Agrafil du 18 juin 2023

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UE/Mercosur : Genevard pousse pour des clauses de sauvegarde spéciales pour l’agriculture

En marge de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture, le 17 juin, Annie Genevard a réclamé un renforcement de la protection des produits agricoles dans l’accord UE/Mercosur. « La France demande instamment des mesures pour obtenir des clauses de sauvegarde robustes qui préservent nos intérêts agricoles dans ce projet d’accord tel qu’il a été conclu à Montevideo », a-t-elle indiqué quelques jours après l’interview du président Macron sur le sujet. Et d’ajouter : « Il y a des clauses de sauvegarde spécifiques pour l’industrie (automobile, NDLR) brésilienne dans l’accord. Pourquoi n’aurions-nous pas la même chose pour les produits agricoles ? » L’une des hypothèses avancées par la France serait d’inclure un protocole additionnel qui prenne en considération ces clauses de sauvegarde robustes sur l’agriculture. Une position qui serait largement partagée parmi les Etats membres, selon la ministre. Pour Paris, ce serait un moyen de rééquilibrer les accords commerciaux sans pour autant remettre en question les relations commerciales de l’UE. Dans un entretien la veille sur Franceinfo, la ministre affirmait que la minorité de blocage était proche. La Pologne, la Hongrie et l’Autriche seraient opposés à l’accord tandis que l’Irlande ou la Grèce auraient émis des « réserves ». De son côté, la ministre wallonne de l’Agriculture s’est exprimée contre.

Pac post-2027: Hansen plaide pour maintenir la structure et la capacité de financement

« C’est important pour moi de maintenir la boîte à outils actuelle (de la Pac, NDLR) y compris le premier et le deuxième pilier », a déclaré, le 17 juin, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen lors de la conférence de presse concluant la réunion informelle du Conseil Agriculture, estimant qu’elle avait fait ses preuves. Et d’ajouter qu’il est également essentiel de préserver « la capacité de financement » pour répondre à l’augmentation des défis pour les agriculteurs, citant notamment les menaces à l’extérieur (contexte géopolitique) et à l’intérieur (pression climatique, maladies animales) de l’UE. A un mois de sa présentation - au même moment que celle du cadre financier pluriannuel 2028-2034 -, « tous les ministres soutiennent fermement une politique agricole appropriée et un budget robuste à la hauteur des tâches et des défis actuels », a ainsi résumé le ministre polonais de l’Agriculture, Czesław Siekierski. Celui-ci milite également pour une prise en compte de l’inflation, comme les organisations professionnelles du secteur. Au-delà de la question des fonds, les ministres s’opposent à une fusion des crédits de la Pac avec d’autres au sein d’un plan national unique. « Nous perdrions le caractère commun de la Pac », estime la ministre de l’Agriculture française, Annie Genevard.

Renouvellement générationnel : les Etats membres évoquent leurs pistes pour le futur

Alors que la Commission européenne prépare une stratégie sur le renouvellement générationnel qu’elle devrait présenter « peu après l’été » (dans le courant troisième trimestre de 2025), le sujet était à l’ordre du jour de la session plénière de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE, le 17 juin à Varsovie (Pologne). L’accès aux terres et l'accès aux financements sont les deux principales priorités pour attirer les jeunes dans les zones rurales. « Sans terre, il n’est pas possible de produire » a d’ailleurs indiqué le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen. Les ministres ont également évoqué la nécessité d’avoir une approche systémique avec un ensemble d'outils plus globaux qui ne seraient pas uniquement de la responsabilité de la Pac. Ils ont souligné, en outre, la nécessité de simplifier la réglementation relative à la transmission des exploitations agricoles. En parallèle, Bruxelles a ouvert le 16 juin (jusqu’au 14 juillet) une consultation publique concernant sa future stratégie. Le sujet sera également à l’agenda du Conseil européen de l’agriculture et de l’alimentation (EBAF) qui se réunit pour la 3e fois le 19 juin.

Vin : les Vingt-sept proches d’un compromis, les eurodéputés progressent

Les experts agricoles des Etats membres apportent les dernières retouches à leur position concernant le paquet de mesures de soutien dans le secteur vitivinicole avec pour objectif de parvenir à un compromis le 19 juin, avant d’entamer des négociations interinstitutionnelles avec le Parlement européen. Dans un nouveau projet de texte en date du 13 juin, la présidence polonaise fait de nouvelles suggestions d’amendements. Varsovie propose notamment d’augmenter le plafond De minimis pour l’exemption au régime d’autorisations de plantations de vignes. Celui-ci ne devrait pas s’appliquer aux États membres dont la superficie viticole n’a pas dépassé 20 000 hectares pendant au moins trois des cinq dernières campagnes de commercialisation, sauf s’ils décident de le mettre en œuvre. En outre, la présidence suggère d’offrir la possibilité aux États membres d'augmenter jusqu’au 80 % l'aide financière maximale pour les investissements en matière d'atténuation et d'adaptation au changement climatique, d'amélioration de la durabilité. Une proposition que défend aussi l’eurodéputée Esther Herranz García, en charge du dossier au Parlement européen dans le projet de rapport qu’elle vient de publier.

Champagne/recoltes : ouverture du procès pour traite d’êtres humain à Châlons-en-Champagne

Trois personnes comparaîtront le 19 juin devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour traite d’êtres humains, soupçonnées d’avoir exploité et hébergé dans des conditions indignes une cinquantaine de travailleurs, majoritairement étrangers, lors des vendanges 2023, selon l’AFP le 16 juin. La dirigeante d’Anavim, une société de prestations viticoles, est  par ailleurs poursuivie pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail salarié, «soumission de personnes vulnérables ou dépendantes à des conditions d’hébergement indignes» et avec une «rétribution inexistante ou insuffisante». Deux hommes soupçonnés d’avoir participé au recrutement des vendangeurs sont aussi poursuivis, tout comme Anavim et une coopérative viticole de la Marne, en tant que personnes morales. En septembre 2023, la préfecture de la Marne avait ordonné la fermeture d’un hébergement collectif mis à disposition par Anavim à Nesle-le-Repons, en raison de conditions de vie jugées « insalubres » et « indignes ».  José Blanco, de la CGT, partie civile, estime que « les conditions d’hébergement et de rémunération des travailleurs saisonniers doivent être inscrites dans le cahier des charges de l’AOC Champagne ». Pour la première fois dans un procès sur le sujet , le Comité Champagne, est lui aussi partie civile. 

Salariés et chaleur : les trois objectifs de la future étude de Santé Publique France

Contacté par Agra Presse, Santé publique France a apporté des précisions sur l'étude qu'elle a récemment lancée sur les accidents du travail en lien avec la chaleur dans le régime général et agricole. « Les impacts de la température sur la sinistralité au travail sont décrits dans la littérature internationale mais n’ont pas été étudiés à ce jour pour la France », explique l’organisme. L’étude se donne trois objectifs. Il s’agira en premier lieu de construire une base de données des accidents du travail inter-régimes. Elle devrait permettre aussi de construire une relation température-sinistralité au travail et estimer la relation entre le nombre d’accidents du travail toutes causes attribuables à la chaleur et au froid. Enfin il s’agira d’identifier « les perspectives possibles à partir des données pour caractériser les travailleurs les plus affectés par les températures extrêmes et selon les causes d’accidents du travail ». Un décret est paru le 1er juin, qui renforce la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur. Plusieurs décès lors des vendanges 2023 avaient engendré des travaux de réflexion sur l'aménagement du travail en cas de forte de chaleur. 

Biogaz/foncier: PJL Simplification finalement adopté à l'Assemblée, doutes pour les ZFE

Après avoir fait planer le suspense jusqu’au bout, et malgré la division du camp gouvernemental, l’Assemblée nationale a adopté mardi le projet de loi de "simplification", et ses mesures controversées d’abrogation des zones à faibles émissions (ZFE) et d'assouplissement de l'objectif de Zéro artificialisation nette (Zan). Le texte a été adopté par 275 voix contre 252, et ira devant une commission mixte paritaire. Les députés de l’alliance RN-ciottistes, de LR, du MoDem et d’Horizons ont largement voté pour (5 abstentions LR), comme certains indépendants de Liot. La gauche et les écologistes se sont massivement opposés. Le temps d’un vote ils ont été rejoints par les deux tiers des députés macronistes du groupe Ensemble pour la République (quatorze députés EPR se sont abstenus, et huit ont voté pour). Le groupe escomptait rejeter le texte et avec lui des reculs sur des marqueurs du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Les alliés d’EPR au MoDem et à Horizons ont approuvé le texte, les deux groupes estimant que la mesure sur les ZFE a de grandes chances d’être rejetée au Conseil constitutionnel en tant que "cavalier législatif" - sans lien suffisant avec le texte initial.

ICPE élevage: vers une réforme inscrite en dur dans la PPL Entraves, et non par ordonnance

En vue de la commission mixte paritaire (CMP) du 30 juin portant sur la proposition de loi (PPL) Entraves, le ministère de la Transition écologique (MTE) et les rapporteurs se sont entendus pour que la réécriture de l'article 3 dédié aux installations classées (ICPE) d'élevage soit inscrite dans la loi elle-même, et non pas voie d'ordonnance, comme annoncé le 22 mai par le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher. «Nous échangeons actuellement avec les agriculteurs à ce propos», indique le cabinet. «Les services du MTE et le cabinet ont travaillé d'arrache-pied pour être en mesure de la faire». Lors d'un point avec la presse le 22 mai, le recours à une ordonnance avait été annoncé par le cabinet de la ministre compte tenu «du travail extrêmement technique, qui nécessite du temps». Sur le fond, l'objectif était de sortir l'élevage «du droit commun» des ICPE. en alignant les seuils français avec la réglementation européenne, tout aménageant des procédures spécifiques (délais, modalité d'enquête publique...) pour l'élevage, ce qui ne serait pas possible actuellement par «nécessaire cohérence avec le reste des ICPE», qui incluent les grandes industries lourdes. 

Lait : les 2/3 des producteurs de lait de l’Ouest remerciés par Lactalis transférés d’ici l’été

Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis, s’est dit « optimiste » sur le fait que tous les producteurs devant quitter Lactalis auront une solution à l’avenir. Il s’exprimait le 7 juin à l’occasion de son audition devant la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises. Lactalis entend réduire sa collecte en France d’ici 2030 pour un volume de 450 ML. Une société est mandatée pour trouver des solutions aux éleveurs. La phase 1 de ce plan concerne 290 éleveurs de l’est de la France et du sud-ouest des Pays-de-Loire collectant 160 ML, est en cours de déploiement. L’Unell, association de onze organisations de producteurs (AOP), constate une situation contrastée en fonction des bassins, dans un communiqué du 16 juin. Selon elle, dans l’Ouest, un tiers des producteurs livre déjà son lait à de nouvelles laiteries, un autre tiers verra son transfert opérationnel dès le début de l’été. « Et, le départ des derniers éleveurs s’étalera jusqu’à la fin de la période de préavis de Lactalis, qui arrêtera la collecte le 31 juillet 2026 ». En revanche, dans l’Est, « les opérateurs concernés ont besoin d’un délai de préparation avant de pouvoir rendre effective l’absorption de ces nouveaux volumes. Là encore, la période de préavis est mise à profit pour organiser au mieux la transition. »

Lait : Lactalis a perçu 18,7 M€ d’aides publiques en France en 2023

Lactalis a perçu 18,7 M€ d’aides publiques en France en 2023, selon la déclaration faite le 17 juin par d’Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis, devant la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises. Selon le directeur administratif et financier de Lactalis Olivier Savary, elles se décomposent en 1,8 M€ d’aides aux équipements dont 1,5 M€ des agences de l’eau, 12,3 M€ de dispositifs sociaux sous forme de réductions de cotisations sociales patronales et d’aides à l’embauche d’alternants, et 4,6 M€ de dispositifs fiscaux sous forme du crédit impôt recherche et de réductions d’impôt pour le mécénat. Au cours de cette audition sous serment, Emmanuel Besnier a souligné que ces aides représentent 0,6% du chiffre d’affaires (29,5 Md€ en 2023), les qualifiant de « relativement faibles ». Les subventions à l’équipement représentent 0,7% des investissements de Lactalis en France (250 M€), les aides sociales 1,3% des coûts salariaux supportés par la société (950 M€) tandis que les dispositifs fiscaux représentent 4,3% des impôts (110 M€). Lactalis a aussi souligné des investissements récurrents en France pour 1,15 Md€ entre 2020 et 2024 et 1 Md€ réglé au fisc au titre de l’IS sur les 10 dernières années.

Chèvre : collecte de lait attendue stable en 2025, rebond espéré en 2026

« On s’attend à une collecte de lait de chèvre en France stable en 2025 par rapport à 2024, grâce à un rebond espéré en 2e semestre, en lien avec une amélioration des fourrages », indique Mickaël Lamy, président de l’Anicap (interprofession du lait de chèvre), après l’assemblée générale tenue le 17 juin. Les fourrages de mauvaise qualité à cause de la météo humide en 2024 expliquent en partie la baisse de production. « Les débouchés se tiennent et les prix du lait sont stables en 2024 et début 2025 après plusieurs années de hausse », indique le président, qui constate une tenue de la fabrication et de la consommation de fromage en volume, mais qui baisse en valeur, à cause des marques de distributeurs et des AOP qui se sont moins bien vendues. « L’export se porte bien, mais les ventes à la restauration hors foyer sont plus difficiles », selon Mickaël Lamy. Pour l’avenir, il constate qu’il n’y a « pas de pénurie de lait mais on est tout juste à l’équilibre, ce qui doit renforcer la vigilance sur la création de valeur ». Après la stabilité en 2025, il espère un rebond de la collecte en 2026. Un espoir qu’il faut toutefois mettre en balance avec l’émergence de la fièvre catarrhale ovine (FCO), au sujet de laquelle Mickaël Lamy dit qu’il faut « être en veille ».

Porc : réunie en AG, la filière française tenue en haleine par le marché chinois

Une semaine après que Pékin a annoncé la prolongation de son enquête antidumping sur les importations de viande de porc et de sous-produits porcins originaires de l’UE, l'interprofession porcine tenait son assemblée générale, le 17 juin, durant laquelle Philippe Bizien a partagé les craintes de la filière. Comme annoncé fin mai par les gouvernements français et chinois, les autorités chinoises ont donné, début juin, les premières autorisations à des abatteurs de porc français pour les abats blancs. Dans son discours de clôture, le président d'Inaporc a espéré que leur « audit système » prévu début juin permettra d’ouvrir le marché chinois à toutes les entreprises concernées, ce qui augmenterait de 10% les volumes exportés en Chine. Il s’est d’autre part inquiété de la récente prolongation de cette fameuse procédure anti-dumping lancée par la Chine en juin 2024 du fait de la taxation européenne de véhicules électriques. Cette prolongation de six mois fait courir le risque d’une taxation des produits européens du porc jusqu’au 16 décembre 2025. Le « risque majeur » serait selon lui le reflux vers le marché français de viandes de porc d’Espagne ou des Pays-Bas détournées de la Chine. 

Porc : la PPA remonte vers le nord de l’Allemagne, dans un bassin porcin

La peste porcine africaine (PPA) semble s’établir dans le bassin allemand de production porcine de Rhénanie du Nord-Westphalie, dans le nord du pays et à la latitude de la frontière entre les Pays-Bas et la Belgique. La presse allemande rapporte en effet que le ministère de l’Agriculture de ce Land a confirmé ce dimanche 15 juin un cas de PPA sur un cadavre de sanglier trouvé près de la ville d’Olpe (à l’est de Cologne) et signalé plusieurs morts suspectes de sangliers. Un périmètre de sécurité d’un rayon de 15 km autour du foyer a été délimité. Ces derniers mois, la maladie se concentrait plus au sud de l’Allemagne. Le bulletin épidémiologique français ESA du 10 juin fait état de la « densification des cas sauvages dans le sud du Land de Hesse ». Il précise comme les précédents bulletins hebdomadaires que les cas sauvages les plus proches de la France, détectés le long du Rhin dans la commune de Lampertheim, restent à environ 70 km de la frontière, et que le foyer domestique le plus proche reste à 60 km. Le cas d’Olpe est distant de plus de 100 km des Pays-Bas et de la Belgique.

Coopératives : Agrial reverse 21,5 M€ à ses adhérents, EBE record en 2024

L’assemblée générale d’Agrial, tenue le 3 juin, a entériné les comptes 2024 de la coopérative normande qui a réalisé un chiffre d’affaires stable de 7,1 Md€ et un EBE de 272 M€, qualifié « d’historique » par la coopérative, permettant de reverser 21,5 M€ aux adhérents. La branche lait, soit 40% de l’activité, a été marquée en 2024 par la poursuite des investissements industriels et le lancement des études pour une nouvelle usine de transformation de lait de chèvre (Soignon) située à La Crèche (Deux-Sèvres). Pour les légumes, Agrial s’est séparé de son activité aux Pays-Bas (Priméale United) « pour des raisons de difficultés de marché », tandis que l’activité outre-Manche a souffert de la météo. « En France comme en Espagne, les activités de 1ère et 4e gammes réalisent de très bonnes performances », selon Agrial. Les ventes de la branche viandes ont pâti d’une météo défavorable (produits de barbecue) et la charcuterie cuite a vu ses volumes baisser, bien que le marché des productions animales soit plutôt porteur, permettant « des prix satisfaisants aux éleveurs ». La situation est plus difficile pour le cidre en France dont le marché recule structurellement. Aux États-Unis, Agrial va transférer son usine de de jus de Californie plus au nord, vers l’État de Washington pour se rapprocher des vergers de pommes, soit un investissement de 50 M€.

Céréales: vers un rebond de la production française d'orge d'hiver et de colza (Agreste)

Les services statistiques du ministère de l'agriculture (Agreste) tablent, dans un rapport publié le 17 juin, sur un rebond des récoltes françaises d'orge d'hiver et de colza entre 2024 et 2025. Les volumes d'orge sont attendus cette année à 7,8 Mt, en hausse de 13 % par rapport à l'an passé. Néanmoins, si ce chiffre était effectivement atteint, il resterait inférieur à la moyenne établie sur la période 2020-2024 (8 Mt), «qui inclut pourtant deux années de faibles récoltes», précise Agreste. Les rendements augmenteraient de manière significative sur un an, passant de 55,5 q/ha à 64,6 q/ha. En colza, la production grimperait à 4,2 Mt en 2025, en hausse de 9,4 % sur un an. Comme pour l'orge, la productivité retrouverait un niveau bien plus habituel, à 32,7 q/ha, contre 29,1 q/ha en 2024. Notons que les estimations de sole de maïs grains et de tournesol pour 2025 n'ont guère évolué par rapport au rapport de mai, évaluées à respectivement 1,41 Mha (-7,8 % par rapport à 2024) et 0,674 Mha (-10,6 % par rapport à 2024). L'AGPM (producteurs de maïs français) était un peu moins pessimiste en mai, tablant plutôt sur un recul de 2 % à 5 % environ.

Biocontrôle : un rapport du CGAAER recommande la levée de blocages réglementaires

Dans un rapport paru le 17 juin sur le bilan de la stratégie Biocontrôle (SNDB), le CGAAER fait une série de recommandations en vue d'un renouvellement en décembre. L'une des principales est la levée des contraintes réglementaires. Particulièrement visée: l’obligation de destruction des récoltes suite à l’expérimentation des produits, inscrite dans l’article 54 du règlement européen n° 1107/2009. La CGAAER recommande « d’étudier la possibilité de déroger systématiquement à l'obligation de destruction de récolte pour les substances déjà approuvées au niveau européen, tout en garantissant la sécurité de l'utilisateur et de l'environnement ». D’autres conseils sont prodigués, comme la réduction des délais d’autorisation de mise sur le marché des produits de biocontrôle, ou une plus grande intégration des coopératives, négoces, organismes de conseil dans la SNDB. Son renouvellement devrait voir le jour en décembre prochain, suite à une série de consultations entreprises durant le printemps, l’été et à l’automne.

Biocontrôle : les rapporteurs du Parlement européen pour une procédure accélérée

Dans le projet de rapport d’initiative sur les moyens à mettre en œuvre pour accélérer l’arrivée sur  le marchés des produits de biocontrôle qu’ils viennent de rendre public, les rapporteurs du Parlement européen Alexander Bernhuber (PPE), pour la commission de l’Environnement, et Anna Strolenberg (Verts), pour celle de l’agriculture, demandent à la Commission de fournir « une définition juridique claire des agents de lutte biologique ». Les deux élus plaident pour « un cadre d'autorisation accélérée des produits de lutte biologique afin de renforcer la sécurité juridique, de favoriser l'investissement dans des alternatives durables et d'éviter la fragmentation du marché ». Ces demandes rejoignent largement celles qu’on déjà pu émettre les organisations professionnelles (agriculteurs, industriels) alors que la Commission européenne devrait présenter une stratégie en la matière cet automne. Mais les eurodéputés souhaitent aussi que Bruxelles envisage d’accorder des financements supplémentaires pour la formation et l'embauche de personnel au sein de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) afin d'éviter des retards injustifiés dans le processus d'autorisation de ces produits.

Carbone des sols : satisfecit de Gaïago pour son prébiotique testé à grande échelle

Trois ans après avoir lancé son programme de revitalisation des sols Gaïago Carbone, la start-up bretonne Gaïago a dressé le bilan du test, grandeur nature, de son prébiotique des sols Nutrigeo, le 11 juin (lire l’article d’Agra Innovation). Mené en partenariat avec 771 agriculteurs, le programme évalue l’influence du prébiotique sur le stockage du carbone dans les sols agricoles. Près de 43 300 ha ont déjà été traités, et les premières mesures révèlent un résultat de « 9,3 t de carbone organique stocké en trois ans par hectare, soit l'équivalent de 3,1 teqCO2/ha/an», indique l’entreprise. L’offre Gaïago Carbone repose sur trois leviers : l'application du prébiotique « qui revitalise les sols par l’activation des champignons bénéfiques du sol », un « mécanisme de financement » (crédits carbone, en dehors du Label Bas Carbone) et un accompagnement expert. Contactée par Agra Presse, l’entreprise précise qu’elle ne se rémunère pas grâce aux crédits carbone, ceux-ci étant reversés aux agriculteurs (il y a simplement des frais de projet et des frais liés à la vente des crédits). La tonne stockée est valorisée autour de « 30 € ». Gaïago utilise sa propre méthodologie, « basée sur des protocoles rigoureux établis par la FAO », et conforme au Gold Standard du WWF. 

Paysagistes/maraichers : Florentaise vend son activité « terreaux grand public » pour se renflouer

Le producteur de terreaux ligérien Florentaise met en vente son activité grand public, rapporte les Echos (article payant) le 16 juin. En redressement judiciaire depuis mars dernier, l’entreprise entends ainsi se renflouer :  son activité « terreaux France grand public » a représenté des ventes de 31,6M € en 2023-204, soit près de la moitié du chiffre d’affaires global (66,9 M€). Les unités concernées par la vente sont le site historique de Saint-Mars-du-Désert (Loire-Atlantique) et son usine, ainsi que des sites de production à Saint-Escobille (Essonne), Lavilledieu (Ardèche) et Labouheyre (Landes). Ces fermetures concernent 94 salariés sur un total de 186, un plan de sauvegarde de l’emploi touchant 50 personnes ayant été par ailleurs enclenché. La société conserve son activité  à l’international. Les offres sont attendues jusqu'au 7 juillet et la vente devrait appuyer les activités « à fort potentiel de développement - vente de terreaux professionnels en Chine, par exemple - où l'entreprise enregistre des taux de croissance à deux chiffres depuis plus de cinq ans », explique Florentaise. En 2023, l'entreprise avait annoncé qu’elle allait entrer en Bourse pour lever 26 millions d’euros afin de s’imposer comme le leader mondial des terreaux sans tourbe.

Nutrition/Climat : consulté sur la Snanc, le CNLE pointe les limites pour les plus précaires

Consulté sur la Stratégie alimentation, nutrition, climat (Snanc), le Conseil national des politiques contre la pauvreté et l'exclusion (CNLE) a publié son avis, le 13 juin. Cette instance, composée à 50% de « personnes concernées » (précaires), salue les avancées mais regrette de nombreuses limites, dont « l’écart entre le niveau des recommandations et la réalité des modes de vie et des possibilités concrètes des personnes en situation de pauvreté ». Il souhaite un Nutri-Score « obligatoire », des objectifs « chiffrés » pour toutes les mesures (ce n’est pas le cas sur la viande, par exemple), ou encore un diagnostic des « déserts ou bourbiers alimentaires ». Il insiste sur les prix, en appelant « des mesures concrètes » pour « une meilleure transparence des prix et un encadrement des marges » de la distribution et des industriels « sur les produits sains et durables ». Une des « personnes concernées » citée explique ainsi qu’il faut « trouver un moyen de baisser le prix du bio plutôt que d’augmenter le prix de ce qui n’est pas bio ». Le CNLE veut que « la grande distribution garantisse au moins 50% de promotions sur des produits de qualité » et que soit réalisée « une étude d’impact rigoureuse du relèvement du dispositif SRP et du strict encadrement des négociations commerciales ». 

Commerce équitable : les ventes à +25% en 2024 surtout grâce à l'origne France

Les ventes de produits issus du commerce équitable ont connu une forte hausse en France en 2024 par rapport à 2023, atteignant 2,6 Md€, selon l’Observatoire annuel publié par la plateforme Commerce Équitable France. « Une croissance qui repose sur le formidable dynamisme des filières françaises de commerce équitable (+65% d’augmentation en 2024) », indique l’Observatoire. Les produits d’origine France, notamment le lait, les fruits et légumes et les céréales, pèsent presque autant en valeur que ceux issus des zones tropicales, qui ont stagné en 2024 à +1%. « 12 000 producteurs français réunis au sein de 100 organisations paysannes bénéficiant de relations de commerce équitable », peut-on lire. Les ventes de produits français sont tirées notamment par les produits laitiers à +34% en 2024 grâce à une diversification de l’offre et de nouvelles gammes, tant biologiques que conventionnelles. Les produits sont aussi de plus en plus accessibles au grand public grâce à un renforcement de la GMS comme circuit de distribution : 46,6% des ventes se faisaient en GMS en 2024, contre 43% en 2023. L’Observatoire note également « la montée en puissance significative des ventes équitables hors domicile dynamisées par les progressions en restauration collective. »

Distribution : Intermarché projette d’acquérir les 81 supermarchés Colruyt en France

Le Groupement Mousquetaires, dont font partie les magasins Intermarché, est entré en négociations exclusives pour acheter les supermarchés Colruyt en France, a-t-il annoncé le 17 juin. « Le Groupement Mousquetaires a présenté à Colruyt Group une offre ferme en vue de l’acquisition par ses adhérents de 81 supermarchés et 44 stations-service situés dans l’Est et le Centre-Est de la France », peut-on lire dans un communiqué. Ce projet d’acquisition sera réalisé directement par les chefs d’entreprise indépendants à la tête de magasins et adhérents Mousquetaires, et non pas par le groupement. Les Mousquetaires visent une conclusion au 1er semestre 2026 après obtention des autorisations réglementaires. Les 1300 salariés concernés par cette reprise « bénéficieraient des accords collectifs de Colruyt Retail France SAS pour une durée de 15 mois à compter de la date effective de transfert du personnel vers les enseignes Intermarché et Netto ». Les salariés en CDI des bases logistiques, hors du périmètre de la reprise, se verraient proposés 175 postes en CDI sur les sites de Dole du Jura et Pagny-sur-Meuse. Le groupement rappelle que cette acquisition s’inscrit dans le cadre du renforcement de ses enseignes Intermarché et Netto, afin d’arriver à 20% de parts de marché d’ici 2028 en France.