Commission européenne: Pac, simplification, eau, les axes de travail pour 2025
Vision sur l’agriculture et l’alimentation le 19 février, nouveau paquet de simplification de la Pac au printemps, stratégie sur la résilience en eau avant la pause estivale. La Commission européenne a publié le 12 février son programme de travail (et son annexe) pour 2025, dont la plupart des éléments avaient été éventés depuis plusieurs jours, qui fixe comme priorités la simplification de la réglementation et la compétitivité économique. 51 initiatives législatives sont annoncées dont une dizaine portant sur la simplification, 37 textes seront retirés et 35 évaluations de la législation (dont celle sur les pratiques commerciales déloyales cet automne) vont être menées. Mais aucune date n’est pour l’instant fixée concernant la publication de la réforme de la Pac post-2028 ni concernant la stratégie sur l’élevage envisagée par le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen. La communication de la Commission précise que la Vision sur l'agriculture et l'alimentation «définira une feuille de route pour les principales propositions stratégiques». Les mesures de simplification de la Pac permettront, elles, «de s’attaquer aux sources de complexité et de charge administrative excessive». Enfin, la stratégie sur l’eau devrait «garantir que les sources d’eau sont correctement gérées, et que les pénuries et pollutions soient traitées». Une stratégie sur la bioéconomie est également prévue pour le troisième trimestre.
Budget de l’UE : Bruxelles donne le coup d’envoi du prochain cadre financier pluriannuel
La Commission européen a donné, le 12 février, le coup d’envoi à la conception du prochain cadre financier pluriannuel de l’UE (CFP) dont la proposition sera publiée en juillet. Dans une communication intitulée «La voie vers le prochain cadre financier pluriannuel», Bruxelles souhaite jeter les bases pour «adapter le budget à long terme de l'UE à l'évolution des besoins et des priorités». En matière agricole, l’exécutif européen met en avant plusieurs défis comme le revenu volatile, le renouvellement générationnel, le déficit en matière d’investissement pour soutenir les transitions (numérique, écologique et énergétique) ou encore le changement climatique. Pour y répondre, la Pac doit «trouver le juste équilibre entre les incitations, les investissements et la réglementation», selon la Commission. Elle doit aussi être plus simple et plus ciblée aux agriculteurs qui en ont le plus besoin mais aussi «veiller à ce que les agriculteurs disposent d’une revenu équitable et suffisant». Bruxelles suggère également de «promouvoir des résultats positifs sur les plans environnemental et social au moyen de rétributions et d’incitations financières pour les services écosystémiques».
Pac: contribution de Farm Europe à la Vision sur l'agriculture, axée vers les «entrepreneurs»
Le think tank agricole Farm Europe a remis le 12 février au commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen sa contribution en vue de la Vision sur l’agriculture et l’alimentation qui sera présentée le 19 février. Il plaide pour une Pac axée sur les entrepreneurs et les mesures d’incitation pour favoriser une intensification durable de la production de l’UE, plutôt que sur des normes décourageant les agriculteurs. «Plutôt qu’accorder des flexibilités aux Etats membres sans garantie de résultats, l’UE devrait promouvoir une approche innovante en proposant des flexibilités aux agriculteurs eux-mêmes leur offrant le choix entre différentes formes de soutien», est-il proposé. Mais, prévient Farm Europe, la prochaine Pac devra soutenir ceux qui produisent des biens agricoles en même temps que des externalités positives en lien avec leur activité et rejeter «l’approche consistant à promouvoir des gestionnaires non productifs de l’environnement». Le think tank met également en garde sur la situation du budget: «Si nous continuons à ne pas intégrer l’inflation pour ajuster la valeur de la Pac en 2034, 54% de sa valeur s’évaporera (soit 250 milliards d’euros), en 14 ans seulement».
Climat: l'agriculture «peu tarifée» comparativement aux autres secteurs (Bercy)
Dans un rapport paru en janvier sur la «neutralité carbone», la direction générale du Trésor (ministère de l'Économie) souligne que, en France, «les externalités climatiques de l’agriculture sont peu tarifées aujourd’hui», comparativement à d'autres secteurs de l'économie. Cela est dû à l'absence «totale» de tarification sur ses émissions non-énergétiques (contrairement par exemple à l'industrie) et à la présence de taux réduits sur les émissions énergétiques (p.ex. GNR). Si bien que les émissions des exploitations agricoles sont tarifées au niveau de 5 €/t CO2eq, contre 91 €/t CO2eq en moyenne dans l'économie française. Dans ce même rapport, la DG Trésor conclut que la tarification des émissions de GES agricoles «pourrait être efficace». Et de mettre en avant l’élasticité-prix «relativement élevée des consommations alimentaires émissives (proche de -1 pour la plupart des viandes) et de la consommation des intrants émissifs à long terme (-0,9 pour les engrais).» Dans une thèse de doctorat soutenue début avril, une chercheuse française met aussi en évidence l’intérêt des subventions par rapport à la taxation des émissions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole.
Fruits et légumes : les exportations françaises vers l'Espagne en hausse en 2024
Les importations de fruits et légumes frais en provenance de France, principal fournisseur du marché espagnol, ont augmenté de 20% en 2024 (de janvier à novembre) par rapport à la même période en 2023 indique la Fepex (exportateurs espagnols)dans un communication le 12 février. Elles frôlent le million de tonnes ( 989 263 tonnes) sur la période. Le deuxième fournisseur est le Maroc, d'où ont été importées 398 826 tonnes, soit 1% de plus. Le Portugal a également enregistré une croissance de 20%, avec 379 151 tonnes, ce qui en fait le troisième fournisseur du marché espagnol. D’une manière générale, l’Espagne a importé 12% de fruits et légumes européens de plus qu’en 2023, pour atteindre 1,9 million de tonnes. L’ensemble des importations de fruits et légumes ont augmenté de 6% pour atteindre 3,9 millions de tonnes. Cela reflète une tendance régulière : depuis 2020, les importations en provenance de l’Union européenne ont progressé de 27%. En parallèle, et celles des pays tiers ont gagné 25% entre 2020 et 2024. Les fruits et légumes non espagnols sont plutôt bien valorisés sur le marché espagnols : le prix moyen en novembre s'est établi à 1,16 euro/kilo, ce qui représente une croissance de 5,3% par rapport à novembre 2023, qui était de 1,10 euro/kilo.
Fruits : la dénomination Melon de Cavaillon enregistrée au registre des IGP
La Commission européenne a validé, le 12 février, l’enregistrement de la dénomination «Melon de Cavaillon» au registre des indications géographiques protégées (IGP). Bruxelles précise que le «Melon de Cavaillon» est un melon de type charentais jaune, cultivé en France, dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Bouches-du-Rhône, le Var et Vaucluse. Selon l’exécutif européen, le «Melon de Cavaillon» se caractérise par «la couleur orange soutenue de sa chair, l’homogénéité de la couleur de la robe à maturité optimale, un taux de sucre optimal». «Cette certification vient récompenser le savoir-faire des producteurs locaux et la qualité exceptionnelle de ce melon au goût sucré et raffiné», indique le Syndicat des Maîtres Melonniers de Cavaillon dans un message posté sur ses réseaux sociaux. Cette nouvelle appellation vient s’ajouter à la liste des 3.646 produits déjà protégés par l’UE.
Tomate/Maroc : Emmanuel Macron invite Mohammed VI au Salon de l’agriculture
Emmanuel Marcon aurait envoyé une invitation officielle au roi du Maroc, Mohammed IV, pour assister à la prochaine édition du salon international de l’Agriculture, selon des informations du journal le Monde le 12 février. Le grand rendez-vous agricole français mettra en effet à l’honneur pour la première fois un pays, en l’occurrence le Maroc. A cette occasion, une importante délégation marocaine est attendue au salon, rapporte le journal, «alors que de part et d’autre les échanges agricoles ont bondi, tirés par la croissance des exportations françaises de céréales et par la hausse des exportations marocaines de fruits et légumes». La visite interviendrait alors que la contestation contre l’accord agricole noué entre l’Union européenne et le Maroc est toujours très forte, symbolisée par la tomate cerise marocaine. Dénonçant une concurrence déloyale, les producteurs français ont plusieurs fois manifesté contre la situation. Un récent rapport du CGAAER préconise une révision du mécanisme du prix d’entrée dont bénéficient les tomates marocaines. «Le regain de confiance entre les deux pays pourrait toutefois pâtir des nouveaux rapports de force syndicaux en France», analyse Le Monde. Le roi Mohammed IV n’a pas encore répondu à l’invitation de l’Élysée. Dans l’affirmative, ce serait sa première visite depuis 2018.
Sucre : Südzucker table sur un rebond des prix européens en 2025-2026
Dans un communiqué du 11 février, le groupe sucrier Allemand Südzucker (leader européen) explique tabler sur un rebond «considérable» des prix du sucre sur le marché européen lors de la campagne commerciale 2025-2026, s'étalant sur la période octobre 2025-septembre 2026. La justification: les cours ont considérablement décroché depuis octobre 2024, amoindrissant la probabilité qu'ils régressent davantage. De plus, un rebond est observé en ce début d'année 2025. Pour rappel, les valeurs du contrat à terme de Londres étaient passées de 582,8 $/t en spot (première échéance de livraison) au 1er octobre 2024 à 466,4 $/t au 21 janvier 2025. Puis, elles ont progressé, atteignant 532,8 $/t au 11 février. Attention toutefois : le marché mondial semble bien approvisionné, selon plusieurs analystes privés. Südzucker se montre par ailleurs prudent, soulignant la forte volatilité des marchés, dans un contexte géopolitique instable (guerre en Ukraine). De plus, l'hypothétique rebond des cours en 2025-2026 ne sera pas suffisant pour faire réellement remonter son Ebitda, qu'il projette à 525-675 M€, contre 550-650 M€ en 2024-2025.
Sucre : Cristal Union confirme son prix au producteur, malgré le contexte difficile
Dans un communiqué du 12 février, le groupe sucrier français Cristal Union a confirmé son objectif de prix payé au producteur de 40 €/t de betterave pour la campagne commerciale 2024-2025, allant d’octobre 2024 à septembre 2025. Et ce dans un contexte jugé difficile par l’entité. «Dans un contexte de marchés en baisse, l’objectif de prix de 40€/t, que nous avions annoncé en assemblée générale en mai dernier, sera tenu», a déclaré Olivier le Bohan, le président, dans le communiqué. La campagne culturale a été marquée par un déficit d’ensoleillement et une forte pluviométrie. Ajoutons à cela le développement de maladies fongiques. Les rendements sont estimés par le groupe coopératif à une moyenne de 84 t/ha, «sous la moyenne 5 ans», avec de fortes variations selon les secteurs, précise le communiqué. Le taux de sucre moyen s’élève à 16,7%, «en baisse d’un point par rapport à l’an dernier». Néanmoins, Cristal Union juge que la culture s’est bien adaptée au contexte climatique adverse. Il indique par ailleurs que «les huit sucreries ont produit 1,5 Mt de sucre issu de betterave et les deux distilleries 2 Mhl d’alcool et de bioéthanol».
Céréales : les stocks mondiaux de maïs moins élevés que prévu (USDA)
Les stocks mondiaux de maïs devraient être moins élevés qu'anticipé en fin de campagne, selon des chiffres publiés le 11 février par le ministère américain de l'Agriculture (USDA), qui relève aussi une baisse de la production de soja. L'USDA prévoit désormais que les réserves mondiales de maïs, à l'issue de la campagne 2024-25, atteignent 290,31 Mt, en baisse de 1,03% par rapport aux estimations du mois précédent. «C'est inférieur aux attentes des opérateurs», a signalé à l'AFP Gautier Le Molgat, PDG d'Argus Media France. Ce repli s'explique par la baisse de la demande chinoise, qui passe «d'importations d'environ 13 Mt à 10 Mt», a noté M. Le Molgat. Le ministère américain de l'Agriculture a aussi révisé en baisse (-1 Mt par pays) le potentiel de production de maïs en Argentine et au Brésil «en raison d'une baisse des rendements». Dans le même temps, les estimations mondiales de production de soja ont été rabotées de 4 Mt, à 420,76 Mt. «On constate une révision en baisse en Argentine de 3 Mt du potentiel de production (...) liée au temps chaud», a relevé M. Le Molgat.
Assurance récolte : légère baisse des hectares assurés chez Groupama en 2024
En conférence de presse le 12 février, Groupama a annoncé une charge totale de l’assurance récolte de 255 millions d’euros (M€) en 2024, essentiellement en raison de trois principaux aléas: l’excès d’eau, la grêle et le gel. «Les aléas climatiques deviennent la norme, avec des sinistres agricoles moins intenses mais plus fréquents», précise Gwénaël Simon, directeur assurances de Groupama. Et d’ajouter qu’en 2024, un hectare sur deux a été déclaré sinistré, avec des précipitations quasi ininterrompues dans la majorité du territoire représentant 137 M€ redistribués, devant la grêle (59 M€) et le gel (15 M€). À noter que les grandes cultures ont été les plus touchées (94 %) par l’excès d’eau, devant la viticulture (6 %) et l’arboriculture (1 %). Après la réforme de l’assurance récolte en 2022, Groupama a observé une forte augmentation de ses hectares assurés en 2023 (+37% de croissance), suivie d’une année plutôt en retrait en 2024 (- 4%). Au niveau national, l’objectif est d’arriver à 60% de surfaces agricoles assurées d’ici 2030, contre 23% en 2023. Pour «absorber la sinistralité de la Ferme France», la constitution d’un groupement de co-réassurance est prévue par la réforme de l’assurance récolte. D’ici l’été, l’autorité de la concurrence devrait rendre une décision à son propos, souligne Pascal Viné, directeur des relations institutionnelles de Groupama.
Eau : les niveaux des nappes globalement en hausse sauf dans le Sud-Est
Dans son bulletin de situation hydrogéologique publié le 12 février, le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) a annoncé que la situation des nappes phréatiques est «très satisfaisante dans une grande partie du territoire, avec 68% des niveaux au-dessus des normales mensuelles». En revanche, les nappes du sud-est n’ont pas bénéficié de cumuls pluviométriques suffisants ces trois derniers mois. Aussi, «les niveaux restent généralement en baisse ou stables», indique le BRGM. En outre, les nappes de la plaine du Roussillon et du Massif des Corbières enregistrent toujours «des niveaux bas à très bas». «Les précipitations de ces derniers mois sont très insuffisantes pour compenser les déficits pluviométriques accumulés depuis près de trois ans dans les Pyrénées-Orientales», précise le BRGM. Selon Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM, les nappes roussillonnaises «ne retrouveront pas des niveaux conformes aux normales d’ici le printemps», et ce même s’il y a des pluies excédentaires. Parallèlement, le service géologique note que des nappes réactives «ont pu participer aux inondations observées en janvier en Bretagne, soit directement en débordant ou en contribuant à l'alimentation de cours d'eau déjà en crue, soit indirectement en limitant l'infiltration des pluies et l'évacuation des eaux».
Commission européenne : Pierre Bascou confirmé directeur général adjoint de la DG Agri
La Commission européenne a confirmé, le 12 février, le maintien du Français Pierre Bascou en tant que directeur général adjoint à la direction générale de l’agriculture et du développement rural (DG Agri). Il aura notamment la responsabilité des directions chargées des marchés agricoles et des relations internationales. La date d'entrée en vigueur sera déterminée ultérieurement. Il occupe déjà cette fonction de manière intérimaire depuis le départ de Michael Scannell fin avril 2023. Ingénieur en agronomie à l'Esa de Toulouse et docteur en économie agricole à l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni), Pierre Bascou est entré à la Commission européenne en 1992 et a été directeur de trois directions différentes au sein de la DG Agri, celles des marchés, des aides au revenu et de la durabilité. Par ailleurs, la DG Agri cherche son troisième directeur général adjoint en charge des directions F (sensibilisation, recherche et indications géographiques), H (assurance et audit) et I (questions juridiques, procédures et relations interinstitutionnelles). Le dépôt des candidatures est ouvert jusqu’au 11 mars (12h).
Lait/Siqo: Cécile Podeur nommée déléguée générale du Cnaol (AOP laitières)
Dans un communiqué du 12 février, le Cnaol (AOP laitières) annonce la nomination de Cécile Podeur au poste de déléguée générale. La nouvelle responsable est «forte de près de 20 ans d’expérience au sein de l’AOP pélardon» (fromage de chèvre), rappelle l’organisation. A partir du 1er mars, elle succèdera à Sébastien Breton, qui, «après dix années consacrées au Cnaol, a décidé de se tourner vers de nouveaux projets professionnels». Créé en 2002, le Conseil national des appellations d’origine laitière assure la défense et la promotion de 51 AOC laitières (46 fromages, trois beurres, deux crèmes).
Coopératives : Bruno Colin réélu président du pôle animal de La Coopération Agricole
Les présidents des quatre sections du pôle animal de La Coopération Agricole ont réélu ce 11 février Bruno Colin à la présidence du pôle, pour une 3e mandat, annonce un communiqué. Lui-même président de la section bovine, Bruno Colin énonce dans le communiqué deux objectifs transversaux majeurs pour 2025 : «défendre les intérêts des coopératives dans le cadre de la révision du règlement européen sur la protection animale lors du transport» et «donner une nouvelle impulsion aux actions de prévention et d’anticipation lors les Assises du sanitaire». Polyculteur-éleveur de bovins laitiers et viande dans la Meurthe-et-Moselle, vice-président du groupe CAL, Bruno Colin est par ailleurs vice-président de la Coopérative Agricole de Lorraine.