Comptes de l’agriculture: nette hausse du «PIB agricole» français attendue en 2021
À l'occasion de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) le 15 décembre, l’Insee a publié ses chiffres prévisionnels provisoires pour l’année 2021. Ils sont marqués par un rebond de 11,5% en euros courants de l’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs), après la baisse de 5,4% en 2020. Rapportée à l’actif, la hausse est de 11,7%, et de 11,2% en euros constants, dans la tendance positive observée depuis le début des années 2000. La hausse de la valeur ajoutée par actif est portée par la baisse de l'emploi (-0,2%) et surtout la progression des prix (+8,7%), notamment en céréales (+24,9%), oléoprotéagineux (+40,3%), vin (+7,4%) et fruits (+7,4%). Les volumes sont en recul de 1,1%, en particulier dans le vin (-19,4%) et les fruits (-11,3%), malgré le rebond des céréales (+17%). La production animale connait de son côté une légère baisse des volumes (-1,6%) et une hausse des prix (+3,4%), répartie sur les trois grandes productions (viandes rouges, volailles, laits). Les consommations intermédiaires augmentent en valeur de 2,8%, après avoir baissé l’an passé. Cela s’explique essentiellement par l’augmentation des prix de l’énergie (+15,7%) et des aliments pour animaux dont les prix grimpent de 9,5%.
Climat: Bruxelles veut stimuler la séquestration de carbone dans les sols agricoles
La Commission européenne a présenté le 15 décembre une communication sur les "cycles du carbone durables" qui propose un certain nombre de pistes pour recourir plus largement au stockage du carbone dans les sols agricoles. Ce plan propose dans un premier temps de promouvoir les bonnes pratiques de stockage de carbone dans les sols (agroforesterie, conversion de terres en jachères ou en prairie permanentes, cultures dérobées…) dans le cadre de la Pac notamment. Dans un second temps, d’ici fin 2022, un cadre réglementaire pour la certification des absorptions de carbone reposant sur des exigences et des règles de comptabilité «solides et transparentes» sera présenté. Une fois en place, il permettra aux gestionnaires de terres, les agriculteurs entre autres, d’obtenir des paiements générés par la vente de crédits sur les marchés volontaires du carbone à des entreprises souhaitant compenser leurs émissions. La Commission européenne espère ainsi stocker 42 Mt de CO2 dans les puits de carbone naturels européens.
Environnement : Bruxelles propose de renforcer le droit pénal
La Commission européenne a présenté, le 15 décembre, une proposition de directive sur la criminalité environnementale visant à obliger les Etats membres à renforcer leur droit pénal en la matière. La proposition définit de nouveaux délits environnementaux en ce qui concerne le commerce illégal du bois, le captage illégal d'eau ou encore les actions à l’origine de dommages substantiels à la qualité de l'air, de l'eau, du sol, aux animaux ou aux plantes. Le texte proposé prévoit également que soit fixé un niveau minimal pour les sanctions et renforce la coopération entre Etats membres en matière de répression. Il entend également contraindre les États membres à soutenir les personnes ou organisations qui signalent des infractions environnementales. Pour rendre les enquêtes et les procédures pénales plus efficaces, la Commission européenne prévoit d'apporter une aide aux inspecteurs, à la police, aux procureurs et aux juges au moyen de formations, d'outils d'enquête, d'actions de coordination et de coopération, ainsi que d'une collecte de données et de statistiques améliorée. Cette proposition va maintenant devoir être examinée par le Parlement européen et le Conseil de l'UE.
Vins: naissance d'un nouveau géant du champagne
Un nouveau géant du champagne est né mercredi de la fusion-absorption de la Coopérative régionale des vins de Champagne (CRVC), qui commercialise notamment le Champagne Castelnau, par le Centre vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte (CV-CNF), a annoncé le 15 décembre ce dernier dans un communiqué. Le nouveau groupe coopératif, fort de 6.000 vignerons et de près de 9% de la surface agricole du vignoble champenois, restera derrière le numéro un du secteur, le groupe de luxe LVMH, qui détient les marques Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot, Krug, Dom Perignon, etc. Mais il rivalisera avec les autres grands du champagne, dont Pernod-Ricard avec Mumm et Perrier-Jouët, et Laurent-Perrier. Le champagne Nicolas Feuillatte est déjà la marque leader en France et la troisième dans le monde en volume. Ce genre de fusion est «un événement sans précédent en Champagne depuis 25 ans», assure le nouveau regroupement. La fusion a été adoptée «très largement» par les assemblées générales extraordinaires des deux entités, réunies consécutivement mercredi. Elle sera effective dès le 31 décembre. Elle permet l'émergence d'un nouveau groupe coopératif, «Terroirs & Vignerons de Champagne», dont les viticulteurs cultivent près de 3.000 hectares.
Etiquettes compostables: les colles ne seraient pas concernées par la loi Agec
Le ministère de la Transition écologique envisage d’autoriser, au-delà du 31 décembre, les substances adhésives actuellement utilisées pour apposer les étiquettes directement sur les fruits et légumes, selon plusieurs sources concordantes. L’Hôtel de Roquelaure est donc prêt à fléchir sur l’interprétation de l’article 80 de la loi Agec, qui prévoit que seules les étiquettes compostables à domicile seront autorisées à partir du 1er janvier. Cette information a été confirmée à Agra Presse le 15 décembre par l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel). Dans une lettre envoyée le 29 octobre au président d’Interfel Laurent Grandin, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili affirme que «les colles ne sont pas concernées» par l'obligation d'être compostable à domicile, a détaillé l’interprofession. Pour autant, une lettre n’ayant pas d’effet normatif, Interfel attend que le ministère confirme son intention «par une disposition réglementaire, ou officiellement dans une FAQ sur son site web», a indiqué le responsable des affaires juridiques d’Interfel Fabien Gaucher.
Poules pondeuses en cage: l'interdiction de réaménager les bâtiments précisée (JO)
Comme demandé par le Conseil d'Etat, le ministère de l'Agriculture a fait paraitre le 15 décembre un décret clarifiant ce qu'il entendait précisément par l'interdiction de «mise en production de tout bâtiment nouveau ou réaménagé d’élevage de poules pondeuses élevées en cages», inscrite dans la loi Egalim. Il devait notamment préciser la notion de «bâtiment réaménagé». Comme attendu et dénoncé par les ONG welfaristes, l'interdiction ne vise pas les réaménagements à taille constante de bâtiments dédiés aux pondeuses en cages. Elle portera sur les bâtiments qui n'étaient pas jusqu'ici affectés à la production de poules pondeuses en cage, ou sur les travaux conduisant à augmenter la capacité d'un bâtiment déjà dédié à ce mode d'élevage. A l'origine de la saisine du Conseil d'Etat, l'association CIWF a d'ores et déjà annoncé,dans un communiqué le 15 décembre, qu'elle attaquera également ce décret devant la même juridiction, en ce qu'il ne «respecte pas la volonté du législateur». Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait promis que «les oeufs de poules élevées en batterie seront interdits à la vente au consommateur en 2022».
Lapins: la filière veut se doter d'une association européeenne
A l'occasion de l'assemblée générale de la Fenalap (groupements de producteurs de lapins) le 15 février, des représentants d'abattoirs français, italien, espagnol et hongrois ont annoncé la création prochaine d'une association européenne de la filière cunicole. Intitulée Era, pour European rabbit association, elle doit encore faire l'objet, dans les prochains jours, d'une décision ferme de ses membres fondateurs, qui devraient représenter un grand nombre de pays européens, selon les souhaits des quatre initiateurs. Principal chantier de la future interprofession: la révision de la réglementation européenne sur le bien-être animal, qui doit être menée courant 2022 dans le cadre de la stratégie De la ferme à la table, et dans le cadre de l'Initiative citoyenne pour la fin des animaux en cage, à laquelle Bruxelles doit répondre d'ici 2023. Les quatre représentants des filières cunicoles ont déjà fixé une position commune: pas d'obligation des cages collectives pour l'élevage des femelles (maternités), arguant des résultats négatifs sur le bien-être animal, et ce faisant sur les résultats technico-économiques. Autre dossier d'intérêt des filières: la révision de la réglementation sur les transports et de la politique commerciale européenne (clauses-miroirs).
Bien-être animal: une PPL pour renouveler les positions des LR
Abolir la propriété de l'animal pour la remplacer par un usufruit, créer un code juridique pour l'animal, interdire la production de viandes synthétiques: le député LR Julien Aubert a dévoilé le 15 décembre des propositions pour le bien-être animal. Faisant le double constat d'une «opinion publique de plus en plus préoccupée» par cette question et le risque d'une «rupture anthropologique majeure» dans le rapport homme-animal encouragée par les tenants de l'antispécisme qu'il dénonce, la proposition de loi (PPL) de M. Aubert veut aussi incarner un jalon dans l'évolution de LR sur ces sujets. Elle a vocation «à servir de matrice» à son parti sur le sujet des animaux. Pour M. Aubert, son texte est plus "ambitieux" que la PPL de la majorité adoptée en novembre au Parlement contre la maltraitance animale. Co-signée par une douzaine de députés LR dont le président du groupe Damien Abad, la proposition de loi "visant à la création du premier code de bien-être animal en France" n'a cependant aucune chance d'être adoptée d'ici la fin de la mandature.
Viande bovine: la Chine lève son embargo sur les produits brésiliens
La Chine a levé le 15 décembre l'embargo imposé depuis septembre sur les importations de viande bovine brésilienne après la détection de deux cas atypiques d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dite "maladie de la vache folle", ont annoncé les gouvernements chinois et brésiliens. L'embargo avait été imposé le 4 septembre, conformément à un protocole bilatéral existant entre les deux pays, même si le ministère avait assuré qu'il n'y avait «aucun risque pour la santé humaine ou animale». Les deux cas détectés détectés chez des «animaux d'age avancé» lors d'inspections sanitaires, dans le Minas Gerais (sud-est) et le Mato Grosso (centre-ouest), étaient «atypiques». Cela signifie que la maladie est apparue «de manière spontanée et sporadique, sans relation avec l'ingestion d'aliments contaminés». Le gouvernement brésilien estime que l'impact de l'embargo sera "minimal" pour le résultat de l'année 2021. «S'il y a vraiment une différence (par rapport à 2020), elle sera inférieure à 2%», a expliqué Orlando Leite Ribeiro, secrétaire au Commerce international du ministère de l'Agriculture.
Semences : un excédent commercial record de 1,1 milliard d’euros
Leader mondial des exportations de semences, la France affiche un solde record du commerce extérieur à 1,1 Mrd € sur la dernière campagne, a indiqué le 15 décembre Semae (interprofession). La balance commerciale 2020-21 des semences et plants «progresse de 6,7% et atteint le nouveau record de 1 106 M € sous l’effet conjoint d’une hausse des exportations de 3% et d’un recul des importations de 2%», selon un communiqué. Cette croissance est tirée par le maïs, les potagères, les oléagineux. En tête, la filière maïs et sorgho dégage un solde record de 556 M €, avec des exportations de 712 M€ (+7,5%). Viennent ensuite celles des potagères et florales, à 286 M€ (+12%) d’excédent, des oléagineux, à 273 M€ (+10%). Les betteraves et fourragères creusent à nouveau leur déficit quand les pommes de terre voient leur balance se dégrader à 73 M€ (-12%). Par zones géographiques, le solde des échanges avec l’Union européenne évolue peu, à 752 M€ (+1,2%). Celui avec les pays tiers atteint un pic à 354 M€, grâce principalement aux exportations (+9%) qui ont comme première destination les pays de la CEI occidentale. Les livraisons bondissent en particulier vers l’Ukraine, à 103 M€ (+32%).
Eau: sans «travail de la justice», la concertation «ne sert à rien» (Irrigants)
Irrigants de France, dont est membre l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), réclame l’application du droit face à «des actes violents» sur l’utilisation de l’eau alors qu’«un travail de concertation exemplaire» est mené avec le Varenne agricole, selon un communiqué le 15 décembre. «Le sabotage de matériel d’irrigation, les insultes et autres menaces, deviennent monnaie courante», dénonce l’organisation. De tels «actes violents» doivent être condamnés, réclame-t-elle. «Sans le travail de la justice, la concertation ne sert à rien», estime Irrigants de France en faisant référence au Varenne agricole de l’eau et du changement climatique. «Lancé par le président de la République, ce Varenne est un bel exemple de concertation, parfaitement orchestré par l’action conjointe des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, aux côtés de la profession agricole, des instituts techniques et des ONG», selon le communiqué, ne précisant pas que FNE refuse d’y participer. Irrigants de France souhaite qu’il permette «de sécuriser l’accès à l’eau, d’assurer sa gestion collective dans le temps et de développer les ressources à travers le stockage».
Affichage environnemental : les parlementaires d’opposition soutiennent les éleveurs
Dans une tribune publiée le 14 décembre sur le site du Monde, 137 parlementaires issus en majorité des rangs de l’opposition de droite et du centre estiment que l’affichage environnemental «pourrait venir ruiner notre ambition collective d’informer les citoyens sur l’empreinte environnementale réelle». Car avec la méthode de l’analyse de cycle de vie (ACV) retenue comme base par l’Ademe, s’inquiètent les sénateurs et députés, «ce sont les viandes des feedlots américains qui pourraient être présentées aux consommateurs comme les plus durables». «À ce jour, les choix méthodologiques majoritairement poussés par le gouvernement dans le cadre de cette expérimentation encouragent un tout autre modèle agricole» que l’élevage extensif herbager, appuie Interbev dans une lettre ouverte envoyée au premier ministre le 14 décembre. Lors d’une réunion fin novembre, l’Ademe et le gouvernement avaient semblé réticents à prendre en compte les pesticides et les modes d’élevage dans l’affichage environnemental. D'après le cabinet de Barbara Pompili, le rapport gouvernemental sur l'expérimentation devrait être transmis aux parties prenantes « dans les prochains jours ». « Le choix de la méthode n'est pas arrêté à date », insiste l'entourage de la ministre, espérant «refléter dans l'affichage les modes de production agricole vertueux ».
Coopératives : Sébastien Vidal, nouveau président de Limagrain
La coopérative Limagrain, basée dans le Puy-de-Dôme, a élu le 14 décembre Sébastien Vidal comme nouveau président. Il succède à Pascal Viguier, au poste depuis 2018. Sébastien Vidal (45 ans) est agriculteur à Saint-Georges-ès-Allier (Puy-de-Dôme) sur une exploitation céréalière, viticole et légumière de 85 ha. C’est aussi le PDG de la filiale semencière Vilmorin depuis 2019.
Coopératives : David Saelens, nouveau président du groupe Noriap
Le groupe coopératif Noriap, basé dans la Somme, a élu le 14 décembre David Saelens comme nouveau président. Il succède à Jean-François Gaffet, en poste depuis 2007, qui «n’a pas souhaité renouveler son mandat», d’après le communiqué. David Saelens (56 ans) est exploitant à Offignies (Somme), en polyculture-élevage. Son élection est couplée à celle de Luc Vermersch, agriculteur et éleveur à Ville-le-Marclet (Somme), qui devient président délégué de la coopérative Noriap.