Engrais : Bruxelles adopte son plan d’action mais pas encore l'enveloppe d'urgence
La Commission européenne a présenté le 19 mai son plan d’action sur les engrais promettant des aides directes aux agriculteurs les plus touchés par la hausse des prix afin qu’ils puissent acheter leurs fertilisants. Bruxelles promet un soutien exceptionnel «afin de renforcer substantiellement la réserve agricole». Mais la somme débloquée n’est pas encore connue. Celle-ci sera présentée en juin en même temps que le budget rectificatif afin qu'elle soit rendue disponible pour les agriculteurs après l'été au moment où ils prendront leur décision de semis pour les cultures d'hiver, promet le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen. A ce jour un peu plus de 200 millions d’euros sont encore disponibles dans le cadre de la réserve et Christophe Hansen a indiqué vouloir au moins doubler ces fonds qui attendraient donc plus de 400 M€. De plus, une révision ciblée du règlement de la Pac va être présentée pour permettre aux Etats membres de constituer une réserve de liquidité en réorientant certaines dépenses déjà programmées pour 2026 et 2027. Le reste des 25 mesures qui constituent ce plan sont globalement celles qui été attendues. Il s’agit principalement d’un calendrier de travail qui prévoit entre autres la révision de la directives Nitrates pour notamment permettre l’utilisation accrue du digestat, et un dispositif pour faire profiter les agriculteurs des recettes de la fiscalité carbone. Par contre, comme prévu, Bruxelles n’envisage pas de suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les engrais. Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) qui manifestaient le même jour à Strasbourg en marge de la plénière du Parlement européen, se sont dites déçues par ces annonces qui «ne contiennent aucune mesure immédiate susceptible d'offrir aux agriculteurs un espoir de soulagement économique à court terme» ni de «mesures fermes et ambitieuses à moyen et long terme».
Engrais décarbonés : une PPL ciottiste pour faciliter l'installation d'usines en France
Les députés du groupe ciottiste ont déposé le 12 mai une proposition de loi visant à faciliter l'installation d'usines d'engrais décarbonés en France. Ils proposent d'étendre la présomption de raison impérative d’intérêt public majeur aux projets d'usines d'engrais décarbonés. Ce principe avait été récemment étendu à des projets d'énergies renouvelables, de stockage d'énergie, de réacteurs électronucléaires et à certains ouvrages de stockage d'eau. Un projet existe dans l'Est de la France avec l’entreprise Hynamics (filiale d'EDF) qui souhaite produire de l'hydrogène renouvelable et bas carbone pour le secteur des engrais. Le projet HyforSeeds consiste en une unité de production d'une capacité de 50 MW sur le site de LAT Nitrogen dans la zone industrielle d'Ottmarsheim-Chalampé (Haut-Rhin). Le gouvernement a récemment reçu le feu vert de Bruxelles pour soutenir ce projet à hauteur de 144 millions d’euros. En Europe, le leader des engrais azotés décarbonés est l'espagnol Fertiberia, avec l'usine de Puertollano, au Sud de l’Espagne, qui est « le premier site industriel au monde à fabriquer de l’ammoniac à partir d’hydrogène pour la production d’engrais azoté », selon Vivescia, avec qui il travaille en France.
GNR/engrais : présentation des aides publiques du mois de juin attendue ce jeudi
Sébastien Lecornu a affirmé le 19 mai qu’il envisageait de revoir les six milliards d’euros de gels et d’annulations de crédits prévus pour compenser l’«impact» de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques. «C’est une guerre et je pense que les 6 milliards d’euros que nous avons documentés devront être remis à jour, évidemment, dans les temps qui viendront», a déclaré le Premier ministre à l’Assemblée nationale. Il répondait à une question du chef de file des députés Horizons, Laurent Marcangeli. A Matignon, on explique que cette «remise à jour» ne signifie pas forcément une hausse du montant de ces gels mais une répartition différente. M. Lecornu doit tenir jeudi une conférence de presse sur les conséquences économiques de ce conflit, qui fait flamber les prix des carburants à la pompe et renchérit les coûts dans plusieurs secteurs d’activité. Il présentera à cette occasion un «nouveau paquet» d’aides pour le mois de juin destinées aux secteurs les plus touchés, comme l’agriculture, la pêche ou le BTP. Fin avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé le renforcement des aides pour les pêcheurs et agriculteurs pour le mois de mai. Sébastien Lecornu avait annoncé que celle des agriculteurs serait multipliée «par quatre» pour atteindre 15 centimes d’euros par litre. En parallèle, le gouvernement avait annoncé mi-avril que six milliards d’euros d’économies sur les dépenses pourraient être réalisés en 2026, sous la forme de gels de crédits ou d’«annulations ciblées».
Climat : les États-Unis anticipent un retour d’El Niño dès cet été, possiblement fort
Le phénomène climatique El Niño devrait revenir « sous peu » et « se poursuivre tout au long de l’hiver 2026-2027 », au cours duquel il pourrait atteindre de très hauts niveaux d’intensité, a indiqué le Climate Prediction Center (CPC) de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) dans un bulletin prévisionnel du 14 mai. La probabilité de voir le phénomène se développer entre mai et juillet s’élèvent désormais à 82 %, tandis que les chances qu’il persiste jusqu’à décembre 2026-février 2027 atteignent 96 %. Le retour de ce puissant phénomène, qui s’ajoute au réchauffement climatique causé par les activités humaine, fait craindre des conditions météorologiques extrêmes à travers le monde. D’autant plus que les chances que ce phénomène soit d’intensité « forte » à « très forte » continuent en effet d’augmenter et passent au-dessus des 50 % à partir de la période septembre-novembre. Certains climatologues vont jusqu’à prédire un « super El Niño ». Néanmoins, « une incertitude importante subsiste quant à l’intensité maximale de cet épisode », selon le CPC. El Niño est l’une des phases d’un cycle naturel dans l’océan Pacifique, qui démarre habituellement au printemps, et affecte progressivement dans les mois suivants les températures, les vents et le climat dans le reste du globe. Le dernier épisode date de 2023-2024.
Affichage environnemental : la méthode du calcul officialisée auprès des parties prenantes
La méthode de calcul de l’affichage environnemental des produits alimentaires, baptisé Ecobalyse, a été officiellement présentée lors d’un webinaire organisé la semaine dernière par le Commissariat général au développement durable (CGDD) et l’Ademe, ont confirmé plusieurs sources à Agra presse le 18 mai. Destinée aux parties prenantes du projet, cette réunion a permis de dévoiler les derniers arbitrages méthodologiques retenus pour évaluer les effets environnementaux des denrées alimentaires. L’approche repose sur l’analyse de cycle de vie (ACV) Agribalyse et sur le référentiel européen Environnemental Footprint, auxquels s’ajoutent « cinq services écosystémiques » afin de prendre en compte les externalités positives : taille des parcelles, diversité culturale, prairies, haies et taux de chargement. Selon l’interprofession bétail et viandes (Interbev), les échanges ont porté sur la suppression du bonus lié au taux de chargement, l’ajustement de la pondération des bonus et la poursuite des travaux sur les cycles de l’azote. Interbev alerte toutefois sur le plafonnement de ces services à 30 % du score final, un seuil qui peine, selon elle, « à refléter pleinement les bénéfices environnementaux des systèmes herbagers français ». Des arbitrages ministériels sur le calendrier de déploiement sont attendus dans les prochains jours, sans qu’il ne soit clairement établi, malgré cette officialisation, si certains paramètres de la méthode pourraient faire l’objet d’ajustements.
Boissons: Macron relance l'idée de la consigne de bouteilles en plastique
Pour réduire l’usage du plastique, le président recycle l’idée de la consigne: Emmanuel Macron a demandé mardi au gouvernement d’engager une concertation sur la consigne pour les bouteilles, une proposition à laquelle les collectivités locales se sont d’ores et déjà opposées. «Aujourd’hui, nous payons un milliard et demi d’euros parce qu’on ne respecte pas les normes européennes sur la consigne. Alors, s’il y a des ministères qui ont un milliard et demi d’euros en trop, il faut tout de suite le signaler», a lancé le président français dans la matinée à la porte de Versailles où se tient le salon de l’économie circulaire REuse Economy Expo. L’idée d’une consigne sur les bouteilles de plastique et les canettes d’aluminium, débat engagé depuis une dizaine d’années, avait déjà ressurgi l’an dernier par la voix du chef de l’Etat, mais ne figurait finalement pas dans le plan contre la pollution plastique, lors du sommet de l’ONU sur les océans à Nice. Cette consigne consisterait à installer des bacs dans les supermarchés pour récupérer les bouteilles usagées, moyennant quelques centimes pour les consommateurs. Les associations d’élus ont rappelé mardi leur vive opposition à ce projet de consigne qui les priverait de la manne financière conséquente qu’elles tirent de la revente du plastique collecté dans les centres de tri. Dans un communiqué du 19 mai, les trois syndicats de producteurs de jus et d’eaux minérales se disent ouvert à la concertation.
Pollution plastique des mers: alimentation et boissons principales responsables (étude)
Dans une étude parue dans la revue One Earth le 20 mai, des chercheurs anglais et indonésiens ont calculé que les déchets plastiques issus des secteurs de l'alimentation et des boissons constituent « la majeure partie des déchets présents sur les côtes à l'échelle mondiale ». Ils figurent parmi les trois types d'utilisation les plus abondants dans 93 % des 112 pays étudiés par les chercheurs, suivis par les sacs en plastique (39 %) et les cigarettes (38 %). Dans le détail, trois types d'objets se distinguent dans le secteur alimentaire : les emballages, les bouchons/couvercles et les bouteilles, qui sont les articles les plus fréquents dans plus de la moitié des pays. Les objets de type couverts/plateau repas/pailles, les verres en plastiques et les batons de sucette arrivent dans le top 3 de moins de 20 pays chacun. Pour rappel, en France, on estime la contamination à 244 kg de microplastiques par hectare de sol agricole dans la couche superficielle, niveau considéré comme problématique pour les rendements par des études pionnières. En Chine, les films de paillage plastique ont d’ores et déjà rendu des endroits incultivables.
Ademe: le conseil d'administration vote contre le projet de réforme du gouvernement
Le conseil d’administration de l’Agence de la transition écologique (Ademe) a adopté le 19 mai une résolution inédite pour exprimer son opposition à un projet de réforme porté par le gouvernement, qui n’a toutefois pas l’intention d’y renoncer. «L’Ademe a vécu une journée historique. C’est la première fois depuis que l’agence existe que des administrateurs ont convoqué un conseil d’administration extraordinaire», a témoigné lors d’une conférence de presse une administratrice salariée qui n’a pas voulu être citée nommément. En cause: le projet de loi «visant à renforcer l’État local», présenté mercredi en conseil des ministres. Son article 7 prévoit de rapprocher localement les agents de l’Ademe et ceux des Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), qui agissent sous l’autorité du préfet de région. Une délibération, votée mardi par 15 administrateurs de l’Ademe (et 10 contre, sur 28 membres au total), demande au gouvernement de renoncer à cet article «afin de maintenir le fonctionnement efficace reconnu par les inspections d’État et les acteurs de terrain». Le conseil d’administration compte 11 représentants de l’État mais aussi des représentants du Parlement, des collectivités locales et des salariés, ainsi que des «personnalités qualifiées».
Pesticides : des résidus de molécules interdites retrouvés dans l'alimentation (ONG)
L’ONG Foodwatch affirme avoir détecté des résidus de pesticides interdits dans 45 produits sur un échantillon de 64 produits testés à l’échelle européenne. Elle pointe en particulier des produits de marques alimentaires connues comme « du paprika Ducros, du riz Taureau Ailé et du thé vert à la menthe Lipton vendus en France », selon un communiqué diffusé le 19 mai. « Les épices et les thés sont particulièrement contaminés : 9 des 10 échantillons français de ces produits contiennent des résidus de pesticides non autorisés (Albert Ménès, Ducros, Lipton, Twinings, Intermarché, Carrefour, Leader Price, Lipton, Monoprix) ». Ces résultats sont mis en avant par l’ONG pour demander à la Commission européenne d’ordonner aux Etats membres le « rappel immédiat des produits dont les seuils dépassent les limites maximales de résidus (LMR) prévues par le Règlement (CE) 396/2005 », la mise en place d’ « une limite maximale de résidu à zéro pour l’ensemble des pesticides non-autorisés dans l’Union européenne » et l’interruption du « passage en force anti-démocratique du paquet législatif Food and Feed Safety Omnibus ». Selon l’ONG, l’Omnibus prévoit d’assouplir « les contrôles de sécurité essentiels pour tous les pesticides et la surveillance de leurs résidus dans les aliments ».
Machinisme: fin des tracteurs autonomes Monarch, Caterpillar rachète la technologie
Selon les informations de l'agence Bloomberg, le géant des machines de BTP, Caterpillar a racheté, il y a quelques semaines, la société de tracteurs électriques autonomes Monarch. Les dirigeants de cette start-up californienne avaient annoncé il y a un mois qu'ils opéraient un pivot, pour «passer de la fabrication à un modèle de licence technologique». Autrement dit c'est la fin de Monarch comme fabricant de tracteurs. Ses technologies devraient être reprises dans les engins du groupe Caterpillar. En 2024, la start-up avait réalisé une levée de fonds de série C au montant record pour le secteur, de 133 millions de dollars (122,5 millions d’euros) pour accélérer le développement de son tracteur électrique autonome MK-V. Selon la société, cette opération était « la plus grande levée de fonds dans l’histoire de la robotique agricole ». Depuis le lancement du premier exemplaire fin 2022, 400 tracteurs avaient alors été déployés sur divers marchés agricoles tels que les vignobles, les produits laitiers, les baies, les vergers, essentiellement aux États-Unis.
Retraites agricoles : une nouvelle PPL de revalorisation, le 2 juin à l’Assemblée nationale
Dans un communiqué de presse le 18 mai, le député Julien Brugerolles (GDR, Puy-de-Dôme) indique que sa proposition de loi sur la revalorisation des retraites agricoles déposée en avril 2025, sera débattue en séance publique le 2 juin. Auparavant, elle sera examinée en commission des affaires sociales le 27 mai. « Le texte entend corriger plusieurs injustices persistantes, qui pénalisent encore des dizaines de milliers d’anciens exploitants agricoles, mais surtout les femmes, souvent veuves, qui ont travaillé comme aides familiales ou conjointes collaboratrices, et qui continuent de percevoir des pensions de retraite extrêmement faibles, souvent inférieures à 800 € mensuels », explique le successeur d'André Chassaigne. Il propose l’extension de la revalorisation à 85 % du SMIC, issue des lois dites « Chassaigne » de 2020 et 2021, aux anciens conjoints collaborateurs et aides familiaux, par l’élargissement de l’application du complément différentiel de points de retraite complémentaire obligatoire (CD-RCO). Le texte entend aussi améliorer le calcul de la pension majorée de référence qui, aujourd’hui, prend en compte les pensions de réversion et les bonifications pour enfants. Il prévoit également la suppression du mécanisme d’écrêtement et l’exonération de certains prélèvements sociaux (CSG,CRDS et CASA) des revalorisations de pensions obtenues par les retraites complémentaires obligatoires agricoles.
Relations commerciales : le Modef défend la révision automatique proposée par la Coméco
Le Modef a présenté sa position sur le projet de loi d’urgence agricole,examiné en plénière de l’Assemblée nationale à partir du 19 mai. S’adressant aux députés et sénateurs du Nouveau front populaire (NFP), le syndicat leur demande de voter unanimement le nouvel article 19 bis, ajouté par les députés de la commission des affaires économiques, qui instaure une « clause de révision automatique des prix du contrat en fonction de la variation, à la hausse ou à la baisse, du coût des matières premières agricoles entrant dans la composition du produit alimentaire ou du produit destiné à l’alimentation des animaux de compagnie ». Le prix est révisé selon « plusieurs indicateurs disponibles reflétant l’évolution du prix des matières premières et des facteurs de production, incluant obligatoirement des indicateurs relatifs aux coûts de l’énergie, dont le gazole non routier (GNR). » Pour le Modef, cet article «permettrait d’améliorer le revenu des paysan.nes même si nous souhaiterions des prix minimums garantis par l’État. » La FNSEA, qui a présenté sa position il y a quelques jours, plaide pour que le prix de la matière agricole soit « explicitement mentionné » dans les contrats. De son côté, la Confédération paysanne s'est montrée favorable au prix plancher adoptée la Coméco.
Relations commerciales : la FCD anticipe un rapport «à charge» de la commission sénatoriale
Les conclusions de la commission d'enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution seront « à charge », anticipe Judith Jiguet, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), dans une déclaration à l’AFP, dénonçant une « méthodologie biaisée, sans volonté réelle d'aller au fond des choses ». Les centrales d’achat européennes, un sujet récurrent des auditions de la commission, permettent de « rééquilibrer un petit peu le rapport de force » avec les grandes multinationales qui « ne jouent pas dans la même cour », déclare-t-elle également. Pour la commission, les « tensions croissantes » caractérisant ces relations commerciales « fragilisent toute la chaîne de valeur au profit des distributeurs et au détriment de l'amont », selon un communiqué. Son rapport, qui doit être dévoilé le 21 mai, présentera « les preuves des pratiques des distributeurs » mettant « en risque », dans « des conditions d'opacité complète et le plus souvent en contradiction directe avec la loi, tant notre agriculture que notre industrie », sans « véritablement » profiter au « consommateur », selon la même source. Initiée par les Ecologistes du Sénat dont Antoinette Guhl, son rapporteur, la commission est présidée par la centriste Anne-Catherine Loisier.
Riz de Camargue : la justice maintient l'herbicide Avanza sur le marché, en première instance
Dans un communiqué du 19 mai, l’AGPB (producteurs de blés, FNSEA) s’est félicitée de la décision « rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Melun, rejetant la demande de suspension introduite par l’association Résilience intégrale contre l’autorisation temporaire de mise sur le marché de l’herbicide Avanza, utilisé sur les cultures de riz en Camargue. Plus en détail, « le juge administratif a reconnu l’absence d’alternatives agronomiques ou mécaniques réellement efficaces » relate l’association spécialisée, nécessitant le recours au produit en question. L’AGPB en profite également pour expliquer que ce cas « dépasse largement le seul cadre de la Camargue. Elle envoie un signal fort à toutes les filières confrontées à des impasses techniques et à une multiplication des contentieux engagés contre les moyens de production agricoles ». Elle pointe le fait que « les stratégies contentieuses consistant à instrumentaliser des procédures d’urgence et des fondements juridiques constitutionnels pour remettre en cause des décisions administratives prises dans un cadre strict » contribuent à fragiliser les filières agricoles.
Vin : hausse « temporaire » du prix des bouchons en liège (syndicat)
Consciente de la crise vitivinicole, la Fédération française du liège (FFL) a annoncé le 19 mai une hausse « temporaire » du prix des bouchons dits techniques (liège aggloméré), liée à la guerre au Moyen-Orient. La mise en œuvre dépendra du fabricant : « Chaque membre de la FFL, selon les produits qu’il commercialise et les spécificités de sa clientèle, décidera du montant », selon le communiqué. Cette hausse ne sera plus appliquée « dès que les bouleversements géostratégiques actuels prendront fin », précise l’organisation. Après avoir subi l’inflation dans l’énergie et les emballages, la filière du liège dit faire face à l’augmentation des prix de « la plupart des composants chimiques nécessaires à la fabrication des bouchons ». Sont concernés les liants polyuréthanes, notamment les polyols qui connaissent « des augmentations des prix de l’ordre de 30 à 50 % », indique la FFL.
Tomate : en Normandie, consultation publique sur l’extension de la serre d’Isigny-le-Buat
Depuis le 12 mai et jusqu’au mois d’août, à Isigny-le-Buat (Manche), les habitants sont appelés à s’exprimer sur le projet d’extension des serres de la société « Les Serres du Buat », filiale du néerlandais « Les tomates du Mont Saint-Michel » (AgroCare), rapporte le quotidien Ouest-France. Le projet prévoit d’ajouter 16 ha de serres aux surfaces déjà existantes. Si le volet environnemental est l’objet principal de la consultation publique mise en place, le collectif «Stop Tomates industrielles» qui s’oppose au projet juge la procédure restrictive : «J’ai la sensation que les services publics se moquent du peuple car il est mis en place une consultation publique sur le côté environnemental et l’extension, alors que mettre en place une enquête publique aurait permis à la population de s’exprimer sur tous les sujets annexes comme le côté social », explique Gérard Chauvet, membre du collectif. «Stop Tomates industrielles» indique avoir recueilli de « nombreux témoignages » qui laisseraient à penser à des conditions de travail difficiles et d’une situation « sous emprise » des employés saisonniers employés sur place. Fin 2025, le patron des Tomates du Mont-Saint-Michel, Rik Van Den Bosch, avait indiqué à Ouest France que l’objectif était de « produire de bonnes tomates, en France et pour les Français, qui sont abordables pour tous. Cette opposition constante du collectif, c’est un petit peu fatiguant ».
Fromage : engagement des distributeurs à privilégier l'emmental français
A l’initiative du Collectif de l’emmental français et de Sodiaal, sept distributeurs ont signé le 19 mai une charte d’engagement afin de privilégier l’emmental français. Concrètement, les Mousquetaires, Coopérative U, Carrefour, Groupe Casino, E. Leclerc, Auchan et Metro privilégieront l’emmental français « lors des différentes procédures d’appels d’offres organisées pour les produits vendus sous marques de distributeurs, et ceux destinés à la restauration collective (privée ou publique) », selon un communiqué. Ils s’engagent aussi à « valoriser et assumer une préférence pour l’origine France auprès des consommateurs et clients » et « assurer une rémunération juste et équitable des éleveurs laitiers français. » Cette charte sans engagements chiffrés, sans échéances et non contraignante, est un moyen d’attirer l’attention sur les importations d'emmental qui « continuent d’augmenter significativement depuis le début de l’année (+ 54 % en janvier 2026, soit 2 000T de plus qui entrent chaque mois sur le territoire) », selon le Collectif, surtout en provenance d’Allemagne et des Pays-Bas. Sodiaal est particulièrement investi dans cette initiative comme leader en France de la fabrication d’emmental, représentant 32% de la production à laquelle il consacre 25% de sa collecte laitière. Lactalis, Ermitage et Laïta, également producteurs d’emmental, ne se sont pas joints à Sodiaal dans cette démarche.
Pastoralisme : un projet d'établir une servitude de passage à l'échelle nationale
D’ici un an après la promulgation de la loi « pour une montagne vivante et souveraine », le gouvernement devra remettre au Parlement un rapport sur « l’opportunité d’instaurer, au niveau national, une servitude légale de passage » afin de « garantir la mobilité des troupeaux pastoraux ». C’est ce que prévoit un amendement voté le 15 mai par les députés, lors de l’adoption en séance publique de cette proposition de loi (PPL). Selon ce texte déposé par Inaki Echaniz, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques, la servitude étudiée devra aussi permettre aussi « l’exploitation pastorale des troupeaux » (accès à l’eau, broutage, fauchage et « équipement pastoral mobile »). Enfin, le rapport de l’exécutif « devra notamment examiner les modalités juridiques, foncières et opérationnelles d’un tel dispositif, ainsi que son articulation avec le droit de propriété et les usages locaux », selon l’exposé sommaire de l’amendement. Le député basque rappelle que la circulation des troupeaux pastoraux « peut se heurter à des difficultés d’accès aux chemins, aux points d’eau et aux espaces nécessaires au pâturage ». Après l’adoption de la PPL « pour une montagne vivante et souveraine » par l’Assemblée, l’Anem (élus de montagne) demande « une inscription rapide de ce texte à l'ordre du jour du Sénat ».
Loup : controverse autour du transfert d’une louve de Normandie vers les Alpes
Selon Ouest-France, une louve capturée involontairement en Normandie a été relâchée « dans les Alpes » le 15 mai, provoquant la colère des ONG environnementales et des éleveurs provençaux. Le 10 mai, la louve avait « été retrouvée vivante dans un piège destiné aux renards à Saint-Pierre-des-Jonquières », indique la préfecture de Seine-Maritime dans un communiqué. Après avoir confirmé son « bon état de santé » et l’avoir équipée d’un collier GPS, les agents de l’OFB l’ont relâchée « dans l’arc alpin ». Une zone choisie « selon plusieurs critères », explique la préfecture : « éloignement des zones habitées et des infrastructures de transport, réduction des interactions avec les activités humaines, présence d’un habitat favorable à l’espèce concernée et prise en compte des enjeux agricoles locaux ». Une analyse contestée par la FRSEA et les JA de Paca : dans un communiqué du 18 mai, les syndicats disent « non à la transformation de l’arc alpin en sanctuaire lupin, sous prétexte qu’il serait une aire de colonisation historique ». De son côté, FNE – qui a saisi le tribunal administratif de Rouen avec d’autres ONG – rappelle que, « selon les dispositions légales, la louve aurait dû être secourue puis relâchée immédiatement ». Le transfert, effectué sous « la pression de certains syndicats agricoles », « compromet tout simplement sa survie », estime l’association.
Viande : dans la PPL Montagne, les députés créent les « abattoirs paysans »
À l’occasion de l’adoption en séance publique de la proposition de loi (PPL) « pour une montagne vivante et souveraine », le 15 mai, les députés ont voté un amendement de Marie Pochon (écologiste, Isère) créant les « abattoirs paysans ». Le but : définir cette catégorie d’abattoirs « pour pouvoir par la suite y adosser des politiques volontaristes afin de les développer », selon le texte. Aux termes de l’article 7 ter ajouté par l’amendement, les abattoirs paysans peuvent être fixes ou mobiles, et leur gouvernance « garantit une place décisionnelle majoritaire et directe aux agriculteurs du territoire, exerçant une activité d’élevage, qui en sont utilisateurs ». Ce type d’outil est tourné vers le marché local : il traite des animaux « issus du bassin d’élevage dans lequel il est situé », « acheminés directement » depuis les élevages, et il produit des viandes « exclusivement destinées aux circuits courts ». Il doit respecter « un tonnage annuel maximum et une cadence d’abattage maximum garantissant la protection des animaux et des conditions de travail adaptées ». Autant de critères qui doivent être précisés par décret. Dans un contexte de « manque de solutions d’abattage » en France, les abattoirs paysans constituent « une solution d’avenir pour les territoires d’élevage » pour la députée.
Viande : un abattoir sur deux autorisé à tuer les animaux sans étourdissement (ONG)
Plus de la moitié (50,5 %) des abattoirs de boucherie français « disposent d’une dérogation leur permettant de pratiquer l’abattage rituel sans étourdissement », indique l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) dans un communiqué le 18 mai. Un chiffre obtenu après « une analyse minutieuse des arrêtés préfectoraux et des données de terrain ». Dans le détail, « 94 abattoirs de boucherie sur 186 détiennent cette dérogation » pour l’abattage sans étourdissement. Alors que la règle générale impose un étourdissement avant la mise à mort des animaux, les préfets peuvent accorder des dérogations pour l’abattage rituel (halal ou casher). Mais tous les morceaux de viande ainsi obtenus ne sont pas tous commercialisés dans les circuits halal ou casher, certains se retrouvant dans le circuit conventionnel, sans étiquetage spécifique. C’est pourquoi l’OABA met à disposition sur son site internet la liste des abattoirs disposant ou non d’une dérogation, en invitant les consommateurs à vérifier « le numéro d’agrément sur l’emballage de [leur] viande ». Par ailleurs, en novembre 2025, l’ONG avait annoncé le dépôt d’un recours contre l’État devant le tribunal administratif de Melun pour le contraindre à publier ses chiffres sur l’abattage sans étourdissement, les derniers datant selon elle de 2014.
Veau de boucherie : la filière lance une campagne de communication européenne
L’interprofession bétail et viandes Interbev a participé le 19 mai au lancement simultané d’une campagne de communication dans les principaux pays européens producteurs et consommateurs de viande de veau : la France, l’Italie et la Belgique (avec le soutien de l’interprofession hollandaise SBK). Intitulée « le goût du partage durable », cette campagne est financée par l’UE dans le cadre du programme « Enjoy it’s from Europe ». Alors que la consommation de veau est en recul tendanciel (à 3 kg/habitant/an dans l’Hexagone), la campagne vise en priorité les 25-49 ans. La filière y met notamment en avant son implication dans l’économie circulaire, rappelant par exemple qu’elle absorbe 60 % des veaux laitiers mâles, lesquels sont nourris à 75 % avec des coproduits de l’industrie laitière (lactosérum, poudre de lait). En bout de chaîne, la viande et les abats ne représentent que 43 % de la masse produite par la filière, le reste fournissant de nombreux secteurs (bioénergies, cuir, présure pour la fabrication de fromages, pet-food, gélatine, industrie pharmaceutique, etc.). En 2025, les quatre pays cités plus haut ont produit 527 000 téc, soit 90 % des volumes européens ; la France en a produit environ un tiers (136 000 téc), en baisse depuis 2022 en raison notamment de la décapitalisation bovine.
Miel : aux Etats-Unis, la filière et la recherche apicoles sous pression
Les apiculteurs américains ont perdu plus de la moitié de leurs colonies entre avril 2024 et avril 2025, selon les dernières estimations de l’association Apiary Inspectors of America, la plus forte baisse annuelle depuis que le groupe a commencé à mener des enquêtes auprès des apiculteurs. L’un des responsables, le Varroa. Le ministère américain de l’Agriculture, qui cherche à réduire les coûts, a pourtant décidé de fermer le centre de recherche de Beltsville, qui abrite le plus ancien laboratoire apicole du pays, à la pointe de la recherche dans ce domaine depuis plus d’un siècle. Un porte-parole du ministère a indiqué à l’AFP que cette décision avait été prise en raison d’une réduction de plus de 32 millions de dollars du budget, alloué par le Congrès, pour la recherche agricole. Le laboratoire apicole de Zac Lamas, qui emploie une vingtaine de scientifiques, «coûte 3,2 millions de dollars par an» mais permet d’apporter des solutions à un problème évalué «à 600 millions de dollars», défend l'un des chercheurs interrogés par l'AFP. Interrogé par l’agence à propos de l’avenir du laboratoire apicole, notamment pour savoir s’il pourrait être déplacé ailleurs, le ministère n’a pas répondu.
Agtech/Foodtech: nouvelle baisse des levées de fonds en Europe en 2025 (rapport)
DigitalFoodLab a publié le 19 mai, son dernier rapport sur la FoodTech (nouvelles technologies appliquées agriculture et agroalimentaire) en Europe. En 2025, les start-up européennes du secteur FoodTech ont levé 3 Mrd€, soit une baisse de 25 % par rapport à 2024. A cette occasion Matthieu Vincent, cofondateur de cette agence de conseil stratégique, revient pour Agra Innovation sur les chiffres de 2025 et détaille les premiers signaux positifs qui émergent en Europe entre les grands groupes et les start-up (lire l’interview ici). « Si l’on regarde les points les plus notables en Europe, nous constatons encore une baisse des investissements en 2025 par rapport à 2024, ce qui n’est pas une très bonne nouvelle, d’autant plus si l’on compare avec les 10 Mrd€ levés en 2021, lors du pic des investissements. Malgré tout, les investissements même s’ils sont importants à suivre et à comparer aux précédents, ne sont pas la seule métrique à suivre. L’implication des grands acteurs industriels européens, mais aussi américains et asiatiques dans le financement des start-up est dorénavant un point clé », explique notamment Matthieu Vincent.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 18 mai 2026
Jeudi 21 mai :
Assemblée générale de la coopérative des Fermiers de Loué