Bovins/DNC : Lecornu annonce l’extension de la vaccination et 10 M€ pour les « petits élevages »
Comme attendu, la vaccination préventive contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) déjà démarrée dans les départements pyrénéens sera étendue au Tarn et à l’Hérault, a annoncé le Premier ministre le 16 décembre, après deux réunions à Matignon le même jour. Quelque 750 000 bovins sont concernés. « Les 1 000 exploitations de l’Ariège seront intégralement vaccinées au 31 décembre », affirme encore l’exécutif dans un communiqué. « L’urgence absolue, c’est d’accélérer la vaccination », a martelé M. Lecornu lors des questions au gouvernement à l’Assemblée. D’après Matignon, « le stock de 500 000 doses du ministère chargé de l’Agriculture est déjà en cours d’acheminement auprès des cabinets vétérinaires », et la vaccination a commencé dans plusieurs départements (Ariège, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales). L’exécutif dit avoir passé une nouvelle commande « la semaine dernière » ; celle-ci est « en cours de conditionnement aux Pays-Bas » avec une première livraison de 400 000 doses prévue « dès le 18 décembre ». Par ailleurs, le gouvernement « a décidé d’activer un fonds de soutien de plus de 10 millions d’euros destiné à assurer un soutien direct aux petits élevages des zones touchées », sans préciser les modalités. À l’Assemblée, le locataire de Matignon avait évoqué cet « accompagnement spécifique des tout petits élevages qui vont connaitre très très vite, dans les jours qui viennent, des difficultés de trésorerie ».
Bovins/DNC : les commandes de vaccins « beaucoup trop courtes » pour la FNB et la FNPL
Le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) Patrick Bénézit a demandé 16 décembre des commandes de vaccins contre la dermatose nodulaire (contagieuse) « beaucoup plus massives, pour que les éleveurs soient rassurés en cas d’évolution de la situation ». « Il serait logique d’avoir plusieurs millions de doses d’avance », a-t-il estimé lors d’une conférence de presse commune avec son homologue de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA). Ce dernier fixe, lui, la barre à « 30 ou 40 % du cheptel bovin », alors que le stock actuel du ministère est de 500 000 doses, selon un communiqué de Matignon. Réagissant à chaud aux annonces de Matignon (lire ci-dessus), Yohann Barbe (FNPL) a dit attendre des clarifications sur le fonds d’aide de 10 M€ pour les « petits élevages », espérant qu’il ne s’agit pas d’un « recyclage » d’une précédente aide pour le retour d’estive annoncée fin septembre. Par ailleurs, les syndicats déplorent des « retards » dans le versement du solde des indemnisations sanitaires versées aux élevages dépeuplés, basées sur la valeur marchande des animaux. « Les éleveurs ont touché un acompte de 2 100 euros par vache, mais la valeur moyenne tourne autour de 3 000, 3 500 euros », a indiqué Yohann Barbe, promettant de « mettre la pression » sur ce sujet.
Bovins/DNC : lancement d’une « cellule de dialogue scientifique » sur le protocole en Occitanie
Lors de son déplacement à Toulouse lundi 15 décembre, la ministre de l’Agriculture a annoncé « la constitution d’une cellule de dialogue scientifique » autour du protocole sanitaire en Occitanie contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Mise en place mardi 16 décembre, cette cellule regroupe des « représentants professionnels » proposés par le préfet de région et par la présidente de la Région Occitanie, ainsi que des « scientifiques de structures reconnues pour leur expertise en santé animale »*. Cette instance aura pour mission « d’examiner au plus vite, et en toute indépendance, les propositions formulées en Occitanie, au regard de l'impératif de protection des cheptels », selon un communiqué du ministère. Dans un contexte de mobilisations contre l‘abattage total des lots d’animaux infectés par la DNC, les organisations agricoles majoritaires de la région Occitanie (chambre régionale, FRSEA, JA) ont envoyé un courrier à Annie Genevard le 11 décembre. Outre une vaccination préventive élargie (en cours de déploiement), elles y demandent « d’urgence une réflexion sur la question des euthanasies dans les élevages ». « Sans remettre en cause la stratégie nationale », les OPA suggèrent de l’aménager dans leur région « en prenant en compte les risques de propagation de la maladie (protection vaccinale établie dans la zone, animaux en bâtiment...) ».
* SNGTV (groupements techniques vétérinaires), Anses, Cirad, ENVT (École vétérinaire de Toulouse)
Bovins/DNC : le ministère de l‘Intérieur dénombre 75 actions, plusieurs autoroutes bloquées
Mardi 16 décembre, au septième jour consécutif de mobilisations, plusieurs axes routiers et ferroviaires étaient bloqués par des agriculteurs dans le Sud-Ouest à l'appel de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, rapporte l’AFP. En fin d'après-midi, 75 actions étaient recensées par le ministère de l'Intérieur, mobilisant 3 400 personnes. La circulation est toujours « fortement perturbée dans le Sud-ouest (A64, A63, A61) et dans le Sud (A9, A54) », indiquait mardi midi France info, citant un communiqué de Vinci Autoroutes. Selon l’AFP, après avoir entravé le trafic ferroviaire entre Toulouse et Narbonne toute la journée de mardi, des éleveurs ont investi l'autoroute A61, stoppant le trafic dans le sens Carcassonne-Toulouse. Au niveau de Cestas, au sud de Bordeaux, l'A63 est bloquée dans les deux sens, perturbant notamment le trafic des poids lourds en provenance d’Espagne. D'autres actions sont d'ores et déjà prévues mercredi 17 décembre à Limoges, où la Coordination rurale de Haute-Vienne appelle les paysans à monter un mur de foin et de paille devant la préfecture.
Bovins/DNC : enquête pour menaces de mort envers un responsable syndical des vétérinaires
Une enquête pour menaces de mort a été ouverte le 16 décembre par le parquet de Bergerac (Dordogne) après une plainte du président de la Fédération des syndicats vétérinaires, dans un contexte de colère agricole contre la gestion de l’épizootie touchant les élevages bovins. Jean-Yves Gauchot, qui exerce au Bugue dans le département, a reçu un mail dans lequel on pouvait notamment lire : « Dans un autre temps, votre tête aurait fini au bout d’un pique », d’après la chaîne d’information BFMTV sur laquelle il s’était exprimé dimanche soir. L’enquête, ouverte pour « menaces de mort par écrit », a été confiée à la gendarmerie par la procureure Anne-Cécile Dumonteil. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a appelé sur Sud Radio le 16 décembre les éleveurs à « prendre soin de leurs vétérinaires », « parce qu’ils sont quelquefois malmenés ». Le président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, Jacques Guérin, avait dénoncé en fin de semaine dernière des « pressions inacceptables ». « Vous avez des appels à brûler des cliniques sur les réseaux sociaux, des vétérinaires agonis d’injures sur leur standard (téléphonique, NDLR) : celui du Conseil national de l’Ordre est submergé d’appels de personnes complotistes, antivax, anti-tout, qui déversent des tombereaux de bêtises à l’encontre de la profession », avait-il déclaré à l’AFP.