Agrafil du 14 août 2025

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Moissons : rebond amplifié des volumes, les qualités « satisfaisantes » (instituts)

Les derniers chiffres officiels sur la moisson 2025, diffusés le 8 août par Agreste, montrent un rebond amplifié des volumes, alors que les qualités sont « satisfaisantes », selon une autre publication le 13 août de FranceAgriMer et des instituts techniques. En blé tendre, le ministère de l’Agriculture table sur 33,1 Mt (contre 32,6 Mt au 1er juillet). « Les teneurs en protéines moyennes sont généralement comprises entre 10,5 et 11,5 %, selon un axe croissant ouest-est », les poids spécifiques (PS) « majoritairement élevés », selon le communiqué de l’établissement national, d'Arvalis et et de Terres Inovia. En blé dur, 1,3 Mt sont attendues et « le mitadinage semble limité » en l’absence de pluies. Côté orge d’hiver, la récolte est estimée à 8,4 Mt. « Les teneurs en protéines oscillent entre 9,5 et 10,5 % sur une large partie du territoire », quand les PS et calibrages s’avèrent « bons voire très bons ». L’orge de printemps est chiffrée à 3,5 Mt (contre 3,4 Mt précédemment), avec des protéines entre 9,8 et 10,8 %, et des PS et calibrages « excellents ». En colza, l’estimation bondit à 4,5 Mt (4,2 Mt précédemment). « La qualité des graines est remarquable avec une teneur en huile à plus de 45 %, en nette hausse par rapport à 2024. » La récolte de pois protéagineux est, elle, chiffrée à 0,5 Mt.

Incendie dans l'Aude : les viticulteurs attendent « un fonds d'urgence »

Les viticulteurs de l'Aude touchés par l'incendie géant espèrent « un fonds d'urgence » pour indemniser les pertes non couvertes par les assurances, affirme le premier vice-président de la FNSEA avant la venue de la ministre de l'Agriculture le 14 août. « Les remontées de terrain font état de 1 000 à 1 500 ha fortement impactés (...), c'est-à-dire avec des pertes de fonds, des pertes de récolte, des vignes qui ont reçu du produit retardant, qui ont été exposées pendant plusieurs jours à de la fumée », a déclaré à l'AFP Jérôme Despey. « Les vignes détruites sont pour la plupart assurées. Les pertes liées à une non-conformité des vins à cause de la fumée ou du retardant, ça, les assurances ne prennent pas a priori », selon lui. Les viticulteurs demandent un « fonds d'urgence », M. Despey appelant la ministre à se « tourner vers l'indemnité de solidarité nationale (ISN) », un fonds prévu pour indemniser les agriculteurs non couverts par une assurance multirisques en cas de pertes liées à des aléas climatiques. Le syndicaliste a aussi évoqué « une enveloppe pour les prises en charge de cotisations sociales » et « un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti ». Il souhaite également que les viticulteurs puissent compléter leur production en achetant en dehors de leur exploitation des moûts ou des raisins « au-delà des 5 % autorisés lorsqu'il y a un aléa climatique » pour ne pas « perdre des parts de marché ».

Bio : une étude prospective pointe la « possible marginalisation » en 2040 (ministère)

Une étude prospective Ceresco/Crédoc sur l’évolution de l’agriculture biologique (AB) d’ici 2040 fait apparaître que « la question d’une possible marginalisation de l’AB se pose, face à d’autres démarches mettant elles aussi en avant des promesses environnementales », indique le Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture dans une note d’analyse publiée le 13 août. L’étude fait aussi apparaître « l’importance, pour la consommation des produits biologiques, des prix, de la perception des labels et des bienfaits attendus (santé, environnement…) ». Réalisée par les bureaux d’études Ceresco et Crédoc à la demande du ministère, elle examine quatre scénarios qui illustrent des « évolutions probables » du secteur bio français. Un premier scénario décrit un futur où la bio est en repli, parfois produite de manière « intermittente », ce qui aboutit à de nouveaux cahiers des charges AB locaux avec des « pratiques et (…) soutiens éventuels (…) hétérogènes selon les territoires ». Le deuxième scénario esquisse une prise de conscience globale des enjeux environnementaux qui ouvre une « troisième voie » moins exigeante que l’AB, tandis que la bio s’enfonce dans la crise. Le scénario 3 décrit « un nouvel essor » de l’AB grâce à une rationalisation du marché et un cahier des charges assoupli. Enfin, le quatrième scénario esquisse un futur où l’AB « devient progressivement la norme » et « la référence pour la politique agricole commune ».

Bio : les voies d’action à court et long terme pour stimuler le secteur (étude)

Au-delà des quatre scénarios décrits dans l'étude prospective sur l’évolution de l’agriculture biologique (AB) d’ici 2040 (voir ci-dessus), les bureaux d’études Ceresco et Crédoc formulent plusieurs « recommandations d’actions » pour « stimuler le secteur bio à l’avenir », rapporte le CEP (ministère) dans sa note d’analyse. Concernant les voies d’action « à court terme », ils rappellent que le maintien d’une offre de produits bio « suffisante pour l’ensemble des consommateurs » est « primordial ». « Pour cela, le soutien aux infrastructures immatérielles (capital humain, outils de développement, fonds dédiés, instances de pilotage) ou matérielles (outils de collecte ou de transformation dédiés) des filières sera nécessaire », détaille la note. La question du prix sera « centrale » et l’image du label bio « très importante ». « Les arguments liés à la santé devraient également continuer à jouer en faveur du développement de la consommation de produits biologiques », ajoutent-ils. À long terme, la compétitivité de l’AB pourrait être améliorée par la prise en compte des externalités environnementales. Cela nécessiterait de renforcer « l’éducation environnementale ou la visibilité de la parole scientifique ».

Carottes/désherbage : les producteurs précisent leurs attentes en matière d’agroéquipement

L’AOPn Carottes de France a annoncé le 16 juillet sur LinkedIn la publication de son « cahier des charges du désherbage de précision de la filière carotte ». Disponible sur demande auprès de Carottes de France et destiné notamment aux agroéquipementiers, il vise à accompagner le développement de nouvelles technologies en phase avec les attentes des producteurs face aux impasses de désherbage. « L’identification de nouvelles techniques de désherbage constitue un axe de recherche prioritaire pour les producteurs de carottes françaises », évoque en préambule Christian Letierce, président de Carottes de France. Parmi les technologies attendues, les auteurs listent le laser, les micro-ondes, l’électrique, ou encore la lumière pulsée. Toutes permettant « d’intervenir à un stade précoce et de limiter le resalissement » (lire notre enquête sur le désherbage des légumes). Dans le détail, ces solutions sont attendues dans un délai de trois à cinq ans, avec un taux d’efficacité et de sélectivité de 95 % en un passage prioritairement sur le rang, tout en étant compatible avec des tracteurs de 100 à 120 ch. À long terme, ces technologies doivent permettre de remplacer les produits phytosanitaires dont les autorisations sont progressivement retirées. (Tanguy Dhelin)

Fromages : 40 lots rappelés, « possible contamination » à Listeria (ministère)

Plus de 40 lots de fromages au lait pasteurisé (camemberts, crémeux, bûches de chèvre, etc.) produits par la fromagerie Chavegrand (Creuse) ont fait l’objet d’un rappel les 11 et 12 août, en raison de suspicion de contamination à la bactérie Listeria monocytogenes. Dans un communiqué du 12 août, le gouvernement et Santé publique France évoquent « un lien possible » avec une série de 21 récents cas de listériose, ayant provoqué deux décès. 18 de ces cas remontent à début juin. Chavegrand avait déjà procédé à un précédent rappel après une contamination « détectée par un distributeur le 12 juin », précise le ministère de l’Agriculture à la presse. Après un mois de contrôles renforcés, « aucune contamination des produits par la listéria n'a été détectée et la production a pu se poursuivre », de même source. Par la suite, la « surveillance officielle des cas humains [de listériose] menée par Santé publique France » a montré que la bactérie détectée le 12 juin présente « la même carte d'identité génétique que celle isolée sur plusieurs cas humains de listériose ». D’où le second rappel déclenché en août par la fromagerie, « par précaution ». Selon Chavegrand, les fromages rappelés en juin et août ont été produits sur une ancienne ligne de production, fermée début juin, remplacée par une nouvelle ligne et soumise à « un plan d'analyse très renforcé », qui n'a toujours pas permis de trouver de trace de Listeria au sein de la fromagerie.

Grande distribution : l'allemand RTG rejoint Carrefour et U pour leurs achats

L'alliance Concordis dans la grande distribution, formée en juillet par Carrefour et la Coopérative U pour négocier leurs achats depuis Bruxelles, va accueillir la coopérative allemande RTG, ont annoncé les partenaires le 13 août. RTG fédère huit distributeurs allemands, dont la chaîne de droguerie Rossmann, le groupe de supermarchés à bas coût Netto et les enseignes Globus, Bartels‑Langness, Bünting, Tegut, Kaes et Klaas & Koc. Ensemble, ils cumulent environ 31 Md€ de chiffre d'affaires, avec 570 hypermarchés, 770 supermarchés et quelque 2 230 magasins de droguerie. RTG, Carrefour et Coopérative U – respectivement 2e et 4e distributeur de France –, cumulent désormais plus de 125 Md€ de ventes en France, Allemagne et Espagne. Objectif de l'alliance, qui sera effective en 2026 : « améliorer les conditions d’achat auprès des principaux fournisseurs multinationaux de marques nationales » notamment pour « réduire les coûts », explique le communiqué. L'arrivée de la coopérative allemande dans l'alliance « conforte sa capacité de négociation à l'échelle continentale », a commenté Alexandre Bompard, le p.-d.g. de Carrefour, cité dans le communiqué.