Politique de promotion: von der Leyen promet un budget renforcé pour défendre le «made in Europe»
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen n’a consacré qu’une maigre part de son discours annuel sur l’état de l’Union, prononcé le 10 septembre devant le Parlement européen, aux questions agricoles. Elle a toutefois promis de renforcer le « budget de promotion » des productions agricoles de l’UE afin de lancer une nouvelle campagne « Acheter des denrées alimentaires européennes » (« Buy European food »). Le budget de la politique de promotion des produits agricoles de l’UE a été largement raboté ces dernières années. Pour 2025 il est doté de 132 millions d’euros soit une baisse de 53,9M€ par rapport à 2024. La présidente de la Commission a été très critiquée par les eurodéputés qui sont intervenus à la suite de son discours pour avoir signé durant l’accord avec le Mercosur et plus encore celui avec les États-Unis. Ursula von der Leyen a pourtant défendu ces deux partenariats. Avec le Mercosur elle a mis en avant « les garde-fous solides […] assortis de financements en cas de besoin de compensations. » Quant aux États-Unis, elle estime en comparaison avec ce qui est imposé à d’autres pays avoir obtenu « le meilleur accord possible. Incontestablement. »
Sébastien Lecornu : des attaches gardées avec l'agriculture, à Paris et dans l'Eure
Difficile de retrouver des professionnels ayant travaillé avec Sébastien Lecornu lorsqu'il était conseiller du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire de 2009 à 2012. En charge des affaires réservées, il s'occupait plutôt du territoire du ministre, député de l'Eure, et faisait office de conseiller politique. Mais des attaches ont été gardées avec ses collègues du cabinet, indique l'un d'eux. La majorité est restée dans le secteur agricole: Pascal Viné (directeur des relations institutionnelles de Groupama), Philippe Helleisein (CGAAER), Jean-Marc Bournigal (d.g. de Chambres d'agriculture France), Elodie Galko (d.g. de l'agence de l'eau Adour-Garonne), Matthieu Grégory (Dreal adjoint d'Occitanie), Corentin Mercier (ex-délégué des parcs nationaux). On gardera de son passage comme secrétaire d'État à la Transition écologique, l'élaboration d'un plan de développement de la méthanisation agricole, avec un fonds de 100 M€ et un tarif dédié aux petites structures. Il aura aussi œuvré à une réforme de la chasse, diminuant notamment le coût du permis. Dans l'Eure, dont il a été président du conseil départemental, Sébastien Lecornu est apprécié de l'ancien président de chambre d'agriculture, Jean-Pierre Delaporte, issu d'une liste FNSEA-JA : « C'est un homme de dialogue, ouvert, avec qui nous avions des rendez-vous réguliers. Il a continué à soutenir l'agriculture alors que ce n'était plus vraiment le rôle du conseil départemental » (qui ne peut qu'abonder les fonds régionaux depuis 2015). Jean-Pierre Delaporte se souvient notamment de soutiens de crise à l'élevage, ou encore à la filière méthanisation.
Nutrition: dans le monde, l'obésité dépasse désormais la sous-nutrition chez enfants et adolescents
L’obésité s’est envolée ces dernières années chez les enfants et adolescents, devenant la première forme de malnutrition chez les 5-19 ans dans le monde en 2025, devant la sous-alimentation, a alerté l’Unicef le 9 septembre. La prévalence de l’insuffisance pondérale chez les 5-19 ans est passée de 13 à 10 % entre 2000 et 2022, selon des données récoltées dans 190 pays, tandis le surpoids a doublé au cours de la période, touchant 391 millions d’enfants et adolescents contre 194 millions en 2000. La hausse de l’obésité est encore plus marquée : en 2022, 8 % des 5-19 ans souffraient d’obésité, contre 3 % en 2000. « Pour la première fois, la prévalence mondiale de l’obésité mondiale de l’obésité chez les enfants et adolescents en âge scolaire dépasse celle de l’insuffisance pondérale (9,4% contre 9,2%) », souligne Catherine Russell, directrice générale de l’association de défense des droits de l’enfant, à l’AFP. 188 millions d’enfants et d’adolescents de 5 à 19 ans vivent avec cette maladie chronique, selon ces projections. L’association pointe un environnement alimentaire « toxique », dominé par l’industrie des aliments ultra-transformés et leurs « pratiques commerciales contraires à l’éthique ». Elle appelle les gouvernements à des mesures contraignantes, telles que la mise en place de restrictions publicitaires, de taxes sur les boissons et aliments sucrés et aliments ou encore un meilleur étiquetage diététique.
Pesticdes/Parkinson, hémopathies : il faut allonger les délais de prise en charge, selon l’Anses
Dans une note d’appui scientifique et technique mise en ligne le 9 septembre, l’Anses estime qu’il faudrait pratiquement tripler le délai de prise en charge (DPC) de la maladie de Parkinson et de certaines hémopathies malignes provoquées par les pesticides, chez les agriculteurs. Pour rappel, le DPC est le délai maximal entre la fin de l’exposition au risque et le diagnostic de la maladie. La maladie de Parkinson fait l’objet du tableau de maladie professionnelle n°58, qui prévoit actuellement un DPC de 7 ans. Or, au terme de son analyse sollicitée pour éclairer la commission supérieure des maladies professionnelles en agriculture (Cosmap), l’Anses conclut qu’il faut un DPC « pouvant aller jusqu’à 20 ans ». Les hémopathies malignes font quant à elle l’objet du tableau de maladie professionnelle n°59, avec un DPC actuellement de 10 ans. Malgré le manque de connaissances sur la durée exacte de l’exposition nécessaire pour provoquer une « hémopathie lymphoproliférative B », l’Anses estime que le DPC « se doit d’être aussi large que celui du délai de latence », soit « 30 ans ». Elle conclut qu’il faut distinguer les hémopathies lymphoprolifératives B (dont lymphome non-hodgkinien) du myélome multiple, et qu’il faut réviser les DPC « avec un allongement des durées ».
Biostimulants : un projet d'assouplissement pour le microbiome endogène, l'Anses rétive
L'Anses a publié, le 10 septembre, un avis plutôt défavorable à un projet d'assouplissement réglementaire de la DGAL (ministère de l'Agriculture) visant les biostimulants à base de micro-organismes endogènes du sol (prélevés sur l'exploitation de l'utilisateur final), tels qu'en propose notamment la start-up Mycophyto (vignes, tomates, fraises, PPAM). La DGAL a proposé un cahier des charges qui permettrait de dispenser ces matières fertilisantes d’évaluation individuelle et donc de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Mais pour l'Anses, le projet de cahier des charges apporte « très peu de détails concernant la fabrication des produits », ce qui ne permet pas de rendre un avis « détaillé et éclairé ». D'autant que « l'absence d'informations précises » concernant chacun des micro-organismes composant le produit laisse planer une incertitude sur son innocuité ; en effet, les critères fixés par le cahier des charges « pourraient ne pas être suffisants pour garantir la sécurité du consommateur ». Et de citer « l'absence de certaines informations relatives à l'innocuité pour l’homme (pathogénicité, antibiogramme, caractère endophyte, production de métabolites secondaires potentiellement toxiques notamment) ». En outre, l'Anses conseille de renforcer les moyens de protection des agriculteurs, en excluant notamment l'usage de ces produits par des personnes fortement immunodéprimées.
Ecologie: une «mission sur la fracture écologique» lancée par Bayrou avant son départ
Proposée par la ministre de la Transition écologique, une «mission sur la fracture écologique», destinée à évaluer et limiter «l’impact inégalitaire du dérèglement climatique» sur les populations et les territoires, a été lancée le 9 septembre par le Premier ministre démissionnaire, a confirmé le lendemain le ministère de la Transition écologique. Cette mission confiée à trois économistes -- Katheline Schubert et François Fontaine de l’Ecole d’économie de Paris, et Fanny Henriet de l’Université d’Aix-Marseille -- devra rendre ses travaux en juillet 2026 «en présence du Premier ministre et de la ministre» de la Transition écologique, selon la lettre de mission que l’AFP a pu consulter. Elle est datée du 8 septembre et signée par François Bayrou, juste avant le vote de défiance. Cette mission aura pour objet d’estimer les conséquences du changement climatique sur le quotidien des Français et ses effets à plus long terme. Elle étudiera son impact sur les revenus, notamment dans les secteurs les plus climato-dépendants comme l’agriculture et la pêche, mais aussi «plus largement sur l’ensemble des revenus du travail».
Energies renouvelables : Ferracci pousse la PPE « en haut de la pile » de l’exécutif
Le ministre de l'Energie sortant Marc Ferracci assure vouloir faire en sorte que le texte stratégique et sensible de la programmation énergétique, retardé cet été, « soit en haut de la pile », qu'il soit « reconduit ou non », a indiqué le 10 septembre son entourage à l'AFP. Avec la chute du gouvernement Bayrou, les acteurs de l'énergie se sont inquiétés que le texte, qui a déjà deux ans de retard et déchire la classe politique, ne tombe dans les limbes. Mais l'entourage de Marc Ferracci l'assure : « le ministre qu'il soit reconduit ou non s'attachera à faire en sorte que ce dossier soit en haut de la pile du nouveau gouvernement » Lecornu. Le gouvernement précédent avait promis de publier le décret sur cette PPE3 d'« ici à la fin de l'été », avant finalement de renoncer. Le texte a donné lieu à des débats enflammés pendant tout le printemps, lors de l'examen d'une proposition de loi elle aussi consacrée à la programmation énergétique. Le projet de décret sur la PPE3 fixe la feuille de route énergétique de la France sur les 10 prochaines années pour sortir des énergies fossiles et atteindre à la neutralité carbone en 2050 grâce à une relance massive du nucléaire combinée à un développement des renouvelables.
Restauration hors domicile : quasi-doublement du chiffre d'affaires depuis dix ans
D'après le décompte mensuel de l'Insee, le chiffre d'affaires de la restauration hors domicile (RHD) a presque doublé depuis dix ans. Après avoir connu un creux durant la période de confinement sanitaire lié à la Covid-19, le secteur est reparti sur une dynamique de hausse, marquée par une saisonnalité de plus en plus importante. Selon le cabinet Gira, le secteur de la consommation alimentaire hors domicile a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 123 milliards d’euros (Md€), rapporte la presse spécialisée. En parallèle, la consommation à domicile a chuté de 12 Md€, autour de 180 Md€, soit son niveau de 2012-2013. Les chiffres restent peu comparables, notamment du point de vue des filières agricoles, car la fraction des produits bruts dans le chiffre d'affaires est très différente entre la restauration à domicile et hors domicile – où les frais de personnel et d'infrastructure sont réputés plus élevés.
Horticulture/supports de culture: le canadien Premier Tech intègre le néerlandais Van der Knaap
Le canadien Premier Tech, spécialisé sur le marché des supports de culture, a annoncé, dans un communiqué de presse le 14 juillet, l’intégration du groupe Van der Knaap, leader néerlandais dans les substrats de culture, les engrais biologiques et les solutions d’enracinement depuis le 14 juillet dernier. Van der Knaap est la référence en matière de substrats de coco. L’entreprise a développé une gamme de produits fabriquée dans des sites de production répartis à travers le monde. Avec cette transaction, Premier Tech se positionne donc comme le leader mondial dans les produits horticoles à base de fibres de coco. « Cette transaction stratégique permettra aux deux entreprises de livrer davantage de valeur à leurs clients en Amérique du Nord et en Europe grâce au partage de leur expertise et de leurs portfolios », est-il expliqué dans le communiqué. Les deux entreprises collaboraient déjà depuis plusieurs années. « Toute l’équipe de Van der Knaap restera en place afin de soutenir cette dynamique. Nous garantissons ainsi la continuité des projets en cours, essentielle à notre succès commun et futur », assure Martin Pelletier, président de Premier Tech Producteurs et Consommateurs.
Sapin de Noël : les producteurs du Morvan espèrent obtenir l’IGP pour fin 2026
Espérée dans un premier temps pour la fin 2025, l’indication géographique protégée du sapin de Noël du Morvan est aujourd’hui attendue pour décembre 2026, rapporte l’association Excellence Végétale, qui défend les labels officiels de l’horticulture, dans une communication le 9 septembre. Le dossier, déposé en 2020, a été reconnu par la France en mai 2024 et est passé depuis au niveau communautaire. Quatorze producteurs, regroupés au sein d’une section d’Excellence Végétale, travaillent pour obtenir cette reconnaissance qui constituerait une première dans la filière horticole française. Pour les producteurs, l’obtention de l’IGP permettrait d’offrir un repère clair à un consommateur français dont les achats ont connu une baisse en valeur et en volumes l’année dernière. Selon les données du panel consommateur de Kantar (panel Metaskope), 5,5 millions de sapins ont été vendus en 2024 pour un chiffre d’affaires estimé à 152,7 millions d’’euros, contre 5,9 millions d’unités pour des ventes à 201 millions d’euros en 2023. Le Morvan est la première région productrice de sapins en France, avec près d’un million d’arbres plantés, cultivés et vendus chaque année sur plus de 1500 hectares.
Cannabis médical : des industriels s'inquiètent d'un nouveau retard de la généralisation
Dans un communiqué du 9 septembre, l'Uivec (représentants des transformateurs des extraits de chanvre) s'inquiète d'un nouveau retard dans la généralisation de l'usage du cannabis médical en France, promise par le gouvernement et qui pourrait souffrir de l'instabilité politique. Rappelant que 3 000 patients atteints de pathologies graves en France bénéficient de ce type de traitement depuis 2021 dans un cadre expérimental, l'organisation explique que les turbulences politiques ont déjà conduit a retardé sa mise en place en 2023, 2024 et 2025. Le syndicat souhaite exclure tout nouveau retard, via la stabilisation ministérielle. « Aujourd’hui, alors que le processus de généralisation est bel et bien engagé, la période couverte par la lettre de couverture signée par le ministre de la Santé Yannick Neuder expire en mars 2026 », précise-t-il. L’organisation salue d’ailleurs l’action du ministre, dont elle vante « la qualité d'écoute » et l'avancée « dans de nombreux dossiers » depuis sa prise de fonction. Pour conclure, l'Uivec met en avant deux demandes principales : « assurer la continuité des traitements pour les patients au-delà de mars 2026 », et « finaliser, dans les meilleurs délais, le cadre réglementaire nécessaire à la généralisation ».
Olive : populations très importantes de mouches de l’olivier en France cette année
Dans son dernier Bulletin de santé du végétal, diffusé le 9 septembre, l’interprofession France Olive appelle les producteurs à une vigilance accrue face à la mouche de l’olivier, dont les populations sont très importantes pour la saison dans de nombreux secteurs. La situation est particulièrement préoccupante sur la zone littorale mais également dans certains secteurs à l’intérieur des terres. D’ores et déjà, des dégâts importants ont été observés sur la plateau de Valensole et dans les massifs et coteau à l’est de l’étang de Berre. Le pays niçois est également sévèrement touché, avec parfois une perte quasi-totale de la récolte, y compris dans les parcelles protégées. Globalement, les dégâts observés (piqûres, trous de sorties et dalmaticose) progressent dans de nombreuses parcelles, avec parfois des niveaux tels que la récolte est déjà compromise (qualité et/ou quantité). Or, la situation risque de s’aggraver étant données les conditions météorologiques annoncées - pluies et baisse des températures – favorables au développement du ravageur. France Olive souligne que les prochaines semaines seront déterminantes pour la récolte.
Fruits et légumes/francisation : un hyper Carrefour épinglé par les Fraudes dans le Doubs (presse)
La direction départementale de la protection des populations (DDETSPP) du Doubs viennent d'épingler le magasin Carrefour de Chalezeule pour avoir triché sur la provenance d'une vingtaine de fruits, légumes et champignons mis en vente dans ses rayons, rapporte France 3 Bourgogne-Franche-Comté le 8 septembre. Dans un communiqué de presse, la DGCCRF explique que « l’établissement et son dirigeant, monsieur Danjou, trompaient le consommateur sur l’origine des fruits et légumes commercialisés au sein de celui-ci en les présentant faussement comme étant issus de production française ». Et de rappeler que « toute communication sur l’origine, le lieu de production des fruits et légumes se doit d’être loyale. Ces faits constituent le délit de pratiques commerciales trompeuses au sens de l’article L.121-3 du code de la consommation ». Le procureur de la république de Besançon a proposé une transaction pénale de 21 000 euros qui a été acceptée par le distributeur. En septembre 2024, une autre enseigne, Leclerc, avait été condamnée pour « francisation et européanisation » de fruits et légumes et avait écopé d’une amende transactionnelle de 10 000 € .
Asperges : l’arrivée précoce des fruits d’été a plombé la fin de campagne (RNM)
La filière française de l’asperge a connu une fin de campagne difficile avec des volumes importants, selon le dernier bilan de campagne du RNM. Elle avait déjà connu un important retard dans le démarrage de la campagne, à cause de pluies hivernales ayant retarder le buttage et un manque d’ensoleillement ralentissant la pousse. Cela a entraîné une offre limitée, notamment en calibre 16-22 mm attendu par la grande distribution : « Malgré des fêtes pascales tardives et l’ensemble des régions en production, un manque de marchandise (s'est) fait ressentir », indique le RNM. L’arrivée précoce de l’offre estivale, particulièrement le melon marocain, les abricots et les cerises françaises, ont détourné les acheteurs plus tôt que prévu. Les quantités récoltées étant globalement plus faibles que les années précédentes, les régions précoces ont joué les prolongations « afin de tenter de rattraper le retard pris en début de saison ». Mais le pic de production ligérien a alourdi le commerce et entraîné la création rapide de stocks et une baisse des cours pour écouler le surplus. L’arrivée du produit belge et hollandais, habituelle à cette période, n’a pas arrangé pas la situation. La mise en place d’actions promotionnelles et une baisse des cours ont permis « de limiter les dégâts », tempère le RNM.
Vin: l'Italie renoue avec une production élevée et reste N°1 mondial
Contrairement à la France, l’Italie devrait profiter de bonnes vendanges en 2025 pour asseoir son statut de premier producteur mondial de vin, après deux années compliquées, selon des estimations présentées le 10 septembre par le ministère italien de l’Agriculture et l’Union italienne des vins. L’Italie est le premier producteur mondial de vin depuis 2007, à l’exception des années 2011, 2014 et 2023, où elle a été devancée par la France, et 2013 où l’Espagne était devenue leader avec une récolte exceptionnelle. Les vignerons italiens devraient produire cette année 47 millions d’hectolitres de vin et de moût de raisin, soit une augmentation de 8% par rapport à 2024 et un retour à la moyenne des années précédentes. La production devrait notamment être très importante dans les régions du sud du pays (+19%) - en Sicile ou dans les Pouilles -, où de belles pluies printanières ont rempli les nappes phréatiques et permis de résister à un été précoce et chaud. Le Nord-Est a connu une année plus compliquée avec un climat changeant et des maladies, tandis que la Vénétie, première région viticole de la péninsule, devrait enregistrer un léger sursaut de sa production (+2%). L’Italie maintient sa longueur d’avance sur la France (37,4 millions d’hectolitres prévus) et l'Espagne (36,8 millions d’hectolitres).
Champagne : volumes et résultats semestriels en repli pour Lanson
Le groupe de champagne Lanson-BCC a vu ses volumes de ventes et son bénéfice reculer au 1er semestre, dans un contexte général de repli du marché, et met en avant un « manque de visibilité » pour le reste de l'année. L'entreprise affiche un bénéfice net de 1,9 M€, en baisse de près de 50 % sur un an. Le groupe est affecté par la hausse des coûts, notamment du raisin, et du financement des stocks. Lanson a vu ses ventes diminuer de 1,5 % en volume (quand l'ensemble du secteur était à -1,2 %, selon le comité interprofessionnel CIVC). Pour autant, son chiffre d'affaires a crû sur ces six mois de 4,8 %, à 92 M€, grâce à une opération ponctuelle de déstockage de vins non encore assemblés. Sur le marché américain, qui représente 3 % à 4 % de ses ventes, Lanson a au premier semestre dû réduire de près de 50 % ses expéditions, face à la hausse des droits douaniers imposée par l'administration Trump. « Ce qui est encourageant est que d'autres marchés d'exportation commencent à se réveiller », note le p.-d.g. Bruno Paillard, les stocks post-Covid ayant par ailleurs largement diminué sur les marchés hors Etats-Unis. Alors qu’une faible vendange 2025 est annoncée en Champagne (+12 % sur un an, mais -10 % par rapport à 2020-2024, selon le ministère), Lanson anticipe aussi un coût du raisin « sûrement à la baisse ».
Influenza : la CFA réclame les indemnisations pour 2024-2025 et un système simplifié
La CFA (aviculteurs FNSEA) réclame, dans un communiqué du 10 septembre, le versement des indemnités pour les 16 foyers d’influenza apparus entre août 2024 et janvier 2025. Elle rappelle avoir demandé, lors d’un rendez-vous au ministère de l’Agriculture au mois de mai 2025, « la reconduction rapide du dispositif d’indemnisation amont 2023-2024 ». Le cabinet devait revenir avant l’été, selon le communiqué, à l’issue d’une réflexion avec la DGPE (performance économique) « pour un dispositif plus pérenne et simple à mettre en œuvre que les précédents compte-tenu du nombre de cas plus faible ». « Nous demandons la reconduction rapide des indemnisations à 90% des pertes subies par les éleveurs pendant la durée des restrictions, quelle que soit la méthode mise en place par les services de l’Etat », déclare dans le communiqué Isabelle Leballeur, secrétaire générale de la CFA. Quant à la nouvelle campagne de vaccination, le syndicat ne conteste plus l’abaissement de la contribution de l’Etat à son financement (40% au lieu de 70% en 2024-2025), mais veut qu’il respecte cette part, malgré les économies attendues d’une révision du droit européen en matière de surveillance des canards vaccinés.
Influenza : la FAO lance l’appel à la coordination depuis son grand meeting au Brésil
Du Brésil où se tient un meeting international à grande échelle sur la lutte contre l’influenza aviaire (du 9 au 11 septembre) à l’initiative de la FAO, l’organisation onusienne invite d’urgence les décideurs du monde à une « action coordonnée » contre la propagation planétaire et inter-espèces de « l’une des plus importantes menace épidémique actuelle ». Elle se félicite, dans un communiqué du 9 septembre, d’avoir réuni environ 500 experts et décideurs de tous les continents, à se concentrer sur les stratégies « en particulier dans les pays à faible revenu et les systèmes informels de volaille de basse-cour », la promotion des systèmes d’alerte précoce, de la vaccination et des mesures de biosécurité, le renforcement de la coordination multisectorielle et le partage des solutions innovantes et prêtes à l’emploi pour le diagnostic, la surveillance et la réponse aux épidémies ; autant de points constituant la Stratégie mondiale de prévention et de contrôle de l’IAHP (influenza aviaire hautement pathogène) élaborée avec l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa) et publiée en 2025. La FAO alerte que 83 espèces de mammifères, dont l’humain, ont aujourd’hui été atteintes.
FCO/évènementiel : la moitié des animaux prévus seront présents au Space
Comme pressenti, les organisateurs du Space, qui se tiendra du 16 au 18 septembre à Rennes, ont annoncé le 10 septembre « la participation de la moitié des animaux prévus initialement », en raison des maladies animales. Selon un communiqué, « conformément au règlement du salon, tous les animaux qui seront présents à cette édition auront été testés négatifs aux tests PCR FCO 8 et 3 (fièvre catarrhale ovine, NDLR), ainsi que MHE » (maladie hémorragique épizootique). C’est « la collecte de ces résultats » qui a permis d’évaluer ce taux de participation réduit de moitié, « en complète concertation avec les syndicats de races et leurs éleveurs ». Le programme des concours et présentations sera « adapté aux effectifs présents » : le calendrier prévu s’applique toujours, mais « les horaires seront aménagés pour faciliter leur organisation ». Quant aux ventes d’animaux (femelles de qualité bouchère, reproducteurs allaitants), elles « auront bien lieu », ainsi que « la vente Genomic Elite en races laitières, avec la possibilité d’y participer à distance ». Selon le dossier de presse diffusé en mai, « plus de 530 bovins », ainsi que 150 ovins et caprins étaient initialement attendus au Space. La Bretagne fait face à une flambée de FCO depuis le début de l’été, avec 2 400 foyers au 4 septembre.
Corse/fraudes: neuf mois de prison pour l'ex-président de chambre de Haute-Corse
L’ex-président de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse a été condamné le 10 septembre en appel à Bastia à neuf mois de prison aménagés sous bracelet électronique et à la confiscation de 7.775 euros pour escroquerie aux aides Pac, des «fraudes» dénoncées à l’origine par un rapport européen. En juillet 2023, le tribunal correctionnel de Bastia avait suivi les réquisitions faites par le procureur lors de l’audience en mai et l’avait condamné à neuf mois de prison, une amende de 15.000 euros et la confiscation de la somme de 7.775 euros saisie sur son compte bancaire. Joseph Colombani, président de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse jusqu’en février dernier et de la FDSEA de Haute-Corse, était jugé pour escroquerie commise entre octobre 2012 et septembre 2015. En décembre 2020, l’Office antifraude de l’Union européenne (Olaf) avait rédigé un rapport dénonçant des «anomalies» qui révélaient l’existence «d’un système de fabrication de faux et/ou de falsification affectant l’authenticité des factures». L’organisme européen mettait en cause deux exploitants agricoles, l’un en Corse-du-Sud et l’autre en Haute-Corse, ainsi que la société Furnicella de Joseph Colombani. Il indiquait que cette société avait reçu grâce à ces «factures irrégulières» 7.775 euros d’aides nationale et locale et 7.775 euros d’aide du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). L’Olaf recommandait le recouvrement de ces aides.
Enseignement : une attaque au couteau fait deux blessés au lycée horticole d'Antibes
Une enseignante et un élève ont été blessés lors d'une attaque au couteau le 10 septembre au sein du lycée horticole d'Antibes (Alpes-Maritimes), a appris l’AFP auprès de la police et de la préfecture. L'assaillant a été interpellé et le pronostic vital des deux blessés n'est pas engagé. Il s'agit d'une enseignante de 52 ans grièvement atteinte et d'un élève de 16 ans touché de manière superficielle, a précisé la préfecture. La ministre démissionnaire de l'Agriculture, Annie Genevard, était attendue sur place en début de soirée.