OFB : vers la création d'une inspection générale au sein de l'établissement
À la suite d'une première mission interministérielle sur les contrôles administratif – qui avait souligné leur nombre réduit en agriculture, tout comme le faible nombre de situations problématiques –, une mission interministérielle « flash » avait été commandée, qui devait améliorer les relations entre l'OFB (Office français de la biodiversité) et les agriculteurs : son rapport vient d'être publié le 19 mars. Les auteurs font six recommandations, dont la plus marquante est la création d'une « inspection générale » au sein de l'OFB, pour identifier les comportements « inadaptés » d'agents, en vue si besoin de prononcer des « sanctions disciplinaires ». Les auteurs du rapport indiquent que la direction de l'OFB leur a fait part de sa volonté de créer une telle inspection. Pour améliorer la « compréhension » du cadre légal, les auteurs du rapport proposent aussi un guichet unique dans chaque DDT (préfecture) sur une thématique environnementale importante localement (p.ex. haies), et de finaliser les « fiches thématiques sur les irritants ». Pour « dédramatiser » les contrôles, ils proposent un opération « tour de fermes » au cours du premier semestre, pour que les DDT et l'OFB aillent à la rencontre « du plus grand nombre d'agriculteurs pour échanger ». Face à un risque de déception du dispositif de contrôle unique, ils proposent de mieux communiquer sur les contrôles qui n'entrent pas dans le périmètre, et d'améliorer l'information préalable des contrôles non programmables non individualisés (tournées de surveillance générale, arrêtés sécheresse).
MAEC forfaitaires : faute de succès, les régions veulent pouvoir reflécher le reliquat
Dans le cadre de la révision à mi-parcours du plan stratégique national (PSN), la déclinaison nationale de la Pac, Régions de France demande à laisser la possibilité aux régions qui le souhaitent de « basculer » les reliquats des budgets alloués aux MAEC forfaitaires vers les dispositifs d'aide à l'investissement, indique à Agra Presse, le 19 mars, la présidente déléguée de la commission Agriculture de Régions de France, Lydie Bernard. Poussés en 2021 par les conseils régionaux et les chambres d'agriculture, ces dispositifs du deuxième pilier avaient été créés pour la programmation 2023-2027 et dotés de 22 millions d'euros, laissés à la main des régions, qui venaient de perdre la gestion des aides surfaciques du second pilier (incluant les authentiques MAEC). « Les cahiers des charges ne correspondaient pas, ils étaient trop complexes », observe Lydie Bernard. Ces dispositifs contractés sur cinq années pouvaient porter sur trois thématiques : le carbone – qui avait été proposé dans la plupart des régions –, les pesticides et les protéines. En 2021, les régions s'étaient dites prêtes à pousser le dispositif jusqu'à 33 millions d'euros. Le ministère avait alors donné rendez-vous à mi-parcours, pour examiner la consommation des crédits.
Simplification : pas de volet agricole en vue dans le PJL, Travert n'écarte pas une PPL dédiée
C'est apparemment en vain que le député EPR Stéphane Travert aura essayé d'insérer un volet agricole au projet de loi Simplification, qui doit être débattu durant la semaine du 7 avril à l'Assemblée, après un examen au Sénat. « Pas d'accroche possible, c'est vraiment dommage », indique l'ancien ministre de l'Agriculture à Agra Presse, qui n'a toutefois pas complètement jeté l'éponge. Stéphane Travert essaie par ailleurs d'insérer de nouvelles dispositions – sans préciser lesquelles – dans la proposition de loi Entraves, qui ne sera finalement pas examinée durant la semaine du 7 avril. En dernier recours, le député de la Manche déposera une proposition de loi dédiée. La présentation du texte en avril 2024 avait été une déception pour le syndicalisme majoritaire. Depuis, la proposition de loi sur les « entraves » a inclus de nombreuses dispositions allant dans ce sens. Dans ce chantier de « simplification », le Premier ministre souhaitait également s'attaquer au nombre d'agences et opérateurs publics ; un travail de contrôle parlementaire a été lancé fin janvier par les parlementaires Les Républicains, qui doit fournir des propositions pour le projet de loi de finances (PLF) pour 2026.
Cellule Déméter : L214 porte l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme
Dans un communiqué du 19 mars, L214 annonce qu’elle « engage une procédure devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) » contre la cellule Déméter, qualifiée d’« atteinte grave aux libertés fondamentales d'expression et d'association ». Créée en décembre 2019, cette cellule de la gendarmerie nationale assure notamment le « suivi d’actions de nature idéologique » visant le monde agricole. Une mission confirmée par le Conseil d’État en novembre 2024. La procédure devant la CEDH vise à « faire respecter le droit à la liberté d’expression, d'information et d'association », explique L214. Et de dénoncer une « surveillance injustifiée des associations de défense des animaux, de l’environnement et de toute voix critique vis-à-vis de l’agriculture industrielle ». En parallèle, L214, Pollinis, Générations futures et la Ligue des droits de l’homme ont publié une tribune dans laquelle elles demandent la « dissolution » de la cellule Déméter. Un texte signé par « 120 associations, chercheurs, universitaires, juristes et personnalités publiques ». Au-delà de leurs militants, les ONG estiment que la cellule Déméter « menace » les « libertés associatives et le droit fondamental des citoyens à l'information, à l'expression et même à la contestation ».
Ministère de l'Agriculture : le recrutement devient un risque « majeur » à cinq ans
Dans un rapport écrit en 2024 et présenté aux organisations professionnelles de fonctionnaires le 18 mars, le CGAAER alerte sur le « risque majeur », pour le ministère de l'Agriculture, de « ne pas disposer à moyen terme (cinq ans) des personnes en quantité et en compétences nécessaires ». Les auteurs du rapport indiquent notamment que le nombre de candidats par poste ouvert à la mobilité a baissé, passant de 1,28 à 0,83 entre 2020 et 2023. Parmi les raisons identifiées : un marché de l'emploi « dynamique », des attentes « différentes » des nouvelles générations, notamment vis-à-vis de la « garantie de l'emploi », une représentation « négative » de l'agriculture et de l'agroalimentaire, et une « mauvaise image de l'État employeur ». Dans le détail, ils identifient des difficultés anciennes qui s'aggravent chez les inspecteurs de santé publique vétérinaire et les techniciens supérieurs du ministère de l'Agriculture, mais aussi des signaux inquiétants pour recruter les CPE (enseignement) et les ingénieurs Agriculture et environnement (IAE). Parmi les recommandations, la première est de « prendre conscience » du problème, la seconde d'« organiser la fonction recrutement », puis de « communiquer » et d'améliorer les procédures de recrutement.
Chambres d’agriculture France : Windsor réélu, instances nationales largement renouvelées
Lors de la session d’installation le 19 mars, Sébastien Windsor a été réélu sans surprise président de Chambres d’agriculture France (ex-APCA), avec 91 voix sur 102, a-t-il indiqué en conférence de presse le même jour. À la suite du scrutin de fin janvier, les instances nationales ont été largement renouvelées : la session de Chambres d’agriculture France compte 45 nouveaux présidents départementaux et 10 nouveaux présidents régionaux (sur un total de 101 membres). M. Windsor était le seul à se présenter, la Coordination rurale n’ayant présenté aucun candidat, selon lui. Les dix élus départementaux CR ont participé à l’élection du président, mais ont quitté la salle pour celle du conseil d’administration, rapporte-t-il. Et de préciser qu’ils sont ensuite « revenus pour parler des sujets de fond l’après-midi ». Le réseau des chambres va maintenant se lancer dans l’élaboration de son projet stratégique pour la mandature, basé sur les remontées des départements. La priorité sera « d’accompagner les agriculteurs en commençant par écouter leurs demandes, puis en bâtissant un accompagnement sur mesure », explique M. Windsor. Ce chantier sera piloté par le secrétaire général Olivier Lebert (Sarthe), président de la chambre de région Pays de la Loire, avec l’objectif d’aboutir avant fin 2025.
Budget de l’UE: la Comagri vent debout contre la fusion des fonds de la Pac avec la Cohésion
La séparation de la Pac et de la politique de cohésion dans le budget de l’UE est un point de convergence parmi les eurodéputés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen. Et à l’occasion d’un débat, le 19 mars, sur le projet d’avis de la Verte italienne Cristina Guarda concernant renforcement des zones rurales dans l'UE grâce à la politique de cohésion, le sujet du potentiel rapprochement de ces fonds au sein de plans nationaux est inévitablement revenu sur la table. « Nous allons nous opposer avec force contre la fusion de la Pac et de la politique de cohésion », a promis avec véhémence, l’eurodéputé roumain du PPE (droite) Daniel Buda. Face aux eurodéputés, le représentant de la direction générale de l’Agriculture de la Commission européenne a accueilli favorablement les demandes pour un budget dédié aux zones rurales dans les politiques de l'UE. « Nous souscrivons aux amendements qui demandent, indépendamment de la future architecture financière agricole, une politique agricole forte avec une structure à deux piliers », a-t-il également indiqué. Une déclaration que Daniel Buda voit comme une garantie que la Commission n’a pas l’intention de fusionner les deux piliers.
Importations ukrainiennes : le dispositif remplaçant les mesures autonomes toujours pas prêt
Mis sous pression par les eurodéputés de la commission du Commerce international lors de leur réunion du 19 mars, l’exécutif européen a confirmé que sa proposition destinée à remplacer les mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine n’était toujours pas prête. « Je sens l’impatience et la légère frustration sur le temps que ça prend mais tout ce que je peux faire c’est vous dire qu’on y est presque », a déclaré aux eurodéputés, Léon Delvaux, directeur à la DG Commerce en charge des pays du voisinage. Ce dernier a mis en avant les réflexions internes à la Commission pour trouver le meilleur équilibre entre les différentes considérations, la nécessaire stabilité à long terme et les sensibilités dans le secteur agricole, mais aussi les attentes des Etats membres et des parties prenantes. Elle s’est aussi engagée à tenir compte de l’effet cumulatif avec autres accords de libre-échange et des incertitudes commerciales mondiales. « On est déçu car le rien ne se passe et le 6 juin, c’est demain », a ainsi lâché le social-démocrate allemand, Bern Lange. De son côté, la rapporteure Karin Karlsbro (centriste, Suède) estime que Bruxelles envoie « des signaux erronés ». Et d’ajouter : « Il va vraiment falloir avancer ».
Engrais russes: la Commission défend sa proposition face aux craintes agricoles
A l’occasion de la réunion de la commission de l’Agriculture du Parlement européen du 19 mars, les eurodéputés ont eu l’opportunité de faire part de leurs préoccupations concernant la proposition de la Commission européenne d’augmenter les droits de douane sur les importations d’engrais de Russie et du Belarus. Il faut dire que le sujet est controversé dans le secteur agricole. Sur ce dossier, la Comagri doit fournir son avis. Sans remettre en cause la proposition, la plupart des parlementaires pointent des craintes quant à la hausse potentielle du prix des engrais. De son côté, Pierre Bascou, directeur général adjoint à la DG Agriculture, assure que la Commission européenne prend en compte les préoccupations des agriculteurs européens. Il indique que les mesures sont calibrées, mettant notamment en avant le caractère progressif de la mise en place des droits de douane. Selon lui, la période de transition permettra également aux agriculteurs de diversifier leurs sources d’approvisionnement et des mesures d’atténuation (pouvant aller jusqu’aux compensations et à la levée des droits de douane pour toutes les autres sources) sont prévues. « Tout est mis en place pour faire face à toute conséquence négative », affirme-t-il.
Céréales : le gouvernement ouvert à assouplir l'assurance export vers d'autres destinations
À l'occasion d'une matinée de l'interprofession céréalière (Intercéréales) dédiée à l'exportation le 19 mars, le ministre du Commerce extérieur Laurent Saint-Martin a indiqué qu'il est ouvert à une extension à d'autres destinations des facilités d'accès au dispositif public de réassurance court-terme Cap Francexport, récemment accordées à la filière pour la Tunisie et l'Égypte. À la suite d'un accord signé au Salon de l'agriculture, les opérations d'exportations de céréales françaises peuvent être couvertes jusqu'à 125 millions d'euros vers l'Égypte et à 30 millions d'euros vers la Tunisie ; ces montant sont roulants, et le plafond par opération a été supprimé pour ces deux pays. « Dès que nous aurons un peu de recul, je voudrais que l'on travaille à de nouvelles destinations », a déclaré Laurent Saint-Martin. Le ministre répondait à la demande faite en début de matinée par le président d'Intercéréales Benoit Piétrement, qui a par ailleurs demandé à ce que les intérêts de sa filière puissent être représentés lors de la visite annoncée d'Emmanuel Macron en Égypte, d'ici l'été.
Transport animal: les propositions de Bruxelles très critiquées au Parlement européen
Des eurodéputés du centre à l’extrême droite ont vivement critiqué le projet réglementation concernant les conditions de transport des animaux à l’occasion de leur première réunion, le18 mars, consacrée à l'examen ce texte présenté fin 2023 par la Commission européenne. Signe qu’il sera difficile de dégager un compromis sur ce dossier, les deux co-rapporteurs le Roumain Daniel Buda (PPE, droite) et la Luxembourgeoise Tilly Metz (Verts) ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur les principales propositions de Bruxelles: limitation du temps de transport, espace minimal dédiée çà chaque animal, température maximales ou encore transport maritime. Leur seul véritable point de convergence concerne l’application de la législation (renforcement de la surveillance, clarification des obligations). La Française Céline Imart (PPE) a indiqué qu’elle déposerait un amendement de rejet pur et simple du texte dont, estime-t-elle, «le seul objectif est de supprimer l’élevage dans l’UE». Son confrère italien Herbert Dorfmann dénonce une proposition absurde qui n’a, selon lui, «aucun avenir». Consciente que le dossier pourrait être enterré, comme l’a été la proposition de règlement sur l’utilisation durable des pesticides sous la précédente mandature, la co-rapportrice des Verts Tilly Metz se dit prête au dialogue pour trouver des solutions «de long terme dans l’intérêt des animaux, des agriculteurs et de la compétitivité».
FCO : un troisième vaccin contre les sérotypes 4 et 8 bientôt disponible (GDS France)
Dans un contexte de tensions d’approvisionnement sur les vaccins contre la fièvre catarrhale ovine (FCO), une livraison de doses de Bluevac 4-8 (CZ Vaccines) contre les sérotypes 4 et 8 de la fièvre catarrhale ovine (FCO) est attendue « d’ici fin avril », annonce GDS France (fédération nationale des groupements de défense sanitaire) le 19 mars à Agra Presse. Les éleveurs peuvent précommander ce vaccin, qui n’était « pas mis sur le marché français » jusque-là. Il s’agira du troisième vaccin bivalent contre la FCO, avec le Syvazul 4-8 (Syva) et le BTV Pur 4-8 (Boehringer Ingelheim). Plusieurs autres livraisons sont attendues dans les prochaines semaines. Pour le Syvazul 4-8, trois tranches sont prévues, « début avril, puis courant juin, puis d’ici août », selon la synthèse de GDS France. Les deux premières tranches sont déjà intégralement précommandées. « Pour avoir accès à de nouvelles doses de Syvazul 4-8, il faudra attendre fin juin. Il convient cependant de les précommander dès à présent », prévient Emmanuel Garin, vétérinaire épidémiologiste à GDS France. Concernant le Bluevac 8 (et non 4-8), après une livraison la semaine dernière, 500 000 doses doivent arriver « d’ici fin avril » (déjà toutes précommandées), puis une nouvelle tranche « d’ici fin mai, début juin ».
MHE/bovins : plus de 1,5 million de doses de vaccins livrées dans les prochaines semaines
Quatre livraisons de vaccins Hepizovac contre la maladie hémorragique épizootique (MHE) sont attendues dans les prochaines semaines, pour un total dépassant largement les 1,5 million de doses, indique GDS France (fédération nationale des groupements de défense sanitaire) le 19 mars à Agra Presse. D’après un document de GDS France, une première tranche de 800 000 doses est prévue fin mars, suivie d’une autre de 700 000 « mi ou fin avril ». Ces deux tranches serviront avant tout à satisfaire des précommandes déjà passées par les éleveurs. Pour accéder à de nouvelles doses, il faudra attendre les tranches suivantes, « courant mai » et « courant juin ». Vétérinaire épidémiologiste à GDS France, Emmanuel Garin insiste sur la nécessité pour les éleveurs d’anticiper leurs commandes. « Collectivement, on a l’habitude en France de commander les médicaments vétérinaires trois à quatre semaines à l’avance. Pour les vaccins, il faut plutôt compter généralement quatre à six mois. » Détectée en France en septembre 2023, la MHE a provoqué plusieurs milliers de cas (3 837 foyers entre le 1er juin 2024 et le 13 mars 2025), principalement dans le sud-ouest et l’ouest. Cette maladie a fait l’objet d’une campagne de vaccination publique de deux millions de doses, achevée le 31 janvier, dans une bande tampon le long de la zone régulée.
Lait/ influenza : un passage en UE « pas impossible » via le cercle polaire (Anses)
Alors que l'influenza aviaire sévit dans les troupeaux laitiers californiens, « il n'est pas impossible que des souches américaines de la grippe aviaire se retrouvent sur les oiseaux migrateurs qui vont redescendre à l'automne en Europe », a indiqué Gilles Salvat, directeur général délégué du pôle recherche et référence de l’Anses, dans une déclaration à Agra Presse le 19 mars. « Ces oiseaux qui viennent des voies de circulation Mississippi et Californie aux États-Unis, et de l'arc atlantique et de la voie Rhin-Rhône chez nous, se retrouvent au moment de la nidification, c'est-à-dire maintenant et dans les semaines qui viennent, au niveau du cercle polaire arctique. C’est à ce moment-là qu’ils peuvent se contaminer et passer d’un courant migratoire à l’autre ou changer de troupeau », a-t-il expliqué, rappelant que c’est probablement ce qui s’est passé pour le H5N1, à l’origine présent sur les oiseaux utilisant les voies asiatiques et qui a contaminé des oiseaux redescendant en Europe. « Une fois contaminés au niveau du cercle polaire arctique, ces oiseaux peuvent emprunter les voies de migrations européennes et rejoindre nos régions dans les mois suivants notamment à l’occasion de la migration descendante à l’automne. »
Œufs : face à la pénurie aux Etats-Unis, l’USDA sollicite des conditionneurs en UE (presse)
Les Pays-Bas et la Pologne, parmi les principaux pays exportateurs d’œufs de l’Union européenne, ont été sollicités par l’administration américaine pour aider à combler la pénurie causée outre-Atlantique par l’influenza, ainsi que le Danemark, la Suède et la Norvège, selon un article des Echos paru le 18 mars. Mais l’affaire est loin d’être entendue, transparait-il à travers les réticences des producteurs danois. Le journal rapporte leurs commentaires recueillis par la société de veille informationnelle AgriWatch. Ainsi, le dirigeant de Danish Eggs a relevé que les œufs doivent être lavés pour être distribués aux Etats-Unis, ce qui est interdit dans l'Union européenne. Chez Dava Foods, on souligne la nécessité de servir en priorité les clients existants en Europe du Nord. Et enfin le p.-d.g. d'Ovodan Foods fait part de sa conviction que les Etats-Unis préparent une barrière commerciale aux importations d'œufs d'Europe et qu’ils n’y renonceront pas. Les Etats-Unis ont donc recours aujourd’hui à la Turquie, qui, étant déjà agréée, a commencé à livrer 16 000 tonnes d'œufs selon le journal, et devrait en fournir 420 millions aux Américains en 2025.
Volaille: en conflit avec les Etats-Unis, la Chine rouvre son marché à l'Argentine
La Chine a annoncé la levée, le 17 mars, de l'interdiction, en place depuis deux ans, sur les importations de volaille en provenance d'Argentine, rouvrant ainsi une voie d'approvisionnement dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis. La Chine impose en effet des droits de douane de 15% sur la volaille américaine en réponse aux taxes décidées par l'administration Trump. Les exportations de volaille d'Argentine étaient suspendues depuis février 2023 après avoir la découverte de cas de grippe aviaire hautement pathogène. Avant cette interdiction, l'Argentine était le troisième fournisseur de produits à base de poulet de la Chine (représentant 45% des exportations du secteur pour 170 millions de dollars). En 2024, les États-Unis étaient le troisième plus important fournisseur de viande de la Chine, derrière le Brésil et l'Argentine, représentant 590.000 tonnes, soit 9 % des importations totales.
Volaille/BCC: les industriels français loin de leurs engagements à 2026, selon le CIWF
Alors qu’en France la plupart des distributeurs et d’importantes sociétés de restauration se sont engagés à ne commercialiser que du poulet répondant aux critères du BCC (Better Chicken Commitment) en 2026, CIWF France constate, dans son rapport ChickenTrack publié le 19 mars, le retard pris par la filière française au regard de ses engagements. Sur 93 entreprises européennes engagées, CIWF met en avant le faible usage en France de souches à croissance réduite et une densité en bâtiment encore élevée. Cependant c’est également le cas dans les filières européennes d’après le ChickenTrack. CIWF France salue les progrès de LDC et de Galliance sur les critères de lumière naturelle (respectivement 61 % et 43% des volumes produits) et d’enrichissement du milieu (respectivement 60% et 49%). Des progrès qui se retrouvent à l’aval de la filière, le communiqué mentionnant 55 % de conformité pour API Restauration sur la lumière naturelle, 46% chez Burger King France et 45% pour Accor (Europe). Lucille Bellegarde, Responsable des Affaires Agroalimentaires CIWF à France, conclut déclarant que « la question de la contractualisation est au cœur de la transition (…) ».
Porc: feu vert à la construction d'un élevage de 1000 porcs dans le Puy-de-Dôme
Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête d'un particulier et d'une association de défense de l'environnement, ouvrant la voie à la construction décriée d'une exploitation de 1.000 porcs dans le Puy-de-Dôme, a appris l'AFP le 19 mars. Les requérants devront par ailleurs s'acquitter de la somme de 1.500 euros auprès du Gaec des arômes qui porte le projet de porcherie. Une association de riverains et un particulier contestaient l'arrêté de la préfecture pris fin 2021 qui avait donné son feu vert à une exploitation d'une capacité de 1.000 porcs à l'engraissement, affiliée à une coopérative, à Giat dans le Puy-de-Dôme. Sur place, ses opposants estimaient que cette installation représentait une menace pour l'environnement et la qualité de vie. Principal point noir selon eux: l'épandage de lisier. Lors de l'audience le 18 février, le rapporteur public était allé dans le sens de l'exploitant tout en émettant des doutes sur la consommation d'eau, avait indiqué Me François-Charles Bernard, avocat des requérants. Cette consommation serait en réalité bien supérieure à ce que prévoit l'arrêté, soit 2.250 m3 par an contre plus de 4.000 m3 selon lui. Mais le tribunal a estimé que «dans l'éventualité où l'exploitant ne remplirait pas les obligations qui lui incombent en exécution de l'arrêté en litige, il appartiendra au préfet» de le faire respecter.
Distribution/grossistes : Rungis ouvrira un «pavillon de la souveraineté» en 2025
Le futur «pavillon de la souveraineté» de Rungis a été présenté le 18 mars sur le MIN à Annie Genevard. La ministre de l’Agriculture a pu découvrir ce bâtiment de 2 600 m2 en cours de construction devant ouvrir cette année, confirme la responsable des relations avec la presse de la Semmaris. La société gestionnaire du marché indique que les futurs occupants de ce pavillon sont en cours d’identification, qui seront en priorité des régions et des coopératives. « L’idée est de s’assurer d’une diversité d’acteurs, pour constituer une vitrine des produits des terroirs et dont l’offre sera complémentaire de l’offre déjà existante », avance-t-elle. À cet effet la Semmaris recherche « de nouveaux acteurs, plus petits », précise-t-elle. Un appel à candidatures sera lancé prochainement. Aujourd’hui les grossistes du MIN de Rungis distribuent 61 % de produits français, selon la cellule de communication de la Semmaris. Parmi la quarantaine de coopératives ou de filiales de coops présentes figurent de nombreux grossistes fruits et légumes, ainsi qu’Avigros (Agrial) par exemple au Pavillon de la volaille.
Spiritueux/taxes chinoises et américaines : la filière cognac souligne l’urgence d'agir
La filière du cognac a pressé, le 19 mars, l'État français et l'UE d’agir pour la « sauver » de la « catastrophe » liées aux taxes chinoises et américaines. « Nous en appelons au chef de l'État, au chef du gouvernement : Il est de leur responsabilité de sauver notre appellation », a déclaré Florent Morillon, président du BNIC (interprofession). « 70 % de notre business » risquent d’être « anéantis si rien n’est fait ». Concernant la Chine, « les dix jours qui viennent vont être décisifs », selon lui, alors que les sanctions provisoires instaurées depuis l'automne par Pékin pourraient devenir définitives au 5 avril. Le BNIC demande au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, annoncé en Chine les 27 et 28 mars, d'obtenir que cette échéance soit prorogée de trois mois, au 5 juillet. « Et que dans la foulée le Premier ministre s'y déplace pour solder définitivement ce dossier », a-t-il réclamé. Quant aux États-Unis, qui pourraient taxer les alcools européens à 200 % si l'UE ne renonce pas à taxer le bourbon, « nous prenons la menace très au sérieux », a dit Florent Morillon, appelant l'Europe à retirer les alcools américains de la liste des produits menacés de sanctions.
Vin : Franck Leroy (Grand Est) élu président des régions viticoles européennes (Arev)
Seul candidat en lice, le président de la région Grand Est (France), Franck Leroy, a été élu à l’unanimité président de l’Assemblée des régions européennes viticoles (Arev), le 18 mars à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire. Son mandat est d’une durée de deux ans renouvelable. Il remplace à ce poste l’Espagnol Emiliano Garcia Pagès, président de la communauté autonome de Castille-La Manche, qui ne briguait pas de quatrième mandat. L’Arev est l’association regroupant les élus et les professionnels d’une quarantaine de régions viticoles européennes dont elle défend les intérêts auprès des institutions de l’UE. « Je suis convaincu que les Régions viticoles européennes ont tout à gagner à s’unir, pour porter ensemble leurs sujets », a déclaré le nouveau président à la suite de son élection. Et d’ajouter : « Nous devons être une force motrice pour anticiper, accompagner et inventer des solutions concrètes, pour préserver le rôle central de la viticulture dans nos territoires, tout en répondant aux exigences environnementales et sociétales ». Le Grand Est a réadhéré à l’Arev en 2025 dans le cadre de son contrat de filière viticole 2024-2027.
Coopératives laitières : Florian Touzeau, président d’Alco
Le conseil d’administration de l’Alco, l’Association des laiteries coopératives (vache, chèvre et brebis), a élu, le 14 mars, Florian Touzeau en tant que nouveau président. Il succède à Jean-Yves Restoux, décédé en décembre 2024. À 38 ans, Florian Touzeau est, depuis 2009, éleveur de vaches laitières dans les Deux-Sèvres. Son lait est collecté par Terra Lacta dont il est le 3e vice-président depuis février 2025. Il a rejoint le conseil d’administration de l’Alco en 2018. Alco regroupe les coopératives Eurial, Pamplie, Terra Lacta, Coopérative laitière de la Sèvre, Union laitière de la Venise verte (ULVV) et la laiterie de Verneuil. (Anne Gilet)
Erratum sur la fonction syndicale de Pierre Alessandri
Contrairement à ce qui était indiqué dans l’Agrafil daté du 19 mars, Pierre Alessandri, l’agriculteur tué par balles en Corse le 17 mars, n’était pas « ex-responsable syndical », mais était le secrétaire général de Via Campagnola, en fonction.