Agrafil du 1er octobre 2021

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PLF 2022: les chambres déçues de ne pas obtenir d'engagement de stabilité budgétaire

«Nous n'arrivons pas à avoir un engagement de l'Etat sur la stabilité budgétaire, c'est extrêmement décevant», a déploré Sébastien Windsor, le président de l'APCA (chambres d'agriculture), lors d'une conférence de presse le 30 septembre. Les ressources des chambres prévues dans le projet de finances (PLF) pour 2022 sont stables, mais le réseau consulaire – qui a entamé la mise en œuvre de son plan stratégique pour 2025 – demande «une visibilité budgétaire sur trois ans au moins». Selon M. Windsor, «on n'a jamais eu autant besoin qu'aujourd'hui d'accompagner les agriculteurs». Et d'illustrer: «Nous avons 90 ETP (équivalents temps plein, NDLR) mobilisés sur la réduction des traitements phytosanitaires. Avec le conseil stratégique sur les phytos, nous voulons embaucher une centaine de personnes en plus demain.» Deuxième sujet d'agacement pour l'APCA: la réforme du statut des salariés des chambres, qui date de 1952 et manque d'attractivité, selon les élus. Le gouvernement a jusqu'à juin 2022 pour publier une ordonnance prévue par la loi Asap, permettant de démarrer les négociations. Or, «les organisations syndicales [de salariés] et nous-mêmes sommes déjà prêts à travailler», presse Christophe Hilairet, le secrétaire général de l'APCA.

Influenza aviaire: les mesures de prévention sont parues au Journal officiel

Le ministère de l'Agriculture a fait paraître au Journal officiel le 30 septembre deux arrêtés renforçant les mesures de prévention contre l'influenza aviaire hautement pathogène. Le premier (n°54) crée des «zones à risque de diffusion» correspondant aux secteurs à forte densité de volailles (539 communes de l'Ouest et du Sud-Ouest) où la probabilité de propagation du virus est «supérieure au reste du territoire». Dans ces ZRD, en cas de passage en risque influenza «modéré», les palmipèdes de moins de 42 jours sont mis à l'abri «pendant toute la durée d’élevage du lot jusqu’à ce que le niveau de risque soit qualifié de «négligeable»». Le second texte (n°55) instaure des mesures de biosécurité en volailles dépassant le cadre de la seule influenza aviaire. En plus d'acter la fin de la dérogation à la mise à l'abri pour les élevages de moins de 3200 volailles, il précise les conditions de mise à l'abri des animaux selon leur espèce et leur mode d'élevage. D'après cet arrêté, le recensement des détenteurs professionnels de volailles et la déclaration des mouvements d'animaux devra se faire «par voie électronique». Par ailleurs, le texte instaure un audit annuel de biosécurité pour les éleveurs. Quant aux organisations de producteurs (OP), elles doivent désormais prévoir un «système de management de la biosécurité».

PLFSS 2022: la MSA salue plusieurs avancées pour les agriculteurs et sur le FIVP

La Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA) a donné un avis favorable au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2022, informe un communiqué le 29 septembre. Réuni en séance exceptionnelle ce même jour, le conseil d’administration de la CCMSA a salué plusieurs mesures en faveur des non-salariés agricoles: l’attribution d’indemnités journalières de paternité en cas d’impossibilité de remplacement; l’indemnisation des ayants droits en cas de décès dans le contexte professionnel ou privé (dont suicide); une mesure permettant à la MSA de lutter contre la désinsertion professionnelle en soutenant les agriculteurs ayant des difficultés de santé ou professionnelles. La CCMSA se dit aussi «satisfaite» de plusieurs propositions portant sur le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP): élargissement du périmètre du fonds aux médicaments antiparasitaires vétérinaires; prolongation d’un an du dispositif dit «de rattrapage» - pour que les victimes puissent déposer une demande malgré les délais de prescription; possibilité d’appliquer les tableaux de maladies professionnelles du régime agricole aux salariés agricoles ultramarins.

Plan d'investissement France 2030: la Coopération agricole avance ses demandes

La robotique, le numérique, ainsi que le couple génétique-biocontrôle sont les trois axes stratégiques que veut pousser la Coopération agricole dans le cadre du futur plan d’investissement France 2030, a indiqué Dominique Chargé, président de l’organisation lors d’une conférence de presse le 29 septembre. La robotique «pour faire face au déficit de la main-d’œuvre, mais également pour développer l’agriculture et l’industrie de précision», le numérique dans une logique de traçabilité et de valorisation des données, la génétique pour la recherche de nouvelles variétés mieux adaptées aux changements climatiques; ou encore le biocontrôle «pour proposer des alternatives aux intrants chimiques qui soient économiquement viables», a-t-il détaillé. Il reste encore à définir les priorités au sein de chaque axe et à chiffrer concrètement les besoins d’investissement.  «Ces trois axes forts sont le chemin que nous devons définir pour atteindre une croissance durable et restaurer la souveraineté alimentaire de la France en maintenant la compétitivité et en accélérant l’ensemble des transitions des filières agricoles et agroalimentaires», résume Dominique Chargé. Pour lui, aucun doute, «aux côtés de la santé, l’agriculture et l’agroalimentaire doivent être les priorités du gouvernement».

ICHN: un tribunal administratif réintègre 18 communes au zonage en Côte-d'Or (FDSEA)

Selon un communiqué de la FDSEA de Côte-d'Or paru le 28 septembre, un tribunal administratif vient d'annuler l'exclusion de dix-huit communes du département des zones défavorisées simples (ZDS) dans lesquelles les agriculteurs peuvent bénéficier de l'Indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). La FDSEA demandait, avec neuf exploitants concernés, la réintégration de 35 communes de la petite région des Hautes Côtes - Vallée de l'Ouche, exclues depuis 2019 «sous prétexte de la valeur trop élevée de la production brute standard due à la présence de l'activité viticole sur ce secteur». Selon la FDSEA, l'activité agricole de ces communes «ne repose pas essentiellement sur la viticulture», ce qui justifie leur réintégration dans les ZDS. Le ministère de l'Agriculture n'a pas précisé s'il faisait appel de cette décision. Dans ce département, le projet de révision du zonage avait fait l'objet de rudes négociations dès 2016, rappelle la FDSEA. Elles avaient abouti à la réintégration de plusieurs petites régions (la Vallée, Tonnerrois, une partie de l’Auxois, du Val de Saône et de la Vingeanne). A l'échelle nationale, la nouvelle cartographie avait abouti à augmenter de 13% le nombre de bénéficiaires pour atteindre 59 400 agriculteurs, en en excluant au passage environ 5000.

Influenza: la Conf' et le Modef dénoncent des règles «mortifères» pour le plein air

«Le ministère interdit l'élevage plein air de volailles en France», martèlent la Confédération paysanne et le Modef dans un communiqué le 30 septembre, en référence aux deux arrêtés parus au JO le même jour sur les nouvelles mesures de prévention face à l'influenza aviaire. Des nouvelles règles «contreproductives pour lutter contre la grippe aviaire», et qui «vont à l'encontre du bien-être animal et de la santé en élevage», estiment les syndicats minoritaires. Les textes prévoient un recours renforcé à la claustration des volailles en période à risque, ainsi que la fin de la dérogation à la claustration accordée aux élevages de moins de 3200 animaux. «Ils créent un droit de produire pour les industriels et une impossibilité à produire pour les éleveurs et éleveuses plein air», déplorent la Conf' et le Modef. Et d'enfoncer le clou: «Non, un élevage claustré neuf mois sur douze, comme ce fut déjà le cas cette année, ne peut plus être qualifié de «plein air»». Les organisations s'opposent aussi à «l’accord interprofessionnel adopté par le Cifog», qui «impose pour les palmipèdes l’obligation de pouvoir claustrer à tout moment».

Amidonnerie: la hausse des matières premières et de l’énergie menace la compétitivité

L’industrie amidonnière voit sa compétitivité fragilisée par une conjoncture «de triple hausse des prix des matières premières, du transport et de l’énergie», a indiqué l’Usipa, le syndicat des amidonniers, le 30 septembre lors de sa conférence de presse annuelle. «Le secteur pâtit d’une hausse sans précédent de nos coûts de fabrication et de distribution.» Le coût de la matière première représente en effet 40 à 60% du coût de production de l’amidon. Les cours du blé demeurent très instables, à la hausse. En un an, «l’augmentation a été de 40%». «L’amidonnerie française, industrie de volume» (elle absorbe 6 Mt de céréales et pommes de terre), est aussi particulièrement affectée par la désorganisation du transport en raison de la pénurie de conducteurs de camions. Quant au fret maritime, son prix a bondi de 86% en un an. Les délais de livraison sont rallongés du fait de la pénurie de conteneurs. Or, cette industrie dépend des transports: elle a réalisé 74% de son chiffre d’affaires à l’export en 2020, dont un tiers hors UE. «La décarbonation de notre industrie ne se fera que si nous sommes compétitifs», a souligné Marie-Laure Empinet, présidente de l’Usipa.

AgroParisTech: 200 opposants manifestent rue de Varenne contre la vente de Grignon

«Notre blé vaut plus que le vôtre»: plus de 200 personnes – étudiants, agronomes, syndicalistes et élus (dont Jean-Luc Mélenchon) – ont manifesté le 30 septembre près du ministère de l'Agriculture contre la vente du domaine de Grignon au promoteur Altarea Cogedim, a constaté l'AFP. Le domaine de Grignon, qui forme des agronomes depuis 200 ans, abrite l'école d'ingénieurs agronomes AgroParisTech et des chercheurs. Mais l'école doit déménager pour rejoindre le grand pôle scientifique Paris-Saclay en 2022. Pour lui succéder sur le site, l'Etat a retenu le projet d'Altarea Cogedim, qui était en concurrence notamment avec le projet alternatif Grignon 2026, porté par une association d'anciens élèves et soutenu par la communauté de communes Coeur d'Yvelines. «Il est encore temps de lever le stylo», a lancé Mathieu Baron, délégué général de Grignon 2026, à l'adresse du ministère de l'Agriculture, qui devait signer le 30 septembre un compromis de vente avec Altarea, «repoussé au 31 décembre». Grignon 2026, qui conteste la légalité d'une partie de la vente par l'Etat, entend porter plainte dans les prochains jours devant le tribunal.

Hectar: Christophe Naudin nommé «paysan-directeur» de la ferme pilote

Christophe Naudin, agriculteur dans l’Essonne, vient d’être nommé «paysan-directeur» de la ferme pilote d’Hectar, le campus agricole fondé par Audrey Bourolleau et Xavier Niel. À 39 ans, ce natif de Fontainebleau aura la responsabilité de la ferme pilote de 250 hectares en polyculture de céréales et élevage bovin, située dans les Yvelines, au cœur du Parc naturel régional de la vallée de Chevreuse. En 2013, lorsqu’il reprend la ferme familiale, il opte pour l’agriculture de conservation des sols. Dans cet esprit, il s’est engagé dans l’association Apad (Association pour la promotion d’une agriculture durable), activité qu’il vient de quitter pour se consacrer entièrement à son nouveau poste.

Agenda de la semaine agricole du 4 octobre

Lundi 4 octobre
La Commission mixte paritaire (CMP) étudie la PPL Egalim 2
Colloque de l'association Bon pour le climat, sur la mesure de l'impact de l'alimentation

Mardi 5 octobre
Sommet de l'élevage à Cournon, jusqu'à vendredi
Les sénateurs de la mission sur l'enseignement agricole rendent leur rapport
Examen du PLF pour 2022 (1re partie) par les députés de la commission des Finances
Salon Fruit attraction jusqu'à jeudi, à Madrid
Point presse du Synalaf (volailles label) dans les Landes

Mercredi 6 octobre
Conférence de presse du CNPO (œufs)
Conférence de presse de CCFD-Terre solidaire
Conférence de presse de la Coordination rurale, au Sommet de l'élevage

Jeudi 7 octobre
Examen de la PPL Ticket restaurant étudiant par les députés en séance publique
Colloque du Ser (énergies renouvelables)
Conférence de presse du SGV (champagne)
Conférence de presse sur la vaccination du SIMV (médicaments vétérinaires)
Conférence de presse de la Fict (charcutiers)

Vendredi 8 octobre
Conférence de Coop de France sur les attentes des consommateurs et le numérique