De la ferme à la table: Bruxelles minimise les impacts à la veille d'un vote à Strasbourg
Les modèles utilisés pour prévoir les conséquences possibles de la stratégie De la ferme à la table ont tous leurs limites et «ne sont pas en mesure d'évaluer l'ensemble des impacts des deux stratégies (F2F et Biodiversité, NDLR) et de prévoir l'avenir», a une nouvelle fois répété la Commission européenne le 18 octobre, à la veille du vote du Parlement européen sur sa position (sans portée législative) concernant cette stratégie. La Commission a publié un document listant les très nombreux éléments qui n’ont pas été pris en compte: changements de comportement des consommateurs, développement de l’agriculture bio, innovation, nouvelles technologies (dont les NBT), etc. «Cette liste explique parfaitement pourquoi nous demandons depuis le premier jour qu'une étude d’impact complète soit réalisée», ont répondu les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). Une position soutenue par le groupe Démocrate-chrétien (PPE) au Parlement, qui demande à Bruxelles d’«arrêter de cacher la vérité». Le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski leur promet, qu’individuellement, «chaque loi issue de cette stratégie fera l'objet d'une analyse d'impact. Comme pour toutes les propositions législatives de la Commission.»
OMC: Ngozi Okonjo-Iweala appelle les pays riches à supprimer les soutiens agricoles
Dans la perspective de la prochaine conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), sa directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala a exhorté le 15 octobre, lors d’une discussion avec le président de la Banque mondiale David Malpass, les membres à trouver un accord pour mettre un terme aux subventions agricoles. En visant directement les soutiens des pays riches, elle a indiqué que «si nous ne faisons rien pour y remédier, il y aura de nombreux pays pauvres qui ne pourront pas rivaliser». Pour appuyer ses propos, elle a notamment rappelé les chiffres présentés par un rapport onusien publié le 14 septembre dernier qui appelait à réaffecter urgemment les soutiens agricoles. Sur les 540 milliards de dollars (Mrd$) octroyés aux agriculteurs, 87% (environ 470 Mrd$) génèrent «des distorsions de prix et sont dommageables pour l’environnement et socialement», avait déjà alerté le document. À l’heure actuelle, les membres du comité de l’Agriculture de l’OMC ont réussi lors de leur seconde session de négociations des 20 et 21 septembre, sur la base du texte de compromis présenté en juillet par la présidente costaricienne Gloria Abraham Peralta, à infléchir leurs positions pour tenter de trouver une zone d’atterrissage sur les soutiens internes.
Bio: naissance d’une nouvelle fédération professionnelle
Le Synabio (transformateurs), le Synandis (distributeurs) et Forébio (producteurs) ont officialisé la création de la Maison de la bio le 18 octobre, aux côtés du Synandiet (compléments alimentaires) et de Cosmébio (cosmétiques). Elle vise à «réunir tous les acteurs de toutes les filières bio qui souhaitent œuvrer pour la transition écologique et alimentaire», précise un communiqué. Sous statut de fédération d’associations d’entreprises, la structure resserre les relations qui existaient déjà entre l’ensemble des acteurs au sein de la fédération Natexbio. La feuille de route publiée par l’organisation pour 2021-2022 prévoit de «peser dans le débat des présidentielles», de devenir «un référent du secteur dans les discussions du plan Ambition Bio 2022-2027», et de «fournir de l’information appuyée sur des faits scientifiques sur les impacts positifs de la bio» en matière de biodiversité et de santé. Plusieurs projets seraient déjà en cours pour appuyer ces objectifs, dont la réalisation d’une étude prospective sur la consommation avec le Crédoc, le développement d’un partenariat avec l’Itab ainsi que la création d’un comité éthique «pour être dans l’amélioration continue» de la bio.
Viande: la Commission européenne voit le bout du tunnel pour le porc «fin 2021»
Le déséquilibre actuel sur le marché européen du porc pourrait «s'effacer d'ici la fin de 2021, alors que l'accroissement de la production devrait diminuer», avance la Commission européenne dans une note de prévision publiée le 13 octobre. Après une hausse de 4,1% de la production de viande porcine au premier semestre 2021 (par rapport à 2020), le marché est «dans une situation difficile» face au ralentissement de la demande en Chine et dans la restauration européenne. Bruxelles estime que le secteur du porc réagira en «ralentissant l'augmentation de la production»: +1,7% sur l'ensemble de l'année 2021, puis +0,6% en 2022. De son côté, la production de viande bovine a reculé de 0,5% au premier semestre 2021; la «principale contribution» à cette baisse émane de l'Irlande, sous l'effet du Brexit. Bruxelles s'attend à une baisse similaire sur l'ensemble de l'année, anticipant des «abattages supplémentaires» dus à la flambée de l'alimentation animale. Quant à la production de volailles, entre l'influenza aviaire et la crise sanitaire, elle a chuté de 4,7% au premier semestre. Une baisse qui devrait s'atténuer à la fin de l'année (-0,9% sur 2021), avant un rebond l'année prochaine (+1%).
Chemins ruraux: des députés UDI déposent une PPL pour favoriser leur «maintien»
Huit députés UDI emmenés par Pascal Brindeau (Loir-et-Cher), Guy Bricout (Nord) et Pierre Morel-À-L'Huissier (Lozère) ont déposé le 12 octobre une proposition de loi (PPL) visant le «maintien de la continuité et l’entretien des chemins ruraux», d'après son exposé des motifs. Le texte reprend à l'identique l'article 235 du projet de loi Climat, considéré comme cavalier législatif et retoqué le 13 août par le Conseil constitutionnel. Il propose trois mesures, la première étant que «l’aliénation des chemins ruraux par les communes ne peut intervenir qu’à la suite d’un désintérêt durable du public». D'après le Code rural, les chemins ruraux «sont les chemins appartenant aux communes, affectés à l'usage du public». Lorsqu'un chemin rural «cesse d'être affecté à l'usage du public», les municipalités peuvent en ordonner l'aliénation, autrement dit mettre en demeure les propriétaires riverains «d'acquérir les terrains attenant à leurs propriétés» (article L161-10). Seconde mesure proposée par les élus UDI: «Les échanges de parcelles sur lesquelles sont sis les chemins ruraux doivent garantir la continuité du chemin rural, sa largeur et sa qualité environnementale». Enfin, le texte prévoit que la commune peut «déléguer à une association loi 1901 la restauration et l’entretien d’un chemin rural à titre gratuit». Les députés signataires comptent inscrire cette PPL «dans le cadre de la niche UDI du vendredi 26 novembre», indique Pascal Brindeau à Agra Presse.
Pac 2021: les avances d'automne versées à partir du 18 octobre (ministère)
L'Agence de services et de paiement (ASP) démarre le 18 octobre le paiement de «près de 4,5 milliards d'euros» d'avances d'aides de la Pac pour 2021, annonce le ministère de l'Agriculture dans un communiqué le même jour. Ce premier versement concerne «les aides découplées (paiement de base, paiement redistributif, paiement vert et paiement en faveur des jeunes agriculteurs), la plupart des aides couplées animales (aides aux bovins allaitants et laitiers, aides ovines et aide caprine) ainsi que l’ICHN» (indemnité compensatoire de handicaps naturels). «Ces paiements concernent plus de 285 000 demandeurs», souligne la Rue de Varenne, soit 95,6% des bénéficiaires des aides découplées. Comme autorisé par la Commission européenne en raison de la crise sanitaire et des aléas climatiques, «les taux d'avance des aides seront portés à hauteur de 70% (au lieu de 50%) des montants finaux pour les aides directes et [à hauteur] de 85% pour l'ICHN (au lieu de 75%)». Suivront d'autres versements, «fin octobre et mi-novembre», avant «le paiement du solde de ces aides (…) à partir de la mi-décembre».
Miel: l’Unaf annonce une récolte 2021 «entre 7 et 9000 tonnes»
Avec une récolte entre 7000 et 9000 t, l’Unaf considère 2021 comme «la pire année de l’apiculture française», prévient un communiqué du 18 octobre. Gelées tardives au printemps, pluie durant l’été: «Les conditions climatiques se sont révélées particulièrement défavorables», rappelle le syndicat apicole. Dans le Sud-Est, détaille l’Unaf, «la bonne récolte de miel de lavande a sauvé la saison». Mais dans la plupart des régions, la récolte de tournesol s'en en revanche révélée «décevante», tout comme celles de châtaignier, de colza ou ou de bruyère qui se sont avérées «médiocres», quand la récolte d’acacia a tout simplement été «anéantie». «Cette estimation est un peu prématurée en l’absence de retour complet, mais je doute que nous dépassions les 12 000 tonnes», nuance Joël Schiro, président du syndicat des producteurs de miel français (SPMF). La chute de production pourrait avant tout venir selon lui du Nord et des régions de montagne, ces dernières étant «particulièrement touchées par le changement climatique». Dans une note publiée en juin 2021, FranceAgriMer avait estimé la production de miel au niveau «record» de 31 800 tonnes pour 2020. L’Unaf, dans un communiqué envoyé à l'automne précédent, avait de son côté prévu une bonne récolte «entre 18 000 et 20 000 tonnes».
Machinisme: mouvement de grève des ouvriers de John Deere aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, dans quatorze usines du tractoriste John Deere, ce sont un peu plus de 10 000 employés qui ont quitté leur travail plus tôt que d'habitude, jeudi 14 octobre, à l'appel du syndicat United Auto Workers, rapporte la presse américaine. Les ouvriers protestent contre l'offre de revalorisation salariale proposée par le groupe, jugée insuffisante. C'est la première grève des ouvriers américains de John Deere depuis 35 ans, selon les observateurs. Dans un contexte de tension sur le marché du travail et des matières premières, les Etats-Unis connaissent depuis début octobre une série de grèves touchant un large éventail d'activités: hôpitaux, pharmacies, audiovisuel, agroalimentaire... L'offre du groupe John Deere incluait une augmentation des salaires de 5 à 6%. Le groupe prévoit un résultat net de 5,7 à 5,8 milliards de dollars (Mrd$) sur l'année fiscale 2021, contre 2,7 Mrd$ en 2020 et 2,3 Mrd$ en 2019.
Champagne: Moët Hennessy inaugure un centre de recherche dédié à l’innovation viticole
Moët Hennessy, qui regroupe les champagnes, spiritueux et vins d’exception de LVMH, a inauguré en Champagne le 18 octobre le «centre de recherche Robert-Jean de Vogüé» consacré à l’approfondissement des connaissances et à l’évolution des pratiques viticoles. Conscient des limites du modèle actuel de viticulture, le groupe a décidé d’ouvrir ce nouveau centre «pour accompagner les maisons [de champagne] dans leur transformation vers des pratiques durables». Ce centre de recherche est destiné à prolonger les initiatives en faveur de la viticulture durable et résiliente présentées en 2020 avec le programme «Living soils living together» (sols vivants pour vivre ensemble). Ses activités couvriront quatre domaines de recherche pour favoriser l’innovation: la microbiologie et la biotechnologie pour analyser les micro-organismes; la physiologie des plantes pour répondre aux enjeux du changement climatique; l’ingénierie des processus pour favoriser la recyclabilité; l’analyse sensorielle pour étudier le profil sensoriel des produits à différentes étapes de la production. Le centre Robert-Jean de Vogüé entend également développer des partenariats avec l'Inrae, le CNRS, ou encore l'Institut français de la vigne et du vin de Bordeaux (IFVV).
Compensation agricole: les aménageurs invités à consigner auprès de la Caisse des dépôts
Tout maître d’ouvrage à l’origine d’un projet affectant l’économie agricole locale pourra désormais «consigner tout ou partie des sommes» destinées aux mesures de compensation agricole auprès de la Caisse des dépôts et consignations, prévoit un décret publié au Journal officiel le 17 octobre. Créé par la loi d’avenir pour l’agriculture de 2014 de Stéphane Le Foll, ce mécanisme de compensation prévoit une étude détaillant les conséquences pour l’économie agricole de tout projet d’aménagement soumis à étude d’impact consommant plus de 5 hectares de terres agricoles. Lorsque des effets négatifs sont identifiés, les aménageurs sont alors encouragés à compenser par des financements collectifs, après avis du préfet. «Dans la pratique, les modalités de compensation varient encore beaucoup selon les départements. La consignation existe déjà, mais certains préfèrent monter des fonds au niveau intercommunal ou au sein de la chambre d’agriculture. D’autres privilégient aussi des lignes budgétaires bloquées chez les entreprises», souligne Katiane Viollin, consultante en compensation agricole au sein du bureau d’étude lyonnais Compensation et études d’impact agricole conseil (Cetiac). La plupart des projets de compensation agricole, détaille-t-elle, concernent aujourd’hui majoritairement les parcs éoliens et photovoltaïques.
Christophe Bonno nommé d.g. de Maïsadour
La coopérative Maïsadour annonce la nomination de Christophe Bonno comme directeur général à compter du 18 octobre. En février, le groupe avait annoncé qu’il remerciait son précédent d.g. Philippe Carré. Le président Michel Prugue assurait depuis l’intérim. Christophe Bonno est chargé d’«accélérer le retour à la croissance et de poursuivre la transformation engagée par le groupe pour répondre aux attentes sociétales et à ses enjeux sectoriels», selon le communiqué. Il était depuis 2019 directeur des relations institutionnelles agricoles du groupement Les Mousquetaires, après avoir été promu en 2010 d.g. du pôle industriel Agromousquetaires.
Les Mousquetaires: Hervé Mayoud nommé directeur des relations institutionnelles agricoles
Hervé Mayoud devient le «directeur des relations institutionnelles agricoles» du groupement Les Mousquetaires (Intermarché, Netto), annonce un communiqué le 18 octobre. Il était précédemment directeur des achats Produits frais traditionnels et vins pour Intermarché, avant de rejoindre Agromousquetaires (le pôle industriel du groupe) en mai 2020, comme directeur de projet «Proximité point de vente». Avec trente ans d'expérience dans la grande distribution, M. Mayoud remplace Christophe Bonno, qui a «pris la décision de poursuivre son parcours professionnel sous d’autres cieux». Le département «Relations avec le monde agricole» reste piloté par Yves Audo, chef d'entreprise Mousquetaires dans le Pays basque. «Le groupement des Mousquetaires travaille avec 15 000 partenaires agricoles et réalise 2 milliards d’euros d’achat de matières premières agricoles françaises chaque année», rappelle-t-il. Le groupe totalise «16,3% des parts de marché (PDM valeur sur les PGC et FLS d’après Kantar)».