Attal donnera une conférence de presse mercredi, le feu couve toujours dans les campagnes
Le Premier ministre Gabriel Attal tiendra une conférence de presse consacrée à la crise agricole mercredi 21 février à Matignon, trois jours avant l'ouverture du Salon de l'agriculture, a annoncé son entourage le 19 février. Trois semaines après une longue vague de manifestations, le chef du gouvernement évoquera la réécriture du projet de loi d’orientation agricole (PLOA), suspendu au début de la crise, ainsi que le suivi et l'exécution des mesures annoncées par le gouvernement, précise la même source, selon l’AFP. Plusieurs manifestations ont eu lieu le 19 février à l’appel de la FNSEA et des JA, notamment dans la Marne, à Dunkerque et à Marseille. «La colère [des agriculteurs] est toujours là» et l'attente vis-à-vis du gouvernement «est très forte», a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, sur Europe 1 le 19 février. Il rencontrera le chef de l’État, avec les JA, le 21 février. Lors de l'inauguration du Salon de l'agriculture samedi 24 février, Emmanuel Macron devra annoncer «ce qu'est sa vision de l'agriculture des prochaines années et ce qu'on fait tout de suite», a-t-il avancé. De son côté, José Perez, co-président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, a prévu de «bousculer» les visites du président de la République et des ministres au salon, afin de «leur dire qu’ils n’ont rien à faire ici», lance-t-il auprès de France 3 Nouvelle-Aquitaine, tout en ciblant également «la MSA et les banques».
Commission européenne: Ursula von der Leyen officialise sa candidature à un second mandat
Comme attendu, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a officiellement annoncé, le 19 février à Berlin, sa candidature pour un second mandat. Elle fait office de favorite pour reprendre le poste à l’issue des élections européenne qui se tiendront du 6 au 9 juin. Son parti politique, le Parti populaire européen (PPE), au sein duquel se trouvent Les Républicains en France, est déjà la principale force au Parlement européen et est en tête des sondages. De plus, une majorité de chefs d'État et de gouvernement au sein de l'UE en sont aussi membres. Les sondages font aussi état d'une forte poussée du groupe Identité et démocratie (ID), qui réunit le Rassemblement national, le Vlaams Belang belge, l'AfD allemand ou encore le FPÖ autrichien. ID pourrait devenir le troisième groupe dans l'hémicycle derrière le PPE et les sociaux-démocrates, passant devant les centristes de Renew, lesquels semblent au coude-à-coude avec l'autre groupe de droite radicale, les conservateurs de l’ECR. Ce groupe organisé autour de Fratelli d'Italia (parti de Giorgia Meloni), du parti polonais Droit et justice (PiS) et de l'espagnol Vox, vient d’accueillir les Français de Reconquête et pourrait prochainement intégrer le Fidesz du premier ministre hongrois Viktor Orban.
Européennes: céréalière et élue professionnelle, Céline Imart n°2 sur la liste LR
Céréalière dans le Tarn, Céline Imart sera en deuxième place sur la liste Les Républicains (LR) pour les élections européennes du 9 juin, derrière l’eurodéputé sortant François-Xavier Bellamy, a annoncé le patron du parti Éric Ciotti au Figaro le 18 février. Âgée de 41 ans, cette diplômée de Sciences Po Paris et de l'Essec a repris la ferme familiale en 2010, après plusieurs expériences en entreprises. Elle a par ailleurs été vice-présidente nationale des Jeunes agriculteurs de 2014 à 2018, puis élue nationale à l’AGPM (maïsiculteurs, FNSEA) depuis 2019. Depuis 2022, Céline Imart était porte-parole de l’interprofession céréalière Intercéréales – un poste duquel elle s’est «mise en retrait» depuis l’officialisation de sa candidature, précise l’organisation à Agra Presse. Dans un entretien au Figaro (article payant), Céline Imart se définit comme «une femme de terrain, de la ruralité, passionnée d'agriculture et engagée depuis plusieurs années pour défendre le monde agricole et ses filières». Elle «porte pour nous un message d’enracinement, de compétences et de renouvellement», estime de son côté Éric Ciotti, dans son propre entretien (article payant). «À travers elle, j’ai voulu donner la parole à tous ceux qui se battent notamment en zone rurale pour enrayer le déclin de la France.»
Viande bovine: Pékin lève son embargo sur les importations espagnoles
L’administration générale des douanes de Chine et le ministère chinois de l'Agriculture et des affaires rurales ont conjointement levé des restrictions à l'exportation de la viande bovine désossée espagnole de moins de 30 mois vers la Chine. Cette annonce a été rendue publique le 18 février par Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, et Juan Manuel Albares, son homologue espagnol, à l’occasion d’une visite diplomatique chinoise en Espagne. Pékin déclare avoir pris cette décision «sur la base des résultats de l'évaluation des risques». Les annonces concernant les exigences en matière d'inspection et de quarantaine seront formulées dans un second temps. «Si l'on prend en compte la taille du marché chinois, l'impact sera extraordinairement positif», s’est félicité le ministre des Affaires étrangères espagnol. Depuis l’an 2000, la Chine impose une interdiction d'importation sur la viande bovine de l'UE en raison de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), et seuls cinq États membres de l’UE ont jusqu'à présent été autorisés à exporter de nouveau de la viande bovine vers l'empire du Milieu (France, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie).
Pesticides: la justice américaine annule l’homologation de produits au dicamba
Un tribunal fédéral de l’Arizona a annulé, le 5 février, l’homologation de trois produits phytosanitaires contenant la substance active dicamba, utilisés en post-levée sur des cultures de coton et soja tolérantes à l’herbicide. La décision repérée par nos confrères de Ouest-France concerne les produits XtendiMax, Engenia and Tavium dont l’homologation avait été annulée, puis rétablie en 2020. La cour a estimé que, en ré-autorisant les produits, l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) «a violé les obligations de notification et de commentaires» du Federal Insecticide, Fungicide, and Rodenticide Act. L’ONG environnementale Center for Biological Diversity, partie plaignante dans cette affaire, a salué une «éclatante victoire» vu le caractère «extrêmement volatil» de l’herbicide, qui «a endommagé des millions d’ares (1 acre = 0,4 ha, NDLR) de cultures et de plantes sauvages» depuis 2017. Dans une réaction le 14 février, l'EPA a dit avoir pris une ordonnance permettant la vente et la distribution des produits déjà en possession des cultivateurs ou présents dans les circuits commerciaux. En France, la substance active dicamba est autorisée dans différents produits recensés dans le catalogue Ephy.
Ecophyto/indicateurs: Fesneau réaffirme sa préférence pour l’indicateur européen
Au micro de France Inter le 18 février, le ministre de l’Agriculture a défendu une nouvelle fois l’adoption de l’indicateur européen d’usage et d’impact des pesticides (HRI 1, NDLR) en lieu et place du Nodu, pour évaluer l'avancée du plan Ecophyto, indique l’AFP. «Nous allons avoir un jour ou l'autre une réglementation européenne sur la réduction des pesticides», a déclaré Marc Fesneau, invité de l'émission «Questions politiques» sur France Inter. «On ne va pas inventer nos indicateurs français à l'écart du reste de l'Europe», a-t-il justifié, faisant une comparaison avec les indicateurs communs de croissance, de réduction des gaz à effet de serre ou de santé. Le 1er février, le Premier ministre Gabriel Attal avait annoncé la mise «en pause» d’Ecophyto «le temps de mettre en place un nouvel indicateur». Suscitant un tollé chez les ONG environnementales, le gouvernement a réuni, le 12 février, le comité d’orientation et de suivi (COS) du plan Ecophyto avant d’organiser dans la foulée une consultation électronique de trois jours sur le choix du futur indicateur de suivi et d’un panel d’indicateurs complémentaires. Marc Fesneau a précisé à France Inter que le «Premier ministre et le président de la République» rendront leurs arbitrages dans la semaine, avant le début du Salon de l'agriculture le 24 février.
Fruits: malgré la visite de deux ministres à son congrès, la FNPFruits reste «sur sa faim»
À l’occasion de son 77e congrès à Perpignan (Pyrénéens Orientales) les 15 et 16 février, la fédération des producteurs de fruits français (FNPFruits, FNSEA) avait fait de la souveraineté alimentaire un de ses fils rouges. L’année 2023, qui a vu le lancement du Plan de souveraineté fruits et légumes, a incontestablement été décevante pour la fédération. «Il y a des questionnements chez les producteurs sur la capacité de l’État à mener ce plan, analyse Gilles Baraize, directeur de la FNPFruits contacté par Agra Presse. L’ambition est là, mais il en faut plus. On ne peut se contenter de récupérer les 10% de volumes que nous avons perdu en une décennie.» D’autre part, les producteurs de fruits disent ne pas avoir profité financièrement du plan France 2030. «Celui-ci, trop complexe, était piloté par la BPI qui, pour nous, n’a jamais été le véhicule approprié, rappelle le directeur de la FNPFruits. Que la suite en 2024 soit sous l’égide de la planification écologique devrait offrir plus de souplesse.» Marc Fesneau et Agnès Pannier-Runacher ont assisté au congrès, se prêtant à un jeu de questions/réponses: aspects phytosanitaires, Plan pollinisateurs, loi Agec… Mais avec finalement aucune annonce et «l’impression de rester un peu sur notre faim» pour Gilles Baraize. «Certaines réponses étaient peut-être réservées pour le Salon de l’Agriculture.» Quant au congrès 2025, il pourrait se dérouler en région lyonnaise.
Guerre en Ukraine: les blocages à la frontière font monter les tensions
Le vice-Premier ministre ukrainien des Infrastructures, Oleksandre Koubrakov, s'est exprimé dans un communiqué publié le 19 février sur les blocages des agriculteurs polonais à la frontière, considérant qu’ils «menacent la sécurité de [son] pays». «De telles actions ont un impact négatif sur notre confrontation avec l'ennemi commun qui s'appelle la Russie», précise-t-il également. Selon son vice-ministre, six postes de contrôle du côté polonais de la frontière sont bloqués et la situation la plus critique se situe à celui de Yahodyn-Dorohusk, où le transport de marchandises s'est complètement arrêté. Ces blocages à la frontière polono-ukrainienne ont repris le 9 février pour dénoncer «la surabondance de produits en provenance d’Ukraine». Le mouvement s'est durci le 11 février, lorsqu’une cargaison de céréales ukrainiennes à destination de l’UE a été déversée sur la route, forçant le ministre polonais de l’Agriculture, Czeslaw Siekierski, à présenter ses excuses. De son côté, la Commission européenne précise qu’une réunion de la plateforme de coordination conjointe entre l’Ukraine et les pays voisins aura lieu le 20 février.
Légumes: une étude met en avant l’intérêt de filets insect-proof de couleur rouge
Les filets insect-proof de couleur rouge pour les serristes seraient plus efficaces pour éloigner un insecte nuisible que les filets noirs ou blancs classiques, selon une nouvelle étude de l’université de Tokyo parue dans Scientific Reports le 14 février. Les chercheurs ont expérimenté l'effet de filets des trois couleurs seules et en combiné, à trois différentes tailles de maille (2 mm, 1 mm et 0,8 mm) pour contrer le thrips de l'oignon (Thrips tabaci), réputé très résistant aux insecticides. Les filets rouges se seraient montrés plus efficaces que les autres couleurs: «La plupart des insectes n'ont pas de photorécepteurs rouges dans les yeux et il leur est difficile de voir cette couleur. Nous avons trouvé intéressant qu'une couleur invisible puisse être utilisée pour les contrôler», explique le professeur Masami Shimoda, de l'université de Tokyo. Un essai a aussi testé l'efficacité du filet rouge selon son taux de couverture des cultures (aucune couverture, couverture complète, dessus uniquement et côté uniquement). Les cultures d'oignons partiellement ou entièrement recouvertes de ce type de filet ont nécessité entre 25 et 50 % de pesticides en moins qu’une culture ouverte. «Ces filets rouges sont plus chers que les pesticides, mais ils sont économiques, car ils peuvent être utilisés pendant des années. Ils sont très efficaces pour lutter contre les ravageurs sans tout le travail nécessaire à la pulvérisation de pesticides», argumente Masami Shimoda.
Agriculture urbaine: pour l’Afaup, bilan carbone et précarité du foncier sont liés
L’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (Afaup) a réagi, le 15 février sur son site internet, à une publication de la revue Nature indiquant que ce type d’agriculture serait une forte émettrice de CO2. Les chercheurs ont mené une analyse du cycle de vie de 73 sites d’agriculture urbaine (55 jardins individuels amateurs, 9 jardins collectifs et 7 fermes urbaines professionnelles) et conclut que ces projets émettent six fois plus de carbone que l’agriculture conventionnelle. L’Afaup souligne «le faible impact environnemental des sept fermes urbaines professionnelles analysées. Une évaluation des coûts et bénéfices serait plus appropriée pour saisir pleinement l’impact de l’agriculture urbaine.» Cependant, l’association ne nie pas pour autant l’impact carbone des projets d’agriculture urbaine: «Il restera significatif tant que la précarité du régime foncier urbain persistera». Pour elle, cet état de fait renvoie au besoin de retirer des terres agricoles du marché immobilier afin de garantir le développement de la formule. «L’agriculture urbaine ne peut être réduite à sa dimension productive. Elle apporte des bénéfices sociaux, des bénéfices écologiques, des bénéfices économiques mais aussi esthétiques qui sont tout aussi importants pour évaluer l’intérêt de l’agriculture urbaine» conclut l’Afaup.
Tomates: la coopérative Solarenn peaufine son plan de transition carbone
La coopérative légumière Solarenn a annoncé renforcer sa volonté de baisser encore plus son impact carbone en 2024, d'après un communiqué du 19 février. La coopérative s’engage dès 2024 à substituer tous les emballages plastiques, sur l’ensemble des gammes. Côté matières premières, l’achat d’intrants plus responsables est en réflexion: ficelles biodégradables, substrats, etc. Côté fret, Solarenn va massifier ses livraisons et donner une préférence aux transporteurs engagés dans une démarche environnementale. «Et ce n’est que le début de ce plan de décarbonation», souligne Bianca Salaun-Caetano, responsable QSE. Solarenn s’est engagée dans le domaine du changement climatique et de la transition énergétique, depuis plus de quinze ans. «Le diagnostic carbone, démarré en avril 2023 pour six mois, a été une étape pour anticiper sur la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui nous oblige à réaliser ce bilan à l’horizon 2025», confie-t-elle. La coopérative a déjà réduit ses émission de GES de 60% grâce la réduction des emballages et le suivi très strict de la consommation énergétique (énergie fatale/cogénération, biomasse, photovoltaïque). Les nouveaux axes ont été définis à partir des profils d’émissions nécessitant amélioration.
Agenda de la semaine: changement de la date du Comité de suivi des négociations commerciales
La réunion du Comité de suivi des négociations commerciales est finalement prévue le mardi 20 mars, et non le lundi.