Agrafil du 13 novembre 2024

hero

Commission européenne: le sort de Varhelyi suspendu aux auditions des vice-présidents

Les eurodéputés ont décidé, le 11 novembre, de reporter leur décision quant à la nomination du commissaire désigné à la Santé et au Bien-être animal Oliver Varhelyi. La validation de sa candidature va finalement être liée aux décisions qui seront prises à l’issue des auditions le 12 novembre, des six futurs vice-présidents de la Commission européenne notamment Teresa Ribera (Transition propre), Stéphane Séjourné (Compétitivité) et Raffaele Fitto (Cohésion). Pour ce dernier, membre du parti conservateur de la première ministre italienne Giorgia Meloni, aucune majorité pour sa confirmation n’a pu être trouvée. Une discussion entre les principaux groupes politiques qui défendront chacun leurs candidats va maintenant s’engager. Mais le temps presse, pour que la nouvelle Commission européenne puisse prendre ses fonctions dès début décembre. Insatisfaits par la qualité de son audition, les eurodéputés avaient adressé à Oliver Varhelyi cinq questions additionnelles auxquelles il a répondu dès le 8 novembre. Que ce soit sur l’étiquetage alimentaire (notamment nutritionnel) ou le bien-être animal, il s’est engagé à avancer sur ces dossiers après concertation avec les parties prenantes, en premier lieu les agriculteurs.

Espagne/inondations : 200 M€ d’aide directe débloqués pour l’agriculture

Le gouvernement espagnol a annoncé, le 11 novembre, une série de mesures concernant l’agriculture à la suite des violentes tempêtes et inondations qui ont récemment touché le pays, peut-on lire sur le site de Fepex (exportateurs fruits et légumes espagnols). La première est une aide directe d'un montant de 200 millions d'euros pour les agriculteurs et les éleveurs qui ont subi une perte de production de plus de 40%. Soumise au régime de minimis, le montant de l'aide sera équivalent à 30% de leur revenu agricole moyen et ne dépassera pas la limite de 25 000 euros par bénéficiaire. Par ailleurs, un budget de 170 millions d'euros, géré par le ministère de l’agriculture espagnol, est aussi débloqué pour le déblayage des débris sur les terrains agricoles, le nettoyage des voies d'accès rurales, la reconstruction des infrastructures d'irrigation et l'approvisionnement en électricité.  Enfin, le ministère consacrera 4,5 millions d'euros pour garantir l'approvisionnement alimentaire des citoyens des communes concernées via le réseau public des marchés de gros. Ces mesures concernent 112 communes sinistrés dans la province de Valence, d’Almeria et à Albacete, Cuenca et Málaga. Le ministère espagnol de l’agriculture estime à 49.000 le nombre d’agriculteurs concernés producteurs et à 70 000 hectares les surfaces touchés par les tempêtes et inondations. 

Pac: feu vert des Etats membres à une aide d'urgence face aux aléas climatiques

Les experts des États membres du Comité spécial Agriculture ont approuvé, le 11 novembre, la proposition d’amendement de la Pac visant à octroyer une aide forfaitaire maximale de 42.000 € aux agriculteurs affectés par des aléas climatiques en 2024. Ce soutien sera financé par les fonds européens non utilisés de la période 2014-2020 du Fonds de développement rural. Le texte introduit également des simplifications administratives sur les modalités d’octroi de ce type d’aide d’urgence (définition de la notion de «force majeure»…). Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, qui examinent le dossier selon une procédure d’urgence, devraient à leur tour valider ce règlement lors de leur réunion du 18 novembre.

Budget 2025 : l'Assemblée nationale rejette le texte, envoyé au Sénat

L'Assemblée nationale a nettement rejeté le 12 novembre en première lecture le projet de loi de finances (PLF) 2025, seule la gauche votant pour un texte qu'elle a largement contribué à réécrire, et qui a été «dénaturé» selon la majorité. La partie «recettes» du texte a été approuvé par 192 députés, issus du Nouveau Front populaire, contre 362, membres des quatre groupes de la coalition gouvernementale et du Rassemblement national et de ses alliés ciottistes. Ce rejet permet au gouvernement de soumettre au Sénat sa propre copie du PLF. «L’examen du texte au Sénat se verra alimentée par un certain nombre d’amendements du gouvernement qui seront issus d’adoptions d’amendements ici à l’Assemblée nationale», a déclaré le ministre du Budget Laurent Saint-Martin à l’issue du vote. Plus tôt dans la journée, les députés avaient rejeté sans surprise en commission la partie «dépenses» du PLF, très largement remaniée notamment par la gauche, qui a tenté de faire adopter le texte mais s'est heurtée à la coalition gouvernementale et au RN. Cet autre vote n'a que peu de conséquences sur la suite de l'examen parlementaire du texte dans l'hémicycle, car les députés repartiront de la version initiale du projet de loi.

Légumes 4e gamme: dossier d'AOP de maraîchers déposé, interprofession en réflexion

A l’occasion d’une conférence de presse le 12 novembre, le Syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts l’emploi (SVFPE) a indiqué qu'ils réfléchissaient à la création d'une interprofession. «Un dossier de création d’une AOP des maraîchers fournisseurs de la 4e gamme a été déposé. A partir de là, nous pourrions travailler afin de bâtir une interprofession représentant l’ensemble de la filière. Cela participerait à une meilleure visibilité de celle-ci», a expliqué Pierre Méliet, président, à Agra. Aujourd’hui, 380 maraîchers (140 000 tonnes de produits préparés en 2023) approvisionnent les fabricants français (Florette, Crudettes, Frais Emincés, Rosée et Champs et encore dernièrement Bonduelle). Par ailleurs, le SVFPE s’est engagé dans l’élaboration d’une charte d’engagement en matière de responsabilité sociétale, attendue pour la mi-2025. Elle s’articulerait autour de trois grands thèmes : gestion durable de l’eau, emballages écoconçus et recyclables et maîtrise des produits phytosanitaires. Sur le plan des phytosanitaires, on reconnaît que le travail doit continuer: «Les usages sont divers selon les variétés, les périodes de culture. Il est nécessaire de travailler de concert sur des indicateurs fiables», opine Pierre Méliet, rappelant que 92% des fournisseurs sont certifiés Global Gap.

Châtaigne : plan de soutien «en cours de finalisation», avec quatre grandes pistes

Le plan d’actions national destiné à répondre au déclin de la production de châtaignes est «en cours de finalisation», a annoncé Christian Lannou, directeur de recherche dans un entretien accordé à l’Inrae le 8 octobre. Et de préciser: «nous avons bien avancé, mais il reste à obtenir l’aval du ministère et le déblocage des crédits». Pour rappel, le ministère de l’Agriculture a signé une convention avec le Syndicat national des producteurs de châtaignes en février 2024, alors que la filière castanéicole est fragilisée «par les effets du dérèglement climatiques» et les «enjeux phytosanitaires». Quatre grandes lignes ressortent du plan d’action qui en découle, avec d’abord la recherche de méthodes innovantes de protection face aux maladies et parasites du châtaigniers (chancre du châtaignier, encre du châtaignier, cynips…). Par ailleurs, il s’agit de produire des plants résistants et en bon état sanitaire, mais également d’améliorer les pratiques post-récolte pour éviter le pourrissement (tri, conditionnement…). Enfin, il s’agit de travailler à l’élaboration de nouvelles pratiques culturales, telles que des techniques d’élagage, de compostage, ou encore de paillage pour lutter contre la sécheresse. «Nous espérons que les premiers projets seront mis en œuvre en début d’année prochaine… Dès que le ministère aura validé», souligne M. Lannou.

Huile d’olive : fort rebond de l’offre mondiale, sans prévision de décrue des prix (USDA)

Après deux années consécutives de baisse, la production mondiale d’huile d’olive devrait retrouver des couleurs en 2024/2025, indique le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dans un rapport publié le 8 novembre. Elle est attendue à 3,1 millions de tonnes (Mt) ; soit une hausse de 27 % par rapport à l’année dernière et une prévision légèrement inférieure à celle formulée par le Conseil oléicole international (3,35Mt). Selon l’USDA, l’Union européenne (UE) devrait produire 2 Mt de tonnes en 2024/2025 contre 1,5 Mt un an plus tôt. Rien qu’en Espagne, qui contribue à hauteur des deux tiers à l’offre européenne, la production pourrait revenir à des niveaux moyens, atteignant près de 1,3 Mt contre environ 765 000 tonnes en 2023/2024. En revanche, la production italienne d’huile d’olive devrait se maintenir à 200 000 tonnes, en baisse par rapport à la campagne précédente. Une diminution due aux effets du cycle naturel d’alternance de production des oliviers, de la sécheresse et des vagues de chaleur dans le sud de l’Italie, selon le rapport. Toujours au niveau du pourtour méditerranéen, la Tunisie anticipe une offre de 340 000 tonnes en 2024/2025, soit une hausse de 70 %. Malgré cette amélioration de l’offre, l’USDA ne prévoit pas de décrue des prix, en raison de stocks de début de campagne faibles.

Cognac : les annonces chinoises sont « un signal positif » selon l'interprofession

Alors que la Chine a annoncé le 11 novembre la mise en place, à compter du 15 novembre, de mesures antidumping temporaires pour les importations de brandys de l’UE, l’interprofession du cognac (BNIC) y voit un signal positif. Le BNIC estime en effet que même si les droits restent dus par les importateurs, la possibilité qu’ils fassent dorénavant l’objet d’une garantie bancaire (et non plus seulement d’une caution), rend la situation «peut-être plus facile à gérer». «Nous mettons beaucoup d’espoir dans la poursuite de cette dynamique», indique l’interprofession alors que la ministre déléguée chargée du Commerce extérieur Sophie Primas était en visite diplomatique en Chine début novembre à ce sujet. De son côté, la Commission européenne souligne que la possibilité d'accepter des garanties bancaires a aussi été proposée aux importateurs chinois dans le cadre de l'affaire sur les véhicules électriques à batterie, intimement liée à ce différend. Toutefois, «l'UE réaffirme que l'enquête chinoise est infondée et demande instamment à Pékin d'y mettre fin immédiatement», indique Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du commerce international. Et d’ajouter que Bruxelles n’hésitera pas à saisir l’OMC le cas échéant.

Pesticides: le flufénacet classé perturbateur endocrinien, des ONG demandent son interdiction

Alors que l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a estimé dans une évaluation du 27 septembre que l’herbicide flufénacet était un perturbateur endocrinien, l’ONG PAN Europe demande dans des lettres adressées à la Commission européenne et aux ministres de l’Environnement de l’UE d’en interdire l’usage. De plus, conclut l'Efsa, son utilisation conduit à une pollution des eaux au TFA (acide trifluoroacétique), un PFAS issu de sa dégradation dans l’environnement. En France, ces conclusions devraient obliger les autorités françaises à fixer un seuil de 0,1 microgramme par litre (µg/L) dans l’eau potable. «Les faits sont indéniables: le flufénacet présente des risques importants pour la santé humaine, la faune et l’eau potable. Nous exhortons la Commission européenne et les États membres à l’interdire dès maintenant, avant que des dommages supplémentaires ne soient causés», écrit-elle. Utilisé principalement sur céréales (blé, orge, seigle), le flufénacet est devenu un herbicide très utilisé. «Ses ventes ont doublé, voire triplé au cours des 10 dernières années dans plusieurs États membres, dont la France, l'Allemagne et la Belgique», souligne PAN Europe. Son autorisation court dans l’UE jusqu’au 15 juin 2025. Elle devait expirer initialement en 2013 mais, faute d’évaluation des risques complète, elle a été prolongée à titre dérogatoire à de nombreuses reprises - la dernière fois en 2023 pour 22 mois supplémentaires.

Betterave/pluies: une récolte moins riche en sucre qu'attendu (ministère)

Malgré de bons rendements annoncés en tonnes de betteraves, les pluies automnales auront aussi gâché la fête chez les betteraviers cette année en pesant sur la teneur en sucre. «De fortes incertitudes persistent sur le rendement final de la campagne en raison d'une teneur en sucre dans les premiers prélèvements moins riche qu'attendu», indique le ministère de l'Agriculture dans sa dernière note de conjoncture parue le 12 novembre. En tonnes de betterave, les rendements attendus restent bons à 8,2 tonnes par hectare, contre 8,3 annoncés il y a un mois - c'était également le rendement atteint l'an passé. La production devrait atteindre 33,7 Mt cette année, en progression de 6,4% par rapport à l'an passé, grâce à une légère progression des surfaces (+31000 hectares). Après des semis tardifs et un printemps/été à la pluviométrie particulièrement abondante, les chaleurs du mois d’août avaient soutenu la croissance des betteraves. De nouveau privés de néonicotinoïdes, les betteraviers avaient par ailleurs subi un effet «modéré» de la jaunisse «au niveau national, à l’exception de quelques zones fortement touchées en Eure-et-Loir», constatait Cristal Union il y a quelques semaines. Côté prix, ils restent soutenus.

Tournesol/pluies: première révision légère des prévisions de production nationale (ministère)

En raison des fortes pluies automnales et des conditions humides qui ont empêché certaines parcelles d'être moissonnées, la production française de tournesol est revue «légèrement à la baisse», à 1,7 million de tonnes (contre 1,8 Mt) il y a un mois, indique le ministère de l'Agriculture dans une note parue le 12 novembre. Et de préciser que le rendement moyen attendu (22,3 q/ha) est «susceptible d'être encore révisé». D’après plusieurs opérateurs contactés par La Dépêche – Le petit meunier, la récolte pourrait descendre jusqu'à 1,5 Mt. Pour l'heure, la production est attendue en retrait de 2,5% par rapport à la moyenne 2019-2023, et en fort recul (-18%) par rapport à la très bonne récolte de 2023. De leur côté, les prévisions de production de maïs bougent très peu, malgré la récolte qui a également été retardée par les conditions humides. La production de maïs grain reste estimée à 14,3 Mt, supérieure de 10% à la moyenne 2019-2023, notamment grâce à une forte progression des surfaces (+300 000 ha). Quant au maïs fourrage, le rendement termine autour de 128 q/ha, contre 138 q/ha l'an passé, avec des surfaces stables. La production est supérieure de 1,3% à la moyenne quinquennale.

Céréales: «sous pression», le silo portuaire de Dunkerque veut se diversifier

Avec 2,07 Mt de céréales exportées en 2023/2024 (dont 1,6 Mt de blé), pour un chiffre d'affaires (CA) de 15,1 M€ et un résultat net de 1,45 M€, Joël Ratel, le directeur général, a évoqué, en conférence de presse le 12 novembre, «des résultats financiers sous pression» pour Nord Céréales, le silo portuaire de Dunkerque. «Ces chiffres, bien que solides, sont en retrait par rapport aux années précédentes, conséquence directe des difficultés climatiques et économiques de la campagne», a-t-il précisé. Mais le plus inquiétant reste à venir. Avec des exportations au ralenti depuis juillet 2024 (137 000 t seulement en quatre mois), la faute entre autres à une récolte céréalière française 2024 en retrait de près de 10 Mt et à une concurrence accrue de la mer Noire, Nord Céréales table, au mieux, sur un volume exportable de 1 Mt d’ici au 30 juin 2025, soit 60% de moins en un an. Nord Céréales mise donc sur la diversification de ses activités (séchage de maïs, importation de pellets...) pour préserver son résultat. De nouvelles activités devraient être annoncées prochainement. Objectif: atteindre 50% du CA d’ici 5 à 10 ans, contre 20% aujourd’hui. «Un virage nécessaire pour être moins vulnérable», confie-t-il. En attendant, le groupe va, en avril 2025, mettre en service le Silo 9, son nouvel outil de stockage (30 000 t réparties en 8 cellules), pour un montant de 23 M€. (Anne Gilet)

FCO-3: un premier cas en Corse-du-Sud, la préfecture promet plus de vaccins

Un premier foyer du sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3) a été confirmé près de Sartène, en Corse-du-Sud, a annoncé la préfecture le 8 novembre. Deux autres suspicions «sont en cours d’investigation dans le sud de l’île», ajoute-t-elle dans un communiqué. Comme leurs collègues du continent, les éleveurs corses peuvent bénéficier, via leur vétérinaire sanitaire, de doses de vaccins gratuites contre le sérotype 3 depuis l’extension de la campagne de vaccination, début octobre. «Pour les ovins et bovins en Corse, l'État a constitué un stock de vaccins mis gratuitement à la disposition des éleveurs», a indiqué la préfecture à l’AFP. Également interrogé par l’AFP, le président de la FDSEA et de la chambre d’agriculture de Haute-Corse, Joseph Colombani, estime les besoins à «10 000 à 15 000 doses pour éviter la catastrophe»; l’île compte 140 000 ovins (agneaux compris) et 54 000 bovins, selon le recensement de 2020. «Ça fait des mois qu'on dit "envoyez-nous les vaccins", la fièvre catarrhale du sérotype 3 est en Sardaigne, et on sait qu'elle remonte», déplore-t-il. Au niveau national, «le stock de l’État pour les ovins a été ré-abondé de 1 million de doses» le 8 novembre, précise la préfecture, ajoutant que cinq millions supplémentaires, pour ovins et bovins, seront livrés d’ici décembre (en trois vagues).

Influenza aviaire : après les Etats-Unis, un cas humain présumé au Canada (presse)

Un cas humain d’infection de l'influenza aviaire H5 est suspecté pour la première fois au Canada, selon l’agence de presse Reuters. Il s’agit d’un adolescent de Colombie britannique, testé positif selon les déclarations de l’administration de la santé ce samedi. Le Canada enquête sur les expositions ayant pu causer la contamination. L’infection par un oiseau ou un autre animal est probable, lit-on sur FoodSafetyNews. Sur le réseau X, le ministre canadien de la Santé Mark Holland a assuré que le risque demeurait faible pour le public. Aux Etats-Unis voisins, 46 cas humains de grippe aviaire ont été recensés depuis avril 2024 : 25 personnes travaillant au contact de volailles, 20 au contact de vaches laitières, et 1 sans cause déterminée de contamination, précise FoodSafetyNews. Mais aucune transmission d’humain à humain n’a été constatée par le Center for disease control and Prevention, rapporte Reuters. Le Canada a compté 23 élevages avicoles atteints par l’influenza aviaire cette saison et aucun en élevage bovin. Les contaminations de bovins font suspecter des mutations d’un virus d’influenza.

Volailles: Maïsadour et Evotech déploient un robot chien pour rentrer des poulets plein air

Evotech Group a mis au point un «robot chien» autonome capable de rassembler les poulets élevés en plein air et de les faire rentrer dans le poulailler en fin de journée, ont appris nos confrères d'Agra Business (voir article complet). La start-up landaise prévoit de déployer ce robot en 2025 auprès des éleveurs de volailles adhérents de Maïsadour. «Chaque jour, un éleveur peut passer 1h30 à rassembler ses poulets, un travail qui doit être fait avant la tombée de la nuit afin de mettre les animaux à l’abri des prédateurs», souligne Laetitia Domange, directrice du développement du pôle agricole de la coopérative Maïsadour. Le robot chien est donc une solution que Maïsadour va proposer à ses 350 éleveurs de volailles de plein air. «Le coût du robot chien est encore à déterminer, mais notre objectif est qu’il coûte idéalement autour de 7 à 8000 euros», précise Antony Gavend. La maintenance viendrait en complément et pourrait être assurée par Élevage Service (filiale distribution de Maïsadour, NDLR) et Evotech Group (Cyril Bonnel)

Porc: amendes pour «mauvais traitements» pour deux salariés d'un élevage et leurs employeurs

Deux ouvriers d'un élevage porcin de l'Aube, ancien fournisseur d'Herta, ont été condamnés le 12 novembre par le tribunal de Troyes à une amende de 500 euros chacun pour «mauvais traitements», une affaire qui avait été révélée par l'association de défense des animaux L214. Leur employeur, la société Promontval, a elle été condamnée à 40.000 euros d'amende dont 20.000 euros avec sursis, l'un de ses gérants à 9.000 euros d'amende et le second a 6.000 euros d'amende, dont 3.000 avec sursis. Ils étaient poursuivis pour «mauvais traitements envers un animal sous sa garde par l'exploitant d'un établissement détenant des animaux». Les deux ouvriers avaient été filmés en 2021 dans des vidéos dévoilées par L214, l'un en train de porter une série de coups secs sur le dos d'une truie à l'aide d'un instrument en plastique, et l'autre de claquer la tête de deux porcelets au sol pour les mettre à mort. Ils avaient également été filmés pratiquant des interventions souvent observées en élevage : section de la queue, épointage des dents. Le responsable de l'élevage a pour sa part été relaxé.

Lait/Egalim: Intermarché presse les laiteries de signer avec les producteurs

Dans un communiqué du 12 novembre, Intermarché annonce, en cohérence avec les positions prises par le groupement Les Mousquetaires, que le distributeur ne négociera pas avec les industriels laitiers «tant que ceux-ci n’auront pas trouvé un premier niveau d’accord avec leurs producteurs et fournisseurs». «L’enseigne appelle les industriels à trouver un accord d’ici le 15 décembre prochain avec leurs fournisseurs afin de pouvoir débuter ensuite les négociations», indique Intermarché. À noter que la date butoir pour l’envoi des conditions générales de vente par l’industriel est fixée par la loi au 1er décembre. Intermarché appelle à «plus de transparence sur l’origine et le coût de la matière première agricole». L’initiative du distributeur a été saluée par la FNPL (producteurs de lait de vache, FNSEA), dans un communiqué du même jour. Les producteurs soulignent qu’Intermarché est la «première enseigne à prendre un tel engagement». «Il ne peut en être autrement lorsque l’on parle de construction du prix en marche avant: un accord avec les producteurs puis une négociation avec la grande distribution», poursuit la FNPL. Le syndicat est favorable à l’inscription d’une date butoir dans la loi pour les négociations «amont». 

Lait de chèvre: les éleveurs demandent «des hausses» lors des négociations commerciales

La Fnec (producteurs de lait de chèvre, FNSEA) demande aux industriels «d’inscrire un prix du lait de chèvre à la hausse dans les conditions générales de vente qui seront envoyées (…) à la grande distribution» dans le cadre des négociations commerciales, indique un communiqué du 12 novembre. Le syndicat rappelle que «la loi Egalim 2 assure la prise en compte de la matière première agricole». Or, «tous les producteurs n’ont pas conclu leur négociation» avec leur laiterie, explique le directeur de la FNEC Raphaël Guyet à Agra Presse. «Nous avons eu le retour d’une entreprise qui a accepté une petite hausse», complète le directeur. «C’est aussi un signal pour les coopératives», précise-t-il. Les coop’ représentent une part importante de la collecte et ont la main sur le prix demandé dans les CGV. «Malgré les hausses ces dernières années, nous sommes encore au-dessous du prix de revient», déplore Raphaël Guyet. En 2023, le prix du lait de chèvre était «environ 25 euros/1000 litres en dessous du prix de revient». À cela s’ajoute la baisse de collecte (3% sur les huit premiers mois de l’année 2024) en lien notamment avec les «conditions climatiques défavorables à la production de fourrages», poursuit le communiqué. La fièvre catarrhale ovine (FCO) entraîne également des «baisses de rendement non négligeables» dans les exploitations caprines, ajoute Raphaël Guyet. 

Nutri-score :  Carrefour l’affichera sur les produits de ses fournisseurs, sauf « opposition formelle »

Le géant de la grande distribution Carrefour a averti ses plus de 550 fournisseurs qu’il allait publier en ligne la notation nutritionnelle, le nutri-score, sur leurs produits, dans un courrier révélé par le Parisien le 12 novembre. Il le publiera «sauf opposition formelle» de la part des fournisseurs, à compter du 1er mars 2025, pour respecter un délai de trois mois selon le distributeur. À noter que cette opposition formelle sera «notifiée» aux clients. Alexandre Bompard, p-d.g. du groupe, dit dans ce courrier vouloir «aller plus loin encore sur l’information donnée sur le profil nutritionnel des produits vendus, afin de leur permettre d’orienter leurs choix de consommation vers une alimentation plus saine et plus durable». Cette annonce du numéro 2 de la distribution en France intervient alors qu’approche la période où la grande distribution négocie les conditions de vente de la production de ses fournisseurs agro-industriels pour l’année suivante. Une période traditionnellement tendue, et qui s'achève en règle générale le 1er mars. Le porte-parole du leader du secteur E. Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, affiche régulièrement son soutien à cet affichage développé par des spécialistes en nutrition et classant les produits de A à E en fonction de leur qualité nutritionnelle, au nom d’une meilleure information des consommateurs. 

Restauration territoriale : Paris Seine Nourricière va soutenir quatre filières prioritaires

Emmenées par la ville de Paris, les parties prenantes du projet Paris Seine Nourricière ont eu ce 7 novembre, un premier aperçu des actions nécessaires pour développer quatre filières agricoles classées comme prioritaires dans le bassin de la Seine : légumes, légumineuses, viande bovine et fruits. Hormis les besoins d’infrastructures et d’organisation de la demande, quelques enjeux agricoles sont identifiés, comme le développement des légumes AB de plein champ, l’introduction de légumineuses dans les assolements, le soutien l’élevage bovin et le financement de la diversification fruitière. Lauréat de l’appel à manifestation d'intérêt France 2030 Démonstrateurs territoriaux des transitions agricoles et alimentaires, le projet dispose de 745 000 euros pour piloter les études et de 10 millions d’euros pour réaliser les actions à compter de septembre 2025. En matière de commande publique, Paris, premier acheteur de France en produits biologiques pour 30 millions de repas, se présente en fer de lance. La capitale veut passer de 57% d’aliments durables (hors HVE) et de qualité à 100% en 2027, en maintenant 75% de bio, et attendre 50 % d’alimentation issue de filières situées dans un rayon de 250 kilomètres, à partir de 16% seulement aujourd’hui.