Agrafil du 13 août 2024

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Céréales: assurance récolte accélérée et avances d’aides Pac mi-octobre (ministère)

Alors que la France a engrangé l’une de ses pires moissons depuis 40 ans, la Codar (Commission d’orientation et de développement des assurances récolte) se «réunira dès le mois de septembre», ce qui permettra d’accélérer le versement des indemnités de l’assurance récolte, a annoncé le ministère de l’Agriculture le 12 août. Selon son communiqué, il s’agit d’une «accélération de près de six mois par rapport au calendrier habituel». Lors de cette échéance rapprochée, la Codar sera en mesure de «statuer sur les demandes de reconnaissance que les services départementaux vont faire établir d’ici la première quinzaine de septembre». Par ailleurs, le ministère dit avoir obtenu «l’autorisation de verser, au 16 octobre, une avance de 70% sur les aides découplées de la Pac» (soit le maximum autorisé). La Rue de Varenne rappelle aussi les autres aides disponibles pour les céréaliers: dégrèvement de la TFNB (à la main des préfets), reports des cotisations sociales (caisses locales de la MSA), épargne de précaution. Dernier étage de la fusée: «une solution de garantie publique pourrait être activée», selon le ministère, qui a réuni les banques, «afin de déployer, en lien avec les établissements bancaires, des prêts de restructuration de moyen terme».

Bovins: un vaccin autorisé contre la MHE, probablement disponible en septembre

Le vaccin Hépizovac contre la maladie hémorragique épizootique (MHE) a reçu une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) le 6 août, afin de pouvoir envisager une vaccination des bovins à l’automne. Selon le document d’autorisation, il permet de «prévenir la virémie (présence de virus dans le sang, NDLR) et réduire les signes cliniques systémiques y compris l'hyperthermie». Fabriqué par l’espagnol CZ Vaccines, il se conserve au réfrigérateur et est administré à partir de deux mois, en deux injections «à trois semaines d'intervalle». Son autorisation a été «attribuée en prenant en compte une balance bénéfice / risque jugée positive», prévient l’ANMV (Agence nationale du médicament vétérinaire), qui a délivré l’ATU, «compte tenu d’une situation sanitaire nécessitant une vaccination en urgence». En raison d’un «niveau de preuve à ce jour limité» sur certaines mentions, «un travail est en cours avec le titulaire pour apporter des garanties supplémentaires». Parmi les inconnues, l’impact sur la sphère reproductrice et la lactation, ainsi que les interactions avec d’autres médicaments. Le 9 août, la DGAL (ministère) a indiqué prévoir une disponibilité «en septembre», pour une «vaccination volontaire à la charge des éleveurs selon une stratégie à définir», d’après un document diffusé par la fédération des groupements techniques vétérinaires (FRGTV) des Pays de la Loire.

Influenza: «suspicion forte» dans un élevage d’Ille-et-Vilaine, la première pour 2024-2025

«Une suspicion forte d'IAHP (influenza aviaire hautement pathogène, NDLR) a été posée dans un élevage» à Combourg, à mi-chemin entre Rennes et Saint-Malo, annonce la préfecture d’Ille-et-Vilaine dans un message envoyé aux professionnels le 12 août. L’élevage comprend 500 animaux (poulets, poules pondeuses, canards, pintades et oies), en bâtiment et en plein air. Via un arrêté préfectoral du 11 août, les pouvoirs publics ont mis en place une zone réglementée temporaire dans un rayon de 10 km (trois communes); les mouvements de volailles y sont «interdits à ce stade», indique la préfecture. S’il se confirme, ce cas sera le premier de la saison 2024-2025, qui a démarré le 1er août. Au cours de la saison 2023-2024, marquée par la mise en place de la vaccination obligatoire des canards, la France a dénombré dix foyers en élevage et 33 en faune sauvage, contre presque 400 en 2022-2023 et 1400 en 2021-2022. Une baisse de la pression virale qui a été observée dans l’ensemble de l’UE. Dans l’Hexagone, une nouvelle campagne de vaccination est attendue pour octobre, mais le ministre de l’Agriculture n’a pas encore présenté son arbitrage sur son financement, au grand dam des professionnels.

Climat: 40 départements toujours en vigilance orange canicule mardi 13 août

La vague de chaleur qui touche la France depuis ce week-end se poursuivra le 13 août, avec toujours 40 départements – dans une très large moitié est du pays –, maintenus en vigilance orange au moins jusqu’au lendemain, à minuit, a annoncé Météo France dans son bulletin le 12 août. Trois départements (Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme) ont par ailleurs été placés en vigilance orange pour les orages, une dégradation étant attendue dès la mi-journée du 13 août dans le Massif central, avec des cumuls de pluie «atteignant jusqu'à 30 à 50 mm en 24 h, voire localement jusqu'à 60 à 80 mm», de la grêle et des rafales pouvant atteindre jusqu’à 100 km/h localement, rapporte l’AFP. Lundi 12 août matin, Météo-France avait annoncé une fin de la vague de chaleur pour le lendemain dans une majeure partie du pays, qui devait repasser en vigilance jaune, sauf dans le Sud-Est. Plus précisément, elle indique dans son bulletin du 12 août que, «mardi, les chaleurs régresseront rapidement par l'ouest. Elles ne resteront très élevées que [dans] le Sud-Est». Avant d'atteindre la France, les vagues de chaleur ont balayé l'Europe. L’Espagne en termine avec son quatrième épisode le 12 août, quand l'Italie connaît un tunnel de températures élevées depuis plusieurs semaines.

Changement climatique: la version de travail du Pnacc-3 vise à «accompagner» les exploitations (presse)

Alors que la France est touchée par un nouvel épisode de fortes chaleurs, le secrétaire général à la Planification écologique Antoine Pellion rappelle que «l’adaptation au changement climatique est plus que jamais une priorité», dans un post publié sur LinkedIn le 10 août. Malgré la publication d’une note de cadrage par le Secrétariat à la planification écologique (SGPE) en juin, le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc-3) se fait toujours attendre. Selon Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, le Pnacc-3 est «prêt depuis [...] avril», mais il n’a pas pu être présenté en raison de plusieurs contretemps, dont la période de réserve liée aux élections européennes, puis la dissolution de l'Assemblée et la démission du gouvernement. Pour l’heure, seule une version de travail temporaire a été publiée par le média spécialisé Contexte. À noter que ledit document ne mentionne pas de mesures contraignantes, hormis pour certaines grandes entreprises. En matière d’agriculture, il précise qu’un «diagnostic modulaire d’évaluation de la résilience de l’exploitation au changement climatique» sera mis en place d’ici 2026, afin d’accompagner l’adaptation des systèmes de production à l’échelle des exploitations. Et de lister, parmi les mesures environnementales mises en place par le gouvernement, le lancement du Pacte en faveur de la haie en 2024, dont l’objectif est «d’atteindre un gain net de 50 000 km de haies entre 2024 et 2030», mais aussi du plan Eau, présenté en mars 2023, qui devra être poursuivi.

Abricots: repli de la production en 2024, avec des cours «soutenus» (Agreste)

Dans une note de conjoncture publiée le 9 août, le service de statistique du ministère de l'Agriculture (Agreste) confirme le repli de la production d’abricots en 2024. Au 1er août, elle est en effet estimée à 63 600 t, soit une baisse de 35% par rapport à la récolte de 2023 et de 21% par rapport à la moyenne 2019-2023. Dans la vallée du Rhône, en juillet, la récolte s’est terminée avec environ huit jours d’avance par rapport à 2023, confirmant la diminution de moitié de la production par rapport à 2023. En Occitanie, les aléas climatiques du printemps, notamment dans le Gard, ont affecté la production. Après une récolté élevée en 2023, elle y est estimée en baisse de 22% en un an. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le phénomène d’alternance de la production a été accentué par une floraison déficiente, du gel, une chute des fruits et des épisodes de grêle en été. Résultat, la réduction des rendements conduit à une production en baisse de 20% par rapport à 2023, souligne Agreste. À l’inverse, en juillet 2024, les cours des abricotes sont supérieurs de 25% à ceux de 2023 et de 4% à la moyenne quinquennale 2019-2023. Une fermeté des prix qui peut s’expliquer par une «concentration de l’offre» avec «le resserrement des récoltes dû à la précocité des variétés tardives» alors que «la consommation reste modérée», précise Agreste.

Inrae: une candidature collective interne à la présidence critique l'institut (presse)

Un collectif de 27 chercheurs et personnels de l’Inrae a déposé une candidature collective à la présidence de l’institut, qui doit être renouvelée par décret en octobre, a repéré le journal L’Humanité dans son édition du 6 août (article payant). D’après la déclaration d’intention publiée en intégralité sur le site du média Reporterre à la mi-juillet, le collectif dénonce «l’incompatibilité de la politique du "en même temps" portée par [notre] institut». Plus précisément, le groupe oppose les travaux de recherche «pourvoyeurs de développements technologiques énergivores (…) ou manipulant le vivant sans précaution (…)» et les recherches visant «à favoriser l’agriculture biologique, l’agroécologie, une alimentation plus saine et la restauration des écosystèmes». Il estime aussi que l’Inrae ne doit «pas plier face à un lobby ou aux politiques», mais «défendre» ses chercheurs et leurs travaux, selon les propos du chercheur et candidat Simon Fellous, recueillis par Reporterre. D’après le média en ligne, la candidature a été refusée, car la présidence «ne peut être collective». L’Inrae s’est aussi défendue des critiques du collectif dans une réponse publiée le 18 juillet par le média.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.