Stockage de l’eau : Matignon annonce le « déblocage immédiat » de treize projets
Après une réunion interministérielle le 19 février, le gouvernement a annoncé « un premier déblocage immédiat de treize projets hydrauliques situés sur tout le territoire », soit « un tiers des 35 projets en instruction », selon un communiqué. Le recensement des projets constitue le premier volet du plan lancé par le Premier ministre : 82 projets sont « en cours de contentieux » et 390 sont « incomplets et non déposés par les agriculteurs ». Parmi les explications, un manque de financement, de « porteur de projet », ou encore la « complexité de la réglementation qui empêche le dépôt même du dossier ». Sébastien Lecornu a annoncé une « nouvelle méthode de suivi », avec une remontée tous les trois mois par les préfets de région aux ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique. « Une prochaine salve de projets en cours d’instruction fera l’objet de déblocage dans les trois mois », promet l’exécutif. Enfin, Matignon a annoncé cinq mesures pour « accélérer la réalisation des projets de retenues d’eau », dont certaines étaient déjà connues (loi d’urgence, triplement du fonds hydraulique). Les préfets devront avoir une « démarche proactive » envers les projets incomplets et créer des « cellules hydrauliques régionales » de suivi, tandis que les chambres d’agriculture sont sollicitées pour développer « l’appui à maîtrise d’ouvrage ».
Eau : la recharge des nappes phréatiques est « très active » (BRGM)
La recharge des nappes phréatiques françaises est « très active » sous l'effet des pluies abondantes, et la situation pour les eaux souterraines est dans l'ensemble « satisfaisante », juge le 19 février le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). « La recharge des nappes phréatiques est très active avec 77 % des niveaux en hausse. La situation globale s’améliore et est satisfaisante avec 47 % des points d’observation au-dessus des normales mensuelles », indique le service géologique national dans un point de situation au 15 février. Le pays, balayé par plusieurs tempêtes successives, enregistre sa plus longue série de jours de précipitations depuis le début des mesures en 1959. La France a ainsi connu jeudi 19 février son 36e jour consécutif de pluie, selon Météo-France, subissant des crues dans plusieurs régions du grand Ouest. « Les crues actuelles sont principalement dues à des sols saturés engendrant un fort ruissellement de surface et des crues de cours d’eau », souligne le BRGM. Les nappes inertielles – qui réagissent très lentement aux pluies – ne sont « pas impliquées dans les inondations actuelles » et le risque est jugé « très faible sur les prochains mois ».
Réutilisation des eaux usées: un potentiel de 1 à 1,8 Mrd m3 en France (étude)
Entre un et 1,8 milliard de mètres cube d'eau par an supplémentaires peuvent être mobilisés grâce à la réutilisation des eaux usées, en tenant compte des contraintes de ce type de solution, notamment en termes de coûts et de conséquences pour l’environnement, explique une étude publiée le 19 février par l’institut Terram. «Un tel volume permettrait d’irriguer près de 500.000 à 800.000 hectares de grandes cultures, sur la base d’un besoin moyen de 200 millimètres par hectare, soit l’équivalent d’environ 28-45% de la surface actuellement irriguée en France», estiment les auteurs de l’étude, l’économiste de l’eau Esther Crauser-Delbourg et l’agronome Jean-Paul Bordes. En 2020, la surface agricole irriguée atteint 1,8 million d'hectares en France. Outre un besoin moins prégnant qu’en Espagne, par exemple, le coût semble le principal frein au déploiement de cette solution encore très marginale en France (environ 1% des eaux usées y sont réutilisées, contre 15% en Espagne, par exemple). Les analyses disponibles estiment le coût de l’eau issue de la Reut «dans une fourchette comprise entre 0,80 et 1 euro le mètre cube», soit un rapport de 1 à 20, par rapport aux prix de l’eau prélevée directement dans le milieu naturel, souligne le rapport (voir notre enquête en 2023)
Vision sur l’agriculture et l’alimentation : après un an, un bilan positif selon Bruxelles
Dans une lettre du 18 février adressée aux ministres de l’Agriculture, le commissaire européen Christophe Hansen tire un premier bilan de la Vision pour l’agriculture et l’alimentation. Un an après sa publication, le 19 février 2025, environ 60 % des initiatives proposées ont déjà été réalisées selon la Commission européenne. En matière de rémunération, le commissaire se félicite d’avoir obtenu « un soutien financier important » pour la Pac dans le prochain budget de l’UE avec un montant sécurisé pour l’aide au revenu. Il évoque également la réalisation des progrès en matière de fonctionnement des marchés et le développement d’autres sources de revenus. L’exécutif européen met également en avant les mesures entreprises en vue de simplifier la législation européenne (Pac, Omnibus environnement, Bio, Sécurité alimentaire) en vue d'alléger les charges administratives et libérer du temps et des ressources pour des activités productives et des investissements. Des avancées sont aussi notées en matière de renforcement des outils de réponse aux crises, de gestion des risques et de politique commerciale. Bruxelles précise que la prochaine phase sera axée sur la consolidation des mesures déjà mises en œuvre, la poursuite des initiatives en cours et le perfectionnement des instruments lorsque cela s’avère nécessaire tout en soulignant sa volonté de maintenir les outils de dialogue.
Pesticides : Trump veut soutenir la production de glyphosate aux Etats-Unis
Donald Trump a pris le 18 février un décret visant à soutenir la production de glyphosate aux Etats-Unis, estimant que cet herbicide, accusé d’être cancérogène, est indispensable à la sécurité alimentaire du pays. Les herbicides à base de glyphosate comme le Roundup sont les plus utilisés de l’agriculture américaine, mais il n’y a qu’un seul producteur installé aux Etats-Unis, et sa production ne couvre pas les besoins du pays, obligé d’importer, alerte l’exécutif américain. Le président demande donc à sa ministre de l’Agriculture de prendre des mesures, comme des changements de réglementation, pour faciliter la production sur le territoire américain de glyphosate et de phosphore, composant chimique nécessaire pour le glyphosate mais aussi pour des équipements militaires. Face à des besoins « dépassant de loin la production actuelle, la menace d’une réduction ou d’un arrêt de la production met gravement en danger la sécurité et la défense nationales, ce qui inclut la sécurité de l’approvisionnement alimentaire », relève la Maison Blanche. L’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) ne considère pas le glyphosate comme cancérogène, à l’inverse du Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui le classe comme « cancérogène probable ».
Grandes cultures : l’Inrae démontre la viabilité économique du sans pesticide (étude)
Une étude parue dans le 18 février dans la revue Plant Disease et coordonnée par l’Inrae montre que « cultiver [des grandes cultures] sans pesticides est faisable techniquement et économiquement », résume l’institut de recherche dans un communiqué. L’Inrae précise qu'un recours au travail du sol et aux engrais de synthèse a été possible dans le cadre de cette recherche. Issue d’un travail de dix ans, il s’agit du projet Rés0Pest, lancé en 2012 dans le cadre d’un appel à projets Ecophyto Dephy Expé. L’étude, coordonnée par l’Inrae et impliquant l’École d’ingénieurs de Purpan et le Cirad, s’est concentrée sur neuf systèmes de cultures (grandes cultures et polyculture-élevage). Caractérisés par des rotations plus ou moins longues, de cinq à neuf ans, les systèmes en question conduiraient « dans 20 % des cas à un revenu entre 1 et 2 Smic, dans 45 % des cas entre 2 et 3 Smic et dans 35 % des cas plus de 3 Smic mensuels ». Selon les régions, les types de cultures s’avèrent très variés : blé, orge, maïs, bien entendu, mais aussi luzerne, chanvre, sainfoin ou encore pois chiche. La mise en place de tels systèmes suppose néanmoins « des filières de commercialisation adaptées, et une valorisation économique des produits issus de ces systèmes ».
Céréales : coûts de mécanisation et salaires grèvent la compétitivité française (CGAAER)
Dans un rapport publié le 17 février, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) estime que les fermes françaises céréalières souffrent d'un déficit de compétitivité par rapport à certains concurrents de l'UE. L'organisme public compare essentiellement la ferme France avec deux pays qu'elle considère parmi ses principaux compétiteurs : l'Allemagne et la Roumanie. Si l'écart s'avère réduit avec l'Allemagne, la Roumanie bénéficie d'une avance certaine. La raison : les « frais généraux », comprenant entre autres les coûts de mécanisation, encouragés par la fiscalité française, et les salaires, qui sont jugés trop élevés. Le CGAAER considère les surfaces hexagonales trop faibles par rapport au concurrent roumain, permettant à ce dernier d’amortir ces « frais généraux » via une gestion plus extensive de sa production, et d'être moins soumis aux aléas (marché, climat, interdictions de phytos…). Les inspecteurs du ministère formulent plusieurs recommandations. Sans prôner la fin « du modèle paysan qui conserve toute sa place pour certains marchés », ils jugent nécessaire de lever « certains blocages sociétaux », tels que « l'acceptabilité de l'agrandissement des fermes ». Le CGAAER préconise aussi de réduire les coûts salariaux via la mutualisation, et d’étudier les conséquences des « modalités d’imposition sur les stratégies d’investissement des agriculteurs ».
Betterave : Saint Louis Sucre se réjouit de rendements records
Dans un communiqué du 19 février, le groupe Saint Louis Sucre, filiale de l’allemand Südzucker, a annoncé des rendements betteraviers records dans sa zone d’influence. Plus en détail, l’entreprise relève un rendement moyen de 98 t/ha dans le secteur où est implantée son usine à Roye (Somme), et de 103 t/ha dans celui de son usine basée à Étrépagny (Eure). La qualité est également au rendez-vous, puisque l’industriel évoque une richesse en sucre également record, à 18 % en moyenne dans les secteurs des deux sites. Saint Louis Sucre rappelle que les conditions de culture ont été particulièrement bonnes en 2025. Les semis ont été réalisés en avance, permettant une bonne implantation des betteraves. Le printemps, globalement sec, a été suivi d’une période d’alternance de soleil et de pluie, soit des conditions idéales pour la production de sucre par les plantes. Enfin, les conditions d’arrachage ont elles aussi été optimales, « avec moins de 10 % de tare terre », relate le communiqué. Les attaques de pucerons ont finalement eu peu d’effet, se réjouit l’industriel.
Kiwis : la Nouvelle-Zélande s’attend à une nouvelle récolte record cette année
Zespri, premier producteur de kiwis en Nouvelle-Zélande, annonce un potentiel de production de 800 000 t lors de la saison 2025-2026, rapporte le site Portal Fruticola le 19 février, reprenant des données d'un rapport de l’USDA. Cela représente une petite augmentation (1 %) par rapport à la précédente campagne (794 490 t), mais plus marquée par rapport à 2023-2024 (593 070 t). La croissance est portée par la variété SunGold, qui est aujourd’hui la plus cultivée (3 237 ha sur un total de 10 000 ha ). La situation actuelle est un soulagement pour quelque 3 000 producteurs de kiwis de Nouvelle-Zélande qui sortent de deux années éprouvantes, marquées par une pénurie de main-d'œuvre et des problèmes de qualité liés à des conditions météorologiques défavorables. L’USDA évoque aussi comme raisons la baisse des assurances pour les nouvelles variétés et les changements d'affectation des sols liés à l'élimination des variétés vertes plus anciennes dans certaines régions. Le kiwi est un moteur de l’exportation agricole néo-zélandaise, représentant 2,21 Md€ de recette. Le principal marché demeure l’Union européenne, qui absorbe 32 % des volumes, suivie par la Chine (27 %).
Fruits et légumes: une étude de référence sur les rendements bio français
À l’occasion du Sival début janvier à Angers, Interfel a présenté une étude sur les rendements bio de 12 fruits et légumes basée sur les productions de l’année 2023. « La genèse du projet, c’est le constat qu’à ce jour, il n’y avait pas de données régulières sur les rendements bio », évoque Arthur Bohan, chef de projet bio chez Interfel. Commandée à Agrex Consulting, cette étude a montré une différence de 41 % en moyenne sur les espèces étudiées entre les rendements bio calculés à partir d’une enquête auprès des acteurs de la production, et conventionnels issus de données Agreste. « Dans le contexte de l’année 2023, les écarts de rendements entre bio et conventionnel s'échelonnent de 20 % en carotte à 68 % en prune », évoque-t-il. L’étude a également montré une variabilité importante des rendements entre les typologies d’exploitation, dont la taille ou encore les structure et débouchés commerciaux. En carotte, la moyenne s’établit à 34,4t/ha, alors que 25 % des producteurs récoltent moins de 10t/ha. Au-delà de ces premiers constats, Arthur Bohan évoque l’importance de pouvoir comparer les chiffres sur une trajectoire long terme pour s’affranchir des variabilités annuelles. À ce titre, le service de la Statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l'Agriculture étudie actuellement une méthodologie de remontée des indicateurs spécifiques à la bio. (Tanguy Dhelin)
ICPE : le Sénat autorise le gouvernement à créer un nouveau régime pour l’élevage
Le Sénat a autorisé le 19 février le gouvernement à légiférer par ordonnance pendant douze mois, ce qui permet à celui-ci de créer, spécifiquement pour l'élevage, un nouveau régime relatif aux installations classées pour l’environnement (ICPE), ce régime étant la transposition française de la directive européenne sur les émissions industrielles (IED). Cette mesure est contenue dans le projet de loi dit « Ddaddue » d’adaptation au droit de l’UE. Laurent Duplomb, sénateur à l’origine de la décriée loi éponyme, avait déjà prévu dans son texte le relèvement des seuils d’autorisation pour les élevages de poules, de poulets, de porcs charcutiers et de truies. Mais l’entrée en vigueur de ces nouveaux seuils dépend d’une directive européenne qui se sera promulguée qu’à partir de la fin de l’année, voire 2030 pour certaines dispositions. Or, les fédérations d’éleveurs souhaitent dès maintenant voir lever les contraintes administratives pesant sur les agrandissements et installations. L’ensemble de la gauche au Sénat est hostile à cette perspective d’un nouveau régime de police environnementale des élevages. Cependant, le projet de loi Ddaddue ne passera pas avant l’automne à l’Assemblée nationale.
Œufs : le ministère allège le dépistage de salmonelles dans les élevages vaccinés
Dans un communiqué du 19 février, le ministère de l’Agriculture annonce un nouveau protocole de dépistage des salmonelles dans les élevages de poules pondeuses visant à inciter les éleveurs à vacciner et, « in fine », mieux protéger les consommateurs d’œufs. Comme l’ont demandé les professionnels de l’œuf, il s’agit d’exempter les éleveurs de poules vaccinées de prélèvement de poussières. Ainsi, chez ces producteurs, « les dépistages de contrôle reposeront désormais uniquement sur des prélèvements de fientes », spécifie le communiqué. Ce vaccin, déjà largement utilisé dans l’Union européenne, est administré dans l’eau de boisson des poules. Il « permet de limiter la présence de salmonelles dans les élevages, de limiter l’excrétion bactérienne de salmonelles dans l’environnement, et donc de réduire le risque de contamination des œufs », affirme le ministère dans le communiqué. Dans les élevages non vaccinés, les règles actuelles resteront en vigueur, avec des prélèvements à la fois sur les fientes et dans l’environnement des poules. Ces adaptations s’appuient sur l’expertise de l’Anses et l’étroite concertation avec la filière. Elles doivent être publiées par arrêté ministériel.
Élevage : les députés appellent à « renforcer les moyens budgétaires » pour le sanitaire
Dans leur rapport consacré à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) adopté le 18 février, les députés de la commission des Affaires économiques appellent à « renforcer les moyens budgétaires consacrés à la prévention et à la gestion des crises sanitaires en élevage ». Les élus proposent notamment de créer « une véritable provision pour crise sanitaire » dans les projets de loi de finances (PLF). Celle-ci pourrait être « calibrée en fonction des menaces identifiées grâce aux dispositifs d’épidémiosurveillance et aux outils de modélisation qui restent à déployer ». En cas de non-consommation, ce fonds serait « restitué en fin de gestion ». La pratique actuelle suit une logique inverse, la ligne finançant les indemnisations sanitaires versées aux éleveurs étant « très peu abondée en loi de finances initiale ». En 2025, en raison d’un montant « insuffisant », « on est allés chercher sur le budget qui sert à la transition écologique de l’agriculture », rappelle Manon Meunier, l’une des rapporteures de la mission d’information flash sur les crises sanitaires en élevage. La députée LFI de la Haute-Vienne appelle à prévoir « une ligne sanitaire(…) conséquente », afin de financer notamment les indemnisations, la gestion des crises par les services déconcentrés et la recherche sur les maladies animales.
Bovins/DNC : le Cirad rendra en juin son analyse sur l’abattage partiel en zone vaccinée
L’analyse complémentaire sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) demandée par le ministère de l’Agriculture au Cirad sera rendue en juin, a annoncé Philippe Caufour, responsable du Laboratoire national de référence (LNR) sur les poxviroses des ruminants, dans un entretien à Agra Presse. « Le travail de ce groupe est actuellement en cours. Un rapport intermédiaire sera produit à la fin mars », précise le chercheur, qui pilote le groupe de travail. Selon M. Caufour, il s’agit d’évaluer, dans une zone vaccinée (75 % des bovins dans 95 % des élevages), « le risque associé à un abattage ciblé comparativement au risque associé à un abattage de tous les bovins d’un foyer détecté ». Le Cirad a été chargé de constituer un groupe d’experts, qui comprend 20 personnes (experts de terrain représentant les éleveurs et vétérinaires ; experts en gestion de risques ; experts scientifiques, nationaux et internationaux). Après une synthèse des données scientifiques existantes sur la DNC, ces experts devront « conduire une analyse de risque qualitative permettant de comparer des scénarios en termes d’efficacité, de faisabilité, de coût et d’acceptabilité », avant de « dégager des recommandations ».
Élevage/évènementiel : les dirigeants du Space défendent le président Didier Lucas
Alors que des exposants au Space ont demandé « une nouvelle présidence » pour le salon professionnel, sur fond de conflit social, ses dirigeants « réaffirment leur soutien » à l’actuel président Didier Lucas dans un communiqué du 19 février. Ils pointent une « tentative de déstabilisation » et « l’ingérence d’un collectif anonyme contre la gouvernance du Space ». Dans un communiqué diffusé le 17 février, le « Collectif des entreprises exposantes du Space » avait réclamé « une nouvelle présidence validée par le conseil d’administration », estimant que seul ce changement « sauvera le Space » et menaçant de ne pas s’inscrire à la prochaine édition. Dans leur propre communiqué, les dirigeants du salon professionnel « enjoignent les acteurs qui font la réussite du Space à répondre présents les 15, 16 et 17 septembre prochains ». Et de préciser que « les inscriptions ouvriront le lundi 2 mars avec un nouveau logiciel ». « L’édition 2026 du Space est officiellement lancée », poursuivent-ils, alors que le conflit social entre salariés et élus fait craindre un retard dans l’organisation du salon. Tandis que les tensions se cristallisent autour d’un audit interne lancé par Didier Lucas, les dirigeants défendent aussi cette démarche, qui vise à « définir une trajectoire d’avenir ambitieuse pour le salon », selon eux.
Lait : le CGAAER recommande de réduire les coûts de production et de mieux valoriser le gras
Dans un rapport publié le 17 février, le CGAAER (ministère de l’Agriculture) a émis des recommandations pour améliorer la compétitivité des exploitations agricoles françaises dans plusieurs filières. Concernant le lait, les auteures, Anne Dufour et Alessandra Kirsch, recommandent d’« envisager une mission de médiation pour travailler sur la rémunération du lait de façon à intégrer une meilleure valorisation de la matière grasse, tout en incitant à l’augmentation de la productivité des vaches laitières ». « Cette question de l’augmentation de la productivité laitière doit être abordée de façon collective, afin de s’assurer de la capacité de l’industrie laitière française à valoriser correctement davantage de lait », préviennent les inspectrices. Autres leviers à activer, pour le CGAAER : réduire les charges (en particulier les coûts de mécanisation), optimiser la gestion technico-économique des ateliers de diversification et réduire le coût du travail salarié, notamment à travers la mutualisation. Le rapport souligne aussi « un besoin urgent de lever certains blocages sociétaux liés à l’acceptabilité de l’agrandissement des fermes et la création de bâtiments d’élevage pour les exploitations dont la production est en concurrence avec celle d’autres pays. »
Salon de l'agriculture : la FNSEA attend Macron sur le budget de la future Pac
A l'occasion d'une conférence de presse le 19 février, le président de la FNSEA a indiqué ce qu'il attendait du président de la République, qu'il rencontrera lors de l'inauguration du Salon de l'agriculture le 21 février. Arnaud Rousseau attend Emmanuel Macron sur sa «manière de négocier le cadre financier pluriannuel» de l'Union européenne car «tout laisse à penser que la négociation aura lieu fin 2026 - début 2027, et qu'il portera donc la voix de la France». L'agriculteur estime que le chef de l'Etat avait «négocié un budget à la hauteur» pour l'actuelle programmation de la Pac, lui demandera «quelle est son ambition» pour la prochaine, soulignant la somme des priorités nouvelles affichées par l'Union européenne, comme le financement de la défense. «La ministre de l'Agriculture a dit qu'il ne manquera pas un centime. Actuellement, sur les 9 milliards d'euros, il en manque un, et ce serait dramatique». Selon les calculs des chambres d'agriculture, la France subirait, malgré la récente rallonge budgétaire proposée par la Commission européenne, une baisse de 13,3% de son budget Pac post-2027.
Salon de l'agriculture : la Coordination rurale veut « participer à l'organisation »
Dans un communiqué paru le 19 février, la Coordination rurale revendique une « légitimité à participer à l’organisation du Salon » de l'agriculture (Sia), et dénonce « une organisation verrouillée, sous l’influence de M. Despey et de la FNSEA, qui confisque le débat syndical et réduit le pluralisme». Vice-président de la FNSEA, Jérôme Despey est aussi le président du Ceneca, société propriétaire du Salon de l'agriculture. Société anonyme à participation publique, le Ceneca fédère 80 actionnaires, dont Unigrains (bras financier de l'AGPB, producteurs de blé de la FNSEA) et la CGB (betteraviers, FNSEA). La CR demande « un salon recentré sur l’essentiel : la production, la réalité quotidienne du métier, les innovations, mais aussi les contraintes sanitaires, réglementaires et économiques ». Interrogé par Agra Presse, Jérôme Despey affirme avoir écrit aux syndicats agricoles il y a quinze jours et n'avoir pas reçu de réponse de la CR depuis, et encore moins de demande d'intégrer le conseil d'administration du Ceneca. « Je dialogue avec tout le monde », assure le président du Salon. Il rappelle que la CGB et Unigrains avaient « investi dans le salon pour qu'il reste dans le giron agricole », dans les années 60. Techniquement, il précise n'être pas devenu président au titre de ses responsabilités syndicales, mais après avoir racheté, à titre personnel, des parts dans la société à l'ancien président, Jean-Luc Poulain, qui était également membre du bureau de la FNSEA lors de sa nomination en 2008.
Agritourisme : auditionnées par la mission parlementaire, les chambres font leurs propositions
À la suite de son audition en début de mois par la mission parlementaire sur l'agritourisme, Chambres d’agriculture France a publié le 19 février une série de propositions visant à développer le secteur. La tête de réseau demande une définition de l’activité, une simplification des règles d’urbanisme, une adaptation des normes, un fléchage des financements, selon un communiqué. Il s’agit d’« inscrire l'agritourisme dans le Code rural, en le réservant exclusivement aux acteurs agricoles (affiliés MSA-Amexa) », détaille l’organisme consulaire. Côté urbanisme, « supprimer l'obligation d'identification préalable des bâtiments dans le PLU pour les changements de destination en zone agricole, afin de faciliter et d'accélérer l'implantation des projets ». Les chambres réclament une adaptation des normes sanitaires et exigences ERP (établissement recevant du public). Une autre proposition consiste à « réorienter les fonds européens (programmes Feader, Leader) vers les activités agricoles pour soutenir financièrement les projets d'agritourisme en lien avec la Pac ». Le 24 juillet, une mission parlementaire sur l'agritourisme avait été confiée par le gouvernement à la sénatrice LR Sylviane Noël et au député macroniste Anthony Brosse. Ses conclusions sont attendues le 3 mars.
Rémunération : une PPL socialiste pour « garantir le partage de la valeur »
Le député socialiste Dominique Potier a déposé le 17 février une proposition de loi (PPL) visant à « produire autrement, en garantissant un partage de la valeur et en réconciliant le monde agricole et la société ». Parmi les mesures proposées : étendre les missions de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) au secteur amont de l’agriculture ; instituer un répertoire national destiné à identifier les exploitants exerçant réellement une activité agricole et ouvrant droit aux aides économiques associées ; ou encore réviser automatiquement les prix du contrat en fonction de l’évolution du coût des matières premières agricoles pour les conventions commerciales conclues pour une durée de deux ou trois ans. La PPL entend « favoriser la négociation tripartite et pluriannuelle et les pratiques commerciales équitables dans les conventions alimentaires territoriales », et dans certaines filières, « imposer une contractualisation obligatoire entre producteurs et acheteurs, devant définir des bornes de prix minimales et maximales » (publiées par l’interprofession ou validées par l’OFPM). Le texte prévoit aussi un « affichage obligatoire sur tous les produits agricoles pour informer les consommateurs sur les conditions de rémunération des producteurs ». Enfin, l’article 5 de la PPL propose de réinstaurer le « conseil stratégique obligatoire » pour réduire les phytos, tout en intégrant « la protection de l’eau, de l’air et de la biodiversité ».