UE-Mercosur : le gouvernement lance un débat à l'Assemblée le 26 novembre
À l'occasion de la conférence des présidents de l'Assemblée nationale le 19 novembre, la ministre des Relations avec le Parlement a proposé, dans le cadre de l'article 50-1 de la Constitution, d'inscrire à l'ordre du jour du 10 décembre un «débat» sur la négociation en cours d'un accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur. Mais le débat a finalement été avancé au 26 novembre, a annoncé lors des Questions au gouvernement Mme Braun-Pivet. Le débat sera suivi d'un «vote», a précisé le Premier ministre, qui entend faire une déclaration à cette occasion. Le vote n'engagerait pas la responsabilité du gouvernement. Le 4 novembre, plus de 200 députés de gauche comme de droite – de l'ex-Insoumis François Ruffin, en passant par le socialiste François Hollande, jusqu'au LR Olivier Marleix – avaient appelé dans une tribune le gouvernement à bloquer la conclusion de l'accord de libre-échange attendu entre l'UE et les pays du Mercosur, qui, selon eux, «trahit» l'ambition européenne. Au cours d'une conférence de presse le 5 novembre à l'Assemblée, plusieurs d'entre eux avaient de nouveau enjoint au président de la République de tout faire pour obtenir une minorité de blocage au sein de l'UE pour s'opposer à l'adoption européenne du texte.
UE-Mercosur: un syndicat de petits exploitants argentins donne son soutien à l'accord
Syndicat agricole argentin défenseur des petits et moyens exploitants, la Fédération agraire argentine (FAA) a donné son soutien au projet d’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur à l’issue du sommet Agroglobal tenu à Brasília, le 15 octobre. Le syndicat rallie ainsi la Société rurale argentine (SRA) et à la Confédération nationale d’agriculture (CNA) du Brésil, favorables de longue date à l’accord. «Cet accord de libre-échange représente une opportunité pour les producteurs de spécialités régionales comme les fruits et le riz, explique Elvio Guía, président de la FAA, auprès d’Agra Presse. Nous prétendons fournir des marchés de niche à contre-saison sans nuire aux agriculteurs européens». La FAA fait également bloc avec les autres syndicats d’agriculteurs du Mercosur «contre l’application en Amérique du Sud de normes européennes, telle que la réglementation sur la non déforestation», poursuit Elvio Guía. Et d'expliquer: «Les paysans d’Argentine redoutent un effet bulldozer normatif européen car les détenteurs de petits cheptels bovins sont les plus exposés au risque de ne pas pouvoir répondre à ces normes, faute de moyens, et donc de subir des pénalités au moment de vendre leur bétail» (Marc-Henry André).
Manifestations: mobilisée à son tour, la Coordination rurale durcit le ton
Réunie en congrès national au Futuroscope (Vienne) jusqu’au 20 novembre, la Coordination rurale s’est mobilisée en parallèle mardi 19 novembre, notamment pour protester contre l’accord commercial UE/Mercosur. De nombreuses manifestations ont eu lieu devant les préfectures dans de nombreux départements du Sud-Ouest (Aveyron, Charente-Maritime, Dordogne, Lot-et-Garonne, Landes, Pyrénées-Atlantiques, etc.), mais aussi ailleurs, comme dans les Ardennes. Dans les Pyrénées-Orientales, des militants venus des départements alentours ont bloqué le péage du Boulou, à la frontière avec l'Espagne, pour empêcher le passage des camions de fruits et légumes, selon l’AFP. Autre point chaud: Bordeaux, où une trentaine de tracteurs ont convergé vers la préfecture. Dans le Sud-Ouest, le syndicat menace de «bloquer le fret alimentaire» mercredi 20 novembre en l’absence de réponse des pouvoirs publics. Par ailleurs, 68 actions ont été menées dans la nuit du 18 au 19 novembre, rassemblant 7180 agriculteurs et 1898 engins agricoles, ont indiqué les autorités à l’AFP. Il s’agissait principalement des adhérents FNSEA et JA, qui ont démarré leur mobilisation lundi 18 novembre, voire durant le week-end.
Royaume-Uni : les agriculteurs manifestent contre une taxe travailliste sur la succession
À l’instar des Français, les agriculteurs britanniques ont manifesté le 19 novembre à Londres (Royaume-Uni). Au cœur des inquiétudes, la taxe sur la succession des propriétés agricoles annoncée le 30 octobre par le gouvernement travailliste de Keir Starmer. «Je ne pense pas avoir jamais vu l'industrie aussi en colère, aussi désillusionnée et aussi bouleversée», déclaré Tom Bradshaw, président du principal syndicat agricole britannique la NFU (National Farmers Union), dans un discours en amont des actions. Selon lui, le gouvernement Starmer avait promis, «il y a près d'un an», de ne pas modifier l'allègement fiscal sur la propriété agricole. Jusqu'alors, les exploitations agricoles britanniques pouvaient, en effet, bénéficier d'une exonération des droits de succession pour faciliter la reprise d’exploitation. «Ce n’est pas seulement une erreur de livraison, c’est aussi un véritable coup de poignard dans le dos», a-t-il commenté. Pour Tom Bradshaw, le budget est «la goutte d’eau qui fait déborder le vase» pour les agriculteurs britanniques. «Nous estimons que 75% des entreprises agricoles commerciales sont prises dans l’œil de cette tempête», ajoute-t-il. Et il promet déjà d’autres actions. «Nous avons besoin de vous pour les jours, les semaines et les mois à venir», a-t-il conclu son intervention.
TO-DE/fruits et légumes: possible extension aux coopératives de conditionnement
A l'occasion de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) le 19 novembre, le Sénat a adopté un amendement du sénateur Les Républicains Laurent Duplomb visant à étendre aux coopératives agricoles de fruits et légumes et leurs unions, le bénéfice du TO-DE, l'exonération de cotisations visant les saisonniers. L'amendement a reçu un avis de sagesse du gouvernement. «Dans la même saisonnalité que les producteurs adhérents, les coopératives qui conditionnent des fruits et légumes sont amenées à embaucher un grand nombre de saisonniers», arguent les sénateurs. A l'issue de l'examen du PLFSS à l'Assemblée, le gouvernement avait choisi de conserver plusieurs amendements dans la version qu'il s'apprête à transmettre au Sénat, dont celui accélérant la réforme du calcul des retraites agricoles sur les 25 meilleures années à 2026, et celui visant à exclure le TO-DE (saisonniers) des effets de la baisse de deux points du plafond des cotisations sociales des employeurs. Dans sa version initiale présentée début octobre, le PLFSS incluait déjà la pérennisation prévue du TO-DE et la hausse du plafond de 1,20 à 1,25 Smic pour bénéficier de l’exonération maximale de cotisations sociales des employeurs.
Saisonniers: l'Espagne facilite la régularisation de dizaines de milliers de migrants de plus par an
Le gouvernement de gauche espagnol a annoncé le 19 novembre l'adoption d'une réforme réglementaire qui va faciliter selon lui la régularisation de dizaines de milliers d'immigrés illégaux supplémentaires par an au cours des trois prochaines années. Selon des chiffres cités par la ministre de l'Inclusion et des migrations Elma Saiz, quelque 210 000 migrants étaient enregistrés fin 2023 dans les différentes démarches menant à la naturalisation aujourd'hui en Espagne, soit 85 000 personnes de plus qu'en 2022. Grâce à la réforme adoptée mardi, le gouvernement estime que jusqu'à 300 000 immigrés pourraient être régularisés chaque année au cours des trois prochaines années. «Comme nous l'avons répété à plusieurs reprises, divers organismes nationaux et internationaux (...) estiment que l'Espagne a besoin d'environ 250 000 à 300 000 travailleurs étrangers par an pour maintenir son niveau de vie», a insisté la ministre en conférence de presse. Cette réforme réglementaire prévoit notamment une réduction des délais et des formalités pour l'obtention des titres de séjour, le «renforcement» des droits des travailleurs migrants, l'extension de trois mois à un an de la durée du visa de recherche d'emploi et la création de nouveaux statuts ouvrant la voie à une régularisation.
Saisonniers : en Gironde, l'exploitation de travailleurs viticoles une nouvelle fois en procès
Trois personnes poursuivies par 25 de leurs anciens employés viticoles marocains comparaissaient le 19 novembre devant le tribunal correctionnel de Libourne (Gironde), pour répondre à des accusations de «traite d'êtres humains» dans le vignoble bordelais. Les deux principaux prévenus, un couple d'employeurs français, à la tête d'une société de prestation de travaux viticoles faisant l'intermédiaire entre saisonniers et châteaux, sont notamment poursuivis pour «traite» et «soumission à des conditions de travail indignes». Leur recruteur marocain comparaît uniquement pour «traite». Les victimes, recrutés au Maroc, avaient versé aux prévenus entre 8 000 et 10 000 euros pour venir travailler dans le vignoble entre janvier 2021 et janvier 2024. En échange, ces travailleurs immigrés s'étaient vu promettre un contrat de travail de quatre mois payé au Smic, un hébergement et un titre de séjour. Selon les enquêteurs, ces promesses n'ont jamais été réellement honorées: les contrats n'étaient pas remis, les semaines de travail allaient jusqu'à 62 h sans compensation financière, et des titres de séjour réguliers n'étaient jamais fournis. Les victimes étaient également hébergées dans «des conditions contraires à la dignité humaine», selon l'Inspection du travail.
Noisettes: Unicoque demande une dérogation de 120 jours pour l'acétamipride
Le président de la coopérative Unicoque (Lot-et-Garonne), Jean-Luc Reigne, a rencontré le 19 novembre la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, pour préciser les demandes de la filière noisette à la suite de la récolte française catastrophique cette année, provoquée par des attaques massives de punaises diaboliques et de balanin (ver de la noisette) et par une météo défavorable. Unicoque demande une dérogation de 120 jours (article 53 du règlement européen, sur les situations d'urgence) pour l'utilisation de l'acétamipride, néonicotinoïde autorisé en Europe, efficace contre les deux ravageurs, mais interdit en France en vertu de la loi Biodiversité de 2016. «La Draaf et la DGAL sont venus constater sur site la situation d'urgence, que ne discute pas la ministre», explique Jean-Luc Reigne à Agra Presse. Annie Genevard n'a pas rendu sa décision, mais aurait indiqué aux professionnels que leur filière était «la plus emblématique de la situation "d'absurdie" et de distorsion de concurrence» que subissent les agriculteurs. La filière demande par ailleurs un «fonds d'urgence», estimant ses pertes à 60 millions d'euros, équitablement réparties entre l'entreprise et les producteurs. Enfin, elle demande un soutien à son projet de recherche sur les parasitoïdes, commun à plusieurs autres filières fruits et légumes. Unicoque a déjà débuté un élevage, dont la montée en puissance pourrait prendre cinq ans, pour produire à terme 10 à 20 millions de parasitoïdes, contre 20 000 cette année.
Endives/chicorées: accès demandé à trois herbicides, dont un nouveau
Interrogée le 19 novembre à l'Assemblée nationale sur les effets économiques sur la production d'endives des retraits récents de deux herbicides (Bonalan et Safari), la ministre de l'Agriculture a indiqué qu'elle lui avait «apporté deux solutions sur trois», et qu'une demande d'autorisation était en cours pour un troisième produit. Annie Genevard a rencontré, il y a une dizaine de jours, l'Apef (producteurs), qui lui a fait part des trois demandes en question: de nouvelles dérogations de 120 jours pour les produits Viballa et Atic Aqua, et une demande d'autorisation de l'Avadex Factor, «dont l'examen est en cours», a précisé la ministre en séance. À date, l'Apef attend toujours une confirmation écrite de la DGAL (ministère de l'Agriculture) en ce qui concerne les deux dérogations, même si la ministre s'y est dite favorable lors de leur entretien. Les producteurs attendent des réponses en vue des semis du printemps prochain. Pour leur dernière campagne avec le Bonalan, ils ont augmenté les surfaces de 7% en 2024, avec une récolte attendue à 125 000 tonnes. À date, il restait encore un tiers de la production à récolter, les chantiers étant perturbés par les pluies récentes.
Cognac: projet d'export en vrac vers la Chine chez Hennessy, grève des salariés
Environ 500 à 600 salariés de la maison de cognac Hennessy, filiale de LVMH, ont fait grève le 19 novembre en Charente contre un possible projet d'export en vrac vers la Chine, censé contourner les surtaxes douanières de Pékin, a-t-on appris auprès des syndicats. Selon la CGT et FO, Hennessy prévoirait d'expérimenter l'export en cuve de son cognac afin de contourner des surtaxes évaluées à 35% sur les bouteilles vendues en Chine, deuxième marché pour ce spiritueux ultra-dépendant des exportations. «La direction nous a dit vouloir faire des tests sur du vrac en vue d'une future mise en bouteille en Chine effectuée par un prestataire» et non plus en France, a déclaré à l'AFP Frédéric Merceron, représentant FO chez Hennessy, confirmant des informations de La Tribune. «On imagine bien les retombées au niveau de l'emploi», a-t-il ajouté, parlant de «douche froide». «C'est une première pour une grande maison. C'est un vrai doigt dans l'engrenage», a souligné Matthieu Devers, délégué CGT, pour qui «les autres maisons vont suivre». Le mouvement de grève sur le site de Cognac (1100 salariés en CDI) est reconductible, précisent les syndicats. «Le dialogue social se poursuit», a déclaré à l'AFP une source proche de Hennessy. Un premier test d'exportation, d'ici fin 2024, doit mesurer si le produit reste «qualitatif» après transport, selon Matthieu Devers.
Pac/BCAE 7: ajout du critère de diversification sur le modèle de l'ancien «paiement vert»
Les professionnels n'étaient pas certains, à l'issue du comité de suivi du PSN (déclinaison nationale de la Pac) le 24 octobre, que le ministère de l'Agriculture allait bien notifier à Bruxelles le projet d'assouplissement de la BCAE 7 (conditionnalité) dédiée aux rotations tel qu'il venait de leur être présenté. Le cabinet de la ministre vient de confirmer à Agra Presse qu'elle sera bien assortie, comme annoncé, d'un critère de diversification des cultures – ce qui est permis par la modification du règlement européen opérée au printemps, après les manifestations agricoles. Le fonctionnement serait le suivant, reprenant celui de l'ancien «paiement vert»:pour les exploitations de 10 à 30 ha, la BCAE 7 imposerait «une diversification des cultures sur au moins deux cultures arables différentes dont la culture principale ne représente pas plus de 75% des terres arables». Pour les exploitations de plus de 30 ha de terres arables, «une diversification des cultures sur au moins trois cultures différentes en terres arables, dont la culture principale ne représente pas plus de 75% de ces terres arables et dont deux cultures principales ne couvrent pas plus de 95% des terres arables». Lors de la réunion, plusieurs représentants, dont ceux de la FNSEA et la Confédération paysanne avaient regretté une proposition «extrêmement compliquée». La Conf' s'agace de voir les demandes de «simplification» prises en réponse aux demandes de syndicalisme majoritaire «compliquer finalement la réglementation existante, tout ça pour favoriser les monocultures».
Eau potable/pesticides: une PPL écolo renforce la protection des captages et son financement
Une proposition de loi (PPL) visant «à protéger durablement la qualité de l’eau potable» a été déposée le 29 octobre à l’Assemblée nationale. Le texte, composé de six articles, est porté par le député Jean-Claude Raux (Groupe écologiste et social, Loire-Atlantique) et cosigné par plus de 70 élus de gauche et écologistes. L’article premier rend systématique la délimitation d’aires d’alimentation des captages (AAC) assortie d’un «programme pluriannuel d’actions» pour préserver la qualité de l’eau. De plus, il «interdit» les engrais azotés minéraux et les produits phytopharmaceutiques de synthèse dans les AAC «à compter de 2030». L’article 4 prévoit la mise en œuvre, par les agences de l’eau, d’un «dispositif pluriannuel d’accompagnement à la transition agroécologique et de compensation» pour les exploitations situées dans les AAC. Pour financer ces actions, la PPL, dans son article 5, propose «une élévation de 50% des taux de la redevance pour pollutions diffuses (RPD)», selon l’exposé des motifs. Quant à l’article 6, il prévoit que le taux de la taxe sur les produits phytopharmaceutiques n’est plus plafonné mais «au moins égal» à 3,5% du chiffre d’affaires des fabricants.
Environnement: les infractions pour dépôts de déchets sauvages en forte hausse
Le nombre d'infractions liées aux dépôts de déchets sauvages constatés par la gendarmerie a augmenté de 85% entre 2017 et 2021, rapporte l’AFP le 19 novembre. Ce chiffre émane du Commandement pour l’environnement et la santé (Cesan) de la gendarmerie nationale, lors d’un débat au congrès des maires de France. Le dépôt de déchets sauvages fait partie de la «délinquance environnementale», au même titre que le la pêche et la chasse illégales. Un phénomène qui «pourrit la vie» des élus locaux, selon Charlotte Blandiot-Faride, vice-présidente de l'Association des maires de France. Les maires se sentent souvent démunis pour réagir, face à des procédures complexes. Les déchets ne représentent pas moins de 200 infractions dispersées dans différents codes, et 70 catégories d'agents peuvent rechercher et constater ces atteintes. «Il y a 400 000 normes qui pèsent sur nos épaules, on ne peut pas tout savoir», estime Arnaud Dumontier, maire dans l’Oise et conseiller chargé des élus au Cesan. Pour accompagner les maires, le Cesan a développé une boîte à outils via l’application "Gend’élus" et mise sur la formation des gendarmes pour sanctionner mais aussi sensibiliser le public.
Elevage: proposition de création d’un intergroupe dédié, au Parlement européen
La campagne officielle pour la création au Parlement européen d’un intergroupe sur l’élevage durable a été lancée le 19 novembre. Ce projet est porté par trois eurodéputés, le Belge Benoît Cassart (Renew), l’Autrichien Alexander Bernhuber (PPE) et l’Italienne Maria Grapini (S&D) avec notamment le soutien de LivestockVoice (le lobby européen du secteur de l’élevage). «Nous avons besoin d’un dialogue scientifique, de vaincre la désinformation et d’aider nos agriculteurs dans une transition écologique raisonnable», justifie Benoît Cassard. La semaine prochaine, les groupes politiques du Parlement européen décideront quels sont les intergroupes qu’ils soutiendront. Pour voir le jour, un intergroupe doit obtenir la signature d’au moins trois groupes politiques, ces derniers disposant d’un nombre limité de signatures en fonction de leur poids. Les intergroupes sont des lieux d’échanges de vues informels, sur des sujets précis, reconnus par le Parlement européen. Quelque 27 intergroupes avaient été créés lors de la précédente mandature sur des thèmes comme : le bien-être animal; la biodiversité, la chasse et la campagne; le climat le biodiversité et le développement durable; ou encore les zones rurales et montagneuses.
Viandes : une mission parlementaire sur l’abattage, rapport attendu en mars
Au rythme d’au moins deux auditions par semaines depuis la mi-octobre, les députés Thierry Benoît (apparenté Horizons) et Christophe Barthès (Rassemblement national) prévoient de remettre en mars leur rapport sur les problématiques économiques de l’abattage. Les deux rapporteurs devraient d’ici-là «effectuer deux déplacements en province sur des sites d’abattage afin d’aller à la rencontre des acteurs sur le terrain», informe le collaborateur parlementaire de Thierry Benoît, député de la 6e circonscription d’Ille-et-Vilaine (Fougères). Ils s’informent sur la réduction des cheptels, la situation économique de différents types d’abattoirs et le bilan des précédents plans abattoirs, d’après la note de cadrage de cette mission créée en septembre 2024 au sein de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale à l’initiative du groupe RN. Ils s’intéressent aussi au mode d’abattage, précise le collaborateur du député breton. A préciser que le corapporteur Christophe Barthès (1e circonscription de l’Aude, au nord-est de Carcassonne) a remplacé Hélène Laporte (2e circonscription du Lot-et-Garonne) à la fin octobre.
Lait/vétérinaires: le Cniel se rapproche d'une école véto pour promouvoir la rurale
Le Cniel (interprofession laitière) a signé une convention de partenariat avec l’école nationale vétérinaire de Toulouse, annonce un communiqué du 19 novembre. Ce partenariat comprend la mise à disposition de la plateforme pédagogique du Cniel «élevage laitier-visite guidée». D’autres écoles vétérinaires devraient suivre dans les mois qui viennent. Des annonces sont attendues au Salon international de l’agriculture. L’école de Toulouse est la première école vétérinaire à établir un partenariat avec le Cniel. Déjà proposée dans l’enseignement agricole, la plateforme «offre une visite interactive précise et technique d’une ferme laitière et permet de comprendre son quotidien», indique le communiqué. «Les participants ont accès à des vidéos tournées au sein de la ferme avec l’éleveur et son vétérinaire, ainsi qu’à la documentation de l'exploitation, mise à disposition par l'éleveur», est-il précisé. La mise à disposition de la plateforme pour les étudiants vétérinaires va «permettre de promouvoir au sein de l’enseignement vétérinaire la production laitière et le métier de vétérinaire en milieu rural», explique le président du Cniel Pascal Le Brun, dans le communiqué.
Métropoles : Lyon, cinquième grande ville à rejoindre le réseau de la Fnab
Le réseau de collectivités Territoires Bio Pilotes annonce, à l’occasion du Salon des maires à Paris, l’intégration de Lyon Métropole. Ce réseau créé en 2015 à l’initiative de la Fnab (agriculture biologique) rassemble une trentaine de collectivités, dont les métropoles de Rennes, Nantes et Le Havre Seine et Grenoble Alpes. Lyon Métropole représente 58 communes et 1,4 million d’habitants. Selon sa majorité écologiste, elle «assume un objectif fort de production bio sur le territoire» et consacre un budget de 1 million d’euros au développement de filières biologiques, dans le cadre d’un plan de soutien voté en septembre 2023 par le conseil métropolitain. Ce plan vise en particulier à développer le maraîchage et l’arboriculture bio et à structurer des filières de proximité. Il rehausse notamment de 6000 euros le plafond des aides à la conversion, porté à 24 000 €, sur des parcelles déjà engagées ou nouvellement engagées. Philippe Camburet, président de la Fnab, se félicite dans le communiqué «qu’une métropole aussi grande que celle de Lyon s’engage fortement vers l’agriculture biologique». C’est, déclare-t-il, «un signal fort lancé à toutes les collectivités en France».
Restauration collective : l’atteinte des objectifs «Egalim» semble stagner (ministère)
La part d’approvisionnement de la restauration collective en produits durables et de qualité selon la définition et les objectifs fixés par la loi Egalim a été de 25,3% dont 12,1% en produits bio selon les télédéclarations pour 2023 ; des chiffres «en légère baisse» par rapport à l'an passé (27,5-29% de produits Egalim, 13% de bio), qui s’expliquent «par l’augmentation du nombre de nouveaux déclarants», selon un communiqué du ministère de l’Agriculture. Le nombre de télédéclarations a en effet doublé cette année, s’est félicitée Annie Genevard, qui s’exprimait le 15 novembre à l’ouverture du comité du Conseil national de la restauration collective (CNRC). Pour autant, elles ne représentent que 21% des sites de restauration collective, et la ministre a souhaité que les télédéclarations montent en puissance. La ministre a aussi souhaité que la restauration collective, publique et privée, atteigne rapidement l’objectif Egalim de 50% d’approvisionnements durables et de qualité dont 20% de produits bio, sans pour autant prendre de nouvelles mesures en ce sens. «Dans une période de crises et de difficultés pour notre agriculture, il est essentiel que la restauration collective soit au rendez-vous des objectifs fixés par la loi», a-t-elle déclaré. Le bilan statistique de la télédéclaration 2024 (sur les approvisionnements de 2023) est en cours de finalisation et sera disponible dans la rubrique documentation du site ma cantine.
Solaire: la Caisse des Dépôts finance Reden pour 900 MW très agrivoltaïques
Le producteur d’énergie Reden et la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts) ont signé le 19 novembre un partenariat visant à financer sur trois ans des centrales photovoltaïques d'une capacité totale de 900 MW. «Notre objectif d’investissement s’élève à 750 M€», précise à Agra Presse Frank Demaille, président-directeur général de Reden. L’accord s’appuie sur une joint-venture, détenue par Reden à hauteur de 51 % et par la Banque des Territoires à 49 %. Cette «plateforme d’investissement», Reden Territoires, doit donner naissance à des projets photovoltaïques, «avec un portefeuille initial d’une capacité de 148 MW et l’objectif d’atteindre 750 MW supplémentaires d’ici trois ans», selon un communiqué commun. Les premiers chantiers sont prévus à partir de décembre, précise Frank Demaille. Une moitié des 900 MW concerne des projets agrivoltaïques en élevage (ovins, bovins) voire en grandes cultures. Reden possède aujourd’hui 50 MW de capacité dans ce type d’installations. L’autre moitié des 900 MW concerne des serres agrivoltaïques (150 MW) et des centrales au sol. Reden, fondé en 2008 dans le Lot-et-Garonne, revendique 1 GW de puissance installée dans neuf pays en Europe et sur le continent américain.
Fruits et légumes : Jacques Rouchaussé annonce son départ du CTIFL
Après neuf années à la présidence du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), Jacques Rouchaussé en a annoncé son départ le 19 novembre à la Maison des fruits et légumes. Plusieurs anciens ministres de l’Agriculture étaient venus «rendre hommage» à la carrière de M. Rouchaussé: Marc Fesneau qui a souligné que la «filière avait été la première, et parfois la seule, à porter la question de la souveraineté alimentaire» ; Stéphane Travert, ; et Julien Denormandie. Revenant sur son mandat au sein du CTIFL, M. Rouchaussé a rappelé son envie originelle de «redonner ses lettres de noblesse» à l’organisme interprofessionnel, en évitant toutefois que la prise de décision passe par «une tour d’ivoire» centralisée. Et de prévenir qu’à l’avenir, il s’agirait de mettre les «bouchées doubles» en matière d’innovation (technique de l'insecte stérile, robotisation) avec notamment la nécessité pour les pouvoirs politiques d’apporter des «budgets supplémentaires» à la filière. À titre d’exemple, M. Rouchaussé a notamment cité l’existence de robots cueilleurs de fruit, que «la Chine et la Hollande ne peuvent être les seuls pays à acquérir».