Agrafil du 13 mars 2025

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Guerre commerciale : Bruxelles propose de répondre aux droits américains, l’agriculture visée

Alors que les taxes américaines sur les importations d’acier et d’aluminium sont entrées en application, l’UE a décidé de répliquer. En marge de la plénière de Strasbourg du 12 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a présenté les rétorsions européennes d’un montant total de 22,5 milliards d’euros (Md€). « Des contre-mesures rapides et proportionnées sur les importations américaines dans l’UE » qui se dérouleront en deux étapes. La première (d’environ 4,5 Md€), à partir du 1er avril, visera à remettre en place les mesures rééquilibrage sur les produits américains dans le cadre du différend sur l'acier et l'aluminium. La seconde (pour près de 18 Md€), qui devrait entrer en vigueur mi-avril (potentiellement le 12), concernera un ensemble de nouvelles contre-mesures sur les exportations américaines. La liste de produits  publiée inclut certains produits agricoles, notamment les importations de soja, volailles, viande bovine ou encore de produits laitiers. L’idée sous-jacente est de toucher des productions provenant d’Etats contrôlés par le Parti républicain. Cette liste doit, à présent, être soumise à consultation publique pour une durée de deux semaines (jusqu’au 26 mars) avant un affinage de la Commission européenne et le passage du texte devant les Etats membres, selon la procédure dite de comitologie. Dans l'intervalle, l'UE souhaite maintenir un dialogue avec Washington pour trouver une solution pérenne.

NGT: la présidence polonaise du Conseil de l'UE espère un compromis le 14 mars

La Pologne soumettra le 14 mars au vote du Comité des représentants des États membres auprès de l’UE (Coreper) son projet de compromis sur les nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT). C’est la version du compromis qui avait été discutée le 21 février en groupe d’expert, qui sera discutée. Globalement, il s’agirait de simplifier les modalités d’autorisation de mise en culture, en particulier pour les variétés de catégorie 1 (considérées comme équivalentes aux conventionnelles) et d’autoriser l’octroi de brevets. «Cette semaine devrait marquer un tournant pour l’agriculture européenne», espèrent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui soutiennent ce texte «qui apporte une clarté indispensable en exemptant les plantes NGT de catégorie 1 de la législation européenne sur les OGM». Les jeunes agriculteurs européens (CEJA) poussent aussi pour un accord rapide sur ce dossier. Mais l’issue du vote reste incertaine. Si la proposition polonaise obtient une majorité qualifiée au Conseil, la Présidence polonaise disposera alors d’un mandat en vue de débuter des négociations avec le Parlement européen qui a de son côté adopté sa position en février 2024 (sous la précédente mandature).

Engrais russes: réunion à Bruxelles le 14 mars, le Copa-Cogeca met la pression

En amont de la réunion des représentants permanents des Etats membres (Coreper II) du 14 mars, les organisations et coopératives agricoles de l’UE ont adressé, le 12 mars, une lettre aux Etats membres afin que des mesures correctives soient prises à la proposition de la Commission visant à introduire des droits de douane sur les importations d’engrais de Russie (et du Belarus). Le principal lobby agricole européen rappelle qu’aucune évaluation d'impact n’a été réalisée en amont de la proposition et que Bruxelles n’avait pas fourni de « stratégie claire à moyen et long terme pour assurer l'accès des agriculteurs à des engrais abordables ». Le Copa-Cogeca souhaite donc exclure les composants essentiels des engrais (N, P, K et N, P) du champ d’application des mesures mais aussi une suspension des droits de douane sur les autres sources d’approvisionnement et des dérogations à la directive Nitrates (ReNure, digestat et prairies). En outre, il propose, comme l’AGPB, des amendements ciblés : le report des mesures d'une année, l’inclusion d’un mécanisme de sauvegarde fiable, le relèvement des taux de quotas, ou encore la mise en place d’une clause de révision annuelle. 

Pac post-2027: l'Iddri craint un statu quo pour le budget et la structure de la Pac

Alors que la Commission européenne est en pleine réflexion sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE 2028-2034 (CFP) et envisage de proposer la fusion de certains fonds (en particulier ceux de la politique de cohésion et du développement rural) au sein de plans nationaux, le think tank Iddri craint, dans une analyse publiée le 12 mars, qu’au final «le budget et la structure de la Pac restent inchangés» freinant les réforme nécessaires, «compte tenu du nombre de questions que les dirigeants européens souhaitent aborder dans le prochain CFP, le budget de la Pac pourrait rester stable en termes réels, même si une baisse semble plus probable». Et la Pac pourrait bien «rester à l'écart de la volonté plus large de la Commission européenne de mettre en place un budget davantage axé sur l'investissement et la performance». Un statu quo qui se traduirait par la poursuite de trois tendances déjà en cours: une diminution de son budget, un affaiblissement de l'ambition environnementale et une plus grande subsidiarité octroyée aux Etats membres. Pour y remédier, l’Iddri recommande d’augmenter la part du budget de la Pac consacrée à l'investissement, de renforcer les synergies entre celle-ci et le Fonds de cohésion ou encore de développer de nouveaux mécanismes de financement avec les ressources de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Safer : l’Assemblée adopte un renforcement du droit de préemption

L’Assemblée nationale a adopté le 11 mars la proposition de loi (PPL) Dufau qui vise à renforcer le droit de préemption des Safer. Le texte, approuvé à 203 voix contre 3, leur donne la possibilité de recevoir des vendeurs une notification séparant les biens à usage ou vocation agricole des autres biens. Objectif : renforcer l’intervention des Safer qui peuvent alors décider de préempter une partie. Une mesure complète leur mécanisme de préemption en révision des prix. Les Safer peuvent proposer une révision de prix, y compris sur les biens pour lesquels elles ne disposent a priori pas de droit de préemption. Par ailleurs, la PPL leur permet d’avoir des informations supplémentaires sur les opérations en démembrement de propriété du foncier. Cela vise à limiter le contournement du droit de préemption. Le texte renforce les obligations déclaratives du cédant et du cessionnaire dans le cas des cessions d’usufruit ou de nue-propriété, selon l’exposé. Il apporte aux Safer davantage d’informations sur la structure juridique, la valeur de l’exploitation, les propriétés en jouissance et les participations dans des sociétés.

Safer : l’élargissement du droit de préemption aux parts de sociétés refait surface

Maintes fois soumise au Parlement, et deux fois rejetée par le Conseil constitutionnel, l’extension du droit de préemption des Safer aux cessions partielles des parts d'une société agricole a refait surface lors de l’examen de la PPL Dufau le 11 mars. Les députés ont adopté, avec les avis de sagesse du gouvernement et favorable du rapporteur, un amendement Liot prévoyant que le gouvernement remette « un rapport évaluant l’opportunité d’élargir le droit de préemption des Safer aux cessions partielles des parts » de sociétés. Aujourd’hui, elles ne peuvent l’exercer qu’en cas de cession totale. C’est là « une faille juridique qui permet de contourner le droit de préemption par fragmentation des cessions », a considéré le député corse Paul-André Colombani en défendant son amendement. La ministre Annie Genevard a annoncé qu’une mission vient d’être confiée au CGAAER sur le sujet. Rappelons que la loi Sempastous du 23 décembre 2021 instaure un contrôle des cessions de parts de sociétés sur le marché du foncier. Cela permet au préfet de conditionner son feu vert à l’application de mesures compensatoires, comme la cession d’une part des terres à un jeune en cours d’installation.

Nouveau Nutri-Score : les ministres de la Santé veulent une application «très rapide»

Les deux ministres Catherine Vautrin (Travail, Santé, Solidarités, Famille) et Yannick Neuder (Santé, Accès aux Soins) « s'engagent très clairement en faveur d'une application très rapide de l'arrêté » instaurant le nouveau Nutri-Score, a indiqué le 12 mars à l’AFP le cabinet de Mme Vautrin, qui a signé l’arrêté. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui refuse pour l’instant de signer, n’a pas souhaité commenter. Pour rappel, elle avait déclaré à la suite d’une question au gouvernement le 5 mars au Sénat : « L'arrêté est à ma signature. Je ne sais pas quelles sont mes marges de manœuvre pour en corriger les effets négatifs, mais croyez bien que je m'y intéresse de très près ». Elle reproche notamment au nouveau mode de calcul du Nutri-Score de donner une mauvaise note aux produits « remarquables » du terroir et aux « magnifiques salaisons françaises », fromage et charcuterie entre autres. La ministre « cajole les lobbies et se moque de la santé publique », avait réagi le 7 mars l'association de consommateurs Foodwatch, invitant le gouvernement à « suivre les recommandations scientifiques au lieu de n'écouter que les intérêts privés » des agro-industriels.

Végétarisme : l’Anses évalue les impacts négatifs et positifs sur la santé

L’Anses a publié, le 13 mars, deux expertises sur les régimes végétariens, dont une sur les bénéfices et risques pour la santé associés à ces régimes. Une revue systématique des publications scientifiques a ainsi montré que « le régime végétarien est associé à un risque plus faible de développer un diabète de type 2, comparé à un régime non-végétarien », cela avec un niveau de preuve « modéré », précise l’Agence dans un document de synthèse. De plus, les végétariens ont « un risque plus faible de développer certaines pathologies » : cardiopathies ischémiques, troubles ovulatoires, certains cancers (prostate, estomac, sang) et certaines maladies ophtalmologiques et gastro-intestinales (niveau de preuve « faible »). À l’inverse, les végétariens ont « un risque plus élevé de fractures osseuses et d’hypospadias (malformation congénitale de l’urètre) » (niveau de preuve « faible »). Ils ont également « un statut nutritionnel en fer, iode, vitamines B12 et D et un équilibre phosphocalcique moins favorables que les non-végétariens ». S’agissant des végétaliens (aucun aliment d’origine animale), l’Anses relève notamment « un statut nutritionnel moins favorable en vitamine B2 ». La deuxième expertise propose des repères alimentaires pour les végétariens. 

Végétarisme : l’Anses propose des repères alimentaires spécifiques

Dans sa deuxième expertise consacrée aux régimes végétariens publiée le 13 mars (la première traitant de l’impact sur la santé), l’Anses propose des « repères alimentaires spécifiques » pour les personnes végétariennes ou celles qui souhaiteraient le devenir. Objectif : « leur permettre d’optimiser leurs apports nutritionnels », résume l’Agence dans un document de synthèse, « en tenant compte de leurs habitudes alimentaires et en limitant leur exposition aux contaminants ». Parmi ces repères : 700 g/j de fruits et légumes ; 75 g/j de légumes secs (120 g/j pour les végétaliens, qui excluent tout produit d’origine animale) ; 170 g/j de féculents et pains (250 g/j pour les végétaliens) dont au moins 120 g/j complets et source de fibres ; 65 g/j d’oléagineux (50 g/j pour les végétaliens) ; 350 g/j d’ « analogues de produits laitiers frais » (270 g/j pour les végétaliens) ; 10 g/j de levures de bières (15 g/j pour les végétaliens) ; 450 ml/j de lait, 30 g/j d’œufs, 50 g/j de fromage. De plus, l’Anses évoque « la difficulté à couvrir les besoins nutritionnels en certains acides gras oméga-3 (EPA, DHA) et vitamine D » et, en plus pour les végétaliens, « en vitamine B12 et en zinc chez les hommes ». L’Anses s’était auto-saisie en 2019 en vue de la réalisation de cette expertise.

Camembert : Lactalis ira au Conseil d'Etat pour ses références à la Normandie

Comme attendu, le feuilleton judiciaire concernant les références à la Normandie des camemberts non AOP va se terminer au Conseil d'Etat: le groupe Lactalis a indiqué à Agra Presse qu’il avait « introduit un recours contre l’arrêt » rendu par la cour administrative d’appel de Nantes le 10 janvier 2025. Dans six arrêts, la cour avait jugé que les mentions et références de plusieurs fromage de Lactalis (et de Richemont) étaient de nature à laisser penser à tort au consommateur que le camembert en question respectait le cahier des charges de l’AOP "Camembert de Normandie". En cause : des inscriptions "fabriqué en Normandie", "élaboré en Normandie" ou des références au terroir emblématique du camembert, ainsi que des blasons normands (léopards dorés sur fond rouge) ou variations autour de ce dernier. Lactalis indique d'ailleurs que « les équipes travaillent actuellement sur les étiquettes en vue de modifier les emballages ». De son côté, le Syndicat normand des fabricants de camembert (SNFC) qui compte parmi ses adhérents Lactalis, indique que « l'ensemble de ses membres va se conformer à cette décision ». Pour rappel, des affaires similaires avaient déjà et jugées par la plus haute juridiction administrative, en décembre, mais seulement en référé. Elles portent toutes sur l’application de la nouvelle doctrine établie en 2022 par la DGCCRF, qui avait déjà été confirmée devant le Conseil d’État en juin 2022.

Lait : le leader Lactel recule en volume, et choisit le Planet score pour le lait bio

Lactel (Lactalis) a annoncé le 11 mars ses ventes en volume pour 2024 : elles ont atteint 330 millions de litres (ML) de lait UHT en GMS en France, en léger recul par rapport à 2023 (345 ML). Lactel se félicite d’être la marque leader dans l’Hexagone pour le lait UHT, suivi par Candia (225 ML). Selon les sous-catégories lait classique, biologique ou délactosé, Lactel est talonné par Candia ou C’est qui le patron (CQLP). Dans un marché en baisse structurelle depuis plusieurs années, et dominé par les MDD qui représentent environ 60% de parts de marché du lait UHT, Lactel veut marquer sa différence sur les laits spécifiques. Fin 2024, Lactel a lancé Vita’Vie, un lait enrichi en 12 vitamines, sacré meilleure innovation 2024 en crèmerie par Circana, et en 2025, la marque lancera un lait délactosé enrichi en vitamine B12 et un lait délactosé entier en bouteilles de 50 cl. Pour ce qui concerne le volet environnemental, Lactel commencera à afficher, cette année sur le lait bio, le Planet Score - qui a choisi un indicateur contesté par les émissions de méthane. Et la marque poursuivra l’emballage en bouteilles RPEHD (plastique recyclé) pour atteindre 15 millions de bouteilles en 2025 (après 8,5 millions en 2024).

Porc : le plus important site américain de Smithfield déréférencé par le Canada

Smithfield Foods a informé Reuters le 7 mars du fait que le Canada suspendait les importations de viandes provenant de son principal site, en Caroline du Nord. L’agence de presse relate ce fait à la lumière du conflit tarifaire engagé entre les Etats-Unis et le Canada. Interrogé par Reuters, l’USDA indique toutefois que cette suspension est conforme aux protocoles et n'a pas de relations avec les dossiers commerciaux en cours. « La politique canadienne veut que 3 non-conformités en six mois entraînent une suspension temporaire », indique l'USDA cité par l'agence. Et le ministère d'assurer qu'une fois «traitée et acceptée, le Canada pourrait envisager de rétablir l'éligibilité de l'usine à l'exportation». Ni Smithfield, ni l'USDA n'ont précisé la raison de cette suspension, indiquant seulement qu'elle concernait des lots d'abats. Pour rappel, Ottawa a récemment répondu à l'annonce taxation de 25 % sur les produits importés par des droits de douanes du même montant s’appliquant notamment dès le 4 mars à 5,5 Md US$ de produits issus de l’agriculture selon l’USDA. Le président Trump a finalement décidé d’exempter de taxation pour un mois le Canada et le Mexique.

Miel: la reconnaissance d'Interapi confortée par le Conseil d'Etat

Dans une décision rendue le 12 mars, le Conseil d'Etat a rejeté la demande des apiculteurs de l'Unaf et du SNA de supprimer l'arrêté de reconnaissance de la jeune interprofession apicole, Interapi. Les arguments des requérants visaient essentiellement la représentativité de cette instance - que viennent plus récemment de quitter la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Comme l'a indiqué la rapporteure, les règles de représentativité liées à la reconnaissance d'une interprofession sont plus souples que celles relatives à l'extension des accords interprofessions (2/3 des volumes, ou élections professionnelles). Pour être reconnue comme une interprofession, Interapi doit seulement prouver que son collège amont représente encore «une part significative» de la production. Or, souligne la rapporteure, malgré le retrait de l'Unaf et de SNA au moment de leur requête, Interapi comptait encore comme membres deux unions généralistes (FNSEA, Confédération paysanne) et quatre organisations spécialisées dans l'apiculture (lire ici notre petit guide du secteur apicole). Après avoir quitté la jeune interprofession apicole sur fond de dissensions internes, les apiculteurs de l'Unaf avaient déjà attaqué - en vain - son premier arrêté d'extension de la CVO (cotisation volontaire obligatoire).

Betterave à sucre: nouvel échec de la Coordination rurale à faire annuler la CVO

Comme en 2022, le Conseil d'Etat a rejeté, dans une décision rendue le 12 mars, la requête de la Coordination rurale (CR), qui demandait l'annulation de l'arrêté du 27 mars 2023 portant extension d’un accord interprofessionnel de l’AIBS (betteraves à sucre) relatif aux cotisations volontaires obligatoires (CVO) pour 2022 et 2023. La Coordination rurale n'est pas membre de l'interprofession. Et pour qu'un tel arrêté puisse être pris par le ministère de l'Agriculture, les membres d'une interprofession doivent représenter au moins deux tiers des opérateurs ou du chiffre d'affaires de la filière, à défaut de connaître les volumes. En l'absence de tels chiffres, une présomption de représentativité est établie par l'intermédiaire des élections aux chambres d'agriculture, comme c'est le cas dans la filière betterave, où la CGB est affiliée à la liste FNSEA/JA, avait rappelé la rapporteure lors de l'audience. Et à l'inverse, ni la Coordination rurale, ni son association France Grandes cultures n'ont pu établir qu'ils représentaient au moins un tiers des volumes - chiffre que la CR devrait approcher aux élections des chambres d'agriculture 2025. Dans les céréales, la CR est membre de l’interprofession (Intercéréales) via son association spécialisée France Grandes Cultures. La CR est aussi membre de Semae (semences) depuis 2021. Elle a plusieurs fois demandée son intégration à l'interprofession betteravière, en vain jusqu'ici.

Maïs : les stocks français atteignent le niveau le plus haut depuis 27 ans

Les bilans mensuels de FranceAgriMer (FAM) indiquent le 12 mars un relèvement des stocks prévisionnels français de fin de campagne 2024-2025 de maïs par rapport à février, à 3,1 Mt, constituant un plus haut depuis 1997-1998. La principale justification de cette variation de réserves est la nette révision à la hausse de la collecte nationale, de 228 000 t d’un mois sur l’autre, à 12,18 Mt. « Il y a eu un problème dans la méthodologie de comptage dans certaines régions. Une confusion est survenue entre ce qui allait en méthanisation ou dans les silos des organismes stockeurs, qui a été corrigée », a précisé Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur les céréales de FAM, lors d’une conférence de presse suivant le conseil spécialisé grandes cultures. Ajoutons à cela la baisse projetée d’un mois sur l’autre de la consommation de la nutrition animale de 50 000 t (à 3,05 Mt) et de l’amidonnerie du même ordre (à 1,7 Mt). Par ailleurs, FAM a rehaussé sa prévision de stocks de blé tendre de fin de campagne de 100 000 t entre février à mars, à 2,9 Mt. L’organisme public l’a en revanche abaissé pour l’orge, d’un peu plus de 200 000 t, à 1,328 Mt.

Maïs : recul des réserves chinoises, les stocks mondiaux revus en baisse par l'USDA

Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a abaissé mardi 11 mars ses estimations de stocks mondiaux de maïs en fin de campagne, à cause principalement d'un recul des réserves chinoises.  À l'issue de la campagne 2024-25, l'organisme anticipe désormais que les réserves mondiales atteignent 288,94 millions de tonnes, en baisse de 0,47% par rapport aux estimations du mois précédent. Cette baisse des réserves s'explique par le recul des stocks chinois de deux millions de tonnes mensuellement. L'USDA précise que le rapport a été rédigé « en ne prenant en compte que les politiques commerciales en vigueur au moment de la publication », en supposant qu'elles « restent en place ». Le président américain Donald Trump a lancé une offensive pour relever les taxes sur les importations, faite d'annonces tonitruantes et de revirements brusques, à laquelle les pays visés ont commencé à répondre par d'autres droits de douane. L'USDA a par ailleurs réduit de 20% ses estimations d'importations chinoises de maïs, les resserrant à 8 millions de tonnes pour la campagne. Lors de la période précédente, Pékin avait importé 23 millions de tonnes de maïs.

Céréales : un bateau ukrainien de blé touché par un missile russe

Une frappe de missile balistique russe sur le port d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, a fait quatre morts et endommagé un cargo battant pavillon de la Barbade, ont annoncé mercredi 12 mars les autorités ukrainiennes. Cette attaque a eu lieu mardi 11 mars au soir, peu après l'accord de l'Ukraine pour une proposition des Etats-Unis en vue d'un cessez-le-feu de 30 jours avec la Russie. « Malheureusement, quatre personnes sont mortes, des ressortissants de Syrie. Au moment de l'attaque, le navire était en train de charger du blé destiné à l'Algérie. C'était un navire totalement civil », a écrit sur un réseau social Oleksiy Kouleba, vice-Premier ministre ukrainien chargé de la reconstruction. « La Russie s'en prend aux infrastructures de l'Ukraine, dont des ports qui participent à la sécurité alimentaire mondiale », a-t-il ajouté. Par ailleurs, le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk a déclaré qu'une femme de 47 ans avait été tuée lors d'une attaque de missiles russes sur Kryvyi Rig (centre), la ville natale du président Volodymyr Zelensky. L'armée de l'air ukrainienne a déclaré qu'au total, la Russie avait lancé trois missiles contre l'Ukraine au cours de la nuit, ainsi que 133 drones de différents types, y compris des drones d'attaque de type Shahed conçus par l'Iran. 

Vins et spiritueux: les mesures de rétorsions contre les Etats-Unis alarment la filière

Les possibles mesures de rétorsion de l’UE sur les Etats-Unis, annoncées le 12 mars, font naître des craintes au sein de la filière des boissons alcoolisés de l’UE, dont les Etats-Unis sont l’un des principaux marchés. Dans deux communiqués séparés publiés le même jour, l’industrie européenne du vin (CEEV) et celle des spiritueux (SpiritsEurope) voient d’un mauvais œil l’imposition de droits douane sur les produits américains et tirent la sonnette d’alarme. Elles invitent notamment les parties des deux côtés de l’Atlantique à tenir leurs secteurs « à l’écart de différends sans rapport avec eux ». SpiritsEurope ajoute que ces droits auront « un impact terriblement dommageable pour les sociétés européennes produisant des spiritueux américains, sur les sociétés américaines lourdement investies en Europe et sur tous les acteurs de la chaîne de valeur ». Et cela pourrait « mettre en péril les nombreux emplois qu'ils soutiennent y compris en zones agricoles ». « En fin de compte, ce sont les entreprises et les consommateurs de l'UE et des États-Unis qui en supporteront les coûts », indique, de son côté, le CEEV. Les parties prenantes disposent de deux semaines (jusqu’au 26 mars) pour fournir leur avis à la Commission.

Vin : deux caves coopératives fusionnent dans le Tarn

Les caves coopératives Vinovalie et Cave de Labastide ont annoncé leur fusion, le 4 mars. À l’issue d’une réflexion ayant duré un an, les deux entités ont voté en faveur de leur rapprochement, lors de leurs assemblées générales, les 27 et 28 février. Une fusion considérée comme « stratégique et nécessaire », déclare Vinovalie, « face aux évolutions profondes du marché du vin ». Les deux caves sont complémentaires dans leurs approches, Vinovalie étant axée sur les vins tranquilles, tandis que la Cave de Labastide élabore des vins effervescents. Cette offre complémentaire doit permettre aux deux entités de se développer sur le marché national et international, de mettre en commun leurs moyens de production et leurs services R&D. Avec 400 adhérents pour 3 800 ha de vignes à Cahors, Fronton et Gaillac, Vinovalie est le premier producteur de vin du Sud-Ouest. La cave est née en 2006 de la fusion de quatre coopératives. Elle a commercialisé 139 000 hl et dégagé un chiffre d’affaires de 46,4 M€ en 2023. La Cave de Labastide est la plus ancienne cave coopérative de vinification du Tarn ; elle compte 70 adhérents et a enregistré un chiffre d’affaires de 10,4 M€ en 2023. (Elena Blum)

Restauration collective: la région Occitanie fédère ses achats avec des collectivités

Le conseil régional d’Occitanie annonce par un communiqué qu’un Groupement d’intérêt public (GIP) gère depuis le 28 février sa plateforme d’achats publics de produits régionaux Occit’alim, au bénéfice de la restauration scolaire de toute collectivité locale souhaitant y adhérer. Le GIP est constitué de la région et de 12 collectivités locales (département de l’Ariège, métropoles Toulouse et Montpellier, communauté d’agglomération du Sicoval, communes de Montpellier, Argelès-sur-Mer, Launaguet, Lavaur, Foix, Millau, Pujaudran et l’établissement public local d'enseignement du Val d’Aros). Créée en 2020 et approvisionnant aujourd’hui 172 lycées régionaux, la plateforme s’étend maintenant aux écoles et collèges de ses nouveaux membres. Ces derniers « s’investissent pour assurer des débouchés aux producteurs régionaux tout en proposant des produits locaux de qualité dans les restaurants collectifs », déclare la région dans le communiqué, en précisant que 130 producteurs régionaux sont référencés, qui fournissent 2000 produits dont plus de 50 % sous labels et 40 % en bio. Ces produits, peut-on voir sur la plateforme en ligne, sont de toutes filières : fruits-et -légumes, viandes, produits laitiers, etc.

Egalim 4 : Coopérative U pour un assouplissement de la période de négociations

A l’occasion de son audition le 12 mars devant les sénateurs réunis en commission des affaires économiques, le PDG de la Coopérative U Dominique Schelcher a donné sa position sur plusieurs sujets en lien avec la prochaine loi Egalim 4. Concernant le SRP+10, il s’est montré favorable à son maintien, car il limite selon lui la guerre des prix et permet de financer les produits sur lesquels U ne prend pas de marge. En revanche, il est opposé à son maintien sur le DPH, en raison du déport des achats constaté vers les discounters de type Action qui vendent des produits importés, et qui commencent à vendre des produits alimentaires d’épicerie, également importés. Or ces commerces, comme le e-commerce de type Shein, ne sont pas soumis à Egalim. Dominique Schelcher s’est montré favorable à des négociations commerciales en deux temps : d’abord entre agriculteurs et industriels (contrôlées par le DGCCRF), afin d’obtenir le montant de la MPA, puis entre industriels et distributeurs qui se feraient en connaissance de cette MPA. Sur les périodes de négociations obligatoires entre le 1er décembre et le 28 février, il suggère que cela puisse de faire de façon flottante pour fluidifier les échanges entre fournisseurs et distributeurs, rappelant que les négociations ont lieu toute l’année pour les MDD. Plus généralement, Dominique Schelcher a rappelé son attachement au respect des lois Egalim, ce qui explique que son enseigne ait quitté les centrales d’achats européennes, assurant n’avoir pas d’autre projet sur ce sujet.

Élections chambres : en Lozère, des manifestants réclament la démission de la présidente

Une centaine de personnes, venues avec une dizaine de tracteurs, ont manifesté le 12 mars à Mende pour réclamer la démission de la présidente de la chambre d'agriculture de la Lozère, réélue malgré la défaite de son syndicat, la FNSEA, aux dernières élections départementales. Les manifestants, principalement issus de la Coordination rurale – dont certains venus des départements voisins de l'Hérault, de l'Allier et de l'Aveyron –, rejoints par quelques membres de la Confédération paysanne et par des non-syndiqués, se sont rassemblés devant la chambre, a constaté un correspondant de l'AFP. Ils souhaitaient troubler la session de la chambre d'agriculture en diffusant de la musique et en jouant des klaxons des tracteurs, maintenus à distance par un cordon de CRS. En Lozère, lors du scrutin tenu fin janvier, la CR avait obtenu 40,85 % des suffrages dans le collège 1 (chefs d’exploitation), devançant l'alliance FNSEA-JA de seulement 12 voix. Mais lors du vote pour la présidence de la chambre d'agriculture – comme pour celles de la Gironde, de la Charente-Maritime et du Loir-et-Cher –, la FNSEA a pu compter, pour faire réélire la présidente sortante issue de ses rangs Christine Valentin, sur les voix des autres collèges.