Agrafil du 17 janvier 2022

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Malt : Tereos rétrocède ses actifs à Axéréal

Le sucrier Tereos a conclu un accord avec le céréalier Axéréal pour lui vendre sa participation dans leur activité de malt, a-t-il annoncé dans un document aux investisseurs consulté par l’agence de presse Reuters. Tereos cède sa participation de 11,7% dans Copagest, la holding de Boortmalt détenue par Axéréal. En échange, ce dernier lui revend les 2,8% qu’il possède dans Tereos Agro-Industries, holding des activités dans l'amidon et les édulcorants faisant partie des activités sucrières internationales du groupe. Tereos estimait sa participation dans Copagest à 62,2 M € au 31 mars. «A la suite de cette transaction, nous aurons mis fin à notre partenariat avec Axéréal et seront totalement sorti de l'activité malt», a déclaré Tereos dans le document. Doté d'une nouvelle direction depuis juin, le groupe mène un «programme de cession d'actifs» pour réduire la dette. Par ailleurs, Tereos indique consulter les représentants des salariés en vue d’un «arrêt potentiel de ses activités sucrières roumaines» dans l’usine de Ludus, en proie à «des difficultés principalement dues à la réduction constante des surfaces de betteraves».

Glyphosate : la proposition LFI rejetée après des débats houleux

Lors de la séance publique du 14 janvier, les députés ont rejeté la proposition de loi du groupe France Insoumise visant à interdire le glyphosate. Malgré un vote sans surprise, les débats dans l’hémicycle ont donné lieu à de vifs échanges entre l’opposition, la majorité, et Julien Denormandie à l’aube de la campagne présidentielle. Principaux reproches des collègues parlementaires aux Insoumis sur le fond: l’absence de possibilité de dérogation, ainsi qu’une approche trop française du problème. «Je suis certain que le Parlement vous aurait suivi dans une résolution demandant au gouvernement de redoubler d’effort dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne», a estimé le député Antoine Herth (Agri, Bas-Rhin). Également opposés à la loi, Les Républicains ont souligné à la tribune plusieurs initiatives controversées, dont Phyto signal, lancée en 2013 par Stéphane Le Foll, ou encore le site Glyphosate.gouv.fr, retiré par le gouvernement à l’issue de la mission parlementaire. Un rappel «important» selon Julien Dive (LR, Aisne), face aux allusions de Barbara Pompili à des sites internets dédiés à l’information des riverains sur RMC. En marge du débat, Julien Denormandie a enfin demandé à Jean-Luc Mélenchon de retirer un tweet comportant une citation erronée, toujours en ligne au 14 janvier.

Egalim 2 : Lambert accuse les distributeurs de «contourner» les règles

Interrogée le 14 janvier sur BFM Business, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a dénoncé les pratiques des distributeurs pour, selon elle, «contourner» les règles des négociations commerciales en cours avec les industriels et le nouveau cadre de la loi Egalim 2. «Je voudrais des caméras dans les box des négociations car il s’y passe des choses insensées», affirme-t-elle. Dans un contexte d’inflation généralisée des coûts de production, les hausses demandées par les industriels oscillent entre 5 et 10%. Or, Christiane Lambert assure que certains industriels reçoivent des propositions de tarifs à «moins 2-3%». Elle accuse également les distributeurs d’utiliser les pénalités logistiques imputées lors de retards de livraison comme «une forme de marge arrière déguisée». «C’est une fraude», tranche-t-elle. Revenant sur la polémique suscitée par l’annonce d’un prix de la baguette bloqué à 29 centimes chez Leclerc, la présidente de la FNSEA a déclaré que face aux récentes augmentation des prix du blé «il faut passer des hausses tout au long de la chaîne. Sinon, qui encaisse la perte ? L’agriculteur ou le meunier».

Baguette à 0,29 euro: «une polémique ridicule» selon Leclerc

Michel-Edouard Leclerc, vilipendé par les céréaliers, boulangers et meuniers depuis son annonce de blocage du prix de la baguette à 0,29 euro, a estimé le 16 janvier qu'il s'agissait d'une «polémique ridicule». «Je n'ai jamais eu affaire à une polémique aussi ridicule», a déclaré le président du comité stratégique des magasins E.Leclerc sur BFMTV. «On était déjà à ce prix-là, c'est une baguette premier prix, c'est une baguette qu'on vend par millions (...). Face à l'inflation qui arrive, on a voulu prendre un marqueur de notre intention de ne pas faire passer des hausses de prix sans discussion, sans modération», a-t-il expliqué. Michel-Edouard Leclerc a annoncé mardi qu'il bloquait le prix de la baguette de pain dans les magasins du groupe à 29 centimes d'euro. «Dans ce prix, on a tenu compte de deux hausses de prix que les meuniers nous ont demandé de passer» et «nous acceptons la sanctuarisation des produits agricoles» comme l'exige la loi Egalim, s'est défendu le président du comité stratégique des magasins E.Leclerc, considérant que la FNSEA lui «crache à la figure» avec cette polémique.

Présidentielle: Le Pen interpelée par des agriculteurs lors d’une visite en Bretagne

Marine Le Pen est venue le 14 janvier dans les Côtes-d'Armor, à Erquy, pour entendre la colère de pêcheurs opposés aux éoliennes prévues dans la baie, où elle a été interpelée par des agriculteurs qui avaient réuni une quinzaine de tracteurs et barré la route entre le port et la plage du centre ville. «C'est la grande distribution qui mène la loi Egalim. (...) Que ce soit vous ou les autres, vous ne prenez pas le sens de la gravité» de la situation, a lancé à la candidate Jérémy Labbé, éleveur de porcs à Plurien et président des Jeunes agriculteurs du département. «Personne ne parle agriculture dans la campagne. (...) On ne peut pas parler que Covid», ajoute-t-il. Marine Le Pen lui assure être «consciente du rôle de la grande distribution» et que le «rapport de force (est) complètement déséquilibré» en faveur de celle-ci. «Derrière l'agriculture, ce n'est pas seulement la survie d'un secteur qui est en jeu mais la souveraineté de la nation», ajoute la candidate en vantant le «rôle d'arbitre» de l'Etat dans la fixation des prix, «pour ne pas laisser les forces libres du marché déterminer si demain on va se nourrir». Au final «le problème, ce n'est pas la loi mais la volonté politique», dit-elle.

Installation: le nombre de nouveaux installés «chute» de 6,7% en 2020 (MSA)

Le nombre d’installations «chute» de 6,7% en 2020, annonce la MSA dans sa note Info stat’ du 10 janvier. La Sécu sociale agricole dénombre 12 508 nouveaux chefs exploitants en 2020, soit «898 de moins qu’en 2019». Cette diminution touche toutes les catégories d'installés. Les jeunes de 40 ans et moins sont les plus nombreux à s’être lancés en agriculture avec 8 838 nouveaux chefs exploitants, soit une baisse de 3,5%. Ils représentent 70,7% des nouveaux agriculteurs. Les installations tardives sans transfert entre époux sont en baisse de 12%. Elles comptent pour 24,6% des nouveaux exploitants. Les installations tardives avec transfert entre époux sont en net recul de 21,3%. «Ce type d’installation ne représente toutefois que 4,7 % des installés», observe la MSA. A échelle régionale, le nombre d’installations progresse uniquement dans le Grand-Est (+11,6%). Chez les jeunes, la superficie moyenne exploitée est de 34,1 ha – en léger repli par rapport à 2019 (35 ha). Par ailleurs, la part de femmes chez les jeunes installés s’établit à 32%, en légère hausse par rapport à 2019 (30,5%). Le taux global de pluriactifs augmente d’un point, à 35,8%.

Climat: chaud et humide, mélange pire qu'estimé pour le travail en extérieur (étude)

La chaleur humide qui rend le travail en extérieur difficile et dangereux provoque la perte de 677 milliards d'heures de travail par an dans le monde, selon une étude publiée le 13 janvier dans la revue Environmental Research Letters, qui craint que le réchauffement aggrave encore la situation. Sur les quatre dernières décennies, qui ont connu un réchauffement significatif, les pertes de productivité liées à la chaleur humide ont augmenté d'au moins 9%, selon l'étude. Selon ces chercheurs américains, qui chiffrent cette perte à 2.100 milliards de dollars par an, les effets négatifs de cette chaleur étouffante sur les ouvriers du bâtiment ou les travailleurs agricoles sont sous-estimés. Les chercheurs ont incorporé à leur recherche des résultats publiés l'an dernier qui estiment que la productivité baisse à une température moins élevée et moins humide qu'estimé précédemment. Ainsi, entre 2001 et 2020, l'exposition à ces températures élevées combinées à une humidité importante a fait perdre au total 677 milliards d'heures de travail par an dans le monde pour les gros travaux en extérieur, selon l'étude. L'Inde perdrait déjà ainsi 259 milliards d'heures de travail chaque année, la Chine 72 milliards ou le Bangladesh 32 milliards.

Gels d’avril 2021: Bruxelles valide les 250 M€ d’aides directes

La Commission européenne a annoncé le 14 janvier avoir donné son feu vert aux aides d’Etats d’un montant de 250 millions d'euros débloquées par la France pour soutenir sous forme de subventions directes les agriculteurs touchés par les épisodes de gel survenus entre les 4 et 14 avril 2021. Selon Bruxelles, «l'ampleur de l'impact négatif économique des gels d'avril 2021 sur le secteur concerné est de nature à justifier la compensation des dommages subis par les entreprises en aval». Et la Commission estime que les éventuelles distorsions de concurrence engendrées par ces soutien seront limitées au minimum. Suite à cet épisode, la France avait par ailleurs soutenu les viticulteurs, arboriculteurs et entreprises touchés avec d’autres mesures (report et exonération de cotisations sociales, dégrèvements de taxes foncières sur le non bâti, avance de trésorerie remboursable…).

Sucre : Cristal Union promeut Xavier Astolfi comme d.g.

Le groupe sucrier Cristal Union confie à Xavier Astolfi sa direction générale, a-t-il annoncé le 14 janvier. Il succède à Alain Commissaire. Diplômé de l’X et des Mines, Xavier Astolfi est entré en 2012 chez Cristal Union comme d.g. adjoint. Sa carrière a démarré dans le secteur financier, avant de se poursuivre dans l’industrie sucrière à la Vermandoise, au poste de directeur agricole puis de directeur général délégué.

Agenda de la semaine agricole du 17 janvier (complémet)

Mardi 18 janvier

Vœux à la presse d'Interfel (interprofession des fruits et légumes frais)