Agrafil du 17 juillet 2025

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Budget de la Pac : Bruxelles propose près de 300 Md€, en baisse de 20%

La Commission européenne a présenté, le 16 juillet, sa proposition de cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2028-2034 qui se veut plus simple, plus flexible et « le plus ambitieux jamais proposé ». Sur les 2 000 milliards d’euros (Md€) de fonds qui constituent le prochain budget, en nette augmentation par rapport à 2021-2027, 293,7 Md€ seront directement fléchés vers les nouvelles aides au revenu des agriculteurs. Cela représente, néanmoins, une baisse par rapport à la période précédente d'environ 20% (387 Md€, dont 270 Md€ pour les aides directes aux agriculteurs). « L’agriculture et la cohésion restent au cœur de notre budget », avait pourtant affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Il reste difficile, pour l’heure, d’évaluer la perte financière pour le secteur agricole, qui manifestait au même moment à Bruxelles, étant donné qu’une partie des outils ont été sortis de cette enveloppe, comme l'initiative LEADER, le programme de distribution de lait, fruits et légumes à l'école ou POSEI. L’exécutif européen promet que les règles de financement seront simplifiées, notamment en matière de paiements, de contrôles et d'audits. Au niveau de l’architecture du CFP 2028-2034, la création des plans nationaux et régionaux par les États membres est confirmée. Ceux-ci représentent 48% de l’enveloppe budgétaire (865 Md€). C’est au sein de ces nouveaux plans uniques que se retrouvera la Pac. Si la réserve agricole voit son financement doublé (à 6,3 Md€ pour la période, comprise dans les 300 Md€ aux agriculteurs), Bruxelles propose, par ailleurs, la mise en place d’un nouveau mécanisme de crise dédié, doté d'une capacité de prêt pouvant atteindre près de 400 Md€. L’idée est de disposer d’un fonds de réserve permettant d’accéder à des ressources supplémentaires disponibles uniquement en cas de crise. Concernant la promotion agricole, le commissaire Christophe Hansen assure que les fonds seront « très importants ». La Commission européenne prévoit un mécanisme qui ajusterait l'enveloppe de la Pac sur l'inflation avec un déflateur de 2% quand l'inflation est entre 1 et 3%. Il sera ajusté à l'inflation réelle en dehors de cette fourchette. Enfin, dans le cadre du fonds pour la compétitivité, une enveloppe de 22,6 Md€ sera destinée la santé, la biotechnologie, la bioéconomie et l'agriculture.

Réforme de la Pac : Bruxelles propose une vaste simplification

La Commission européenne a, comme attendu, présenté le 16 juillet ses propositions (dont les textes ne seront publiés que le 17 juillet) pour la réforme de la Pac et l’OCM. Les deux piliers sont bien fusionnés dans un même ensemble de règles afin d’éviter les doublons. « Mais le deuxième pilier n’a pas disparu, ses outils ont été sauvegardés », promet le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen. Bruxelles a également largement simplifié « le millefeuille » qu’étaient devenues les aides directes. Désormais, seuls deux dispositifs perdurent : une aide à l’hectare dégressive (-25% à partir de 20 000 euros jusqu’à un plafond de 100 000 euros) ; et des aides couplées pour lesquelles une limite a finalement été fixée (contrairement à ce que laissaient penser les premières fuites) à 20% contre 15% actuellement. Le système de conditionnalité est entièrement revu : la définition des bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) étant laissée à la discrétion des Etats membres. Mais, assure Christophe Hansen, «  il y a des lignes directrices claires pour éviter 27 dispositifs trop différents ». Les aides environnementales, climatiques et en faveur du bien-être animal sont aussi regroupées en un seul dispositif pour « s’écarter du prescriptif et passer à l’incitatif », précise le Luxembourgeois. Un autre système pour encourager les investissements dans des transitions volontaires est introduit et plafonné à 200.000 euros. Enfin, le commissaire européen se félicite que « 6% du budget de la Pac » devront être consacrés au renouvellement des générations, l’une de ses priorités.

Pac post-2027 : réactions unanimement négatives envers les propositions de Bruxelles

Les propositions du commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, ont reçu, dans la foulée de leur publication le 16 juillet, un accueil glacial de la part des eurodéputés de la commission de l’Agriculture à qui il est venu les présenter. C’est principalement la perte de 20 % du budget qui a fait l’objet des attaques des parlementaires, de tous bords politiques. L’autre critique principale qu'ils émettent : la renationalisation de la Pac qui aboutira à 27 politiques différentes. Même son de cloche du côté des organisations professionnelles du secteur. Un « mercredi noir pour l’agriculture européenne », ont réagi les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui manifestaient parallèlement à la présentation devant les locaux de la Commission européenne. Le principal syndicat européen estime que l’exécutif démantèle les fondements mêmes de la Pac, citant notamment les coupes budgétaires, la dissolution des deux piliers ou la perte du caractère commun de la Pac. « Une proposition budgétaire désastreuse », pour Via Campesina qui déplore aussi un démantèlement « menaçant les revenus et l’existence de nombreux agriculteurs ». L’organisation paysanne pointe aussi la suppression « dangereuse et irresponsable » des budgets spécifiques liés aux mesures agroenvironnementales et climatiques. Le think tank Farm Europe, enfin, dénonce une trahison vis-à-vis des agriculteurs qui avaient manifesté dans les rues de Bruxelles au printemps 2024.

États-Unis: l’implication du DOGE dans les affaires de l’USDA inquiète (presse)

Selon un article de la radio publique états-unienne (NPR) du 11 juillet, le département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), anciennement dirigé par le milliardaire Elon Musk, serait en mesure de contrôler certaines aides au secteur agricole états-unien gérées par l’USDA (département américain de l’agriculture). Le DOGE aurait ainsi accès aux données personnelles et économiques des agriculteurs concernés, et serait en mesure de consulter et de modifier les contenus du Service national de paiement (NPS), distribuant des dizaines de milliards de dollars de soutiens sous forme de subventions et de prêts gouvernementaux, d’après des registres internes examinés par la NPR. En pratique, ces aides peuvent ainsi être rabotées voire supprimées par l’organisme, sans consultation préalable. Pour rappel, le DOGE dispose également d’un accès quasi illimité à des données sensibles d'autres agences comme le département du Trésor et de l'administration de la sécurité sociale. Ce pouvoir est actuellement contesté en justice, en raison de préoccupations évidentes liées à la vie privée, à la sécurité et aux questions juridiques.

Bovins/DNC: le Cnopsav valide la vaccination obligatoire, début semaine prochaine

Réuni le 16 juillet, le Conseil national d'orientation de la politique sanitaire (Cnopsav) a validé la stratégie vaccinale présentée par le ministère de l'Agriculture pour combattre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui consistera en une campagne de vaccination obligatoire, qui devrait débuter à partir de la semaine prochaine. Seule la Confédération paysanne n'a pas voté pour, s'abstenant lors du vote. «Il n'y a pas encore de position syndicale sur la stratégie vaccinale face à cette maladie», explique l'un des porte-parole du syndicat, Stéphane Galais. La Conf' se positionne habituellement pour la «liberté vaccinale», mais revendique une approche différenciée par maladie: «On avance en marchant», explique l'éleveur. Le ministère de l'Agriculture doit mettre 350 000 doses à disposition, pour vacciner l'ensemble des bovins de plus d'un jour présents dans les zones de régulation et de surveillance, soit 284 000 animaux à date, rapportent les professionnels présents lors de la réunion. La dose (une seule est nécessaire) sera prise en charge par l'Etat, et appliquée par le réseau vétérinaire. Une seconde commande a été lancée par la ministre de l'Agriculture en cas de besoin, dont le volume n'a pas été précisé. 

Bovins/DNC: le Cnopsav valide la stratégie de l'abattage total, y compris l'élue CR

Réuni le 16 juillet, alors que deux élevages s'opposent à l'abattage de leurs troupeaux en Savoie, avec le soutien de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale, le Conseil national d'orientation de la politique sanitaire (Cnopsav) a validé la stratégie actuelle d'abattage total des lots de bovins au sein desquels un cas positif de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été repéré. Le vote a eu lieu après un long exposé de scientifiques, indiquant notamment qu'en raison du nombre important de faux négatifs, les tests négatifs ne signifiaient pas que les animaux l'étaient de manière fiable. Sur la base de cet exposé, l'élue de la CR présente, Natacha Guillemet a émis un avis positif, soulignant que «l'explication scientifique donnée au Cnopsav n'avait pas été transmise aux éleveurs», et demandant davantage d'accompagnement «humain» et financier. La présidente de la Coordination rurale, Véronique LeFloc'h indique à Agra presse que Natacha Guillemet pourrait être exclue du syndicat: «Les enjeu sont trop importants et la cause doit être défendue jusqu'au bout». De son côté, Natacha Guillemet ne désespère pas de convaincre sa présidente, sur la base des éléments collectés lors de la réunion. Quant à la Confédération paysanne, son représentant Stéphane Galais s'est positionné contre la stratégie présentée, évoquant une «stratégie irréaliste et démesurée». La FNSEA a plaidé pour une indemnisation rapide, «à hauteur de la génétique du troupeau», et des dispositions pour permettre un «repeuplement rapide».

Lait : outre Lactalis, Bega et Meiji en compétition pour acquérir Fonterra

Lactalis n’est pas le seul candidat au rachat de Fonterra. Le groupe laitier australien Bega a ainsi annoncé le 17 juin qu’il avait pour « intention de déposer dans les plus brefs délais une demande auprès de l’ACCC afin d’obtenir une autorisation informelle relative à l’acquisition potentielle de Fonterra Océanie. » Bega estime que son offre permettrait « d’accroître les gains d’efficacité et d’apporter de meilleurs résultats aux agriculteurs, aux clients et aux consommateurs australiens ». Selon The Australian Financial Review, « Bega a formé un consortium avec la coopérative laitière multinationale néerlandaise FrieslandCampina et se prépare à affronter, dans le cadre de l’enchère, le groupe alimentaire japonais Meiji Holdings Co, conseillé par UBS ». Le 10 juillet, l’ACCC a indiqué que l’acquisition de Fonterra par Lactalis ne devrait pas entraîner une « baisse substantielle de la concurrence ». Fonterra cherche à céder ou introduire en Bourse ses produits de grande consommation au niveau mondial et de ses ingrédients et services alimentaires en Australie. Cette transaction pourrait représenter 2,37 Md$, selon Reuters.

Poulet : le ratio entre importations et consommation repasse sous les 50% en 2024

La consommation totale de viandes de volailles a de nouveau augmenté en 2024, mais plus vite que les importations, faisant repasser la ratio importations/consommation sous la barre symbolique des 50% en poulet, selon la synthèse conjoncturelle sur la consommation de viandes mise en ligne par FranceAgriMer le 11 juillet. Cette note réalisée conjointement avec le service de statistique du ministère de l'Agriculture montre une augmentation de la consommation apparente (par bilan) l’an dernier de viandes de volaille (+7,3%). Si les importations ont globalement progressé de 3,4% en 2024, c’est à une vitesse inférieure à l’année précédente (+4,2% en 2023), et la hausse est inférieure à celle de la consommation, si bien que la part des importations a légèrement diminué. En poulet, l’espèce qui a largement tiré l’augmentation de la consommation de volaille, elle est passée au-dessous de 50%, tout en restant au-dessus de la moyenne 2019-2023. En dinde, dont la consommation continue de décliner, la part des importations est passée au-dessous de 20% et de la moyenne 2019-2023. Quant au porc, les importations ont progressé en volume (+1,5%) après une forte baisse en 2023 (-6%), maintenant ainsi leur part dans l’approvisionnement de la consommation à un peu moins de 30%.

Œufs : les petits conditionneurs d’œufs protestent contre la CVO pour l’ovosexage

Le Comité national d'action et de défense des aviculteurs (Cnada) a fait connaître au CNPO (interprofession de l’œuf) sa désapprobation de la taxe interprofessionnelle qui s’impose en principe aux petits conditionneurs d’œufs depuis l’extension du nouvel accord de financement de l’ovosexage, apprend-on du président de ce syndicat, Patrick Mille. Calculée à l'oeuf (39 centimes les 100 œufs), « la CVO nous revient entre 1,20 à 1,50 euros par poule alors que l’ovosexage revient à 88 centimes » aux accouveurs, fait-il valoir auprès d’Agra Presse. « On préfèrerait payer directement par poule mise en place » aux accouveurs, conclut-il. Quant à la répercussion du coût de l’ovosexage sur le consommateur, les petits conditionneurs sont défavorisés selon lui. « En vente directe, contrairement aux conditionneurs qui livrent la grande distribution, on a du mal à répercuter le coût de la cotisation dans le prix de vente », souligne-t-il, évaluant le surcoût par œuf à 4 centimes. Patrick Mille craint que certains de ses adhérents conditionneurs, qui élèvent entre 250 et 5 000 poules, ne décident de ne pas régler la cotisation. Le Cnada entend défendre les intérêts de ces éleveurs au CNPO où deux délégués le représente.

Moisson : en Normandie, la pluie stoppe les récoltes, jusque-là satisfaisantes

Dans la zone sud de Natup (2 Mt de collecte), près de 90 % des parcelles sont récoltées, « avec de bonnes surprises en orge d’hiver, entre 60 et 90 q/ha et de très belles qualités », note Pauline Falubet, responsable du service collecte. Belles performances également en colza avec des parcelles, notamment dans l’Eure-et-Loir, qui dépassent les 50 q/ha. Le bilan des blés est plus hétérogène : « Cela va de 40 à 100 q/ha mais la qualité est là, y compris pour les protéines, entre 11 et 11,5. » En Seine-et-Marne et dans le nord de l’Eure, la récolte est stoppée par la pluie mais les premiers échos, près de 40 % des surfaces, sont prometteurs. Chez Sévépi (470 000 t de collecte) aussi, la moisson est à l’arrêt : à peine 50 % des volumes sont récoltés. « Contraste entre la zone sud où tout sera fini dans 2 jours et plus au nord où la récolte commence à peine, confie Aurélien Caurier, le directeur général. La pluie n’est pas une bonne nouvelle pour la qualité des céréales encore sur pied mais s’annonce en revanche salvatrice pour les maïs. » Quant au premier bilan à date, « pour les blés, nous devrions être sur notre moyenne quinquennale, guère plus, avec des hétérogénéités selon le type de sol. Les meilleures terres ne sont pas encore récoltées. » Bon bilan pour les orges et les pois de printemps ainsi que pour les colzas. (Anne Gilet)

Moisson: dans le Grand Est, de bons rendements mais les protéines décrochent

La moisson suit son cours dans le Grand Est. En Lorraine, la moitié des blés avaient été récoltés le 16 juillet, d’après la Coopérative agricole Lorraine (Cal). « Hors stockage ferme, les blés sont à 10 % de plus que la moyenne olympique des dix dernières années, soit environ 70 qx/ha », explique Pierre-Antoine Ferru, directeur général de la Cal. Les orges d’hiver et les colzas devraient également enregistrer une hausse de 10 % en volume. Mais ces rendements élevés ont eu un impact négatif sur la protéine, plutôt faible. 20 % environ des blés vont être déclassés en fourragers. Même son de cloche chez Cérèsia, dans la Marne : « dans plusieurs zones, la sécheresse a empêché la fertilisation d’être optimisée, ce qui se ressent dans des taux de protéine en dessous de 11 », explique Baptiste Blanche, responsable collecte. Les calibrages des orges sont excellents, atteignant 96 dans la Marne, et les PS des blés sont bons, à 80 en Champagne, et 78 en Lorraine. « Mais les pluies des jours à venir risquent de dégrader les poids spécifiques, met en garde Pierre-Antoine Ferru. 10 mm d’eau correspond en moyenne à une perte d’un point de PS. » (Elena Blum)

Moisson : dans l’Oise, bonnes surprises en colza chez Valfrance avec des pointes à 50 q/ha

Au 16 juillet, 90 % des chantiers de récolte de Valfrance (835 000 t de collecte) étaient finalisés. « Dans deux jours, tout devrait être terminé, confirme Hugues Desmet, responsable de la collecte. Le rythme a été soutenu. Le bilan des orges d’hiver est très bon avec des rendements allant de 60 à 115 q/ha, pour une moyenne proche des 80 q/ha. Des résultats cohérents en fonction du type de sol et de la qualité du semis : seules les petites terres décrochent. » La bonne surprise vient des colzas, « avec une moyenne à 42 q/ha et des pointes à plus de 50 q/ha. Le tout, avec d’excellents taux d’huile ». Pas d’inquiétude non plus du côté des blés tendres. « Comme pour l’orge, la moyenne devrait atteindre le seuil haut, à plus de 80 q/ha avec des PS très élevés, de 80 à 82 avant les pluies et de 76 à 77 après, ce qui reste très bon. La protéine est, elle, un peu faible depuis le début de la moisson mais avec une moyenne à 10,9, rien d’alarmant pour l’export où l’allotement permet d’atteindre aisément les 11 requis. La qualité sanitaire est elle aussi au rendez-vous. » La panne sur l’écluse du Coudray (Essonne) qui perturbait la circulation des péniches à gros gabarits sur la Seine, devrait être résolue dans les jours à venir : un soulagement pour la coopérative qui devrait ainsi voir sa logistique se fluidifier. (Anne Gilet)

Céréales : exports de fin de campagne dynamiques en blé et en maïs (FranceAgriMer)

Dans son bilan mensuel du 16 juillet, FranceAgriMer (FAM) a revu en nette hausse sa prévision d’exportation 2024-2025 de blé tendre vers les pays-tiers par rapport au mois dernier, de 250 000 t, à 3,5 Mt. Même constat en maïs, dont les ventes vers les pays de l’UE passent de 4,148 Mt à 4,468 Mt sur la période. « Il y a eu un retour aux achats de l’Egypte en blé tendre en mai dernier. Et il y a des chargements vers le Sénégal, le Maroc etc. (…) En maïs, les achats espagnols et portugais en juin ont dépassé nos attentes », a précisé Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques, lors de la conférence de presse suivant le conseil spécialisé grandes cultures le même jour. De premières projections sont apparues pour la campagne 2025-2026. Les exportations de blé tendre vers les pays-tiers sont attendus à 7,5 Mt, contre plus de 10 Mt habituellement, pour un niveau de production semblable (33 Mt). La raison : « la perte du débouché algérien et les grosses incertitudes quant aux achats chinois », justifie l’expert de FAM. Dans ce scénario, les stocks hexagonaux de fin de campagne sont projetés à plus de 3,8 Mt. Néanmoins, ces prévisions sont à prendre avec la plus grande prudence, les choses pouvant évoluer fortement au cours de la campagne. 

Oléoprotéagineux : le breton Elayon rachète le lot-et-garonnais Biolintec

Le producteur breton d'huiles et de tourteaux Elayon a annoncé le rachat du lot-et-garonnais Biolintec, spécialiste de la fabrication de protéines de soja texturées, de farines micronisées et d’huiles végétales de colza, tournesol et soja. L’opération annoncée le 15 juillet permet à Elayon « d’élargir son portefeuille de produits et de renforcer ses capacités de transformation, notamment sur le segment du soja, stratégique pour l’alimentation humaine et animale ». En parallèle, Elayon a annoncé l’entrée au capital de la société de capital-investissement Re-Sources. Effective depuis le 1er juillet, cette opération « accélère la montée en puissance de ses capacités industrielles », note l’entreprise bretonne. Cette ambition se traduit par d’importants investissements sur son site de Saint-Gouéno (Côtes-d’Armor), qu’Elayon a repris en 2022. Une deuxième ligne de process est en cours d’installation pour multiplier par cinq ses capacités de production et atteindre les 20 000 tonnes annuelles de capacité de trituration d’ici la fin 2025, nous a confirmé son cofondateur Louis-Marie Gard. L’investissement représente « aux alentours de 3 M€ » pour ce site conçu « sans recours à l’hexane », un solvant utilisé au cours de la trituration. L’accompagnement de Re-Sources doit permettre à Elayon de se déployer « à l’échelle nationale et européenne ». (Irina Lafitte, Agra Innovation)

Pomme de terre : l’UNPT dénonce de nouvelles pratiques commerciales abusives

Dans un communiqué du 16 juillet, l’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) dénonce le fait que « des producteurs sont confrontés, de la part de certains opérateurs, à des demandes de révision unilatérale de contrats pourtant signés depuis plusieurs mois pour la campagne 2025/2026 ». Cette alerte fait suite à une précédente survenue en mars dernier, dans laquelle le syndicat pointait une stratégie de pression commerciale excessive de la part d’industriels belges. Pour rappel, ces derniers avaient revu à la baisse les volumes initialement annoncés dans leurs pré-engagements commerciaux, avant même la conclusion des contrats, et à quelques jours des plantations. L’UNPT rappelle « qu'un contrat signé engage les deux parties et ne peut être modifié sans accord mutuel ». Par ailleurs, les matières premières agricoles contractualisées bénéficient d’une protection juridique spécifique, inscrite dans les dispositions EGAlim, qui s’impose à l’ensemble des opérateurs économiques. « Chaque cas sera documenté, chaque tentative de pression répertoriée et l’organisation se réserve le droit d’interpeller publiquement les opérateurs concernés si ces manquements devaient se confirmer ou se répéter », prévient l’UNPT.

Cuivre : l’Anses maintient les principaux usages mais durcit les conditions d’utilisation

Alors que les composés du cuivre sont classés comme substances candidates à la substitution depuis 2025, l'agence sanitaire annonce, dans un communiqué paru le 16 juillet, qu'elle maintient les principaux usages du cuivre, notamment en agriculture biologique, mais qu'elle durcit ses conditions d'utilisation avec « des mesures pour limiter l'exposition des travailleurs et les contaminations des eaux et des sols ». « Dans certains cas, des données supplémentaires devront être fournies par les industriels pour statuer sur des risques particuliers s'agissant des oiseaux et des mammifères » ajoute-t-elle. Une étude sur les impacts socio-économiques de la limitation ou du retrait des produits phytosanitaires à base de cuivre en agriculture est parue le même jour. L’Anses note que la molécule est critique en agriculture bio, où la dose appliquée par hectare « est souvent plus élevée qu'en agriculture conventionnelle ». Dans les filières vigne et pomme, en agriculture conventionnelle et biologique, et pomme de terre en agriculture biologique, elle a par ailleurs identifié « des combinaisons d'alternatives au profil environnemental et sanitaire globalement plus favorable, et qui apparaissent techniquement - et parfois économiquement – envisageables ». Celles-ci demeurent toutefois peu disponibles et coûteuses, estime l’Anses qui préconise « des approches agronomiques systémiques, plutôt qu'alternative par alternative, pour concevoir des stratégies de réduction du cuivre viables à long terme ». 

Pesticides : le Danemark interdit 23 produits contenant des PFAS (ONG)

Dans une note parue le 10 juillet, l’ONG Pesticide action network (PAN) Europe rapporte que le Danemark a retiré l’autorisation d’emploi de 23 produits phytopharmaceutiques contenant six PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées). Ces dernières sont le luazinam, le fluopyrame, le diflufenican, le mefentrifluconazole, le tau-fluvalinate et le flonicamide. Les PFAS peuvent conduire à la formation et au rejet dans l’environnement, notamment les nappes phréatiques, de TFA (acide trifluoroacétique), un polluant dit éternel. La décision a été prise par l’Agence danoise de protection de l’environnement, qui doit encore se prononcer au sujet de dix autres pesticides. Une autre décision est ainsi attendue pour août ou septembre prochains, explique la note. Pour rappel, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a rendu publique le 26 mai, pour une consultation de deux mois, l’évaluation menée par l’agence fédérale allemande visant à classer le TFA comme toxique pour la reproduction, ainsi que comme persistant dans l’environnement.  Le Comité d’évaluation des risques de l’Agence doit rendre un avis définitif fin juillet, à l’issue de la consultation.

Pomme/poire : les premières estimations donnent des récoltes en légère baisse

Selon les premières prévisions arrêtées au 1er juillet par les services du ministère de l’Agriculture (Agreste) , la production française de poires de table serait de près de 138 000 tonnes, en retrait de 7 % par rapport à la bonne récolte 2024. Elle resterait supérieure de 8 % à la récolte moyenne 2020-2024. « Clairement, il faut s’attendre à une légère baisse en poires après une année pleine en 2024 et un phénomène d’alternance cette année. Nous présumons plutôt une récolte autour de 124 000, 127 000 tonnes, avec surtout moins de poires d’été que d’automne »,  explique Pierre Venteau, directeur de l’ANPP (producteurs) contacté par Agra Presse. En pommes, le ministère avance une production en baisse de 3 % sur un an, à 1,57 million de tonnes. Un chiffre sur lequel l’ANPP diverge une fois de plus : « A mi-juin, nous avons évalué une récolte similaire à celle de l’année dernière, donc plutôt des volumes stables par rapport à 2024». Sur l’analyse, ministère et producteurs convergent : « En effet, le puceron cendré a été très présent en régions de production, alors que la floraison laissait espérer une belle récolte. En revanche, les producteurs n’ont pas enregistré de tavelure », précise Pierre Venteau qui rappelle que l’ANPP alerte sur le recul de surfaces de pommes en France.  

Fruits et légumes/vignes : le CTIFL partenaire du Sitevi pour la première fois

Le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) a annoncé le 16 juillet devenir partenaire du salon Sitevi (25 au 27 novembre 2025 à Montpellier) pour la première fois. A cette occasion, il interviendra à travers des conférences et animera des ateliers sur le goût des fruits. « L'action du CTIFL s’inscrit dans une logique d’accompagnement concret autour de l’optimisation des ressources, de l’accès aux technologies et du déploiement de solutions adaptées aux réalités des acteurs de la filière », a commenté , rappelant que le salon sera l’occasion d’exposer les dernières innovations « et incarner les transitions à l’œuvre sur le terrain ». Pour le Sitevi, ce partenariat  confirme son ambition de « renforcer les passerelles possibles entre les univers fruits & légumes, oléicole et viticole, au service d’une agriculture plus résiliente et performante ».

Aide au répit administratif : premier bilan positif, la MSA demande sa pérennisation

Sur les six premiers mois de sa mise en oeuvre, au second semestre 2024, ce sont 400 exploitants qui ont été bénéficiaires du dispositif expérimental d’aide au répit administratif, a appris Agra Presse auprès de la MSA le 16 juillet. Le total des prestations financées s’est élevé à 845 000 euros (1 270 euros par prestation en moyenne). Les deux filières les plus demandeuses sont l’élevage bovin et ovin (viande et/ou lait) à 45% et l’horticulture à 24%.. Trois types de prestations ont été particulièrement sollicitées : le secrétariat administratif (gestion de factures, courriers, paiements…) par 71% des bénéficiaires, l’aide aux obligations réglementaires (registre d’élevage, déclaration des revenus professionnels MSA, demande de prise en charge de cotisations, etc.) par 15%, et le soutien au numérique par 14%. Une étude qualitative du dispositif a été réalisée au début de l’année. « L’évaluation de l’expérimentation confirme la pertinence de l’aide au répit administratif face à une surcharge administrative devenue un facteur majeur de mal-être et un symptôme pour les exploitants agricoles », précise la MSA. Autant d’éléments qui la pousse à demander la pérennisation du dispositif dans le cadre des négociations du COG 2026-2030 qui ont débuté en juin. 

Pneus d'ensilage: l'obligation de ramassage des éco-organismes confortée au Conseil d'Etat

Dans une décision publiée le 25 mars, le Conseil d'Etat conforte l'obligation faite aux éco-organismes de la filière des pneumatiques de collecter, sans frais, et de traiter les pneus agricoles usagés utilisés pour couvrir les tas d'ensilages. Cette disposition prise par un décret et un arrêté en 2023 était contestée par trois éco-organismes, Aliapur, FRP et Tyval. Selon le Conseil d'Etat, le fait que les pneus aient été utilisés pour couvrir des bâches d'ensilage est «sans incidence» sur le fait qu'ils relèvent la filière de responsabilité élargie des fabricants. Le fait que ces pneus aient été mis en vente avant la date d'entrée en vigueur de l'obligation de responsabilité élargie est aussi sans conséquence. Le Conseil d'Etat rappelle toutefois dans sa décision que si l'arrêté prévoit bien une collecte sans frais, ce n'est pas le cas des «modalités de leur prise en charge, y compris de celles du traitement», qui relèvent des contrats types que les éco-organismes signeront avec des organismes professionnels agricoles. Le stock de pneus usagés dans les fermes était estimé à 750 000 tonnes l'an passé, 800 000 tonnes en 2023. La mission de collecte gracieuse des éco-organismes est plafonnée à 30 000 tonnes en 2024, 40 000 en 2025, 50 000 en 2026, 60 000 en 2027 et 70 000 en 2028.

Egalim 4 : les quatre demandes de Pact’Alim à Annie Genevard et Véronique Louwagie

Le président de Pact’Alim Jérôme Foucault a rencontré le 10 juillet les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Véronique Louwagie (PME) pour leur présenter les demandes des PME et ETI de l'alimentation dans la perspective d’une loi Egalim repoussée pour l’instant à l’après-2025. Quatre principales propositions ont été présentées, dans un courrier à leur attention. Demandant une « référence obligatoire aux indicateurs interprofessionnels », Pact’Alim prévoit qu'après consolidation et fiabilisation de ces indicateurs avec les interprofessions, les « clauses de révision automatiques des prix ne soient pas négociables si elles font référence à des indicateurs interprofessionnels ou publics lorsqu’ils existent. » Autres demandes : une clause de révision automatique non négociable, à l’initiative du fournisseur, impérativement adossée aux indicateurs interprofessionnels ou publics ; un renforcement de la sanctuarisation des matières premières agricoles en clarifiant la notion de non-négociabilité, avec une durée minimale des contrats pour les marques de distributeur (MDD) de 24 mois ; et la réduction de la durée des négociations commerciales annuelles en avançant la date butoir au 31 janvier au lieu du 1er mars.

Ministère de l'Agriculture: changement en vue à la tête de la DGPE

Dans le compte rendu du Conseil des ministres du 16 juillet, le président de la République indique qu'il est mis fin aux fonctions de Philippe Duclaud à la tête de la direction générale de la performance économique (DGPE), service majeur du ministère de l'Agriculture, à compter de septembre. Il avait été nommé à ce poste en 2022. Ancien de l’ENA (École nationale de l’administration), Philippe Duclaud a été, de 2006 à 2009, conseiller diplomatique de Dominique Bussereau, puis de Michel Barnier Rue de Varenne. En 2009 et 2010, il a été directeur adjoint du cabinet de la secrétaire d’État à l’Écologie Chantal Jouanno, avant de devenir délégué agricole à la Représentation permanente de la France auprès de l’UE, puis d’intégrer la DGPE.