Agrafil du 14 novembre 2024

hero

Manifestations: la FNSEA et les JA lanceront une première vague d’actions le 18 novembre

Alors que les discussions sont en cours sur l'accord de libre-échange UE/Mercosur, la FNSEA et les JA appellent leurs réseaux à se mobiliser les 18 et 19 novembre, en même temps que la réunion du G20 au Brésil, pour dénoncer «l’Europe passoire». Les manifestations seront organisées au niveau de chaque département, devant les préfectures ou sur les voies de circulation dont le nom fait référence à l’Europe. Après cette première séquence, la mobilisation, prévue pour durer jusqu'à la mi-décembre, comportera deux autres phases: une seconde sur les «contraintes à l’agriculture» et une troisième sur «les prix, les revenus et la compétitivité». Les dates de ces appels à mobilisation ne sont pas encore arrêtées; elles dépendront de l’avancée des travaux de champs et du débat budgétaire en cours au Parlement. Plus largement, les syndicats majoritaires mettent en avant «quatre urgences», a rappelé le président de la FNSEA Arnaud Rousseau en conférence de presse le 13 novembre: les trésoreries des exploitations, la simplification administrative, la cohérence des politiques commerciales de l’UE et le renouvellement des générations d’agriculteurs. Sur la forme, «notre objectif n’est pas de bloquer ou d’ennuyer les Français, encore moins de les affamer», a appuyé M. Rousseau, mais de «faire pression sur les pouvoirs publics pour que nos revendications soient entendues».

Manifestations: la Confédération paysanne n'appelle pas à rejoindre la mobilisation FNSEA/JA

La porte-parole de la Confédération paysanne Laurence Marandola a indiqué le 13 novembre que le troisième syndicat agricole français n'appellerait pas à rejoindre la mobilisation lancée par l'alliance majoritaire FNSEA/JA, bien qu'ils s'entendent sur leur opposition à l'accord avec le Mercosur. «Nous serons mobilisés la semaine prochaine, mais avec nos propres modes d'action», a expliqué Laurence Marandola, lors d'un rassemblement à Paris contre l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, auquel les principaux syndicats agricoles français s'opposent. La Conf' a annoncé des actions dans le Haut-Rhin le 14 novembre, puis dans le Tarn le lendemain. «Sur ce sujet, il semblerait que l'on soit d'accord, mais sur d'autres sujets, on ne promeut pas le même modèle agricole», a justifié Laurence Marandola, dont le syndicat défend une «agriculture paysanne». «Si cet accord [avec le Mercosur] devait être signé, ce serait un déferlement énorme de viande bovine, de volaille, de sucre ou d'éthanol sans aucune protection, ni contrôle de normes», redoute-t-elle, citée par l’AFP. La Conf’ a mené ses propres actions le 12 novembre dans le Cantal et l’Allier, rapporte la presse locale. Le lendemain, le syndicat a participé à une manifestation à Bruxelles organisée par la Coordination européenne Via Campesina.

Entreprises de travaux agricoles: face aux intempéries, la FNEDT demande un soutien «d'urgence»

Les successions d'intempéries qui se sont succédé depuis l'automne 2023 pèsent également sur les comptes des entreprises de travaux agricoles (ETA), dont la fédération FNEDT demande, dans un communiqué paru le 13 novembre, des mesures «d'urgence» au ministère de l'Agriculture. Le syndicat rappelle que les intempéries «augmentent l’usure des équipements, les casses matérielles et la consommation de carburant, parfois jusqu’à 300 % dans les régions les plus touchées, notamment sur la façade atlantique». De plus, les ETA font face à des risques d’impayés croissants, face à des clients agriculteurs dont les semis d'hiver 2023 ont été en partie annulés, retardés, ou renchéris, et les récoltes mauvaises. Dans le détail, la FNEDT demande la mise en place d'un «fonds de soutien d'urgence» pour les ETA, un «accès prioritaire et accéléré au régime de prise en charge des allocations de chômage partiel et d’allocations de longue durée pour maintenir l’emploi salarié», une «révision des dispositifs de gestion des aléas climatiques», une meilleure adaptation des calendriers réglementaires de travaux; un échéancier pour le paiement des charges sociales; et un «accompagnement» pour les gestion des encours de clients (report des échéances de prêts sans pénalité et aménagement des taux par les établissements bancaires).

Manifestations de février: «justifiées» pour une majorité de Français, comme les précédentes

À l'occasion d'un sondage réalisé par l'Ifop pour Ouest-France et diffusé le 14 novembre, 88% des Français interrogés ont déclaré, début octobre, que le mouvement des agriculteurs de l'hiver passé était «justifié», un niveau similaire à celui observé face aux précédentes grandes mobilisations agricoles. Et les sondeurs de rappeler les taux d'adhésion à la mobilisation des éleveurs en 2009 (85%), en 2010 (92%), en 2015 (86%) et en 2016 (84%). Par ailleurs, seulement 16% des personnes interrogées estiment que «le monde agricole a obtenu des avancées suffisantes» à l'issue de ces mobilisations. En entrant dans le détail, ils sont seulement 33% à penser que «certaines concessions et réponses qui ont été apportées aux agriculteurs par les pouvoirs publics sont synonymes de recul pour la défense de l'environnement». En tête des revendications perçues comme prioritaires pour le monde agricole: la rémunération (71% des répondants la classent en première ou seconde priorité), la concurrence étrangère (68%), la simplification (35%) et la hausse des aides pour accompagner les transitions environnementales (25%).

UE/Mercosur: quatre interprofessions en soutien à la mobilisation contre l'accord

Les interprofessions de la viande rouge (Interbev), de la volaille (Anvol), des céréales (Intercéréales) et du sucre (AIBS) ont dit, lors d'une conférence de presse le 13 novembre, vouloir «donner plus de force» à la mobilisation agricole anti-Mercosur, en disant «non» d'une «seule voix» à cet accord. Sur cinq représentants de ces interprofessions ayant pris la parole, quatre sont des agriculteurs issus des rangs de la FNSEA. «Les filières exhortent le gouvernement français à tout mettre en œuvre pour empêcher la signature de l’accord en utilisant le droit de veto dont elle dispose au Conseil de l’UE», indique leur communiqué commun. Trois élus de différents bords – le socialiste Dominique Potier, le LR Laurent Duplomb et un ex-ministre de l'Agriculture (lors du premier mandat d'Emmanuel Macron), Stéphane Travert – étaient présents à cette conférence afin de montrer que le monde politique français affiche une rare unanimité sur le sujet. Plus largement, les filières bovine et volaille et la filière maïs demandent «l’application immédiate de clauses miroir dans les accords existants pour les importations agricoles déjà en cours», et un renforcement des «contrôles européens».

UE-Mercosur : la France n'acceptera pas l'accord «dans les conditions actuelles», assure Barnier

La France n'acceptera pas l'accord de libre-échange UE-Mercosur «dans les conditions actuelles», a martelé le 13 novembre le Premier ministre français Michel Barnier à l'issue d'une rencontre avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. «J'ai dit à la présidente que, dans les conditions actuelles, cet accord n'est pas acceptable par la France et il ne le sera pas, a-t-il déclaré à des journalistes à Bruxelles. «Je recommande qu'on ne passe pas outre la position d'un pays comme la France», a-t-il mis en garde. Dénonçant «l'impact désastreux que cet accord aurait sur des filières entières notamment de l'agriculture et de l'élevage, M. Barnier a assuré qu'il y avait «les mêmes craintes dans beaucoup de pays européens». Interrogé sur les aménagements qui pourraient rendre le texte acceptable pour la France, il n'est pas rentré dans les détails. «Il ne s'agit pas de mettre des rustines ou de compenser, a-t-il simplement lancé.

Contrôles administratifs: «écart important» entre ressenti et réalité de la pression (rapport)

Dans un rapport dévoilé par le média spécialisé Contexte le 13 novembre, que le gouvernement n'avait pas publié, plusieurs inspections dressent un bilan rassurant de la pression de contrôle exercée sur les agriculteurs, alors que la ministre de l'Agriculture a récemment annoncé la mise en place d'une coordination des services pour aboutir à un «contrôle unique». La mission «constate un écart important entre le ressenti des exploitants d'une pression de contrôle élevée assortie d'une sévérité des sanctions et peines effectivement prononcées». Elle a recueilli «peu d'illustrations concrètes de situations de contrôles excessifs portant sur une même exploitation», et observant au contraire que les exploitants «sont finalement rarement poursuivis hormis dans les cas de fraude, de réitération, de refus de mise en état ou de préjudice économique important». Les auteurs constatent que les statistiques existantes ne permettent pas «de retracer les contrôles opérés au sein d'une même exploitation». Des statistiques départementales des DDT en retracent une partie dans le cadre d'une coordination déjà existante des contrôles Pac ; dans ce cadre, près de 90% des exploitations ne sont pas contrôlées dans l'année, 10% font l'objet d'un seul contrôle, 1% de deux ou plus.

Ecophyto: quatre associations contestent la légalité du plan devant le Conseil d'État

Quatre associations de défense de l'environnement ont annoncé le 13 novembre déposer un recours auprès du Conseil d'État contre le plan Ecophyto 2030, destiné à réduire l'usage des pesticides en France, dénonçant dans un communiqué des «reculs criants», notamment en matière d'indicateurs. Notre affaire à tous, Générations futures, Biodiversité sous nos pieds et l'Association pour la protection des animaux sauvages ont déclaré introduire un recours en excès de pouvoir, considérant que la stratégie, présentée par le gouvernement en mai, «acte un abandon de l'objectif de 50% de réduction de l'utilisation des pesticides» d'ici 2030, poursuivi lors du premier plan Ecophyto de 2008. Si ces 50% figurent encore dans le plan, l'indicateur a changé: le HRI1 (l'indicateur européen de risque harmonisé) a remplacé le Nodu (nombre de doses unités), pourtant «plus adapté au contexte national» selon les associations. Autre modification, la période de référence. C'est désormais la moyenne des années 2011-2013, contre 2015-2017 auparavant. «Un changement d'indicateur et de période de référence, revient en réalité à un changement d'objectif: cela signe concrètement un abandon de l'objectif de 50% de réduction de l'utilisation de produits phytopharmaceutiques prévus dans les plans Ecophyto précédents», ont plaidé les représentants des ONG environnementales.

Pesticides: le Conseil d'État saisi sur l'exportation de produits interdits

L'ONG CCFD-Terre Solidaire et l'institut Veblen ont annoncé le 13 novembre avoir saisi le Conseil d'État pour faire cesser l'exportation, depuis la France, de pesticides interdits dans l'Union européenne. La loi Egalim de 2018 interdit en effet «la production, le stockage et la circulation de produits phytopharmaceutiques» (herbicides, fongicides, insecticides, acaricides...) «contenant des substances actives non approuvées» dans l'UE. Mais l'exportation des substances actives elles-mêmes n'est pas interdite, comme l'avaient déjà souligné l'ONG suisse Public Eye et l'émission «Vert de rage», diffusée sur France 5. «La France continue de produire et d'exporter des substances actives dangereuses, interdites d'usage sur son propre territoire en raison de leur toxicité pour la santé et l'environnement», soulignent le 13 novembre les deux organismes dans un communiqué commun. Pour élargir l'interdiction aux substances actives, CCFD-Terre Solidaire et l'institut Veblen, un think tank qui réfléchit à la transition écologique, veulent faire annuler et réécrire une circulaire de 2019 qui «précise les conditions d'application» de la loi. Ils ont saisi le Conseil d'État le 7 août et déposé le 4 novembre le mémoire final, indiquent-ils. La circulaire confirme que «la mesure d'interdiction porte uniquement» sur les produits phytopharmaceutiques et ne concerne pas «l'activité de synthèse de substances actives».

Pesticides: Bayer dévisse en Bourse après des résultats décevants au 3e trimestre

Le cours de l'action Bayer serait au plus bas depuis 20 ans, après avoir chuté, le 12 novembre, de plus de 10% à la mi-journée, rapporte la presse boursière. Le groupe paye des résultats décevants de sa branche agricole au troisième trimestre. De juillet à fin septembre, les ventes de la firme allemande ont baissé de 3,6% (à 3,98 milliards d'euros) à travers le monde, en grande partie à cause de la chute des ventes d'herbicides à base de glyphosate (-19,1%), détaille le groupe dans un communiqué. Le fabricant souligne également l'effet d'une réduction des surfaces de maïs en Amérique latine sur ses ventes de semences. Ces mauvais résultats n'ont été que partiellement compensés par de meilleures ventes en fongicides (+13,1%) et insecticides (+9,5%). Sous la houlette d'un nouveau patron depuis un an, le groupe de Leverkusen tente de sortir d'un long tunnel de difficultés causées notamment par le rachat en 2018 de Monsanto, fabricant du controversé désherbant Round Up. Au cours du premier semestre, il a supprimé 3200 emplois dans le monde, dont les trois quarts au sein de la direction. Au deuxième trimestre, la division agrochimie avait vu ses ventes augmenter de 1,1%, grâce au succès d'herbicides à base de glyphosate, notamment en Amérique du Nord. Mais le choix des clients pour les produits les moins rentables avait généré une perte opérationnelle de 229 millions d'euros pour la division.

Machinisme : les carnets de commandes «au plus bas depuis 2010» chez les industriels

Les industriels de l’agroéquipement voient leurs carnets de commandes «au plus bas depuis 2010», a indiqué le 13 novembre le syndicat Axema. «2024 devrait être la pire année depuis 2010 en termes de prises de commandes», a souligné le directeur des affaires économiques et internationales David Targy. Leur évolution est de -13% sur les neuf premiers mois de l’année, selon l’index Axema. Cette conjoncture négative apparaît plus soutenue en amont qu’en aval de la filière. D’un côté, le chiffre d’affaires des fabricants français est à -14,5% de janvier à août, tiré à la baisse par l’export (-23%). De l’autre, les ventes des distributeurs affichent -3,1% sur la même période. «Il y a un assainissement des stocks» dans les concessions, explique David Targy. Les projections de marché sont toutefois moroses, avec une baisse des ventes de matériels neufs qui s’accélère d’un trimestre à l’autre (-4%, puis -12,5% et -18%) atteignant -10 % sur les neuf premiers mois. Axema anticipe un marché 2024 des agroéquipements entre -10% et -15%. Sa prévision pour 2025 est à -5%, avec une reprise des commandes attendues au deuxième semestre. «La conjoncture agricole pèse sur notre marché», souligne David Targy, notant des comptes particulièrement dégradés chez les céréaliers et les viticulteurs. 

Machinisme/évènementiel: un AgriSima à Villepinte en 2026, sans Comexposium

S'il n'y aura finalement pas de salon du machinisme agricole au Bourget en 2025, un évènement devrait bien se tenir à Villepinte en 2026. Fin septembre, le syndicat français des fabricants de machines, Axema, a annoncé qu'un salon intitulé AgriSima sera organisé du 22 au 25 février 2026 au parc des expositions de Paris Villepinte. Pour ce faire, une nouvelle société intitulée AgriVitiEvents a été créée avec Axema, co-présidée par deux professionnels des salons Frédéric Bondoux (Salon de l'herbe, Salon des ETA) et Gaëtan Ménard (salon Esprit Meuble). Comexposium n’est plus co-organisateur, Axema ayant rompu le contrat. Le syndicat de constructeurs souhaitait prendre en main la communication, «insuffler un nouvel élan à l’évènement», a-t-il précisé en conférence de presse le 13 novembre. AgriSima est pensé comme un «salon de filières». En février, l'annulation du Sima 2024 avait été justifiée par ses organisateurs (Axema et Comexposium) par «le contexte actuel de baisse de marché et de crise agricole». Le grand rendez-vous du secteur avait aussi été victime du «désistement d’acteurs majeurs du machinisme agricole». Dans la foulée de cette annulation, les organisateurs du Salon de l'agriculture (Comexposium et Ceneca) avaient annoncé, en mai, la tenue d'un salon du machinisme au parc des expositions de Paris Le Bourget (Seine-Saint-Denis) du 23 au 25 février 2025. Un mois après l'annonce d'un retour du Sima en 2026, ses organisateurs ont finalement renoncé à l'organiser.

Numérique: AgDataHub va se déclarer en cessation de paiement

La société Agdatahub (infrastructure de partage de données agricoles) se déclarera, le 14 novembre, en cessation de paiement auprès du tribunal de commerce, a appris Agra presse. Après quatre ans de déploiement, Agdatahub avait sollicité l'État début 2024, en raison de difficultés économiques. Au terme de négociations, le ministère de l’Agriculture s’était engagé à apporter un soutien financier, via France 2030; l'État aurait ainsi dû devenir actionnaire majoritaire de l’entreprise. Mais le financement n’a jamais été perçu, selon l'entreprise et début octobre, le syndicalisme majoritaire (FNSEA, JA, Chambres d'agriculture France) avait pressé publiquement l’État d'accélérer son engagement, en vain. « La phase de dissolution nous a été fatale, confie Sébastien Windsor, président des Chambres d’agriculture et d’AgDataHub. Le nouveau gouvernement nous soutenait, mais la mise en œuvre des solutions de financement étaient trop tardive.» L’entreprise sera placée sous protection du tribunal de commerce pendant 15 jours, avant l’instruction, et la mise sous redressement ou liquidation judiciaire. Agdatahub avait été créé en 2016 par l’Acta (instituts techniques) et l’APCA (chambres d’agriculture) sous le nom d’ApiAgro. La solution d’AgDataHub avait déjà été adoptée par les chambres d’agriculture ainsi que par certaines filières. La société emploie huit salariés. (Elena Blum)

Œuf : la filière œuf s’entend sur le financement de l’ovosexage (interprofession)

Les acteurs de la filière œuf se sont entendus, au cours de la Journée d’information du CNPO ce 13 novembre, sur le moyen de couvrir les coûts de l’ovosexage. Le nouveau système, devant entrer en vigueur le 1er mars, sera étendu à de nouveaux circuits de distribution des œufs coquilles (restauration, boulangeries...). «L’effort portera donc sur 9 milliards d’œufs contre 7 milliards aujourd’hui. Nous souhaitons que tous les utilisateurs d’œuf coquille contribuent, indique Yves-Marie Beaudet, président de l’interprofession. On a sauvé une partie du système. Les couvoirs continueront de recevoir une indemnité, comme aujourd’hui». Par ailleurs, la grande distribution continuera de contribuer à hauteur de 80% du volume, contre 100% aujourd’hui. L’accord interprofessionnel actuel est repoussé jusqu’à fin février, le temps de réévaluer le coût et de mettre en place le système d'indemnisation des couvoirs. L'accord trouvé ce 13 novembre inclut également la mise en place d'un indicateur «Egalim qualité», sur le coût de l’ovosexage. D’environ 36 millions d’euros actuellement, il sera évalué chaque année par FranceAgriMer. Il prend en compte les techniques les moins coûteuses. L’accord actuel, qui arrive à échéance à la fin novembre, est prolongé de 3 mois, le temps de réévaluer le coût de 2024 et de mettre en place le nouveau système. 

Lait: l’OP Saint-Père reste en discussion avec Agromousquetaires sur l’accord-cadre

«Les discussions sont toujours en cours» pour conclure un accord-cadre entre la laiterie Saint-Père (Agromousquetaires) et l’organisation de producteurs (OP) livrant le site industriel situé en Loire-Atlantique, explique la vice-présidente de l’OP, Elodie Ricordel, sollicitée par Agra Presse. Or, Intermarché et le président du groupement Les Mousquetaires Thierry Cotillard ont indiqué, le 12 novembre, que le distributeur ne négocierait pas avec les laiteries tant que celles-ci n’ont pas signé avec les producteurs. «C’est un peu frustrant pour nous, même si le message de Thierry Cotillard va dans le bon sens (…) Compte tenu du poids du groupe, ça peut peser pour les éleveurs», explique Elodie Ricordel. Faute d’accord-cadre, la laiterie Saint-Père a proposé des contrats individuels aux producteurs en décembre 2022. En réaction, l’OP avait demandé une médiation, qui n’a finalement pas eu lieu. Les discussions ont repris. «Nous avons avancé sur une formule de prix que nous testons depuis le mois de juin», précise la vice-présidente de l’OP. «Nous voulons aussi avancer sur la gestion collective des volumes», poursuit-elle. Par ailleurs, l’OP (230 producteurs, 175 millions de litres) a pour projet de s’ouvrir à un second acheteur en commercialisant du lait via la SAS Voie lactée, créée par l’AOP Poplait, à laquelle l’OP Saint-Père est adhérente. 

Légumes : une production de plein champ à la baisse en Espagne sur 2023/2024

La production de légumes de plein champ a globalement baissé sur la campagne 2023/2024 par rapport à l’an passé et aux cinq dernières années, indique la Fepex (exportateurs espagnols) sur son site le 12 novembre. Elle a diminué de 7,8 % par rapport à la moyenne quinquennale, pour atteindre 4,4 millions de tonnes. En comparaison, la production sous serre n’a reculé que de 1 % à 4,3 millions de tonnes. Cette baisse frappe particulièrement la laitue avec 908 630 tonnes, soit 11,6% de moins que la saison précédente et -9,6% que la moyenne des cinq dernières campagnes. La production de brocoli et de chou-fleur a également diminué. Le brocoli en 2023/2024 est en recul de 5,6% par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes, même s’il a progressé de 1,7% par rapport à l’an passé. Celle de choux-fleurs est aussi en baisse : -6,9% en 2023/204, -17,8% sur cinq ans. En revanche, l’oignon, avec 1,3 million de tonnes en 2023/2024, bénéficie d'une augmentation de 16,7% par rapport à la campagne précédente et de 2,7% par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. Pareillement, la production de carottes a progressé de 10,5% la saison dernière (393 510 tonnes), améliorant sa performance de 4,5% sur cinq ans.

Myrtilles : les conseils de la Rabobank pour faire face aux importations extra-européennes

Après une baisse historique de 10% sur la campagne 2023/2024 (la première en 15 ans), les exportations mondiales de myrtilles devraient augmenter de 3% lors de la saison 2024/2025, en comparaison de la campagne 2022/2023, souligne un récent rapport de la Rabobank. La banque néerlandaise prévoit qu’à l’horizon 2027/2028, elles pourraient dépasser le million de tonnes. Le Pérou devrait continuer de dominer le marché à l’export, tiré par des rendements en hausse (grâce à de nouveaux cultivars exclusifs) et des surfaces en hausse. Sur le domaine européen, la Rabobank prévoit une demande ferme malgré de fortes augmentations de prix et elle devrait continuer de croître. «Depuis 2023, l'offre est devenue un facteur limitant, en particulier pendant la fenêtre d'approvisionnement de l'hémisphère sud. Les producteurs européens sont confrontés à des défis tels que la faible disponibilité de la main-d'œuvre et les coûts élevés de celle-ci», souligne le rapport. La main-d’œuvre est un défi généralement souligné par la Rabobank Elle préconise l’adoption de variétés de myrtilles plus grosses, facilitant la récolte, la mécanisation de cette dernière, et l’automatisation des process en pré et post-récolte. Rabobank considère aussi qu’«une probable réduction du nombre de récoltes serait nécessaire pour allonger la saison de production». 

Banane : l’ovale bleu et jaune de Chiquita Brands ne peut être protégé en tant que marque (CJUE)

Dans un arrêt dévoilé le 13 novembre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) confirme que l’ovale bleu et jaune de Chiquita Brands ne peut pas bénéficier d’une protection en tant que marque de l’Union européenne pour les fruits frais. Il considère que ni la forme ni le schéma de couleurs bleue et jaune de la marque ne lui confèrent un caractère distinctif. En outre, les étiquettes de cette forme sont couramment utilisées dans le secteur des bananes, étant «faciles à appliquer sur des fruits incurvés», précise la CJUE. Quant au schéma de couleurs, le tribunal constate qu’il s’agit d’une combinaison de couleurs primaires fréquente dans le commerce des fruits frais. Aussi, son utilisation «ne la rend pas particulièrement caractéristique ou frappante». En résumé, le tribunal estime que Chiquita Brands n’a pas réussi à démontrer que sa marque, telle qu’enregistrée, avait acquis dans tout le territoire de l’UE «un caractère distinctif par l’usage». Pour rappel, en mai 2020, la Compagnie financière de participation (Marseille) avait demandé à l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) de déclarer la nullité de cette marque, la considérant dépourvue de caractère distinctif. Une nullité déclarée trois ans plus tard par l’EUIPO, et contestée par la suite par Chiquita Brands devant la CJUE.

Semences: effets disparates des conditions climatiques sur les récoltes 2023/2024

L’UFS (Union française des semenciers) a présenté, le 13 novembre lors d’une conférence de presse, le bilan de la production de semences pour 2023/24, impactée elle aussi par les conditions climatiques des derniers mois. Les surfaces ont reculé de 24% en maïs, 12% en colza, 11% en soja, 7% en protéagineux, 5% en céréales d’hiver et en tournesol. À l’inverse, forte progression pour le sorgho (+ 46%), et quasi-stabilité pour les betteraves sucrières (+2%) et pour les céréales de printemps (+1%). Derrière ces chiffres se cachent différentes situations. Si pour les céréales à paille et pour le maïs, les volumes de production de semences ont, malgré tout, été au rendez-vous pour approvisionner les besoins de la campagne en cours ou à venir, l’inquiétude est grande en betteraves car les rendements bruts ont été faibles. Pour l’UFS, sur cette espèce, «le risque de découragement des agriculteurs multiplicateurs est élevé, après une succession de mauvaises années de production.» En tournesol et en sorgho, ce qui pose question, c’est le niveau des facultés germinatives des graines, alors que la récolte est parfois toujours en cours : cela pourrait entraîner de possibles tensions sur le marché. En fourragères et gazon, la demande est en berne : les stocks sont importants, tant chez les semenciers que chez les distributeurs. Pour le colza, aucune inquiétude sur le niveau des stocks.

Zéro artificialisation nette : une mission d'information créée à l'Assemblée

Une mission d'information sur le «Zéro artificialisation nette des sols» (Zan) a été créée le 12 novembre à l'Assemblée, dans un contexte où cette politique visant à lutter contre la bétonisation des terres est remise en question par une partie de la majorité, a appris l'AFP de source parlementaire. La présidente de la commission du développement durable, Sandrine Le Feur (Ensemble pour la République), devrait être candidate pour être co-rapporteur de la mission, avec un député du groupe centriste Liot, selon son entourage. Auprès de l'AFP, la députée du Finistère se dit «très inquiète des positions de Michel Barnier lors de sa déclaration de politique générale, très inquiète des positions des Républicains et du Sénat sur ce sujet». «J'entends la difficulté des élus locaux mais en aucun cas je ne souhaite revenir sur les objectifs de la Zéro artificialisation nette», a-t-elle dit. Un rapport du Sénat rendu début octobre plaide pour l'abandon de l'objectif intermédiaire fixé à 2031, jugé «peu atteignable». Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Michel Barnier s'était dit favorable à une nouvelle évolution de la réglementation. Le président du groupe LR à l'Assemblée, Laurent Wauquiez, est un adversaire déclaré du Zan, qu'il juge «ruralicide».

Décarbonation: le gouvernement prévoit presque 1,6 milliard d'euros pour l'industrie

Le gouvernement a présenté le 13 novembre un amendement prévoyant un soutien de 1,55 milliard d'euros pour la décarbonation de l'industrie, dans le cadre du débat parlementaire sur un budget 2025 pourtant contraint par la dérive des finances publiques, a-t-on appris auprès du ministère de l'Économie. «La décarbonation de notre industrie est un élément essentiel de notre stratégie économique. Elle nécessite des investissements privés et publics d'ampleur», a déclaré le ministre de l'Économie, Antoine Armand, dans un commentaire transmis à l'AFP. «Cette décision, qui marque une évolution notable dans le projet initial de budget, s'inscrit pleinement dans cette stratégie et soutiendra des projets clefs pour produire en France en émettant moins de carbone», a-t-il ajouté. Cet amendement a été déposé à l'identique par le vice-président de l'Assemblée nationale et ancien ministre de l'Industrie Roland Lescure. Ce dernier est le signataire, avec des élus de tous bords, d'une tribune dans La Tribune Dimanche qui demandait au gouvernement de maintenir les aides publiques aux entreprises pour la décarbonation de l'industrie dans le budget 2025. Un recensement a déjà permis d'identifier 81 projets industriels majeurs de décarbonation, d'après Bercy. Notamment auprès des 50 sites qui totalisent près de 60% des émissions de carbone de l'industrie.

Horticulture : Florent Moreau, nouveau président de Valhor (interprofession)

À l’occasion de son assemblée générale, le 12 novembre, Florent Moreau a été élu à la présidence de l’interprofession horticole Valhor., indique-t-elle sur son compte LinkedIn. Il succède à Catherine Muller après trois ans de mandat (statutaire). Florent Moreau, artisan fleuriste à Saint-Laurent sur Sèvre (85) et les Herbiers (85), puis Cerizay (79), avait été notamment été administrateur de Valhor entre 2019 et 2022. Dans sa première intervention, le nouveau président de Valhor a souligné que «l’avenir de la filière et des métiers du végétal se préparent et s’engagent dès à présent», rappelant les trois ambitions du projet stratégique de la profession : compétitivité de la filière, attractivité des métiers, transition écologique.