Agrafil du 1er septembre 2025

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Sécheresse : 45 départements placés en crise, deux fois plus que l'an dernier

Quarante-cinq départements de France métropolitaine, en tout ou partie, se trouvent en crise sécheresse, entraînant d’importantes restrictions d’accès à l’eau, a annoncé le ministère de la Transition écologique après la réunion du comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) le 22 août. C’est plus du double par rapport à 2024 (où 21 département étaient au niveau crise à la même période), mais proche de 2023 (année de sécheresse extrême, où 48 départements étaient en crise à la même date). Les départements concernés se situent principalement dans les régions Limousin et Centre, ainsi que Languedoc-Roussillon, selon le site gouvernemental VigieEau. Pour rappel, seuls les usages prioritaires (alimentation en eau potable, santé, sécurité civile) sont autorisés au niveau crise. Les prélèvements sont interdits pour l'agriculture (totalement ou partiellement), pour certains usages domestiques et pour les espaces publics. En plus de ces 45 départements au niveau crise, 22 sont pour tout ou partie en alerte renforcée (contre 9 en 2024 à la même date et 22 en 2023), 16 sont en alerte (contre 14 en 2024 et 2023) et 11 sont en vigilance (contre 11 en 2024 et 9 en 2023). Cette sécheresse marquée intervient après un été particulièrement chaud et un printemps déficitaire en pluie dans un grand nombre de régions, illustrations du changement climatique.

Pommes/poires : l'ANPP « optimiste », avec une production 2025 en légère hausse

À l’occasion du lancement de la campagne pommes et poires 2025, le 28 août, l’ANPP (producteurs de pommes et de poires) a annoncé une production de pommes en hausse (+3,6 %) à 1,485 millions de tonnes (Mt), avec « un taux de sucre estimé supérieur à l’année passée ». L’offre reste toutefois « à confirmer » en raison du risque d’attaques de pucerons. « Le lancement de campagne me laisse optimiste, avec la possibilité de transformer le plomb en or », a souligné son président, Daniel Sauvaitre. En matière de pommes transformées, le marché français est en croissance, notamment en valeur, dans une offre européenne en repli. Si la partie consacrée à l’industrie n’est pas encore connue, l’ANPP constate que la consommation hexagonale de pommes se répartie à parts égales ente pommes fraîches et pommes transformées. Côté bio, la situation reste fragile, marquée par une « légère érosion » des volumes achetés comme des sommes dépensées. L’ANPP observe toutefois un « frémissement » de la consommation, en particulier dans les magasins spécialisés. Elle estime que le marché de la pomme bio pourrait retrouver son équilibre d’ici 2029. La production de poires est quant à elle estimée à 140 000 t, supérieure à la moyenne, avec une plus grande offre de poires d’automne et d’hiver que de poires d’été.

Sucre : l’Autorité de la concurrence valide le rachat d’une sucrerie par Cristal Union

D’après un communiqué du 29 août, l’Autorité de la concurrence a validé les conditions de rachat par Cristal Union de la sucrerie de Lesaffre Frères basée à Nangis (Seine-et-Marne). Pour rappel, Cristal Union avait annoncé l’opération début février. « À l’issue d’un examen des effets de l’opération sur les marchés concernés, l’Autorité a pu écarter tout risque d’atteinte à la concurrence du fait de l’opération et a autorisé cette acquisition sans conditions », peut-on lire dans le communiqué. L’institution a procédé à une analyse du marché de la betterave et du sucre industriel. Du côté de la betterave, l’Autorité explique que les producteurs se situant dans le bassin d’approvisionnement de l’usine de Nangis, sans débouchés alternatifs avant l’opération, ne voient pas leur situation affectée du fait du rachat. La justification : l’usine de Cristal Union la plus proche se situe à plus de 80 km de celle de Nangis, soit à une distance supérieure à la zone de collecte moyenne, qui est de 30 km. Concernant le sucre, Cristal Union, groupe de dimension internationale, continuera de se frotter à une forte concurrence, émanant « de Südzucker, Tereos, Nordzucker ou encore Pfeifer & Langen ».

Spiritueux : Rémy Cointreau revoit à la baisse l'impact des taxes douanières américaines

Rémy Cointreau a annoncé le 29 août revoir à la baisse l'impact des taxes douanières américaines sur ses résultats après l'accord conclu en juillet entre les États-Unis et l'UE sur un taux de 15 % appliqué aux vins et spiritueux, contre 30 % initialement prévu. Le groupe, particulièrement dépendant du cognac et du marché américain, estime désormais que les taxes douanières américaines auront un impact négatif de 20 M€ sur son résultat opérationnel courant, contre 35 M€ dans ses précédentes estimations. Rémy Cointreau s'attend donc désormais à une baisse « modérée, à un seul chiffre » de son résultat opérationnel courant en 2025-2026 par rapport à l'exercice précédent, contre une baisse auparavant attendue « à un seul chiffre, modérée à élevée ». « Ces estimations tiennent compte des plans d'actions mis en œuvre pour atténuer les effets négatifs des droits de douane additionnels », qui « intègrent une augmentation des investissements aux États-Unis et en Chine », selon un communiqué. L'UE avait annoncé le 21 août avoir échoué à obtenir une exemption de surtaxes douanières américaines sur les vins et spiritueux. Avant ces mesures décidées par le président américain Trump, les vins et spiritueux européens entrant aux États-Unis étaient très peu taxés.

Énergies renouvelables : la crise politique met en péril la publication de la feuille de route

La crise politique en France et un François Bayrou en sursis mettent en péril la publication de la feuille de route énergétique du pays, promise avant la fin de l'été. La troisième Programmation pluriannuelle énergétique (PPE) vise à sortir des énergies fossiles et à atteindre la neutralité carbone en 2050. Le gouvernement s'était engagé à publier « avant la fin de l'été » un décret sur cette PPE3, mais le sujet déchire la classe politique en raison de divergences sur la place du nucléaire et des énergies renouvelables dans le mix énergétique. La situation est d'autant plus complexe qu'un autre texte sur l'avenir énergétique de la France, la proposition de loi dite Gremillet, censée aider l'exécutif à finaliser son décret, doit reprendre sa navette parlementaire à la rentrée. Marc Ferracci, ministre de l'Énergie, qui n'a pas ménagé ses efforts pour sortir le décret, avait indiqué que le texte n'attendrait pas la fin de la navette de la PPL Gremillet. Mais sa parution fin juillet a été reportée par le Premier ministre, François Bayrou assurant vouloir le publier en « août, septembre ». Au ministère de l'Énergie, on pousse pour une publication avant le 8 septembre, date du vote de confiance du gouvernement Bayrou. « Il y a un plaidoyer très, très important pour une publication de la PPE avant le 8 pour pouvoir avancer ce dossier qui traîne depuis quatre ans », selon l'entourage de Marc Ferracci.

Incendies en Espagne : vers une répartition équitable des aides de la Pac (ministre)

Le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas, a assuré sur la chaîne RTVE que les aides de la Pac seront distribuées de manière « parfaitement égales » à tous les agriculteurs touchés par les incendies qui ont ravagé le pays, rapportent nos confrères d’Efeagro le 21 août. Depuis le début de l’été, près de 350 000 ha ont brulé dans la péninsule ibérique, ce qui constitue un record pour le pays, selon le Système européen d’information sur les feux de forêts. Le ministre s’est dit particulièrement préoccupé par les conséquences des incendies sur la viticulture en Ourense (Galicie), la culture du blé en Castille-et-Léon, ainsi que sur l’arboriculture (oliviers, amandiers, agrumes) dans les zones sinistrées. Concernant l’élevage, M. Planas estime que la principale difficulté résultera moins des pertes de bétail que de la disparition de nombreuses zones de pâturage. Résultat : les éleveurs devront acheter des fourrages, ce qui entraînera « logiquement » un coût supplémentaire, a-t-il indiqué. Dans sa dernière mise à jour datée du 21 août, le pool d’assureurs Agroseguro a chiffré à 19 100 ha la surface des cultures détruites en Espagne en 2025. Soit une perte de plus de 600 M€ selon la Coag, premier syndicat agricole d’Espagne. Pour l’heure, la surface agricole touchée reste « très limitée », a indiqué Luis Planas, qui avertit toutefois que la situation peut encore évoluer.

Addendum à l'agenda agricole de la semaine du 1er septembre 2025

Mercredi 3 septembre
Conférence de presse de rentrée de la Confédération paysanne