Importations ukrainiennes : les Vingt-sept valident la révision des contingents tarifaires
Quelques jours après l'aval du Coreper, le Conseil de l’UE a formellement donné son feu vert, le 13 octobre, à la révision de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine modifiant les dispositions pour le secteur agricole. Le nouvel accord va conditionner l'accès au marché de l’UE à l'alignement progressif de l'Ukraine sur les normes de production européennes d'ici 2028 (notamment en matière de bien-être animal, de pesticides et de médicaments vétérinaires). Bruxelles a, en outre, accordé une hausse, qualifiée de « limitée et progressive », des volumes des contingents pour les produits sensibles (blé, maïs, sucre, volaille, œufs, miel). L’accord prévoit également une « clause de sauvegarde robuste » pour les parties en cas d’impact négatif des nouvelles dispositions. Enfin, une clause de révision est intégrée afin de tenir compte des progrès de l'Ukraine en matière d'intégration économique et en raison de ses perspectives d'adhésion. Après la fin des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine le 5 juin, Bruxelles et Kiev étaient parvenus, le 30 juin, à un compromis afin de pérenniser la situation. Pour pouvoir s’appliquer, cette révision devra être parachevée par le comité d’association UE-Ukraine dans sa configuration « Commerce ». Elle entrera en vigueur 15 jours après cette validation. En attendant, des mesures transitoires s’appliquent.
Coordination rurale : Bertrand Venteau (Haute-Vienne) candidat à la présidence
Bertrand Venteau, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne, indique à Agra Presse qu’il sera candidat à la présidence de la Coordination rurale (CR) lors des prochaines élections, qui se tiendront les 18 et 19 novembre au cours du congrès du syndicat, à Auch. « François Walraet (président de la CR de l’Allier et de France Grandes cultures, NDLR) est sur ma liste », a-t-il précisé. François Walraet était candidat à la présidence face à Véronique Le Floc’h lors des précédentes élections en 2022, échouant de quelques voix. De son côté, l’actuelle présidente ne nous a, pour l’instant, pas officiellement confirmé sa candidature. En mai, elle n’était pas certaine de se présenter. La CR a pris une autre dimension dans le paysage syndical agricole lors des dernières élections des chambres d’agriculture, ravissant onze d’entre elles à son principal rival, l’alliance FNSEA-JA. Des tensions ont néanmoins secoué la CR récemment. La direction avait tenté d’exclure Damien Brunelle (président de la CR de l’Aisne) et Emmanuel Rizzi (Jura). En juin, un vote au sujet d’un potentiel déménagement du siège national de la CR à la chambre d’agriculture d’Agen (Lot-et-Garonne) et sur la nomination de Serge Bousquet-Cassagne au poste de directeur général du syndicat à titre bénévole avait échoué de peu, témoignant d’une certaine défiance à l’égard de l’actuelle direction.
Pesticides : le suisse Ecorobotix lève 105 M$ pour sa pulvérisation de précision
Après une levée de fonds de série C de 45 M$ (38,8 M€) en 2024, le suisse Ecorobotix vient de lever 105 M$ (90,5 M€) supplémentaires en financement de série D pour sa technologie de pulvérisation de précision basée sur l’IA (lire l'article complet dans Agra Innovation). Sa technologie peut distinguer et traiter chaque plante individuellement, en utilisant une empreinte de pulvérisation de quelques centimètres. D’après le communiqué d’Ecorobotix du 13 octobre, cette approche « réduit l’utilisation de produits phytosanitaires jusqu’à 95 % tout en maintenant l’efficacité ». L’entreprise a déjà mis au point plus de 25 algorithmes de culture avec ARA, son pulvérisateur à « ultra-haute précision » polyvalent, capable de s'adapter à plusieurs cultures, et différents types d’adventices. « Ces derniers cycles d’investissement nous ont permis d’accélérer notre innovation, de nous déployer sur de nouvelles cultures, d’élargir notre gamme de produits et apporter nos algorithmes de culture avancés sur le marché plus rapidement », explique le p.-d.g. d’Ecorobotix Dominique Mégret. (Irina Lafitte, Agra Innovation)
Bovins/DNC : des voix s’élèvent pour réclamer une vaccination préventive
Alors que les élevages français font face à une épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le secrétaire général de la Coordination rurale Christian Convers demande une réunion rapide du Cnopsav pour étudier la possibilité d’une vaccination préventive contre la maladie. « Des éleveurs de plus en plus de départements disent qu’ils souhaitent la vaccination préventive, comme la Corse l’a demandé », a indiqué M. Convers à Agra Presse le 10 octobre, réitérant une demande formulée lors du Sommet de l’élevage le 8 octobre. L'éleveur, qui est coprésident de la CR des Savoies – où la maladie est apparue pour la première fois en France fin juin, avant de se propager – propose une vaccination « dans l’ensemble du territoire ». Une décision qui aurait un impact sur les exportations de bovins et de leurs produits (lait, génétique), car « certains pays tiers ne reconnaissent pas le zonage pour la DNC », prévient Kristel Gache, directrice de GDS France (groupements de défense sanitaire), auprès d’Agra Presse. De son côté, le porte-parole de la Confédération paysanne Stéphane Galais demande une « vaccination large », sans préciser à quel échelon géographique. Quant au président de la chambre d’agriculture Savoie-Mont blanc Cédric Laboret, il indique également à Agra Presse avoir demandé « que l’on revaccine au printemps l’ensemble des troupeaux » de la zone réglementée.
Influenza aviaire : un élevage de faisans touché dans le Pas-de-Calais
La préfecture du Pas-de-Calais a annoncé dans un communiqué le 11 octobre qu’un cas d’influenza aviaire avait été confirmé la veille dans un élevage de faisans et de perdrix, dans la commune de Pihen-lès-Guînes, à proximité de la côte. D’après le portail Wahis de l’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale), l’élevage comptait le 13 octobre près de 48 000 oiseaux, dont 100 sont morts. Le début de l’événement remontait au 6 octobre. En fin de journée du 13 octobre, le ministère de l‘Agriculture n’avait pas indiqué si cet évènement était de nature à faire perdre à la France son statut indemne, malgré une question de la presse sur ce sujet. Ce cas en élevage est le premier de la saison en France. La côte est très exposée à la transmission du virus par les oiseaux sauvages. L’Action agricole picarde rappelle que le dernier cas d’influenza dans le département avait été observé le 27 février sur une mouette rieuse, retrouvée morte sur la plage de Berck-sur-Mer et testée positive au virus H5N1. Dans son communiqué du 11 octobre, la préfecture du Pas-de-Calais recommande l’application la plus stricte de la biosécurité et la plus grande vigilance dans les activités humaines, sans mentionner spécifiquement la chasse.
Influenza aviaire : le virus toujours présent dans le lait cru au bout de 120 jours (étude)
Le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N1 subsiste dans les fromages au lait cru jusqu’à 120 jours d’affinage, selon une étude menée par une équipe de chercheurs de l’université américaine Cornell et publiée dans la revue Nature le 8 octobre. Toutefois, les chercheurs se sont aperçus que le niveau d’acidité du lait avait un impact sur la persistance du virus : le virus infectieux persiste « tout au long du processus de fabrication du fromage et jusqu’à 120 jours d’affinage dans les fromages fabriqués avec un lait cru à pH 6,6 et 5,8 mais pas à 5,0 ». Les chercheurs ont également étudié la transmission du virus par la voie alimentaire sur des furets. « Alors que les furets nourris avec du lait cru contaminé par le virus H5N1 ont été infectés, ceux nourris avec du fromage au lait cru ou une suspension de fromage ne l’ont pas été », ont-ils constaté. L’absence d’infection pourrait être liée « à la tendance des furets à avaler de petits morceaux de fromage entiers, limitant ainsi le contact viral avec la zone oropharyngée » ou « à des niveaux inférieurs de virus infectieux dans ces échantillons ». Aux États-Unis, le virus H5N1 a infecté environ 1 000 troupeaux bovins laitiers depuis 2024, contaminant également le lait issu de ces vaches.
Viande : la société d’exploitation de l’abattoir de Bazas (Gironde) est liquidée (presse)
Le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé le 8 octobre la liquidation judiciaire de l’abattoir multi-espèces prestataire de services de Bazas (Gironde), informe France 3 Nouvelle-Aquitaine le 10 octobre. Les usagers, qui apportaient leurs porcs, vaches ou agneaux de Gironde, des Landes ou du Lot-et-Garonne, doivent faire abattre ces bêtes dans d’autres abattoirs, en particulier celui de Bergerac, en Dordogne, rapporte le journal. Bergerac est à 2 h de route de Bazas, déplore une éleveuse interrogée, expliquant ne pas pouvoir consacrer une demi-journée par semaine au transport des animaux et au retour des carcasses. Des éleveurs envisagent de constituer une coopérative dans le sud de la Gironde afin de reprendre l’exploitation de cet outil, dont les murs appartiennent à la ville de Bazas et l’outil de production à la communauté de communes. L’outil serait en bon état selon un responsable municipal. Afin de réduire les frais de fonctionnement, une solution consisterait à partager la charge de travail entre le personnel et les éleveurs.
Abattoirs : Culture viande alerte sur « la stabilité économique des outils »
À la veille de son congrès le 14 octobre à Paris, le syndicat Culture viande (abattage-découpe) a alerté sur la « stabilité économique des outils », qui ferment au rythme d’une usine par mois depuis début 2024. Plus largement, « depuis octobre 2024, 132 entreprises d’abattage, de découpe et de transformation ont fermé leurs portes », constate Culture Viande dans un communiqué, citant la Banque de France. Aux prises avec une décapitalisation persistante, la filière bovine se trouve « en situation de survie », a déclaré le président Yves Fantou devant la presse le 13 octobre. « Sans volume, sans trésorerie, l’équilibre ne tient plus », a-t-il résumé, estimant que le « maillage territorial [en abattoirs] n’est plus la priorité aujourd’hui ». Dans un contexte de pénurie d’animaux, les prix des bovins battent des records. « Même s’ils sont contractualisés, les animaux sont payés au prix du marché », affirme Yves Fantou. De l’autre côté de la chaîne, les industriels se disent « incapables de répercuter l’intégralité des hausses » à la grande distribution. Une difficulté qui porte notamment sur les MDD, qui représentent plus de la moitié des produits élaborés, mais ne sont pas soumis au cadre des lois Egalim. De son côté, la filière porcine est « complètement déstabilisée par les droits provisoires antidumping chinois ». Enfin, concernant la viande ovine, « la consommation d’agneau a chuté de 14 % et les abattages de 10 % » depuis le début de l’année, s’inquiète M. Fantou.
Alimentation animale : les entreprises européennes reculent au classement mondial (presse)
Plusieurs industriels européens ont reculé dans le classement 2024 des producteurs mondiaux d’aliments pour animaux (en tonnage) publié le 9 octobre par la revue américaine FeedStrategy, Le géant hollandais De Heus, leader européen, sort du top 10 des plus gros producteurs, et tombe à la 13e place. Son concurrent local Royal Agrifirm passe de la 39e à la 52e place, le danois DLG Group de la 43e à la 55e place, et le français Eureden de la 86e à la 96e place. Le média justifie le déclin européen par une combinaison de facteurs : « épidémies animales, défis liés au climat et pressions économiques et réglementaires ». Le classement comprend environ 200 entreprises, dont près de 150 dépassent les 1 Mt/an de production. En 2023, la première entreprise française dans ce classement était le groupe Avril (2,76 Mt de production), suivi d’Eureden (1,8 Mt), puis Terrena (1,65 Mt), Cooperl Arc Atlantique (1,327 Mt), Le Gouessant (0,773 Mt) et Nutréa Nutrition animale (0,770 Mt). Le top 10 est dominé par des acteurs chinois et américains pour l’essentiel. Le premier était le chinois New Hope Group il y a deux ans, dépassé cette année par son compatriote Haid Group, qui revendique une production de 26,5 Mt en 2024.
Crédits biodiversité : les régions Grand Est et Aura lancent une expérimentation
Les régions Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes vont expérimenter à partir de novembre, pour une durée de 18 mois, un mécanisme de certificats de biodiversité. « L’objectif est de créer une unité certifiée de " gain biodiversité " permettant de financer et valoriser des actions concrètes de restauration écologique », annonce la région Grand Est dans un dossier de presse, à l’occasion du forum des solutions Grand Est le 8 octobre. Ces certificats vont récompenser des contributions « additionnelles au vivant », à l’inverse des mécanismes de compensation qui visent à contrebalancer les effets négatifs d’un projet sur la biodiversité. « Il s'agit à ce stade d'un projet de recherche méthodologique qui vise à étudier les conditions pour qu'un tel mécanisme de financement se mette en place », indique le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), l’un des porteurs du projet. Ce projet va définir « les règles de gouvernance, de certification et de marché », et il disposera d’un « registre centralisé pour garantir la traçabilité », selon la région Grand Est. Des « sites pilotes » vont tester la restauration de « zones humides, forêts ou espaces agricoles favorables à la biodiversité ».
Environnement : l’intercommunalité de Reims va tester son propre PSE
La région Grand Est va expérimenter un dispositif de paiement pour services environnementaux (PSE) dans le territoire du Grand Reims, annonce-t-elle à l’occasion du Forum des solutions Grand Est le 8 octobre. Le dispositif sera « hybride », car il associera des financements publics et d’entreprises privées pour rémunérer les services rendus par les agriculteurs sur l’amélioration de la qualité de l’eau, le stockage du carbone et la biodiversité. « Cette innovation est rendue possible par une évolution réglementaire récente, qui autorise désormais les collectivités à porter des dispositifs PSE », souligne la région dans un dossier de presse. En effet depuis janvier 2025, les collectivités territoriales peuvent construire un PSE sans passer par les appels à manifestation d’intérêt des agences de l’eau (mais en pouvant éventuellement bénéficier d’un cofinancement de celles-ci), indique une fiche infographie PSE du ministère de la Transition écologique. « Le PSE avec le Grand Reims n’est pas encore lancé. Une première phase d’accompagnement du Grand Reims est prévue du 17 octobre 2025 jusqu’en juin 2026 », précisent les services de la région à Agra Presse.
Environnement : les Français majoritaires à vouloir limiter l’usage des pesticides (sondage)
Huit français sur dix estiment qu’il faut limiter le plus possible l’usage des pesticides en agriculture, afin de préserver l’environnement et la santé, rapporte un sondage réalisé par Ipsos pour le Réseau action climat (Rac) publié le 14 octobre. Et ce « même si cela peut compliquer le travail de certains agriculteurs ». En outre, six Français sur dix sont opposés à l’allègement de la réglementation environnementale sur la taille des élevages. Plus largement, le sondage révèle que la population française est de plus en plus préoccupée par les enjeux environnementaux, constatant à 93 % une augmentation des évènements climatiques extrêmes et l’attribuant à 91 % au changement climatique. Dans ce contexte, 68 % des français, y compris les sympathisants de la majorité présidentielle, pensent que l’action gouvernementale est insuffisante en matière d’écologie. Aussi, une majorité d’entre eux estime que l’État doit accentuer la planification écologique et créer des emplois dans la transition écologique, même si cela suppose un cadre plus contraignant et un coût. À noter toutefois que le sujet reste clivant à droite de l’échiquier politique. Face aux préoccupations « de plus en plus fortes » de la population française, le Rac exhorte le gouvernement à considérer les propositions faites pour répondre au changement climatique, notamment en ce qui concerne l’agriculture.
Méthane : la Nouvelle-Zélande accusée de « déni climatique » après une baisse de ses objectifs
Des défenseurs de l’environnement accusent le gouvernement néo-zélandais de « déni complet du changement climatique » après la baisse le 12 octobre de ses objectifs de réduction des émissions de méthane, saluée au contraire par le secteur agricole. Le nouveau plan vise une baisse des émissions de méthane comprise entre 14 et 24 % d’ici 2050, par rapport aux niveaux de 2017. L’objectif précédent était fixé entre 24 et 47 %. Le gouvernement de coalition de droite « reste déterminé à honorer ses engagements nationaux et internationaux en matière de changement climatique, dont la neutralité carbone d’ici 2050 », a assuré Simon Watts, ministre du Changement climatique, à l’AFP. « L’agriculture continuera à apporter une contribution importante et équitable à la réalisation de cette réduction », a-t-il ajouté. Le gouvernement a également confirmé une révision des objectifs en matière de biométhane pour 2040 et l’absence de taxe sur les émissions agricoles de méthane, en raison d’un risque de fermeture des exploitations. Pour Amanda Larsson, militante chez Greenpeace, le Premier ministre Christopher Luxon a choisi « le déni climatique et les profits des entreprises, au détriment de l’avenir de nos enfants ». Au contraire, le lobby agricole néo-zélandais Federated Farmers a salué un changement « attendu depuis longtemps ».
Biocarburants : la Fop conteste les conclusions de l’étude de Transport et environnement
Dans un communiqué du 13 octobre, la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux, FNSEA) conteste la plupart des conclusions de l’étude de l’ONG Transport et environnement (T&E) parue la semaine passée, à savoir que les biocarburants de première génération seraient plus nocifs pour le climat que les carburants fossiles. Le syndicat estime que l’analyse généralise « les impacts mondiaux sans distinguer les filières européennes, notamment françaises, tracées, auditées et durables ». La directive européenne RED impose la mise en place de filières sans déforestation importée et sans changement d’affectation des sols, rappelle la FOP. Elle explique par ailleurs que les « co-bénéfices agricoles et protéiniques » sont ignorés. La trituration de graines de colza permet la production de 1 Mt de tourteaux environ, évitant l’importation de 760 000 t de tourteau de soja. « Grâce aux biocarburants, plus de 50 % des besoins en protéines des élevages français sont couverts en France, contre 30 % en moyenne dans l’UE », précise la FOP. En revanche, l’organisation est en accord avec l’étude au sujet des importations frauduleuses de biocarburant asiatique prétendument produit à partir d’huile usagée, qui pénalise le revenu des producteurs de colza de « 150 €/ha » environ.
Frites surgelées : la grève toujours en cours chez l’industriel belge Clarebout (presse)
Selon les informations du média La Libre du 13 octobre (article payant), la grève des salariés du producteur belge de frites surgelées Clarebout est toujours en cours, ralentissant sa production. Pour rappel, l’entreprise emploie environ 3 000 salariés, travaillant dans ses usines basées en France et en Belgique. Le mouvement de grève a démarré le 2 octobre. Les salariés jugent insuffisante la première proposition de prime faite par la direction, s’élevant à 500 € annuels nets. Le groupe belge a été racheté par l’américain Simplot pendant l’été, pour un montant qui se compterait en milliards d’euros. Une deuxième proposition de la direction est arrivée sur la table le 9 octobre : 500 € nets de base, 750 € à partir de 10 ans d’ancienneté et 1 000 € à partir de 20 ans d’ancienneté. Cette dernière a également été rejetée par les employés. Rappelons que Clarebout est également contesté en France par les producteurs de pommes de terre pour ses pratiques commerciales agressives, revenant unilatéralement sur certains contrats. Les prix des pommes de terre se sont par ailleurs effondrés depuis des mois, en raison de l’abondance de l’offre.
Sécurité sociale : la Caisse générale de Martinique sous administration provisoire
La Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de Martinique, qui assure la gestion du régime des agriculteurs, a été placée sous « administration provisoire » par le ministère du Travail et de la santé, a annoncé la préfecture de l’ile antillaise le 12 octobre, selon l’AFP. L’arrêté, pris le 7 octobre et qui suspend aussi le conseil d’administration, a été publié le 12 octobre au Journal officiel. « Les usagers et partenaires de la CGSS de la Martinique peuvent être assurés que cette mesure n’aura aucune incidence sur la continuité du service public », assure la préfecture de Martinique. Elle indique « des décisions arrêtées sans que les règles ou dispositions réglementaires en vigueur n’aient été respectées » pour justifier la décision. Jean-Claude Izard, administrateur d’État, est nommé administrateur provisoire de la CGSS Martinique jusqu’au 9 février 2026, date du renouvellement du conseil d’administration. En octobre 2024 déjà, un rapport de la Cour des comptes pointait une « gestion dysfonctionnelle de la CGSS » et appelait à « des actions urgentes et radicales » de la CGSS et des tutelles pour rétablir la situation : « À défaut, une mise sous administration provisoire sera indispensable » préconisait-elle.
Évènementiel : faute de bovins, fréquentation en baisse de 13 % au Sommet de l’élevage
La 34e édition du Sommet de l’élevage, qui s’est tenue du 7 au 10 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), a reçu 104 000 visiteurs, soit « une baisse de fréquentation de 13,4 % par rapport à 2024 », annonce-t-il dans un communiqué le 10 octobre. Ce cru 2025 a été marqué par l’absence de bovins (exposition et concours) en raison de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « La baisse relative a été compensée par un climat d’affaires favorable », relativise le commissaire général du salon, Benoît Delaloy, cité dans le communiqué. Fin septembre, le Sommet avait annoncé un nombre « record » d’exposants cette année (1 770). La prochaine édition se tiendra du 6 au 9 octobre 2026 ; elle « accueillera le concours national de la race limousine et mettra à l’honneur le pastoralisme », 2026 ayant été proclamée « l’année internationale des pâturages et du pastoralisme » par les Nations unies.
Parlement européen : Jérémy Decerle va retrouver sa place
La nomination de Marie-Pierre Vedrenne en tant que ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur dans le nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu va libérer une place au Parlement européen dans la délégation française du groupe centriste Renew pour Jérémy Decerle. L’ancien président des Jeunes agriculteurs, eurodéputé entre 2019 et 2024, n’avait pas été réélu lors des dernières élections européennes. La liste Renaissance n’avait recueilli que 14,6 % des voix, leur assurant 13 élus, alors que M. Decerle figurait en 14e position. Son retour au Parlement a été salué sur le réseau social X par la présidente du groupe Renew Valérie Hayer : « Une bonne nouvelle pour les agriculteurs européens ! » Celle-ci devrait céder sa place de membre en commission de l’Agriculture – où elle est très peu présente – à Jérémy Decerle.
Assemblée nationale : un éleveur UDR/RN élu député dans le Tarn-et-Garonne
Selon la presse locale, Pierre-Henri Carbonnel, candidat UDR (ciottistes) soutenu par le Rassemblement national (RN), a été élu le 12 octobre, avec 52,3 % des voix, député de la première circonscription du Tarn-et-Garonne, l'emportant face à la candidate du NFP, la socialiste Cathie Bourdoncle. Il succède à la députée sortante UDR Brigitte Barèges, rendue inéligible après le financement illégal de sa campagne. Selon le journal local L'Opinion indépendante, Pierre-Henri Carbonnel, 35 ans, « dirige aujourd'hui une exploitation de polyculture-élevage à Saint-Cirq, où il élève bovins, moutons, palmipèdes, et cultive les terres des coteaux tarn-et-garonnais ». Durant la campagne, il a déclaré à la presse : « Les agriculteurs sont avant tout des entrepreneurs. Ils connaissent les réalités du terrain : normes, fiscalité, main-d’œuvre, environnement, bien-être animal… Ce sont nos défis de demain. »
Bio : Raphaël Lebeau nouveau directeur de l’Itab
L’institut technique de l’agriculture biologique (Itab) a nommé un nouveau directeur général : Raphaël Lebeau prendra les rênes de l’institut à partir du 16 octobre, en remplacement d’Emeric Pillet, à ce poste depuis 2022. M. Lebeau « travaille depuis 15 ans dans des structures d’intérêt général œuvrant en faveur du développement local et agricole », indique l’Itab dans un communiqué. Entre 2017 et 2024, il était directeur de la fédération des Civam d’Occitanie, selon sa page LinkedIn. Il est aussi passé par la Caisse des dépôts et la Compagnie nationale du Rhône (groupe Suez).
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 13 octobre
Mardi 13 octobre
Présentation du PLF (budget de l'État) et du PLFSS (sécurité sociale) en Conseil des ministres
Jeudi 16 octobre
Assemblée générale de la CFA (aviculteurs, FNSEA)