Dans un rapport sur la «neutralité carbone» paru en janvier, la direction générale du Trésor (ministère de l'Économie) conclut que la tarification des émissions de GES agricoles «pourrait être efficace». Et de mettre en avant l’élasticité-prix «relativement élevée des consommations alimentaires émissives (proche de -1 pour la plupart des viandes) et de la consommation des intrants émissifs à long terme (-0,9 pour les engrais).» En revanche, l’élasticité-prix des émissions dites «négatives agricoles (stockage de carbone)» est qualifiée d'«incertaine». Selon les auteurs, le potentiel de réduction des émissions domestiques lié à la mise en œuvre d’une taxe carbone de 100 €/tCO2eq au niveau des consommateurs sur l’ensemble des produits alimentaires (et sans recyclage des recettes) pourrait atteindre jusqu’à 11%, par rapport aux émissions engendrées par la consommation alimentaire en 2010. Les auteurs préviennent toutefois qu'en l’absence d’une hausse de prix qui s’appliquerait à l’ensemble des produits alimentaires y compris importés, les consommateurs «pourraient se reporter vers des produits émissifs étrangers, ce qui annulerait les bénéfices environnementaux d’un signal-prix renforcé tout en pénalisant les producteurs domestiques».
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