Pesticides : Bruxelles propose une vaste simplification des procédures d'autorisations
La Commission européenne a, comme attendu, présenté le 16 décembre un paquet omnibus de simplification de la législation sur la sureté alimentaire qui porte en grande partie sur les produits phytosanitaires. Le texte propose en particulier de rendre illimitée la période d’autorisation des substances actives pesticides, sauf dans des cas spécifiques concernant les substances candidates à la substitution. Les procédures de renouvellement et les réévaluations seraient effectuées au cas par cas, lorsque des raisons scientifiques de le faire se feraient jour. En pleines discussions sur la finalisation de l’accord commercial avec le Mercosur, l’exécutif européen propose « d’ores et déjà » pour les substances non approuvées dans l’UE et présentant certaines propriétés particulièrement dangereuses (perturbateurs endocriniens, mutagènes, cancérogènes ou reprotoxiques) de fixer à zéro les limites maximales de résidus dans les importations. Et, sur la base d’une étude d’impact en cours, Bruxelles pourrait envisager d’aller plus loin. Le texte comporte également des dispositions sur la pulvérisions de pesticides via des drones, les autorisations d'additifs pour l'alimentation animale ou encore les produits de fermentation utilisant des OGM.
Pesticides: Bruxelles veut accélèrer l'arrivée des substances à faible risque et du biocontrôle
Présenté le 16 décembre par la Commission européenne, le projet de paquet omnibus de simplification de la législation sur la sureté alimentaire vise également à encourager l'adoption d’alternatives aux pesticides les plus nocifs en mettant en place une procédure simplifiée pour les substances à faible risque. Le texte prévoit aussi l’accélération de l'autorisation des produits contenant des substances ciblant les ravageurs particulièrement nuisibles. Il introduit une définition à l'échelle de l'UE des substances de biocontrôle avec là encore un processus visant à accélérer leur évaluation et leur autorisation : obligation pour les États membres de traiter en priorité les demandes concernant ces produits et possibilité d'accorder des autorisations provisoires pendant le déroulement des procédures d'évaluation. Enfin, Bruxelles veut renforcer les dispositifs la reconnaissance mutuelle de produits entre Etats membres.
Eau/pesticides : la publication de l’arrêté captages sensibles à nouveau reportée
La FNSEA a quitté la salle en pleine réunion du groupe national captages (GNC), le 16 décembre. « Ca ne va pas du tout. Tant qu’on ne rouvre pas le dossier, ça ne va pas aller », a réagi une source proche du dossier. « L’élément de la discorde » est le maintien, dans le projet d’arrêté sur les captages sensibles, du seuil de 80% des normes de qualité des eaux distribuées appliquées aux eaux brutes, afin de classer un captage comme "sensible". « C’est 29% du territoire, donc c’est inacceptable », assure cette même source. Malgré le départ du syndicat majoritaire, suivi un peu plus tard de celui d’un représentant de la Coordination rurale selon l’association Générations futures, également présente, la réunion du GNC n’a pas pour autant été écourtée, assure le ministère de la Transition écologique. Avec un seul point annoncé à l’ordre du jour, le guide méthodologique, les travaux semblent toutefois avoir peu avancé. Dans un communiqué envoyé à l’issue, Générations futures dénonce une « pression inacceptable » des deux syndicats agricoles pour obliger le gouvernement à « faire machine arrière » dans sa politique d’amélioration de la qualité de l’eau. Annoncée pour la fin d’année et prévue par le Code de l’environnement, la publication de l’arrêté de définition des captages sensibles souffre d’un nouveau report. Elle aura lieu « au plus tard en juin 2026 », indique le ministère de la Transition écologique.
Bio : Bruxelles propose des simplifications ciblées, pour les importations et la volaille
La Commission européenne a publié, le 16 décembre, un règlement de simplification de la législation sur l’agriculture biologique. Ce texte porte notamment des précisions sur les conditions dans lesquelles le logo bio de l’UE peut être utilisé pour des produits importés de pays tiers dont les règles sont considérées comme équivalentes. Bruxelles propose que ces produits respectent certaines exigences supplémentaires en matière de production et de contrôle afin de se conformer à un arrêt d’octobre 2024 de la Cour de justice de l’UE (CJUE). La Commission en profite pour apporter quelques ajustements au règlement bio concernant l’élevage de cailles, le seuil de chiffre d'affaires annuel définissant les petits exploitants qui bénéficient d’exemptions, ou la surface maximale utilisable pour l'engraissement des volailles. Le lobby européen du secteur, Ifoam, s’est félicité de « l’approche pragmatique et ciblée de la Commission, qui s’attaque à un nombre limité de problèmes clairement identifiés tout en préservant pleinement les principes et les normes élevées de l’agriculture biologique ». Bruxelles devrait présenter, le 17 décembre, une feuille de route sur le cadre juridique biologique qui complètera cette proposition.
Biotechnologies : Bruxelles propose une simplification de la législation
La Commission européenne a présenté, le 16 décembre, le premier volet de sa législation sur les biotechnologies qui doit permettre de simplifier l’innovation en la matière. Le texte porte principalement sur les biotechnologies médicales, mais comprend aussi des éléments concernant l’agriculture. Il prévoit des modifications de la législation alimentaire de l’UE et de celle sur les médicaments vétérinaires facilitant les procédures de mise sur le marché et autorisant des « bacs à sable réglementaires pour permettre aux États membres de tester des technologies innovantes ». Les nouveaux aliments sont toutefois exclus de ce deuxième dispositif. De plus, Bruxelles propose des amendements à la réglementation OGM pour faciliter la mise sur le marché de micro-organismes génétiquement modifiés à faible risque. Il bénéficieraient d’une procédure allégée de mise sur le marché et d’une autorisation illimitée. Pour l'agroalimentaire, la Commission cite notamment des applications comme de nouveaux biofertilisants, biopesticides, des conservateurs alimentaires biologiques, des biocapteurs permettant de détecter la contamination des produits alimentaires, ou encore pour éliminer les émission de CO2 de l’élevage et des effluents.
UE-Mercosur : Strasbourg valide une position renforcée sur la clause de sauvegarde agricole
La plénière du Parlement européen a largement adopté (par 431 voix contre 161 et 70 abstentions), le 16 décembre, sa position concernant la clause de sauvegarde agricole dans le cadre de l’accord commercial UE-Mercosur. Contrairement au Conseil de l’UE, les eurodéputés introduisent des amendements à la proposition initiale, forçant ainsi l’organisation d’une négociation interinstitutionnelle. Ils souhaitent notamment abaisser les seuils de déclenchement automatique des enquêtes en matière de sauvegarde mais aussi réduire la durée des enquêtes et le délai de mise en place de mesures de sauvegarde provisoires. Mais le principal sujet du trilogue prévu le 17 décembre, devrait être le respect du principe de réciprocité concernant les produits et les normes de production. Le Parlement européen a notamment adopté un amendement obligeant la Commission à ouvrir une enquête et adopter des mesures de sauvegarde lorsqu'il existe des preuves crédibles que les importations ne satisfont pas aux exigences applicables aux producteurs de l'UE. Un point qui est fermement rejeté par l'exécutif européen en raison de son incompatibilité avec le traité commercial. En cas d’accord entre les colégislateurs sur un compromis, les ambassadeurs des États membres (Coreper II) devraient se prononcer sur le texte le soir-même.
UE-Mercosur : des éclaircissements sur le calendrier
L’adoption par le Parlement européen, le 16 décembre, de sa position sur le renforcement de la clause de sauvegarde agricole dans le cadre de l’accord commercial UE-Mercosur devrait accélérer le processus en vue de la signature du traité. En effet, un accord provisoire dès le 17 décembre entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE sur la sauvegarde agricole ouvrirait la voie à un possible feu vert des États membres sur l'accord commercial en lui-même lors d’une autre réunion du Coreper II, le 19 décembre, comme l'indique l’ordre du jour provisoire de la réunion publié par la présidence danoise du Conseil de l’UE. Une telle chronologie permettrait, en théorie, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de se rendre au Brésil le 20 décembre pour signer le texte, comme prévu initialement. Toutefois des incertitudes demeurent quant au vote. Celles-ci ne pourraient être dissipées qu’après la réunion des chefs d'Etats et de gouvernement de l'UE du 18 décembre. Si certains ont réitéré leur soutien à l’accord commercial, la perspective d'une minorité de blocage au Conseil de l'UE n'est pas tout à fait exclue, comme l'analyse dans une note récente le chercheur irlandais Alan Matthews. Le ministre irlandais des Affaires européennes, Thomas Byrne, a déclaré le 16 décembre au média irlandais RTE, qu'il ne s'attendait pas à un vote sur l'accord commercial du Mercosur avant janvier, comme le demande notamment la France.
UE-Mercosur/Pac/MACF : plus de 10 000 agriculteurs attendus à Bruxelles
Le 18 décembre, «plus de 10.000 agriculteurs venus de toute l’Europe se rassembleront à Bruxelles pour une manifestation qui s’annonce historique», promettent les organisations et coopératives agricoles de l’agricole (Copa-Cogeca). Une manifestation qui se tiendra à la veille de la réunion des chefs d’Etats et de gouvernement qui auront une première discussion sur le futur cadre financière pluriannuel de l’UE. Dans un manifesto publié pour l’occasion, le 15 décembre, le Copa-Cogeca précise ses trois grandes exigences pour la Pac, la simplification et la politique commerciale de l’UE. Il demande tout d’abord une Pac forte (avec deux piliers distincts), commune et bien dotée financièrement. Sur le volet de la simplification, il souhaite le report de l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour les engrais, un allégement significatif de la législation environnementale (restauration de la nature, émissions industrielles, nitrates…) et l’accélération des autorisations de produits alternatifs de protection des plantes. Enfin concernant le commerce, le Copa-Cogeca appelle à rejeter l’accord avec le Mercosur, à renforcer la réciprocité et à imposer des clauses de sauvegarde dans les accords (notamment avec l’Ukraine, les Etats-Unis ou le Maroc).
UE-Mercosur : le Sénat exhorte le gouvernement à saisir la Cour de justice de l’UE
Alors que Paris maintient une position ferme contre l’accord commercial UE-Mercosur, le Sénat a très largement adopté, le 16 décembre, une résolution non contraignante appelant le gouvernement français à solliciter l’avis de la Cour de justice de l’UE afin d’examiner la compatibilité du traité avec les traités européens. « La Commission européenne tente par tous les moyens de contourner les Parlements nationaux », s’est inquiété l’auteur de ce texte, le sénateur LR Jean-François Rapin. « Cette méthode réduit encore un peu plus l’assise démocratique d’un accord déjà largement contesté par l’opinion publique », a regretté, de son côté, la socialiste Gisèle Jourda. La chambre haute s’est montrée quasiment unanime, seul un sénateur centriste s’est opposé à la proposition. Une résolution équivalente, portée par La France insoumise (LFI) avait été adoptée à l’Assemblée nationale fin novembre, à l’unanimité. Au Parlement européen, un projet de résolution similaire soutenu par 145 eurodéputés a été déclaré irrecevable, mi-novembre, par les services de l’hémicycle au motif que le Conseil de l’UE n’avait pas encore sollicité formellement l'approbation de Strasbourg sur le sujet.
UE-Mercosur : Coopérative U « n'achètera pas de produits d'Amérique du Sud » (p.-d.g.)
Les coopératives U « n’achèteront pas les produits » issus de l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur, a affirmé son p.-d.g. Dominique Schelcher le 16 décembre, qualifiant le Mercosur de « Shein de la concurrence déloyale ». « Nous n'achèterons pas ces produits s'ils devaient arriver en France », a-t-il déclaré sur RMC/BFMTV, « on n'achètera pas de produits d'Amérique du Sud à partir du moment où il y a les produits équivalents français ». « Le Mercosur c'est un peu le Shein de la concurrence déloyale », a-t-il dit, en référence au groupe asiatique controversé de mode éphémère. « Quand on oblige des agriculteurs à produire avec un certain nombre de normes, de contraintes qui sont lourdes, mais que des produits sont susceptibles d'arriver avec des contraintes moindres, c'est une forme de concurrence déloyale », a-t-il estimé. « Il faut se protéger », selon Dominique Schelcher, qui « espère que jeudi (18 décembre, NDLR), il y aura la prise en compte des demandes de la France pour protéger aussi notre agriculture ». La France plaide pour un report en 2026 du vote prévu cette semaine au Conseil européen. Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.
Crise agricole : Lecornu recevra « l’ensemble des organisations agricoles » vendredi
« En fin de semaine, vendredi sans doute, j’aurai l’occasion de recevoir l’ensemble des organisations professionnelles agricoles à Matignon », a annoncé Sébastien Lecornu le 16 décembre, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée le 16 décembre. Le Premier ministre était interrogé sur la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Cette réunion « sera l’occasion de revenir, évidemment, aussi sur le Mercosur », a-t-il ajouté. Dernier sujet à l’ordre du jour : la réforme de la Pac après 2027, au sujet de la laquelle M. Lecornu a promis d’être « dur » avec la Commission européenne. La veille doit se tenir, le 18 décembre à Bruxelles, une mobilisation agricole européenne sur divers sujets (budget de la Pac, réciprocité des normes, allègement des contraintes environnementales) ; les syndicats français y participant cibleront principalement l’accord UE-Mercosur. Depuis une semaine, le gouvernement Lecornu fait face à un mouvement de colère agricole ciblant la stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), intervenant dans le contexte d’une perspective de signature de l’accord UE-Mercosur. Paris a demandé le report des « échéances » prévues cette semaine mais le Parlement européen a adopté sa position le 16 décembre, ouvrant la voie à une accélération du calendrier (lire ci-dessus).
Commerce extérieur : prévisions mitigées à 2035 pour l'agroalimentaire européen
Le ralentissement du commerce agroalimentaire mondial et l'intensification de la concurrence pour l'exportation des produits agricoles de base vont mettre à l'épreuve les parts de marché de l'UE pour des produits comme le bœuf, le porc ou le blé tendre, prévient la Commission européenne dans ses perspectives à l’horizon 2035 publiées le 16 décembre. Globalement, les exportations nettes de céréales devraient augmenter, de même que celles des produits à forte valeur ajoutée comme le fromage, le lactosérum en poudre et l'huile d'olive. Par contre, Bruxelles prévient que les exportations de sucre et de viande bovine de l'UE devraient, elles, diminuer. La production de viande bovine de l'UE reculerait sous l'effet notamment du durcissement des réglementations environnementales et des difficultés de renouvellement des générations. Et ce alors que le rapport n’intègre même pas les conséquences de l’accord commercial avec le Mercosur. Les perspectives sur la viande porcine font aussi état d’un déclin dû à un renforcement des réglementations en matière de bien-être animal et d'environnement, et à la diminution des débouchés à l'exportation, notamment vers la Chine. Par contre, la production avicole de l'UE devrait augmenter, portée par la demande croissante au niveau européen et mondial.
Porc : Pékin impose des droits antidumping définitifs sur les importations de l’UE
Le ministère chinois du Commerce a publié le 16 décembre sa décision finale concernant son enquête antidumping sur les importations de porc et de sous-produits porcins de l'UE. Après le cognac et bientôt les produits laitiers, Pékin va imposer, à compter du 17 décembre et pour une période de cinq ans, des droits antidumping sur les importations porcines en provenance du Vieux continent allant de 4,9 à 19,8 % en fonction des entreprises. Dans le détail, les autorités de l’empire du Milieu ont conclu que les importations européennes donnaient lieu à du dumping, causant un préjudice important à l'industrie nationale, et qu'il existait un lien de causalité entre ce dumping et le préjudice. Toutefois, le gouvernement chinois a sensiblement réduit ses taux antidumping par rapport aux sanctions provisoires qu’elle impose depuis le 10 septembre. Celles-ci prenaient la forme d’un dépôt de garantie avec un taux pouvant aller de 15,6 % à 62,4 % en fonction de la coopération des entreprises avec les services chinois dans le cadre de l’enquête.
Porc/taxes chinoises : la filière française se dit soulagée du taux de 9,8%
Les autorités chinoises ayant fixé à 9,8 % leur taxe anti-dumping appliquée au porc européen, Inaporc exprime son soulagement dans un communiqué du 16 décembre pour le compte des entreprises françaises qui étaient jusqu’ici soumises au taux provisoire de 20% en moyenne et pour certaines jusqu’à 62,4 %. Un « taux limité », considère l’interprofession, qui va s’appliquer à « toutes les entreprises françaises exportant de la viande et des abats de porc vers la Chine ». En effet, explique Inaporc, elles ont obtenu leur intégration à la liste des « entreprises coopérantes » [en termes d’information], grâce à l’implication du gouvernement, souligne-t-elle. Inaporc fait savoir qu’elle attend désormais l’ouverture généralisée du marché chinois aux abats blancs de porcs (estomac, intestins…) annoncée le 6 mai 2024, regrettant que seules quatre entreprises françaises aient obtenu l’agrément chinois pour ces produits. Le communiqué se conclut sur le fait que la France exporte en Chine des produits très peu consommés en Europe (abats, oreilles, pieds…) mais prisés dans ce pays, et que dès lors elle « n’a pas de raison d’être soumise à des actions anti-dumping » de la part de la Chine.
Lait : Pascal Le Brun finalement réélu à la présidence de l'interprofession
Le Cniel (interprofession laitière) a annoncé le 16 décembre la désignation de Pascal Le Brun comme président à l’issue d’un conseil d’administration. Les quatre vice-présidents de l’interprofession, Yohann Barbe (producteurs), Luc Verhaeghe (coopératives), François-Xavier Huard (industrie) et Marc Delage (distribution), l’ont désigné à l’unanimité. Marie-Andrée Luherne conserve ses missions de présidente déléguée. Pascal Le Brun, du collège de la coopération laitière, avait démissionné de la présidence mi-octobre, laissant la place à Marc Delage, issu de la distribution. A l’issue de plusieurs semaines de médiation, ce dernier était parvenu à trouver un accord entre les quatre collèges sur la contribution volontaire obligatoire CVO qui doit être appelée en janvier, permettant de financer le Cniel, le budget 2026 du Cniel et le plan stratégique 2026-2028. Ce plan doit être avalisé par l’Etat et publié au Journal officiel d’ici le 31 décembre. En revanche, il n’y a pas d’accord des collèges pour la mise au point d’un indicateur beurre poudre. Il a été décidé de mettre de côté les sujets de divergence afin de se consacrer aux principales missions du Cniel et ne pas bloquer son fonctionnement.
Lait : accord Bel-APBO à 500 €/1000 litres pour 2026, +15€ vs 2025
L'Association des producteurs Bel de l'Ouest (APBO) et le groupe Bel ont annoncé s’être mis d’accord pour un prix du lait conventionnel à 500 €/1 000 l pour l’année 2026, en hausse de 15 € par rapport à 2025. Il se décompose ainsi : 483 €/1 000 l, incluant la prime de 17 €/1 000 l, touchée par 100 % des éleveurs, relative à l’alimentation sans OGM (<0,9 %) et l'accès des vaches aux pâturages, ainsi qu’une prime estimée en moyenne à 17 €/1 000 l liée au programme Mon BB Lait Durable (cahier des charges valorisant les efforts de décarbonation des exploitations). Pour le lait bio, le prix est de 570 €/1 000 l, en hausse de 20 € par rapport à 2025. Les volumes à livrer augmentent aussi, pour atteindre 400 millions de litres, soit 9 millions de litres de plus qu’en 2025. Une hausse qui concerne le lait conventionnel, mais pas le lait bio, dont le volume à livrer stagnera en 2026. « L'accord 2026 se caractérise par plusieurs avancées significatives », parmi lesquelles « une meilleure prise en compte de l’évolution des charges de production via l’Ipampa, (…) une revalorisation de la part de la main-d'œuvre (…) et une prime conjoncturelle (…) face aux difficultés climatiques et sanitaires », indiquent l’OP et Bel.
Bovins/influenza : probabilité «très faible» en UE, mais impact «considérable» (Efsa)
« La probabilité que la souche de grippe aviaire hautement pathogène (IAHP) détectée chez des vaches laitières aux États-Unis atteigne l'Europe est très faible », a indiqué l’Efsa (agence sanitaire européenne) le 16 décembre. Dans son avis, l’agence prévient toutefois que, « si le virus devait parvenir sur le territoire de l'UE, l'impact pourrait être considérable ». Pour anticiper ce risque, l’Efsa recommande de sensibiliser les agriculteurs et les vétérinaires, tout en renforçant la surveillance. Plusieurs mesures sont préconisées comme des restrictions commerciales imposées aux régions touchées et un nettoyage rigoureux du matériel de traite. En cas de foyer épidémique, une action coordonnée couvrant à la fois les volailles et les vaches laitières est recommandée, afin de réduire l'impact global. L’Efsa indique aussi avoir étudié une transmission par voie alimentaire, par la consommation de lait cru, de colostrum cru ou de crème de lait cru (voir notre enquête). « La pasteurisation est très efficace pour réduire le virus dans le lait et les produits laitiers », selon l’avis, qui rappelle qu’aucun cas d’infection humaine d’origine alimentaire par ce génotype spécifique n’a été signalé.
Canards/influenza : le département des Landes étend la prise en charge de la troisième dose
Dans un communiqué du 12 décembre, le conseil général des Landes annonce sa décision de prendre en charge « 50% des coûts afférents à la troisième dose du vaccin contre l’IAHP (dose et application) pour les animaux (canards à foie gras, NDLR) planifiés à moins de 12 semaines ». Une mesure intervenant « en complément du dispositif voté le 17 octobre dernier pour la prise en charge à 100 % de ces coûts « pour les animaux sous production Label rouge et fermières, quant à eux planifiés à plus de 12 semaines », complète le communiqué. Le département mobilise dans ces deux cas son « fonds d’urgences sanitaires et climatiques ». Il dit pallier à ce titre « l’absence d’intervention de l’État en soutien de la filière palmipèdes », lequel ayant « à chaque fois indiqué aux professionnels qu’aucune prise en charge ne serait proposée par ses soins pour l’application de cette troisième dose ». Le communiqué des Landes mentionne le plan Adour de déconcentration de l’élevage, élaboré en 2022-2023 avec les trois départements voisins (Gers, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées) ; les professionnels du foie gras s’attendent également à une participation financière de ces trois collectivités.
Nutrition : les taxes comportementales ne sont plus à l’ordre du jour de Bruxelles
La Commission européenne a publié, le 16 décembre dans le cadre de son paquet Santé, un plan d’action sur la santé cardiovasculaire dans l’UE dont l’objectif est de renforcer la collaboration à l'échelle de l'UE en matière de prévention, de dépistage précoce, de traitement et de soins. En matière de lutte contre les mauvaises habitudes alimentaires, Bruxelles ne s’engage plus à travailler à l'introduction d’un prélèvement sur les aliments dits « ultra-transformés », les aliments et boissons riches en graisses, en sucres et en sel. A la place, l’exécutif européen indique qu’il « examinera quels outils appropriés, y compris d'éventuelles mesures financières, pourraient être mis en œuvre pour soutenir/financer des actions de santé publique » en se fondant sur les résultats d’une étude sur les «aliments ultra-transformés». Une formulation moins ambitieuse que les précédents projets de texte en circulation. Par ailleurs, la Commission européenne souhaite toujours améliorer l’information aux consommateurs sur la transformation des denrées alimentaires grâce à la mise en place d’un nouveau système complet d'évaluation.
Grande distribution : Prosol, maison mère de Grand Frais, acquis par l’américain Apollo
Apollo Funds a annoncé le 16 décembre qu’il allait acquérir le groupe Prosol, distributeur français de produits frais et maison mère de l’enseigne Grand Frais. Le fonds américain Apollo acquiert cette part majoritaire du capital auprès du fonds français Ardian. « Les actionnaires et l'équipe dirigeante actuels de Prosol réinvestiront aux côtés des Fonds Apollo », lit-on dans un communiqué. La transaction est soumise à la réalisation de certaines conditions suspensives, notamment l'obtention des autorisations réglementaires, et devrait être finalisée au deuxième trimestre 2026. Prosol exploite près de 450 magasins en France sous les enseignes principales Grand Frais (fruits, légumes, produits laitiers et poissons) et Fresh (une chaîne de magasins en propre vendant fruits, légumes, produits laitiers, poissons et viandes). Le portefeuille de marques de Prosol comprend également La Boulangerie du Marché, mon-marché.fr, BioFrais et Banco Fresco en Italie. Avec cet acquisition, Apollo complète son portefeuille d’actifs sous gestion qui atteint 908 Md$ dans le monde. En France, Apollo détient des participations en capital-investissement dans Constellium, Verallia et Vallourec.
Comptes de l'agriculture : rebond du « PIB agricole » attendu en 2025
À l’occasion de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) le 16 décembre, l’Insee a publié ses chiffres prévisionnels provisoires pour l’année 2025, marquée par une amélioration des récoltes, une flambée des prix des productions animales, sur fond de problèmes sanitaires en élevage bovin. L’Insee s'attend ainsi à un net redressement de 8,1 % (en euros courants) de l’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs), après des baisses de 11,7 % en 2024 et de 4,8 % en 2023. Rapportée à l’actif, l’augmentation est un peu plus forte (8,7 %). Le rebond s’explique par un double mouvement de hausse des prix (1,6 %) et des volumes (2,1 %). Cela provient essentiellement des productions animales, qui grimpent (+9,2 %) sous l’effet d’une meilleure valorisation (+8,5 %) et de volumes stables (+0,6 %). Les prix des œufs flambent (+40 %), ceux des gros bovins progressent nettement (+25,4 %), quand les porcins continuent de refluer (-7,8 % ,après -8,6 % en 2024). Dans le même temps, les volumes s’équilibrent entre une érosion du cheptel (gros bovins à -2,2 %, veaux à ‑4,5 %, ovins-caprins à ‑4,6 %), sur fond d’épidémies de FCO et de DNC, et un sursaut du miel. En productions végétales, l’amélioration des récoltes est effacée par le plongeon des prix (-2,8 %). C’est notamment le cas en céréales, dont la moisson s’accroît (+16,3 %), mais dont les prix chutent (-10,5 %). Côté charges, une relative stabilité est attendue, avec des consommations intermédiaires globalement peu fluctuantes (-0,3 %), à la fois en prix (+0,5 %) et en volume (-0,7 %).
Céréales d'hiver : légère hausse des emblavements en France (Agreste)
Dans son dernier rapport mensuel (Agreste) du 16 décembre, le ministère de l'Agriculture prévoit une progression des surfaces de céréales françaises d’hiver entre 2024 (récolte 2025) et 2025 (récolte 2026), passant de 6,236 Mha à 6,378 Mha. Dans le détail, les assolements de blé tendre sont estimés à 4,561 Mha, contre 4,46 Mha l’an dernier. En orge, la sole hexagonale est évaluée à 1,232 Mha, contre 1,195 Mha l’an passé. Notons que la surface de blé dur frôle les 200 000 ha (199 000 ha, contre 197 000 ha l’année dernière). Les bonnes conditions automnales et hivernales ont permis aux agriculteurs de semer davantage, surtout par rapport à 2023 et 2024, marquées par des automnes et des hivers humides. Néanmoins, les assolements de céréales d’hiver restent en léger retrait par rapport à la moyenne quinquennale (-1,8 %). En plus des céréales d’hiver, notons la nette croissance des assolements de colza, de 6,4 % entre 2024 et 2025, à 1,344 Mha, un niveau semblable à 2023. Les conditions d’implantation sont jugées bonnes par le ministère de l’Agriculture. Quant au maïs, Agreste a relevé quelque peu ses prévisions de production de grains entre novembre et décembre, passant de 13,186 Mt à 13,388 Mt.
Céréales : FranceAgriMer allège à nouveau ses prévisions de stocks de fin de campagne
FranceAgriMer (FAM) a de nouveau abaissé ses prévisions de stocks français de céréales de fin de campagne commerciale 2025-2026 entre novembre et décembre, dans ses derniers bilans publiés le 16 décembre. La raison : les exportations hexagonales s’avèrent dynamiques. « Il s’agit du troisième meilleur début de campagne en termes de dynamique à l’export » depuis 2016, s’est exprimé Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur le marché français des céréales à FAM, lors de la conférence de presse suivant le Conseil spécialisé Grandes cultures. En blé tendre, les clients européens se montrent particulièrement friands, en raison de l’attractivité de la matière première par rapport au maïs aux yeux des fabricants d’aliments pour animaux (FAB). FranceAgriMer a relevé ses prévisions d’export vers les pays de l'UE de plus de 300 000 t d’un mois sur l’autre, à 7,386 Mt. Les stocks passent, sur la même période, de 2,829 Mt à 2,738 Mt. En orge, ce sont les pays tiers qui se montrent particulièrement demandeurs de marchandises françaises, spécialement le Maghreb, l’Arabie saoudite et le Qatar. Les exportations sont relevées de 150 000 t, à 3,4 Mt. Par conséquent, les stocks sont abaissés de 240 000 t, à 1,462 Mt. En maïs, les exportations françaises ont également été augmentées, engendrant un recul des stocks d’un peu plus de 100 000 t, à 1,855 Mt.
Soja : la Chine peut réduire son taux de dépendance à l'import de 60pts en 10 ans (étude)
Selon un article du South China Morning Post du 12 décembre, une étude élaborée par la banque d’investissement Goldman Sachs révèle que la Chine réduira sa dépendance aux importations de soja, aujourd’hui estimée à environ 90 % (soit plus de 100 Mt par an), à moins de 30 % lors de la prochaine décennie. La raison : les efforts du gouvernement chinois, qui s’accélèrent depuis les tensions commerciales avec les États-Unis, devraient porter leurs fruits. L’empire du Milieu et les compagnies locales ont instauré une série de mesures à cette fin, qui ont déjà permis de réduire la consommation intérieure de soja de 15 Mt entre 2021 et 2024, relève l’étude. Parmi elles : l’incitation à réduire la part du soja dans l’alimentation animale, l’augmentation de l’efficacité digestive des animaux et l’optimisation des rations protéiques chez le bétail. Pour rappel, la Chine représente 60 % des importations mondiales de soja, et constitue ainsi un poumon des échanges mondiaux de grains. Une baisse de consommation pourrait engendrer une réorientation des flux, voire des productions au sein des pays exportateurs. L’UE importe également des quantités importantes de soja états-unien.
Oléagineux : les salariés argentins de l’industrie de trituration en grève (presse)
Selon un article du média Reuters du 16 décembre, les salariés de l’industrie argentine de trituration de graines oléagineuses entreront en grève le jeudi 18 décembre, pour une durée de 24 heures, a annoncé le syndicat des travailleurs argentins du secteur, la FTCIODyARA. Le motif de la grève : montrer son opposition à la réforme du travail impulsée par le président libertarien Javier Milei. Le syndicat rejoint les manifestations de protestation organisées au niveau national contre cette réforme. « L’industrie oléagineuse est surprise et remet fortement en question la décision de la FTCIODyARA de décréter une grève nationale face à une négociation paritaire qui avait scellé la paix sociale jusqu’à la mi-2026, comme les syndicats et l’industrie l’avaient convenu, d’autant plus qu’il n’existe aucune revendication syndicale en suspens », a de son côté déclaré l’organisation représentant l’industrie oléagineuse, la CIARA-CEC, rapportent des médias locaux. L’industrie de la trituration en Argentine est un secteur clé de l’agro-industrie locale. Le pays constitue un exportateur majeur de matières premières agricoles, incluant les tourteaux et les huiles. L’UE et la France, déficitaires en protéines pour l’alimentation animale, sont importateurs de tourteaux argentins.
Pois protéagineux : le GIE PeaBoost reçoit une première aide publique de 5 M€
Dans un communiqué du 16 décembre, le GIE PeaBoost, dédié à la recherche variétale en pois protéagineux, a annoncé avoir obtenu une première subvention publique de 5 M€, destinée à financer son programme de recherche Pea4Ever. Ce dernier s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale sur les protéines végétales (SNPV), qui vise un doublement des surfaces de légumineuses à graines en France à l’horizon 2030. Plus en détail, Pea4Ever, initié en septembre 2024, tente de créer des variétés de pois productives et régulières, afin d’accroître leurs performances et « de redonner confiance aux agriculteurs dans la culture ». Les travaux de recherches ont déjà débuté, à tel point que Laurent Guerreiro, dirigeant de RAGT, société à l’origine du GIE (aux côtés de Florimond Desprez et Limagrain) évoquait « des résultats bluffants » le 26 novembre, lors de l’assemblée générale de la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux, FNSEA). Pea4Ever prévoit un budget de 50 M€ sur cinq ans, dont 25 M€ de fonds publics. Les trois semenciers fondateurs apportent chacun 5 M€, pendant que Sofiprotéol se charge de fournir les 10 M€ restants via un fonds dédié. Ces 10 M€ incluent 2 M€ de CVO (enveloppe collectée par Terres Univia, puis fléchée par Sofiprotéol).
Vin : InVivo en passe de céder des activités au négociant AdVini
Cordier, branche vin du groupe coopératif InVivo, et AdVini, leader français des vins de terroir, ont annoncé le 15 décembre être en « négociations exclusives » pour un « rapprochement de certaines de leurs activités ». L’opération, qui doit être finalisée « avant le 31 mars prochain », consiste en « un apport d’actifs de Cordier by InVivo et de ses filiales à AdVini », selon un communiqué commun. « InVivo deviendrait ainsi un actionnaire de référence d’AdVini, aux côtés de la famille Jeanjean et d’Antoine Leccia, président du conseil d’administration ». « Ces derniers conserveraient la majorité absolue » du négociant. Il y un an, InVivo avait déclaré aux Echos chercher un repreneur pour ses activités dans le vin (chiffres d’affaires : 227 M€ en 2024). AdVini entend ainsi « consolider sa présence dans le Bordelais avec la marque Cordier et entrer sur le marché des vins effervescents avec Café de Paris ». L’objectif est également de renforcer l’export grâce aux filiales de distribution et à la présence de Cordier aux Pays-Bas, en Belgique, aux États-Unis, au Canada, en Afrique du Sud et au Japon, poursuit le communiqué. « AdVini bénéficierait d’une part, d’un portefeuille de marques prestigieuses plus riche et plus diversifié, et d’autre part, d’un réseau de distribution plus puissant avec un chiffre d’affaires consolidé de plus de 320 M€, dont 65 % à l’international. »
Saisonniers : fort succès du Tesa simplifié depuis 2024, selon la MSA
Près de 60 000 exploitants ont effectué leurs démarches relatives à l’embauche, à la paie, et à la gestion de la protection sociale de leurs salariés via l’interface unique du Tesa (titre emploi service agricole) simplifié depuis le lancement de sa nouvelle formule le 1er janvier 2024, selon la MSA. « Cela a représenté 1,3 millions de contrats, 2,1 millions de bulletins de salaires édités et une moyenne mensuelle de 30 000 utilisateurs », détaille Géraldine Tauber, directrice métier Entreprises/recouvrement de la CCMSA, contactée par Agra Presse, ce qui « dépasse nos attentes, d’autant plus que les remontées du terrain sont positives ». Le Tesa simplifié permet d’effectuer en une seule déclaration l'ensemble des formalités liées à l'embauche et à la fin de contrat d’un salarié saisonnier ou occasionnel en CDD (trois mois maximum), quel que soit le secteur d'activité professionnelle et l’effectif salarié. Fort de ce succès, la Sécu agricole entend améliorer le dispositif en 2026 : « Nous allons procéder à une mise à jour du système en ajoutant de nouvelles fonctionnalités. En particulier, la possibilité de rectifier le document en cas d’erreur », précise Amandine Thibault, cheffe de projet MOA à la CCMSA.
Tomates d’industrie : bonne campagne 2025 pour la France, le bio redresse la tête
La filière française de la tomate pour l’industrie a dépassé ses objectifs sur la campagne 2025, confirmant les prévisions de l’automne, rapporte le site Tomato News le 16 décembre. Les chiffres consolidés montrent que les producteurs ont pu livrer 185 878 t sur les 175 280 t contractuelles, soit un taux d'exécution de 106 %. Un chiffre à rapprocher de celui de la surface totale cultivée, en légère diminution avec 2 416 ha (-3 % par rapport à 2024). Contrairement aux dernières années, la pression parasitaire n’a pas contrarié la production. Le bon résultat résulte surtout de meilleurs rendements. La filière a atteint une moyenne de 76,9 t/ha, en hausse de 14 %. La progression est marquée pour la production conventionnelle qui a atteint 78,7 t/ha (+10 %). Après plusieurs années difficiles, la production bio a relevé la tête en 2025, avec un rendement de 66 t/ha. Elle a aussi profité d’une augmentation de ses surfaces (+7 %, 338 ha). Au final, la tomate d’industrie biologique a dépassé ses engagements de 4 %. Seul point d’inquiétude : l’afflux rapide de volumes a perturbé le déroulé de la transformation industrielle, laissant penser que les usines ont approché la saturation.
Salades : fortes pluies en Alméria, les producteurs espagnols restent plutôt confiants
En Espagne, dans la région d’Alméria, les fortes pluies enregistrées dimanche 14 décembre ont affecté les cultures de laitues dans le secteur de Levante, rapporte le site espagnol Aenverde le 15 décembre. Certaines exploitations ont enregistré jusqu’à 200 litres d’eau au mètre carré : « Les jeunes pousses et les épinards ont plus de mal à se remettre. Pour la laitue, l'impact est moindre, car il est possible d'enlever les feuilles extérieures abîmées et, même si le produit peut perdre du volume, il reste commercialisable », explique Cecilio Peregrín, directeur de la société Primaflor. Cet épisode météorologique survient à un moment particulièrement délicat de l'année : les récoltes réalisées durant la semaine 51 (du 15 décembre) sont principalement destinées aux fêtes de fin d'année, ainsi qu’à l’exportation. Cependant, les producteurs restent prudemment confiants pour la suite : « L'état des plantations est globalement positif après les précipitations, précise Juani de Haro, gérant de l'exploitation agricole Navarro de Haro « Toutefois, concernant la culture du chou-fleur, une évaluation définitive n'a pas encore été réalisée. Il faudra attendre que les parcelles soient bien drainées afin de vérifier d'éventuels dégâts causés par l'excès d'humidité. »
PPAM : les surfaces progressent en 2024 grâce à la coriandre (FranceAgriMer)
Les surfaces cultivées de PPAM en France sont estimées en progression, à 69 200 ha, en 2024 (contre 60 000 en 2023), selon le dernier bilan de FranceAgriMer publié le 15 décembre. Le chiffre est en trompe-l’œil : l’augmentation des surfaces est liée à « l’implantation massive de coriandre encouragée par des aides très attractives. Hors coriandre (26 % des surfaces), les surfaces totales restent en diminution », est-il indiqué. La progression de la coriandre, en surface comme en nombre d’exploitations, a principalement eu lieu dans le Sud-Ouest, où elle est devenue « surreprésentée ». Plusieurs autres cultures ont vu leur surface augmenter en 2024 telles l’aneth et l’anis vert (+29 %), le persil, les psylliums…. En revanche, les baisses concernent la valériane (-33 %), le basilic, l’angélique. La lavande et le lavandin (-10,3 %) sont aussi orientés à la baisse, mais demeurent malgré tout les PPAM les plus répandues en France (40 % des surfaces). Après avoir fortement progressé jusqu’en 2022 (pour atteindre un millier d’hectares), la culture du thym s’est contractée pour retrouver un niveau comparable à 2020 (environ 400 ha). L’agriculture biologique dans la filière PPAM, coriandre inclue, occupe 38 % des surfaces.
Maraîchage/viticulture : des actifs préoccupés par les canicules, un déficit de dialogue (étude)
À l’occasion du congrès de la CFDT Agri-Agro, le 11 décembre à Lille, l’agence RSE Croissance bleue a présenté les premiers chiffres de son Baromètre Clisève sur les conditions de travail agricole sous de fortes chaleurs, lancé en 2024. Cette année, plus de 45 opérations sur le terrain et 2 600 interviews ont été menées. Initialement centrée sur la viticulture, l’étude s’est étendue au maraichage (serre et plein champ) et l’aménagement du paysage. De premières tendances se font jour : « Une communauté d’expérience santé-climat-travail se fait jour », a expliqué Caroline Véran, dirigeante de Croissance bleue, « Ainsi, 92 % des répondants se disent préoccupés par les conséquences du changement climatique sur la santé au travail et pensent qu’il est urgent d’agir ». De plus, 80 % des exploitants, des salariés et des saisonniers ont déclaré des risques et des symptômes physiques (coups de chaleur, déshydratation…). Cependant, les premières données montrent aussi un déficit de dialogue : « Deux tiers des répondants reconnaissent n’avoir jamais discuté du sujet, ni avoir été informés de l’existence d’un plan d’action », précise Caroline Véran. Croissance bleue présentera l’intégralité de son Baromètre Clisève le 26 février 2026, à l’occasion du Salon international de l’agriculture.
Climat : 2025 sera encore parmi les années les plus chaudes de l'histoire en France
Conséquence du changement climatique, l’année 2025 figurera parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées en France, avec une température moyenne supérieure de 1°C par rapport aux normales climatiques, selon un bilan provisoire de Météo-France paru le 15 décembre. Les trois années les plus chaudes observées en France sont toutes intervenues après 2020, et les dix années les plus chaudes après 2010. Selon l’établissement public, cette année devrait se classer au troisième ou quatrième rang des années les plus chaudes en France depuis le début des mesures en 1900, sans toutefois dépasser les records établis en 2022 et 2023. Reste que 2025 aura été marquée par plusieurs épisodes de températures « anormalement élevées au cours des mois de mai, juin, août, novembre et décembre », souligne l’établissement public. À l’échelle mondiale, 2025 est en passe de devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, quasiment au même niveau que le record de 2023, selon les données de l’observatoire européen Copernicus. En France, la température moyenne annuelle de cette année est estimée à « environ 14°C, soit une anomalie de 1°C au-dessus de la normale 1991-2020 », indique Météo-France. Selon les projections climatiques de Météo-France (TRACC), si les tendances actuelles se poursuivent, le réchauffement climatique de la France atteindra les +2,7°C d’ici 2050 et les +4°C d’ici 2100 par rapport à la période pré-industrielle.