 1996 et la raclette de Savoie en 2017.
Oeufs: touchée par l'influenza, la production attendue en net retrait début 2022
Touchée par la crise de l'influenza aviaire dans l'ouest de la France, la filière oeufs s'attendait, la semaine dernière, à une production en retrait de 9% sur le premier semestre 2022 (par rapport à la même période en 2021), rapporte l'interprofession (CNPO), d'après des estimations de l'Itavi. «Fin mars, plus de 3 millions de poules pondeuses avaient déjà été abattues en France, ce qui représente 2,5 millions d’œufs par jour soit 6% de la production française», indique l'interprofession dans un communiqué paru le 11 avril. Il faut y ajouter 800 000 poulettes abattues, dont l'absence retardera les mises en place. «Au niveau européen, ce sont plus de 16 millions de poules pondeuses qui ont été abattues depuis cet hiver.» Des solutions sont à l'étude pour diminuer cette baisse, qui engendre déjà «des ruptures d’approvisionnement», indique le CNPO. Confrontée également à l'inflation des matières premières, le CNPO demande des efforts aux acteurs de la restauration hors domicile (RHD), en particulier à la restauration collective publique. La demande porte sur les «conditions d’exécution des marchés publics» et l'augmentation des budgets. Une circulaire signée par le Premier ministre a été présentée au Conseil national de la restauration collective (CNRC) le 1er avril, qui donne des indications pour répercuter l'inflation.
Climat : réduire l’élevage en protégeant les prairies (cercle de réflexion)
Dans une note publiée fin mars, le cercle de réflexion La Fabrique écologique détaille un ensemble de mesures qui permettrait d’accompagner la réduction de l’élevage bovin déjà en cours, tout en protégeant les prairies permanentes. Alors que le cheptel bovin français perd actuellement 1,5% de ses effectifs par an, les chercheurs rappellent que le scénario de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) repose sur un cheptel «réduit de 25 à 30%» entre 2015 et 2030. Pour atteindre ces objectifs sans mettre en danger les stocks de carbone des prairies et leur biodiversité, «l’élevage des ruminants doit progressivement être redimensionné et recentré sur les prairies permanentes», estiment les auteurs. Principal levier: déspécialiser le cheptel en promouvant «des croisements et le recours à des races dites “mixtes” ou “légères”». Dans le détail, les auteurs souhaiteraient accorder plus de place dans les écoscheme à «des démarches volontaristes d’extensification ou de baisse du cheptel ruminant». Du côté du secteur privé, une méthode bas-carbone pourrait être développée «pour financer spécifiquement la réduction des chargements des élevages». Par ailleurs, un nouveau label «élevage à l’herbe» permettrait de «consommer moins mais mieux», en rejoignant les critères d’achat issus d’Egalim en restauration collective.
Guerre en Ukraine: la Russie «provoque la faim dans le monde» (UE)
Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a accusé le 11 avril la Russie de «provoquer la faim dans le monde» avec la guerre en Ukraine, en détruisant les stocks de blé et en empêchant de l'exporter, notamment en Afrique. «Les Russes rendent les sanctions (imposées par les Occidentaux) responsables des pénuries alimentaires et des prix en hausse alors que ce ne sont pas les sanctions», a déclaré le responsable espagnol à l'issue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg. «La Russie sème des bombes dans les champs en Ukraine, les navires de guerre russes bloquent des dizaines de bateaux chargés de blé», a poursuivi M. Borrell. «Ils provoquent la pénurie. Ils bombardent des villes ukrainiennes et provoquent la faim dans le monde», a-t-il dit. «Donc arrêtez de blâmer les sanctions. C'est l'armée russe qui cause des pénuries alimentaires. Et l'Afrique est une source d'inquiétude majeure parce qu'ils sont particulièrement exposés à la crise alimentaire à venir», a-t-il insisté. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a indiqué le 8 avril que les prix mondiaux des denrées alimentaires avaient atteint en mars leurs «plus hauts niveaux jamais enregistrés», la guerre en Ukraine faisant peser un risque de crise mondiale. La Russie et l'Ukraine sont respectivement premier et cinquième exportateurs mondiaux de blé, représentant à eux seuls 30% de l'approvisionnement mondial.
Agenda: l'assemblée générale d'Anvol reportée au 28 juin
Compte tenu de la crise d'influenza aviaire qui touche actuellement l'Ouest de la France, l'assemblée générale de l'interprofession volaille de chair (Anvol), prévue initialement ce 14 avril, a été reportée au 28 juin, apprend-on auprès de ses équipes. L'évènement se tiendra bien à Angers.