Agrafil du 14 août 2024

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Irrigation: les volumes d’irrigation abaissés de 25% dans le sous-bassin de l’Adour

À la suite d’une saisie en urgence par plusieurs associations environnementales le 18 juillet, le tribunal administratif de Pau a enjoint la préfecture des Landes à abaisser les volumes d’eau dont le prélèvement est autorisé pour l’irrigation agricole dans le sous-bassin de l’Adour par l’arrêté inter-préfectoral du 12 juillet. Dans l’attente de l’édiction d’une nouvelle mesure, les volumes d’eau dont le prélèvement est autorisé par l’administration ont été abaissés forfaitairement de 25%, précisé un communiqué dudit tribunal le 2 août. Pour justifier cette baisse, le juge des référés a rappelé «le mauvais état quantitatif et écologique de la majorité des masses d’eau superficielles et souterraines du sous-bassin de l’Adour, dont certaines sont dans une situation déséquilibrée où les volumes prélevés sont supérieurs aux volumes prélevables». Et d’ajouter qu’en dépit de la pluviométrie importante enregistrée depuis le début de l’année 2024, «il n’est pas établi (…) que l’état des masses d’eau, en particulier celui des cours d’eau, se soit amélioré durablement et de manière significative». Dans un post publié sur X le 3 août, Franck Laborde, président de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), précise que «les FDSEA et les JA du bassin de l'Adour n'acceptent pas les restrictions d'eau d'irrigation alors que les réserves sont pleines». «Il faudra m’expliquer pourquoi les arrêtés de restriction d’eau se succèdent dans les Landes, le Gers, les Pyrénées-Atlantiques», précise en réponse Georges Cingal, président de l’association environnementale Sepanso Landes, à Agra Presse le 13 août.

Ovins/bovins: la FCO-3 s'étend rapidement en Allemagne

L'Allemagne est confrontée à une inflation des foyers du sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO) – aussi apparu récemment en France – avec près de 1900 cas répertoriés depuis le début de l'année, selon les derniers chiffres officiels. Au 8 août, 1885 foyers du BTV-3, particulièrement virulent, ont été enregistrés en Allemagne, a indiqué le 13 août l'institut Friedrich-Loeffler (FLI), le principal organisme allemand de recherche sur la santé animale, dépendant du ministère de l'Agriculture. En 2023, seulement 23 avaient été recensés. «Il y a une véritable vague qui déferle depuis début juillet», a précisé à l'AFP une porte-parole de l'institut. Le tout premier foyer de FCO-3 avait été détecté en Allemagne le 12 octobre 2023. Depuis, d'autres sont apparus, concentrés dans l'ouest du pays, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Rhénanie-Palatinat, en Hesse, et en Basse-Saxe. Ils commencent à affecter le nord. Le gouvernement a promulgué en juin une ordonnance d'urgence pour l'utilisation provisoire de trois types de vaccins contre le BTV-3 dans les régions touchées par l'épizootie, en attendant que les autorités européennes autorisent un vaccin, probablement à l'automne, a précisé le ministère de l'Agriculture.

Oléagineux: l'USDA relève fortement les projections de production mondiale de soja

Plus de surface, plus de rendements, plus de stocks: la production américaine et mondiale de soja va atteindre des sommets, selon un rapport publié le 12 août par le ministère américain de l'Agriculture (USDA), ce qui plombait les cours de l'oléagineux. Dans son rapport mensuel WASDE (World Agricultural Supply and Demand Estimates), l'USDA anticipe pour la campagne 2024-2025 une production mondiale de 428,7 Mt, soit une hausse de 7 Mt par rapport à la projection de juillet. Cela reflète notamment une meilleure production aux États-Unis à presque 125 Mt (+4 Mt). «Ce sera un record de production aux États-Unis entre la forte hausse des rendements doublée de celle des assolements», a commenté Gautier Le Molgat, directeur d'Argus Media France, auprès de l’AFP. «La montée des stocks américains est aussi un record», a noté Dewey Strickler d'Ag Watch Market Advisors soulignant que ces données pesaient sur les cours de l'oléagineux le 12 août. Le prix du contrat rapproché avec échéance en septembre s'effondrait de 2,23% à 9,6675 $ le boisseau (environ 27 kg) vers 18h GMT. Pour Damien Vercambre d'Inter-Courtage, «les chiffres du soja sont une surprise car l'augmentation est très importante», notamment après les reports de surfaces du maïs en faveur du soja.

Cancer de la prostate: Phyto-Victimes obtient deux reconnaissances en Guadeloupe

En Guadeloupe, l’association Phyto-Victimes a obtenu la reconnaissance de maladie professionnelle pour deux cas de cancer de la prostate liés aux pesticides dont la chlordécone, apprend-on auprès de l’association le 13 août. Le premier accord obtenu par l’association auprès du FIVP (fonds d’indemnisation des victimes de pesticides) date du mois de juin, annonçait dès le 19 juillet Radio Caraïbes international. «Un deuxième accord a été obtenu en juillet», a confié la responsable du service d’aide aux victimes Claire Bourasseau à Agra Presse, le 13 août. Elle a ajouté que «six autres dossiers sont en cours». Les victimes de pesticides aux Antilles peuvent s’appuyer sur Phyto-Victimes pour obtenir la reconnaissance et l’indemnisation de leur maladie, mais ce n'est pas une obligation. Pour l’association – qui a ouvert une antenne guadeloupéenne en début d’année –, ces deux accords sont «ultra-positif», car cela prouve qu’elle dépose des dossiers «solides», estime Claire Bourasseau. «Mais il faut aller plus loin, il faut que le maximum de personnes aient accès à leurs droits. Il y a beaucoup à faire», confie-t-elle. Également implantée en Martinique depuis 2022, l’association y a obtenu «61 accords» de reconnaissance de maladie professionnelle, dont «52 qui sont des cancers de la prostate», a précisé Claire Bourasseau.

Noix du Périgord: face à une production en forte baisse, l’AOP en appelle aux pouvoirs publics

En raison des pluies incessantes du printemps et des gelées tardives dans les noyeraies du Périgord, l’année 2024 devrait se traduire par une production de noix en très forte baisse, rapporte France Bleu Périgord le 12 août. Un recul «de l’ordre de 30%», qui en fait «la plus basse depuis des dizaines d’années», précise Fabien Joffre, président de l’AOP Noix du Périgord. «Elle devrait cette année être comprise entre 9000 et 10 000 tonnes, soit le quart de la récolte de 2022», estime M. Joffre, qui préside également l’interprofession Noix du Sud-Ouest et la coopérative Coop Cerno, auprès de France Bleu Périgord. Face à cette nouvelle déconvenue pour le secteur, le responsable professionnel en appelle aux pouvoirs publics «pour qu’ils aident» les producteurs de noix à rénover leurs vergers «pour pouvoir les restructurer et  repartir de plus belle». Depuis trois ans, le secteur est mis à rude épreuve, avec notamment une importante chute des cours en 2022, suivie d’une faible récolte en 2023. Pour compenser les pertes de chiffre d’affaires des exploitations de noix les plus touchés par des aléas climatiques, sanitaires et économiques, le ministre de l’Agriculture avait d’ailleurs annoncé le 31 octobre 2023 l’ouverture d’un dispositif d'aide exceptionnel. Parallèlement, un rapport du CGAAER plaidait pour la structuration de la filière noix par le biais d’une organisation nationale de producteurs.

Influenza aviaire: le premier cas de la saison a été confirmé, en Ille-et-Vilaine

Le foyer d’influenza aviaire suspecté en début de semaine dans un élevage d’Ille-et-Vilaine a été confirmé le 13 août, ont annoncé plusieurs organisations agricoles le même jour. La veille, la préfecture d’Ille-et-Vilaine alertait les professionnels d’une «suspicion forte» dans un élevage multi-espèces de 500 animaux à Combourg, entre Rennes et Saint-Malo. La préfecture a mis en place des zones de protection et de surveillance dans un rayon de 3 et 10 km autour du foyer. «La France reste au niveau de risque négligeable. Ce cas implique cependant la perte, au niveau international, du statut indemne de la France», précise un courriel d’Innoval (coopérative de services aux élevages) et de GDS Bretagne (groupement de défense sanitaire). Il s’agit du premier cas de la saison 2024-2025, qui a démarré le 1er août. En 2023-2024, la France avait dénombré dix foyers en élevage – et 33 en faune sauvage –, contre presque 400 en 2022-2023 et 1400 en 2021-2022. Depuis octobre 2023, la vaccination est obligatoire pour les canards dans les élevages de plus de 250 animaux. Une nouvelle campagne de vaccination est attendue pour octobre, mais le ministre de l’Agriculture n’a pas encore présenté ses arbitrages sur son financement.

Blé: la récolte 2024 «permettra de répondre à la demande nationale» (Intercéréales)

Bien qu’«historiquement basse», la récolte 2024 de blé tendre et de blé dur pourra «répondre à la demande nationale», tout en permettant à la France de «rester présente sur la scène internationale», affirme Intercéréales dans un communiqué le 13 août. «Cette mauvaise récolte n’aura probablement aucun impact pour les consommateurs», assure son président Jean-François Loiseau, cité dans le communiqué. À l’export, ajoute-t-il, «les volumes seront moins importants, mais ils seront en priorité fléchés vers les clients historiques et partenaires de la France», notamment européens. L’interprofession note toutefois que les «caractéristiques meunières et boulangères [sont] préservées». «Notre filière souhaite un accompagnement ambitieux à la hauteur des enjeux de la part des pouvoirs publics», martèle son président, sans se prononcer sur les mesures de soutien annoncées le 12 août par le ministère de l’Agriculture. Alors que ces aides ne concernent que les agriculteurs, Intercéréales mentionne aussi les difficultés des organismes stockeurs, qui «devront consacrer plus de temps et d’énergie» pour le tri, le séchage et l’allotement. Quant aux transformateurs, ils «devront probablement adapter» leurs process et «seront amenés à utiliser plus de matières premières» vu la «baisse de densité des grains».

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.