Agrafil du 12 septembre 2025

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Vin : la Cnaoc vise des prix d’orientation pour la récolte 2026

La Cnaoc (vignerons d’appellation) souhaite voir des prix d’orientation pour les vendanges 2026, a-t-elle indiqué le 11 septembre lors des Rencontres à la vigne dans le Bordelais. C’est une possibilité déjà offerte au raisin, via le règlement OCM vin de 2021, que le syndicat veut élargir au moût et au vin en vrac. Par dérogation au droit de la concurrence, « les organisations interprofessionnelles (…) opérant dans le secteur vitivinicole peuvent fournir des indicateurs facultatifs sur l'orientation des prix concernant la vente de raisins destinés à la production de vins bénéficiant » d’une IG, selon l’article 172 ter. Trois interprofessions mènent des travaux afin de l’appliquer, selon la Cnaoc. Pour la récolte 2026, elles doivent diffuser des indicateurs de coûts de production et des recommandations de prix minimum du raisin. « L’objectif est d’essayer d’avoir une rémunération de base pour que le viticulteur vive de son métier », souligne le directeur de la Cnaoc Raphaël Fattier. Cette « expérimentation » a été validée auprès de la Commission européenne et de l’administration française, d’après lui. Une autre étape est de l’étendre au moût et au vin en vrac. Le sujet est au menu des discussions sur le paquet de mesures en faveur au secteur vitivinicole, présenté par la Commission européenne au printemps.

Pesticides : quatre associations attaquent un décret encadrant le travail de l'Anses

Trois associations ont annoncé le 11 septembre se joindre au recours déposé en juillet par Agir pour l'environnement devant le Conseil d'État contre un décret permettant au ministre de l'Agriculture d'influencer le calendrier des travaux de l’Anses pour autoriser les pesticides. Dans un communiqué, Pollinis, Notre affaire à tous et Générations futures dénoncent un décret du 8 juillet, selon elles « illégal » et représentant « un coup de force sans précédent mené » contre l'agence sanitaire. Le décret visé « précise les modalités de traitement des demandes d'autorisations de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques par l'Anses, afin de renforcer l'information et l'harmonisation des conditions de délivrance des moyens de protection des cultures ». Il indique que le directeur général de l'Anses « tient compte, dans le calendrier d'examen des demandes d'autorisation de mise sur le marché », d'un arrêté du ministre de l'Agriculture établissant « la liste des usages » de pesticides. Pour les associations, cela signifie que « désormais, le ministère de l'Agriculture peut directement faire pression sur l'Anses pour satisfaire les exigences des lobbys de l'industrie agrochimique, au mépris des impératifs de santé publique et de protection de l'environnement ».

Syndicalisme : un groupe « apolitique » d'agriculteurs à Paris pour alerter sur la compétitivité

À l'initiative de trois d'entre eux – Benjamin Simonot-De Vos, président du Carreau des producteurs à Rungis ; Christophe Grison, président de la coopérative Valfrance ; et Nicolas Hottin, ancien élu cantonal JA de l’Essonne –, une dizaine d'agriculteurs ont organisé une conférence de presse, le 11 septembre, pour lancer un « cri d'alarme » face au risque de voir « disparaître l'agriculture française telle que nous la connaissons, en une génération ». En cause : une compétitivité en « constant déclin » à cause de distorsions de concurrence ou de problèmes de main d'œuvre récurrents. Au chapitre des distorsions, Christophe Grison a par exemple cité l'acétamipride ou la redevance pour pollutions diffuses (RPD), et dénoncé l'accord UE-Mercosur. Ces agriculteurs ont souhaité organiser une prise de parole « hors cadre syndical, pour ne pas politiser le débat », a expliqué Benjamin Simonot-De Vos. « Aujourd'hui, c'est toujours la politique, la politique, la politique. Nous, on parle avec notre cœur ». « Nous ne sommes pas contre les syndicats agricoles, au contraire », a expliqué l'un de ses homologues, souhaitant par son initiative attirer encore davantage de lumière sur les problématiques de l'agriculture. La plupart de ces agriculteurs sont polyculteurs (à l'exception de deux éleveuses), établis dans le nord de la France, et ils travaillent exclusivement en agriculture conventionnelle.

Conférences de la souveraineté : les Jeunes agriculteurs veulent « s’y impliquer »

« Nous allons nous impliquer dans les conférences de la souveraineté alimentaire », a indiqué le président des Jeunes agriculteurs Pierrick Horel lors d’une conférence de presse le 11 septembre. Le syndicat y voit « une voie de passage intéressante » pour concrétiser sa proposition de « contrats d’avenir » formulée lors de son dernier congrès. Plaidant pour une « planification agricole », les JA souhaitent que de tels contrats soient signés « avec les pouvoirs public et les acteurs des filières » afin d’octroyer « un accompagnement financier et technique sur une période d’au moins cinq ans » (évolution du système de production, diversification, investissements matériels). Introduites par le gouvernement dans la loi d’orientation agricole (LOA), les conférences de la souveraineté doivent se tenir en 2026 et aboutir à une stratégie à dix ans « en vue de l'amélioration de la souveraineté alimentaire de la Nation », selon leur définition inscrite dans le Code rural. Le 2 septembre, lors de la conférence de presse de rentrée de la FNSEA, son président Arnaud Rousseau s’était au contraire montré dubitatif sur la pertinence de cet exercice. Par ailleurs, les JA ont indiqué que leur rapport d’orientation 2026 portera sur le commerce international.

Malteries : Soufflet Malt mise sur les marchés du café et du cacao (presse)

Selon un article des Echos du 10 septembre (article payant), Soufflet Malt souhaite s’investir dans les marchés du café et du cacao dans le cadre de son plan stratégique 2030. L’objectif est de capter des nouveaux relais de croissance, relate le quotidien. Le transformateur veut profiter des hauts niveaux de prix actuels des matières premières. « Tout le monde cherche du cacao, dont les tarifs ont été multipliés par quatre, passant à 10 000 €/t. Il y a aussi une envolée des cours du café, liée notamment au changement climatique. S’il y a de nouvelles opportunités, nous devons y aller », explique Jorge Solis, le directeur général, aux Echos. Le groupe espère que ces marchés lui permettront de réaliser une part significative de son objectif de résultat à horizon 2030, sans plus de détail. Le leader mondial du malt rappelle par ailleurs avoir mis au point un café à base de malt. Le produit sera présenté mi-septembre au salon Drinktec de Munich (du 15 au 19 septembre). Enfin, Soufflet Malt travaille sur des recettes pour le chocolat et les sodas. « Il est possible de faire des boissons, un peu comme l’ice tea, avec simplement du malt, de l’eau et des arômes naturels », précise Jorge Solis.

Influenza aviaire : déjà six pays de l’UE atteints depuis le début de la saison

Les premiers foyers d’influenza aviaire de la saison 2025-2026 en élevage se sont déclarés dans plusieurs pays de l’Union européenne, rapporte le bulletin hebdomadaire de veille sanitaire de la plateforme française ESA (Épidémiosurveillance en santé animale) couvrant la semaine écoulée (du 1er au 7 septembre). Six pays ont été atteints depuis le début de la saison le 1eraoût : Bulgarie (3 foyers), Royaume-Uni (3), Allemagne (1), Norvège (1), Portugal (1), Espagne (1). L’influenza progresse depuis début juin chez les oiseaux sauvages marins uniquement, en particulier les laridés en mer du Nord, sur la Manche et le littoral de l’Atlantique. Il est à noter que les foyers apparus la semaine passée en UE, dans le sud de l’Espagne et du Portugal, ainsi que dans le nord de l’Allemagne et de la Norvège, sont proches des côtes. Des cas sauvages avaient été détectés dans le mois à proximité. L’élevage français est pour l’heure épargné malgré plusieurs détections : quatre goélands argentés début août près de Parthenay (Deux-Sèvres), Quimper (Finistère) et Rochefort (Charente-Maritime), un cygne tuberculé le 27 août dans le Morbihan et plusieurs cas au Pays basque espagnol.

Influenza : aux États-Unis, un chat contaminé par la nourriture pour animaux domestiques

Un chat ayant consommé de la nourriture pour animaux domestiques a contracté l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), a annoncé le département de santé publique de San Francisco, cité dans un communiqué de la FDA (Food And Drug Administration) daté du 3 septembre. Ce chat avait consommé un lot surgelé de la marque RAWR Chicken Eats, dont les échantillons prélevés se sont avérés positifs au virus influenza A, et pour l’un d’entre eux au virus H5N1 (après séquençage du génome entier). L’animal a été euthanasié. Les analyses de séquençage suggèrent que le H5N1 détecté chez le chat décédé et dans les lots prélevés du produit proviennent d’une source de contamination commune, indique la FDA. Des mammifères sauvages et domestiques, dont des chats, ont déjà contracté l’IAHP aux États-Unis, par ingestion de proies ou de carcasses d’oiseaux infectés, consommation de lait cru, contact avec des milieux souillés, exposition à des sécrétions infectieuses ou à des particules respiratoires. Plus de 1 000 élevages bovins dans 17 États ont été contaminés par l’influenza en 2024-2025, le virus étant aussi présent dans le lait produit par ces vaches.

Déforestation : en Amérique du Sud, la Nasa soutient la formation de paysans à la télédétection

L’Institut interaméricain de coopération agricole (IICA) qui dépend de l’Organisation des États américains (OEA), sous l’influence de Washington, a noué un partenariat avec le consortium Nasa Harvest pour former agriculteurs et fonctionnaires de plusieurs pays d’Amérique du Sud à la télédétection satellitaire de parcellaire agricole. Nasa Harvest, qui émane de l’agence spatiale états-unienne, a été développée au sein de l’université du Maryland. « Sa formation conjointe avec l’IICA a été lancée cette année au Pérou auprès d’agents publics », explique Estafanía Puricelli, de l’IICA. « Cette action devrait être étendue aux 34 pays membres de l’OEA », dit-elle. « Cela aidera les paysans sud-américains, notamment, à se mettre en conformité avec les normes européennes de non déforestation importée », assure son collègue, Carlos Ruiz, de l’IICA. « Nous les initions aux technologies de télédétection, au big data et à l’IA. C’est un appui technique au respect des normes environnementales locales et internationales », confirme Estefanía Puricelli. « Nous répliquons ici une expérience réussie en Argentine, où plus de 1 000 étudiants ont reçu une telle formation certifiée grâce à un partenariat reconduit tous les ans depuis 2021 entre la Bourse aux céréales de Buenos Aires et Nasa Harvest », dit-elle. (Marc-Henry André)

Tomates : en Hollande, The Flavour Farm acquiert le producteur historique RedStar

Aux Pays-Bas, The Flavour Farm (appartenant à la société d'investissement britannique Cibus Capital) envisage d'acquérir le producteur historique de tomates RedStar (fondé en 1953) et son site à Dinteloord, annonce le site néerlandais Groenten Nieuws le 10 septembre. « Nous renforçons notre position sur le marché européen et offrons une valeur ajoutée à nos partenaires distributeurs », déclare Gert van Straalen, p.-d.g. de The Flavour Farm. La finalisation de l’acquisition est prévue courant 2025. « Avec RedStar Dinteloord, nous ajoutons à notre surface une serre moderne dotée d'installations de culture de haute qualité (30 ha de serres) et une équipe solide », se félicite-t-il. The Flavour Farm entend créer un réseau européen de sites de culture axé sur la production durable, locale et disponible toute l'année « dans des installations à environnement contrôlé alimentées par des énergies renouvelables ». Dans cette optique, en 2023, l’entreprise avait acquis Duijvestijn Tomaten. « C’est l'un des producteurs de tomates les plus durables du secteur et constitue la base de notre développement futur », conclut Gert van Straalen.

Légumes : la Fédération des maraîchers nantais, premier employeur agricole de Loire-Atlantique

En 2024, la Fédération des maraîchers nantais (FMN) a mené une enquête sociale auprès de ses adhérents. Dans un communiqué de presse le 11 septembre, elle indique que ses 190 adhérents représentent le premier employeur agricole de Loire-Atlantique, avec 2 050 salariés permanents et 5 250 saisonniers. Dans le détail, 63 % des salariés permanents sont dédiés à la production (agents de production, responsables culture, tractoristes…) et 25  % à la logistique. En moyenne, près des deux tiers des effectifs sont de nationalité étrangère. Par ailleurs, 42 % des salariés sont des femmes. La FMN met par ailleurs en exergue sa politique en matière de formation. En 2024, 1 075 salariés ont suivi une formation (externe ou interne) portant à la fois sur la sécurité et la maîtrise des outils et technologies modernes. Enfin, certains maraîchers ont investi dans des logements exclusivement destinés à leurs collaborateurs, même si cela ne relève pas directement des obligations de l’employeur. « En 2025, malgré les obstacles juridiques et administratifs à leur réalisation, on estime à près de 100 logements dédiés aux salariés des maraîchers », explique-t-elle.

Fruits et légumes : en Italie, la nouvelle règlementation sur le transport inquiète la filière

En Italie, le décret sur les infrastructures publié au Journal officiel le 19 juillet 2025 apporte des changements importants au secteur du transport routier de marchandises, rapporte le site internet Italiafruit le 11 septembre. De sérieuses inquiétudes paraissent dans le secteur des fruits et légumes. Le point d’achoppement réside dans les temps d'attente pour le chargement et le déchargement : un « délai de grâce » de 90 minutes a été instauré. Au-delà, les expéditeurs (ou clients) seront tenus de verser au transporteur une indemnité de 100 € par heure de retard. Le problème concerne l'interprétation : couvre-t-elle la seule phase de chargement ou toute la séquence, de l'arrivée au chantier à la remise des documents de transport ? Car pour les fruits et légumes, le délai d'obtention des certificats phytosanitaires peut être long. « Nous avons lancé une série de vérifications pour clarifier les choses. Une réunion au ministère devrait avoir lieu prochainement afin d'obtenir des directives claires », croit savoir Massimo Delpozzo, directeur commercial du logisticien Nord Ovest. Le texte introduit aussi la possibilité pour l'Autorité de la concurrence d’intervenir contre les pratiques déloyales dans le domaine de la logistique. Des fonds seraient alloués au renouvellement de la flotte (6 M€ pour 2025 et 2026).

Alimentation/santé : face à l’obésité infantile, informer les parents ne suffit pas

Un jeune enfant n’a pas moins de risques de devenir obèse quand ses parents ont été sensibilisés à la nécessité d’une alimentation équilibrée, conclut une étude publiée dans la revue médicale The Lancet le 10 septembre. Ces dernières années, l’obésité s’est envolée chez les enfants et les adolescents, incitant de nombreux gouvernements à investir dans des programmes de prévention de l’obésité infantile centrés sur les parents. Afin d’en mesurer l’efficacité, les chercheurs se sont penchés sur 17 de ces programmes mis en place dans huit pays : Australie, États-Unis, Italie, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède. Les auteurs de l’étude ont constaté que ces programmes n’avaient pas eu d’effets quand les enfants ont atteint deux ans : leur indice de masse corporelle (IMC) apparaît semblable aux bébés dont les parents n’ont pas suivi de programme de sensibilisation. Selon eux, ces résultats montrent que la lutte contre l’obésité ne peut se limiter aux comportements individuels, mais doit s’appuyer sur des politiques publiques plus ambitieuses. Ils admettent toutefois qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives à partir de mesures effectuées chez des enfants de deux ans, et prévoient d’inclure, dans de futures études, des examens réalisés auprès d’enfants plus âgés.

Agenda de la semaine agricole du 15 septembre 2025

Lundi 15 septembre
Présentation de l'étude Pestiriv par l'Anses et Santé publique France

Mardi 16 septembre
Salon international de l'élevage (Space), à Rennes, jusqu'au 18
Conférence de presse annuelle du Crédit agricole, au Space
Conférence de presse de l'UGPVB (groupements d'éleveurs), au Space
Conférence de presse d'Eureden sur son partenariat avec TSE (agrivoltaïsme)
Petit-déjeuner de presse de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA)
Rencontres de l'alimentation durable par la Fondation Daniel et Nina Carasso
Conférence de presse de rentrée de Famille Michaud Apiculteurs

Mercredi 17 septembre
Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer
Conférence de presse de Sanders (alimentation animale), au Space
Conférence de presse des Mousquetaires sur la décarbonation de l'élevage, au Space
Colloque du programme de recherche-action Ocapi (excrétions humaines), jusqu'au 19
Visioconférence Valhor « achats de végétaux d’extérieur et changement climatique »
Journées techniques Astredhor (horticulture) aux Ponts-de-Cé, jusqu’au 18
Assemblée générale de l’Irfel (expérimentation en fruits et légumes), en Lorraine, jusqu’au 18

Jeudi 18 septembre
Conférence de presse de rentrée de Chambres d'agriculture de France
Conférence de presse de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA), au Space
Conférence de presse du Ser (energies renouvelables)
Conférence de presse d'ICL (biostimulants)
Petit-déjeuner de Natexpo sur la situation des marchés bio à mi-2025
Petit-déjeuner de presse de Biocoop (marché du bio, actu politique de la filière)
Colloque « IA & industrie agroalimentaire » à Bordeaux
Conférence de presse des comités porcins de l'Ouest, au Space

Vendredi 19 septembre
Conférence de presse Agro-alimentation du salon Produrable
Café métabio de l'Inrae sur l'avenir incertain de l'agroécologie (charge de travail et rémunération dans des fermes du sud de la France)

Samedi 20 septembre
5e édition de la journée de la fleur française (jusqu’au 21)
Marche citoyenne contre les pesticides à La Rochelle (3e édition de « l'appel de La Rochelle »)

Erratum sur l'enquête Vox Agri

Contrairement à ce qui écrit par erreur dans l'Agrafil du 10 septembre, les résultats de l'enquête Vox Agri « ont été redressés à partir du recensement de la population, en ne gardant que les exploitants agricoles, en fonction de l’âge, du sexe et de la région du répondant », indiquent leurs auteurs.