Biocarburant aérien : le ministre des Transports veut pérenniser le financement public
Le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot a réitéré le 18 juin, lors du salon du Bourget, sa volonté de maintenir le financement public de la recherche aéronautique, notamment pour la filière des carburants d'aviation durables, l'une des principales pistes pour la décarbonation du secteur. « Chaque année, il y a 300 M€ qui sont donnés au Corac (Conseil pour la recherche aéronautique civile), qui investit et fait des appels à projets sur différentes entreprises », a souligné le ministre lors d'un point presse. « Ces subventions devaient baisser et il y a eu une volonté politique de les prolonger, sur un temps long, parce que (...) la filière doit s'organiser et peut s'organiser à travers ces financements complémentaires », a-t-il dit. « Je ne veux pas crier victoire trop tôt, on verra au moment du rendu du budget dans quelques mois, mais l'idée qui a peut-être germé dans la tête de certains, c'est de dire qu'on a une possibilité d'économie là. On est un certain nombre de ministres à dire non, on ne peut pas stopper la dynamique de la filière », a-t-il insisté.
Biocarburants : accord TotalEnergies/Avril pour développer une filière de cultures intermédiaires
Dans un communiqué du 18 juin, l’énergéticien TotalEnergies et le groupe Avril ont annoncé un accord pour étudier le développement d’une filière française de cultures intermédiaires destinées à la production de carburants aériens durables (CAD). « TotalEnergies et Avril évalueront donc l’ensemble la chaîne de valeur, depuis la sélection des variétés végétales jusqu’à la production de biocarburants », explique le communiqué. Le leader français des huiles et protéines végétales se chargera de livrer à l’énergéticien les matières premières issues des intercultures. Ce dernier les transformera en carburant aérien durable dans ses bioraffineries françaises et « par coprocessing dans ses raffineries françaises et européennes ». Aucun objectif chiffré n’a pour le moment été divulgué. Pour rappel, Saipol, filiale industrielle (trituration de graines oléagineuses) du groupe Avril, avait annoncé dans nos colonnes un objectif de transformer 10 000 t de cameline (interculture) dès 2025 en mai dernier. En 2024, 2 000 avaient été triturées par l’opérateur.
Biocarburants aériens : TotalEnergies sécurise 1 Mt d'huiles usagées (presse)
Dans un article paru le 18 juin chez nos confrères des Echos (article payant), l'énergéticien français TotalEnergies a signé en marge du salon du Bourget un contrat avec le belge Quatra pour l'approvisionnement de 60 000 t d'huiles usagées par an à partir de 2026, et pour une durée de 15 ans, soit 1 Mt environ. Quatra se charge de collecter les huiles auprès des industriels et des restaurateurs, pour les livrer à TotalEnergies, qui se chargera de produire des biocarburants pour l'aviation (carburant aérien durable-CAD), via ses bioraffineries de La Mède (Bouches-du-Rhône) et Grandpuits (Seine-et-Marne). Le groupe français a investi sur ses deux usines respectivement 400 M€ et 600 M€ afin de pouvoir traiter de la biomasse, mais aussi pour développer d’autres installations, comme une unité de recyclage de plastique. Grâce à cette opération, l’énergéticien français se dit prêt à répondre à la demande de l’aviation en CAD à l’horizon 2030. Il prévoit par exemple de produire 500 000 t de biokérosène dès 2028. Pour rappel, Global Bioenergies, producteur français de CAD biosourcé, recherche des repreneurs.
Grandes cultures : baisse de rendement à 2100, incluant une adaptation «réaliste» (étude)
Dans une étude publiée dans Nature le 18 juin, des chercheurs estiment « empiriquement » l’impact des adaptations des agriculteurs, dans le monde, pour six cultures (blé, maïs, riz, soja, sorgho et manioc), à travers 12 658 régions, soit « les deux tiers des calories culturales », pour anticiper l’évolution des rendements. Ils calculent qu’en 2098, en cas d’émissions élevées (scénario « RCP 8.5 », équivalent à environ +4,4 °C en 2100), les rendements globaux (en calories par hectare), seront de 24% inférieurs, en tenant compte de l'adaptation et du développement économique, relativement à un scénario contrefactuel (pas de réchauffement additionnel), contre -36,6% sans adaptation. Dans un avenir à émissions modérées (scénario « RCP 4.5 », équivalent à +2,7 °C), on tombe à -11,2% avec adaptation et -12,7% sans adaptation. Sur le scénario des émissions élevées, l’Amérique du Nord est à -43,6% avec adaptation et -55,5% sans adaptation, l’Europe à respectivement -23,6% et -21,5%, l’Amérique du Sud -18,7% et -48,5%, l’Afrique -26,7% et -39,4%, l’Asie -15,8% et -29,1%, l’Océanie -33,6% et -31,7%. Stanford, qui a mené l’étude avec d’autres universités, affirme que cette étude est la première à tenir compte d’une adaptation « réaliste », sans supposer une adaptation « parfaite » ou « pas d'adaptation du tout ». D’après nos informations, des chiffres régionaux (issus du même travail) pourraient être bientôt publiés.
Engrais/cadmium : «aucun souci» en cas de durcissement de la réglementation (fabricants)
Lors de leur assemblée générale le 18 juin, les représentants de l'Unifa (fabricants d'engrais) ont indiqué que ses adhérents s’adapteraient à un éventuel durcissement de la réglementation au sujet du taux de cadmium contenu dans les engrais phosphatés, . « Les industriels continueront à respecter la réglementation (…) Ca ne poserait aucun souci, on ne manquera de rien », s'est exprimé le nouveau président Jacques Fourmanoir. Ce dernier rappelle que la réglementation européenne impose un taux maximal de cadmium de 60 milligrammes par kilogramme (mg/kg) d'engrais phosphaté depuis juillet 2022. Par ailleurs, l'Anses, qui publiera une étude fin 2025 visant à évaluer l’exposition humaine au cadmium, afin de définir des leviers d’action, recommande d'abaisser le taux à 20 mg/kg. Jacques Fourmanoir espère que l'Anses, qui a audité l’Unifa sur le sujet cette année, reconnaîtra les efforts de l'industrie, « qui a divisé par quatre l'usage de phosphore d'origine minérale lors des 40 dernières années ».
Biocontrôle : le français Micropep et le géant Corteva s’unissent sur la R&D
Biosolutions: en Argentine, biocontrôle et biostimulants dans un champ sur deux
En Argentine, le marché des biosolutions (biocontrôle, biostimulants) « a grossi de 10,9% en 2024 avec un chiffre d’affaires rapporté de 124,2 millions de dollars, a déclaré Luis Mogni, du cabinet de conseil Somera, lors d'un congrès inédit dédié à ces produits, le 12 juin. Cela représente environ 4% du marché argentin des phytos ». En France, le biocontrôle pèse 12% du marché des phytos. Dans le détail, les bio-solutions ont représenté l’an dernier « 51,2% du marché argentin des traitements de semences ; 10,06% des fertilisants ; 6% des phéromones ; et 4% des insecticides », a précisé Luis Mogni. Ce dernier segment serait particulièrement porteur avec des ventes de bio-insecticides ayant doublé (+ 109%) l’an dernier par rapport à 2023. En Argentine, les biosolutions seraient appliquées sur 18,66 millions d’hectares, soit la moitié des surfaces semées dans le pays, selon une étude du cabinet Somera réalisée auprès de 26 fabricants de bio-intrants. Le produit phare est le biostimulant microbien pour semences de soja, constitué de bactéries fixatrices d’azote. Les créneaux des bio-insecticides et des engrais bio y présentent les plus forts taux de croissance. «Si les bio-herbicides sont encore à la traine, ils ont aussi le plus grand potentiel », rapporte Luis Mogni. (Marc-Henry André)
Bien-être animal : Bruxelles consulte en vue de la révision attendue fin 2026
La Commission européenne a ouvert le 18 juin (et jusqu’au 16 juillet) une consultation publique sur son projet de révision de la législation européenne sur le bien-être des animaux d’élevage dont la publication était initialement prévue pour fin 2024. Bruxelles confirme son intention de présenter une nouvelle réglementation d’ici fin 2026 afin d’uniformiser le niveau protection du bien-être animal avec comme principales mesures : interdire progressivement les cages (comme la Commission s’y est engagée en 2021), interdire le broyage des poussins mâles, mettre en place des indicateurs « pertinents, proportionnés et réalistes » de bien-être et imposer des exigences équivalentes aux produits importés. Concernant la suppression des cages, les secteurs concernés seraient ceux des poules pondeuses, des porcs, des veaux, des poulettes, des poulets de chair, des lapins, des canards, des oies et des cailles. Des périodes de transition appropriées ainsi que d’éventuelles dérogations seront envisagées (de même que pour la mise à mort des poussins), assure Bruxelles. Enfin, sur la réciprocité, la Commission souhaite déterminer « si et dans quelle mesure des normes équivalentes en matière de bien-être animal devraient être imposées aux importations d’animaux et de produits d’origine animale ».
Cabinets vétérinaires : Bruxelles accuse la France d’imposer « des obstacles injustifiés »
La Commission européenne a adressé, le 18 juin, à la France un avis motivé (deuxième étape de sa procédure d’infraction) concernant sa réglementation encadrant les établissements vétérinaires. La réglementation française exige que la majorité des actionnaires d’une entreprise vétérinaire soient des vétérinaires exerçant au sein de l’entreprise concernée, et que les vétérinaires soient présents dans chacun de leurs établissements au moins à temps partiel. « Cela limite le nombre d’entreprises vétérinaires dans lesquelles un vétérinaire peut travailler. De plus, […] cette pratique restreint la possibilité pour les vétérinaires établis dans d’autres États membres d’offrir leurs services de manière temporaire et occasionnelle en France », déplore Bruxelles. Fin 2023, pour limiter les pouvoirs des groupes d’investissement rachetant des établissements vétérinaires, le ministère français de l’Agriculture avait adopté une doctrine pour « garantir aux vétérinaires associés qui sont majoritaires d’assurer le contrôle effectif de leur société ». Une décision qui impose des obstacles injustifiés, selon la Commission européenne qui laisse donc deux mois à Paris pour répondre et prendre les mesures nécessaires sans quoi elle pourrait décider de saisir la Cour de justice de l’UE.
Reliquats d'aides bio : Genevard planche sur un programme opérationnel en lait bio
À l'occasion des questions au gouvernement le 18 juin, la ministre de l'Agriculture a indiqué qu'une partie de l'enveloppe de reliquats d'aides bio pourrait être consacrée à la création d'un programme opérationnel sur le lait bio, une demande portée par la Fnab (agriculteurs bio) et le collecteur spécialisé Biolait. « Il y aura, selon toute probabilité, un programme opérationnel sur le lait bio », a annoncé Annie Genevard devant les députés. En décembre, Biolait avait conditionné son aide aux producteurs laissés sans contrat par Lactalis à un soutien de l'État. L’organisation de producteurs (OP) demandait la mise en place de programmes opérationnels ainsi que « le financement direct de la logistique sur les zones peu denses ». Dans un communiqué du 29 avril, Biolait précisait que cette demande avait été coordonnée avec d'autres OP. L'objectif du programme opérationnel restait flou : « structurer la filière ». Le voile se lève peu à peu sur l'usage qui sera fait de l'enveloppe de reliquats d'aide bio, estimée à 250 millions d'euros (M€) non consommés en 2023 et 2024. La ministre a annoncé depuis plusieurs mois que 50 M€ seraient alloués aux aides à l'investissement, et qu'une autre partie – dont le montant n'est pas connu – revaloriserait les éco-régimes bio. Et au congrès des Jeunes agriculteurs le 5 juin, Annie Genevard a ensuite annoncé son souhait d’abonder de plus de 55 M€ l’enveloppe de l’aide complémentaire au revenu des jeunes agriculteurs.
Lait : Sodiaal a maintenu le prix du lait à 492€/1000 L en 2024
La coopérative Sodiaal a annoncé le 18 juin avoir « maintenu un prix moyen du lait attractif de 492 €/1000 L (toutes primes confondues, incluant une redistribution et les intérêts des parts sociales de 14,8 €/1000L soient 63 M€) » en 2024, à l’occasion de son assemblée générale et de la présentation de ses résultats annuels. Pour le lait bio, le prix moyen payé a été de 530 €/1000L. En 2025, la coopérative se fixe un objectif de l’ordre de 470€/1 000L (soit plus +30€) en prix de base pour le conventionnel et de 520€ /1 000L pour le lait bio. En 2024, Sodiaal a réalisé un chiffre d’affaires de 5,7 Md€, un résultat courant stable à 80,5 M€ et un résultat net en progression de 68% atteignant 103,9 M€. L’Ebitda s’élève quant à lui à 218,4 M€. A cette occasion, Sodiaal a tenu à rappeler son opposition à la dévalorisation des prix des produits en grande distribution. « La guerre des prix menée entre MDD et premiers prix sur le lait UHT et l’emmental menace directement la viabilité de notre filière laitière », a déclaré Antoine Collette, directeur général de Sodiaal. De même, la coopérative dénonce « la vente inacceptable d’une brique de lait à moins d'1€ ». Sur ce point, la coopérative partage l’avis de Syndilait (industriels du lait conditionné) et l’IPLC (Institut professionnel du lait de consommation) mais aussi les producteurs regroupés au sein de la FNPL.
Fromages : mobilisation pour enrayer la baisse du cheptel de vaches abondance
Le Syndicat du fromage abondance a alerté le 18 juin sur la réduction continue du cheptel de vaches abondance. En 2020, le taux de vaches abondance était de 49,29% parmi les troupeaux habilités avant 2012, contre 47,51% en 2025. Or « le cahier des charges de l’AOP fromage abondance exige un taux minimum de 45% de vaches abondance », rappelle Joël Vindret, directeur général du syndicat. Si le taux n’était pas maintenu, cela mettrait en difficulté les 178 éleveurs qui doivent respecter le seuil de façon globale, et non un par un. 50 éleveurs habilités après 2012 doivent déjà respecter les 45% pour chaque troupeau. La baisse vient du prix plus élevé de l’abondance par rapport à la montbéliarde et de sa moindre disponibilité à cause des éleveurs de génisses de moins en moins nombreux. Pour enrayer cette baisse, le syndicat a mis en place un plan de développement de la race pour sensibiliser les éleveurs à cet enjeu. Avec l’Organisme de sélection des races alpines réunies (OSRAR) et l’Interprofession laitière des Savoie (ILS), il a pris plusieurs initiatives comme la prise en charge à 50% des embryons sexés à hauteur de 600 doses en 2024, et à hauteur de 900 doses en 2025. Autre solution : encourager les vocations parmi les éleveurs pour élever des génisses de race abondance.
Elevage : NatUp réorganise sa filière négoce dédiée aux bovins et crée Bovalor
Pour accompagner les évolutions de la filière bovine, renforcer la valorisation des animaux et garantir le revenu des éleveurs, NatUp fait évoluer l’organisation de ses négoces dédiés à cette activité. Ainsi, Prénor et Brunel Négoce fusionnent pour donner naissance à une nouvelle structure, Bovalor, détenue à parts égales entre NatUp et Socopa-Bigard. Bovalor, c’est 70 000 animaux valorisés, 1200 éleveurs et un chiffre d’affaires de 215 M€. L’objectif : « optimiser les charges, consolider les volumes, participer à des filières solides » et « proposer un outil logistique et commercial renforcé », explique Olivier Leroux, président de la section bovine de NatUp dans un communiqué du 18 juin. La direction de Bovalor sera assurée par Sébastien Grancher, jusque-là directeur adjoint achats chez Bigard. Cette nouvelle organisation s’accompagne de la création de trois régions commerciales pour « faciliter les échanges, renforcer les collectes et développer les débouchés ». La section bovine du groupe conserve quant à elle son rôle dans l’organisation des producteurs et garantir ainsi la proximité terrain. Ce projet s’inscrit dans la volonté de NatUp de renforcer et développer la contractualisation via des filières structurées autour des sections spécialisées, comme c’est déjà le cas avec « Les éleveurs de la Charentonne » par exemple. (Anne Gilet)
Alimentation animale : Moscou et Pékin prennent des dispositions opposées à l’égard du soja
A quelques heures d'intervalle, Moscou et Pékin ont pris des dispositions opposés à l'égard de leur approvisionnement en soja pour la nutrition animale. La Russie réautorise les importations de soja OGM au cas où la prochaine récolte domestique serait insuffisante pour la fabrication d’aliments pour animaux, tandis que la Chine prévoit de réduire à 10% la part du tourteau de soja dans l’alimentation animale à l’horizon 2030. Selon une dépêche de l'agence Reuters le 18 juin, le gouvernement russe vient d'autoriser par un décret la reprise des importations de soja OGM, pour garantir la continuité des fabrications d’aliments. Il les avait interrompues à l’issue de la récolte exceptionnelle de 2024 en ne prolongeant pas l’autorisation d’importer du soja OGM édictée en 2020. En Chine, la décision de Pékin de réduire à 10% la part du soja dans l’alimentation animale, contre 13% en 2023, est prise dans le contexte de guerre commerciale avec les Etats-Unis, qui procurent environ 20% des approvisionnements extérieurs de la Chine, selon Reuters. Mais elle devrait pénaliser les petits élevages qui utilisent 15 % à 25 % de soja dans leurs rations, selon un analyste de China Policy à Pékin, et qui produisent plus de 30% des porcs du pays.
Biodiversité/climat : le CGAAER pousse la création de «certificats de capital naturel»
Dans un rapport publié le 16 juin sur les enjeux éthiques de la transition agricole et alimentaire, le CGAAER estime qu’il faut mieux utiliser les outils de financements existants et « soutenir la recherche de nouveaux instruments ». Au rang des outils existants, le CGAAER recommande de « mieux articuler » la PAC et le PSN « avec les autres politiques publiques ». « Les analyses soulignent que les moyens octroyés aux changements restent peu incitatifs pour couvrir les risques des transitions. Cela résulte notamment de la difficulté à conserver des exploitations viables au cours du laps de temps nécessaire pour que les nouveaux systèmes mis en place produisent leurs effets », indique le rapport. Le CGAAER préconise aussi de « généraliser » les paiements pour services environnementaux (PSE) et de « mieux les articuler sur les territoires avec le label bas carbone et les crédits carbone ». Au rang des nouveaux instruments de financement, il appelle à « soutenir la création de certificats de capital naturel » pensés par la chaire Finagri (Inrae/Paris Sorbonne). Ces certificats seraient des « titres proposés sur les marchés » pour rémunérer les « approches vertueuses ». Ils permettraient « à l’avenir de lever des moyens financiers » à l’inverse des outils de « compensation » tels les certificats carbone.
Exploitations : poussée d'intentions d'investissements dans les bâtiments (sondage)
Selon la quatrième édition de l'Observatoire sur l'agriculture et la viticulture de BPCE (banque), présenté le 18 juin, davantage d'agriculteurs envisagent d'investir dans des bâtiments qu'il y a deux ans. Selon l'enquête réalisée du 12 février au 18 mars auprès de 1 200 exploitants, 39 % d'entre eux déclarent qu'ils projettent d'investir dans l'extension ou la modernisation des bâtiments dans les deux ans à venir, contre seulement 23 % en 2023 – ce regain pourrait correspondre à la bonne forme de la production laitière depuis deux à trois ans. Les intentions d'achat ou de reprise en fermage de nouvelles terres ou vignes progressent également, mais moins vite (+3 pts, à 20 %). Paradoxalement, ils sont aussi davantage à prévoir de ne plus travailler comme exploitant dans les cinq ans (+6 pts, à 33 %), dont une part croissante l'explique par des difficultés économiques (+5 pts, à 10 %), et une part décroissante évoque le départ à la retraite (-11 pts, à 76 %). Enfin, les agriculteurs déclarent davantage être engagés dans des « démarches agroécologiques » (sans précision) ; ils sont 57 % à se déclarer engagés (contre 35 % en 2023), et 8 % envisagent de l'être dans les cinq ans. Résultat très similaire pour la « conservation des sols », avec 50 % d'agriculteurs qui déclarent la pratiquer (contre 35 % en 2023) et 8 pts à venir.
Nutrition/climat : 87 associations appellent à « rehausser l'ambition » de la Snanc
87 associations et organisations, dont la Ligue contre le cancer, CLCV (consommateurs), la Fédération des diabétiques, Action contre la faim et le RAC, demandent au gouvernement de « rehausser l’ambition » de la Snanc (stratégie alimentation, nutrition, climat, en consultation), dans une lettre ouverte le 18 juin. Parmi leurs demandes : « interdire la publicité et le marketing pour des produits trop gras, trop sucrés et trop salés, en particulier lorsqu'ils ciblent les enfants » ; rendre « obligatoire » le Nutri-score sur les emballages et dans toutes les publicités ; « garantir un encadrement des marges » des distributeurs et industriels sur les produits sains et durables ; « mettre en place des objectifs d’approvisionnement en produits biologiques, équitables et de qualité » pour la grande distribution, « sur le modèle de la loi Egalim », avec une « restriction de la surface de vente dédiée aux produits » pas sains ou ultra-transformés ; fixer des « objectifs chiffrés » de réduction de la consommation de viande, « volaille et charcuterie incluses » ; « nommer un ou une déléguée interministérielle » en charge de la mise en œuvre et du suivi de la Snanc. Pour rappel, le 12 juin, cinq distributeurs ont adressé une tribune au gouvernement, disant vouloir « aller plus loin » dans la transition.
Alimentation : les recommandations devraient s’adapter aux catégories sociales (ouvrage)
Mis en avant le 10 juin par l'Inrae sur son site internet, le livre « Distinctions alimentaires » (édition Puf) de la chercheuse en sociologie de l’alimentation Faustine Régnier vient de paraître, qui montre que les recommandations alimentaires se heurtent aux clivages sociaux entre catégories aisées et modestes. Dans son interview sur le site de l’Inrae, elle donne en exemple l’injonction de manger moins de viande « qui cristallise aujourd’hui les oppositions » et les recommandations écologiques dans leur ensemble. Elle estime que les discours publics devraient davantage tenir compte du goût et de la réduction du gaspillage (refus du gâchis), qui «font déjà sens» ou sont déja pratiquées par les classes populaires. Même quand les recommandations sont acceptées par tous, les clivages demeurent. Ainsi en est-il de « cinq fruits et légumes par jour », qui, selon Nicole Darmon, également sociologue de l’alimentation (chercheuse honoraire à l’Inrae) dans une tribune du magazine Végétable de juin, se heurte au pouvoir d’achat, au risque de gâchis, à « la défiance généralisé pour les fruits et légumes transformés » et à la peur des pesticides. Toutefois, ce clivage, «marqué dans les années 2007, diminue, ce qui montre que les normes circulent et que les personnes les intègrent», constate Faustine Régnier.
Engrais : Jacques Fourmanoir nouveau président de l'Unifa
Jacques Fourmanoir a été élu président de l'Unifa (fabricants d'engrais en France), lors de l'assemblée générale du syndicat le 18 juin à Paris. Il succède à Delphine Guey, qui a achevé son mandat de 3 ans. Jacques Fourmanoir dispose d'une expérience d'environ 40 ans dans le secteur des fertilisants. Il était auparavant le vice-président du syndicat. Pour rappel, l'Unifa regroupe 35 entreprises engagées dans le secteur des fertilisants, avec 82 sites de production industrielle et de stockage, répartis sur l’ensemble du territoire français.
Choucroute : nouveau président pour l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace
Thibert Rieffel, a été porté à la présidence de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA), lors de son assemblée générale le 13 juin. Il succède à Sébastien Muller qui a assuré la présidence pendant 13 ans. Trentenaire, Thibert Reiffel est la quatrième génération d’une famille de choucroutiers située à Krautergersheim (Bas-Rhin). L’AVCA fédère 95 % des producteurs et choucroutiers régionaux (60 producteurs dont 84% labellisés IGP.)