Bovins/DNC : Genevard interdit temporairement l’export et les rassemblements d’animaux
Dans un contexte de propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la ministre de l’Agriculture a annoncé, lors d’une réunion du Cnopsav le 17 octobre, une « interdiction de toute sortie de bovins du territoire métropolitain pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Cette mesure vise à « rassurer nos partenaires européens et commerciaux », explique-t-elle dans un communiqué, alors que les exportations de broutards viennent de débuter leur reprise saisonnière. Mme Genevard précise qu’elle « veillera à ce que le marché et les prix ne soient pas indûment affectés par cette mesure temporaire » ; elle recevra les acteurs de la filière « dès lundi pour discuter, avec eux, des dispositions à prendre pour préserver le marché français de tout risque spéculatif ». L’interdiction sera en vigueur du 18 octobre au 4 novembre ; elle sera levée le lendemain « si la situation sanitaire le permet ». Cette période vaut aussi pour les autres mesures annoncées le 17 octobre : interdiction des rassemblements d’animaux « à caractère festif » (concours, salons, foires) dans tout l’Hexagone ; interdiction des « marchés de bovins destinés à l’élevage » dans les régions touchées par la DNC (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie). La ministre n’a pas retenu la vaccination préventive, réclamée par certains syndicats. Par ailleurs, elle a annoncé un renforcement des contrôles et des sanctions en cas de non-respect de l’interdiction de mouvements d’animaux.
Bovins/DNC : le syndicalisme majoritaire s'oppose à la décision de Genevard
Jusqu'ici soutien de la stratégie vaccinale du gouvernement contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le syndicalisme majoritaire (FNSEA, JA, FNPL, FNB) a dénoncé, dans un communiqué le 17 octobre, une décision «unilatérale, sans vote des membres du Cnopsav et sans concertation préalable», qui «met en danger l’élevage français qui court au-devant d’une déstabilisation des marchés sans aucune mesure de crise pour soutenir les éleveurs». Pour les syndicats, «des alternatives étaient possibles, en négociant avec les autres Etats membres l’acceptation d’échanges d’animaux vaccinés et par la mise en place d’un contrôle vétérinaire sur tous les animaux à l’exportation.» Et de faire porter la responsabilité de la situation sanitaire actuelle sur «l’irresponsabilité de certains, qu’on ne saurait même pas qualifier de professionnels, et (...) la lenteur de l’Etat face aux résistances et aux manquements de ces individus». Selon un communiqué du ministère, les foyers recensés dans l’Ain, dans le Rhône, dans le Jura ou dans les Pyrénées-Orientales, «résultent probablement» de mouvements «illicites». Pour la Confédération paysanne et la Coordination rurale, qui n’ont eu de cesse de dénoncer l’abattage total systématique, il est «insupportable» d’accuser ainsi les éleveurs. «C’est un coup de massue», a dénoncé Sylvie Colas, de la Confédération paysanne. Pour le Modef également la décision est «incompréhensible».
Une filiale de Lur Berri soupçonnée d'avoir falsifié des certificats d'export (presse)
Selon les informations de Mediapart (article payant), Alliance Occitane, filiale du groupe Lur Berri (Sud-ouest) est suspectée d’avoir recouru à «des centaines de faux certificats médicaux» pour exporter ses veaux. Selon le média en ligne, c'est le pôle régional environnemental du tribunal de Bayonne qui aurait identifié, suite à un contrôle de routine en 2024, «des centaines de certificats médicaux douteux utilisés par la société Alliance Occitane», suspectée Elle aurait conduit, il y a cinq mois, une série de perquisitions. Et le 7 octobre, des vétérinaires et personnels de cette entreprise d’exportation ont été placés en garde à vue, rapporte Mediapart le 16 octobre. Trois d’entre eux «– un ancien et un actuel dirigeant du centre de rassemblement de bovins ainsi qu’un vétérinaire», sont convoqués devant le tribunal judiciaire le 19 mars 2026 pour répondre de «faits présumés d’exportation de bovins avec des passeports sanitaires falsifiés, tout comme l’entreprise en tant que personne morale», a indiqué la procureure de la République de Bayonne, Mariel Garrigos, à Mediapart. Deux autres salariés d’Alliance Occitane ont fait l’objet d’une mesure dite « d’alternative aux poursuites » (avertissement permettant d’éviter un procès).
Trafic de chevaux de trait: sept interpellations en France et Roumanie
Un trafic de chevaux de trait entre la France et la Roumanie a été démantelé et sept suspects ont été interpellés dans les deux pays, a annoncé le 17 octobre le procureur de la République de Besançon. Quatre animaux sur neuf dérobés en mai et juin 2025 «ont pu être retrouvés en Roumanie en bonne santé», a précisé le procureur, Cédric Logelin, lors d’une conférence de presse. Ces chevaux de trait comtois ont été volés dans le Doubs, le Territoire de Belfort et en Haute-Savoie. Les malfaiteurs avançaient leurs camions dans les champs et y chargeaient les bêtes dont la valeur est estimée à environ 5.500 euros chacune. Ces vols avaient provoqué un fort émoi, tant dans la communauté des éleveurs que parmi les défenseurs des animaux. «Certains avaient même déclaré que ces vols de chevaux, c’était comme si on leur avait volé leur gosse», a déclaré le procureur. «On savait immédiatement que les chevaux comtois ne seraient pas revendus pour de la viande parce qu’on avait identifié qu’ils étaient utilisés pour leur robustesse très réputée dans les travaux de bardage en forêt», a-t-il précisé. Trois personnes suspectées d’être les auteurs des vols ont été interpellées en Roumanie et deux personnes soupçonnées d’être les receleurs des animaux ont été arrêtées sur le ressort du tribunal judiciaire de Besançon. Deux autres personnes soupçonnées d’avoir fourni un véhicule aux auteurs et effectué des repérages ont également été interpellées.
Lait : les industriels favorables au statu quo pour le prochain budget du Cniel
Alors que les différents collèges du Cniel ne sont pas parvenus à se mettre d’accord pour le prochain budget, la Fnil (industriels) préconise de maintenir le statu quo, c’est-à-dire « revenir au budget initial, sans modification de la CVO ni de la répartition aux ¾ pour les éleveurs et ¼ pour les industriels », selon François-Xavier Huard, PDG de la Fnil, à Agra Presse. La FNPL (éleveurs) souhaitait une hausse du budget afin de maintenir les missions du Cniel à leur niveau et un rééquilibrage des contributions des industriels au profit des éleveurs. Mais cette solution se traduisant par « une hausse d’environ 25% de la contribution des industriels », rappelle la Fnil, elle a été rejetée par ces derniers. Après la démission le 15 octobre de Pascal Le Brun, président du Cniel, l’intérim est assuré par Marc Delage, à la tête du collège distributeurs, qui doit recevoir chaque collège afin de trouver un terrain d’entente. Sa tâche est rendue complexe par les relations tendues entre la FNPL et la Fnil. Cette dernière tient à dénoncer le communiqué de la FNPL du 15 octobre, qualifié d’« outrancier » par François-Xavier Huard. Ce communiqué était titré : « Jusqu’où iront les industriels laitiers privés pour détruire la filière ? »
Lait : la Fnil alerte sur un risque de « shut down » au Cniel
Après l’annonce de la démission de Pascal Le Brun de la présidence du Cniel (interprofession lalitière) le 15 octobre, François-Xavier Huard, PDG de la Fnil (industriels), s’est inquiété du financement du Cniel en cas de désaccord persistant sur le budget de l’interprofession. « Il y a un risque de shut down pour le Cniel à partir du début 2026, car s’il n’y a pas de budget, la contribution volontaire obligatoire de janvier ne pourra pas être appelée, or cela représente environ 3 M€ par mois », explique-t-il à Agra Presse. François-Xavier Huard, par ailleurs président du comité d’audit du Cniel, rappelle qu’il s’agit d’une des plus importantes interprofessions, avec un budget de plus de 40 M€ par an, une centaine de salariés et des missions vitales pour la filière. « Il y a une nécessité absolue de se concentrer sur les vrais enjeux la filière qui sont la qualité du lait, la sécurité sanitaire, les pathologies touchant le cheptel et la communication », selon lui. Il regrette le départ de Pascal Le Brun qui avait accédé à la présidence du Cniel au titre du collège des coopératives, avec le soutien des industriels et après plusieurs présidences assurées par les producteurs.
Influenza aviaire : un élevage de dindes atteint en Loire-Atlantique
Dans un communiqué du 16 octobre au soir, la préfecture de Loire-Atlantique a annoncé qu’un foyer d’influenza avait confirmé dans la journée dans un élevage de dindes à Nort-sur-Erdre, près de Châteaubriant. Les deux communes de Nort-sur-Erdre et de Héric sont dans la zone de protection de 3km autour du foyer. Le territoire métropolitain est placé en risque « modéré » depuis le 16 octobre. D’après la note mise en ligne par la plateforme française d’épidémiosurveillance Esa, cet élevage comporte plus de 10 000 têtes. C’est le premier cas en élevage de volailles de rente après ceux d’un élevage de gibier détecté le 6 octobre dans le Pas-de-Calais et de trois basses-cours, détectés ensuite. Chronologiquement, d’après la note Esa, une première basse-cour (d’une trentaine d’oiseaux dont des canards) a été atteinte en Vendée près de Fontenay-le-Comte, puis une deuxième (de plus de 250 volailles - oies, poules, cailles) en Seine-Maritime près de Dieppe, et une troisième en Charente-Maritime près de la Rochelle. Ces cas domestiques sont à déplorer alors que la campagne de vaccination des canards a débuté le 1eroctobre et que le niveau de risque national a été relevé à « modéré » le 16 octobre. Ils sont survenus en ZRP (risque particulier) sauf ceux du Pas-de-Calais et de Seine-Maritime.
Sanitaire : le FMSE prêt à élargir ses missions, sans « déshabiller » d’autres structures
« Nous sommes prêts à répondre au nom de la profession pour faire évoluer nos missions, mais sans déshabiller nos collègues des autres structures », déclare Christophe Chambon, président du FMSE (fonds sanitaire), dans un entretien à paraître dans Agra Presse hebdo. Dans un contexte d’accélération des maladies animales, les Assises du sanitaire doivent déboucher sur une nouvelle gouvernance du sanitaire, davantage axée sur la prévention. En parallèle, une proposition de loi socialiste vise à élargir les missions du FMSE, notamment à la vaccination et aux audits de biosécurité. Ce texte propose aussi que le fonds professionnel participe à l’amélioration du maillage vétérinaire, à travers des « équipes mobiles » de praticiens. « Ce n’est pas le FMSE qui a demandé ça », répond Christophe Chambon. Et de clarifier : « Le FMSE n’est pas là pour piquer la place de qui que ce soit ». En revanche, le fonds professionnel se dit ouvert à accueillir de nouveaux acteurs ou de nouvelles filières en son sein ; des sections apicole et équine sont « en cours de création », annonce M. Chambon à Agra Presse. Par ailleurs, avec la multiplication des crises sanitaires, « les caisses de la section des ruminants commencent à fortement se vider », prévient-il. Et d’ajouter : « Nous nous posons la question d’augmenter les cotisations ».
Etats-Unis : l'administration Trump prépare un plan pour faire baisser le prix du bœuf
Le président américain Donald Trump a indiqué, 16 octobre lors d’un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, que son administration travaillait sur un plan pour faire baisser le prix du bœuf aux États-Unis. « Nous travaillons sur le bœuf, et je pense que nous avons trouvé un accord », a-t-il déclaré sans plus de précisions, selon des propos rapporté par l’agence Reuters. La secrétaire américaine à l'Agriculture, Brooke Rollins, avait déjà annoncé, quelques semaines auparavant que l'USDA fournirait, à la mi-octobre, les détails d'un plan de revitalisation du cheptel décimé, qui n'inclurait pas de paiements aux producteurs. Les prix du bœuf ont atteint des sommets historiques au Etats-Unis du fait de la réduction du cheptel touché par une sécheresse depuis plusieurs années dans l'ouest du pays. A cela s’ajoutent la suspension des importations mexicaines afin d'empêcher la propagation d'un ravageur et les droits de douanes imposés au Brésil. L'administration de l'ancien président Joe Biden a imputé la hausse des prix des denrées alimentaires aux entreprises de conditionnement de viande. Le 7 octobre, les transformateurs Tyson Foods et Cargill ont d’ailleurs accepté de verser un montant combiné de 87,5 millions de dollars à l'amiable suite à une action en justice fédérale intentée par des consommateurs qui les accusaient de complot visant à gonfler les prix du bœuf en limitant l'offre.
Pac : les négociations sur la simplification prennent du retard
La Présidence danoise du Conseil de l’UE espérait trouver un accord le 17 octobre lors d’un trilogue avec le Parlement européen sur le paquet de simplification de la Pac qui prévoit notamment un allégement de la conditionnalité pour les prairies permanentes (BCAE 1). Mais les positions des colégislateurs se sont avérées trop éloignées. En effet, le Parlement européen a adopté des dispositions allant bien au-delà de ce qu’a proposé initialement la Commission européenne se prononçant notamment pour la suppression des obligations des BCAE 5 (protection des sols contre l’érosion) et 9 (protection des prairies permanentes des zones Natura 2000). Des ajouts que le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, avait qualifiés de «préoccupants». Pour la présidence danoise – qui n’a pas de mandat sur ces points puisque les Etats membres n’en ont pas parlé -, les amendements du Parlement vont plus loin que la simplification et s’apparentent à une réforme de la Pac. Elle estime que ces discussions doivent donc avoir lieu dans le cadre de la réforme et pas dans celui de la simplification. Des consultations entre experts vont se tenir pour trouver une solution à ce différend avant que les négociations puissent reprendre. Les colégislateurs veulent toutefois boucler au plus vite afin que les amendements puissent être adoptés avant la fin de l’année pour entrer en vigueur dès 2026.
Gaspillage alimentaire : les déchets alimentaires en hausse dans l’UE en 2023
L’office de statistique de l’UE (Eurostat) a publié, le 16 octobre, ses données sur le gaspillage alimentaire dans l’UE en 2023. Dans le détail, sur les 58,2 millions de tonnes de déchets alimentaires générés, plus de la moitié (53 %) était des déchets ménagers, soit l’équivalent de 69 kg par habitant. Les 47 % restants étaient des déchets produits en amont de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, dont 19 % par la fabrication de produits alimentaires et de boissons (24 kg par habitant), 11 % par la restauration (14 kg par habitant), 10 % par la production primaire (12 kg par habitant) et 8 % par la vente au détail et autres distributions alimentaires (10 kg par habitant). Ces données ont été publiées le jour même de l’entrée en vigueur de la révision de la directive-cadre sur les déchets. Ce texte fixe notamment des objectifs de réduction en matière de gaspillage alimentaire d’ici 2030 de 10 % dans la transformation et la fabrication, et de 30 % conjointement dans la vente au détail et autres distributions de nourriture, dans les restaurants et services alimentaires et dans les ménages. Ces objectifs seront calculés en comparaison de la quantité générée en moyenne annuelle entre 2021 et 2023.
Négociations commerciales : Papin favorable à une priorité aux PME (presse)
Le nouveau ministre des Petites et moyennes entreprises et du Commerce Serge Papin a indiqué à RTL le 17 octobre qu’il souhaitait un traitement spécifique pour les petites et moyennes entreprises lors des négociations commerciales. « J'ai commencé à discuter avec mes collègues. Je voudrais que les PME passent en premier dans les négociations. Il faut raccourcir le processus avec elles, c'est trop long. Et il faut un dialogue permanent », a-t-il déclaré. Le nouveau ministre, et ancien patron du distributeur Système U, souhaite que les PME en passant en premier puissent avoir un accès privilégié aux rayons des grandes surfaces alors que la priorité est plus souvent donnée aux grandes marques bien connues des clients et qui servent de produits d’appel. « Il faudrait que les produits des PME, de France, soient plus compétitifs », a-t-il aussi indiqué, en revisitant les péréquations de marges que réalisent les distributeurs entre les produits de PME et des grands industriels. Objectif : inverser la pratique habituelle consistant à davantage marger sur les produits des PME. En défendant le traitement différencié au profit des PME, Serge Papin appuie une revendication de longue date portée par la Feef, organisation représentant les PME fournisseurs des grandes surfaces.
Bio : l’Agence bio continuera d’exister en 2026, budgets à préciser
« On sait qu’on n’est pas supprimés » s’est réjouie la directrice de l’Agence bio, Laure Verdeau, auprès d’Agra Presse le 17 octobre. Après des mois de doute sur son sort, sur la sellette avant un rétropédalage de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard en janvier puis une mission de simplification menée par Bercy en mai, l’Agence bio continuera donc d’exister. Comme le laissait entendre la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2026 aux syndicats, le 15 octobre, qui prévoit une baisse relativement modeste d’équivalents-temps plein (ETP), à l’instar d’autres opérateurs de l’Etat. D’après Laure Verdeau, l’Agence bio conservera ses trois missions que sont : la gestion du fonds avenir bio, la communication sur la bio et le suivi économique du secteur. Concernant le fonds avenir bio, l’enveloppe « à 8,7 millions d’euros va remonter ». Concernant le budget communication, le montant n’est pas encore certain. Enfin, concernant le suivi économique : « L’observatoire (de la production bio, NDLR) ne fera pas d’études sectorielles, sauf si financées par des tiers, mais il continuera de faire le chiffrage des marchés et le suivi des chiffres relatifs aux surfaces, fermes et actifs », a précisé Laure Verdeau.
Pesticides: l'Anses pousse une extension de la phytopharmacovigilance à l'échelle européenne
Dans un rapport, paru le 16 octobre, faisant le bilan des dix premières années de fonctionnement du réseau français de phytopharmacovigilance, «unique en son genre en Europe», l'Anses indique qu'elle pousse son extension à l'échelle communautaire. «L’efficacité d’un système de vigilance est d’autant plus importante que le champ d’expérience terrain qu’il scrute est important», explique l'agence. Créé par la loi d'avenir agricole de 2014, le réseau de phytopharmacovigilance est un «réseau de réseaux» ayant pour mission de repérer des «signaux d’effets indésirables liés à l’utilisation de ces produits», via des signalements, de la veille bibliographiques, le financement d'études, notamment d'exposition ; puis de « les faire remonter aux différents acteurs chargés de l’évaluation et de la gestion des risques». Parmi les évolutions souhaitées, l'Anses propose aussi la numérisation des données d’application des pesticides : «de façon récurrente, ses résultats scientifiques sont en effet pénalisés par la nécessité de contourner l’absence d’information avec la mise en place d’investigations complexes, longues, coûteuses et s’appuyant sur des approximations des sources et niveaux d’exposition», regrette-t-elle.
Pesticides : des substances détectées sur tout le littoral français (étude)
Des substances pharmaceutiques et des pesticides ont été retrouvés dans des mollusques et de l’eau de mer sur toutes les côtes de l’Hexagone, même dans des endroits éloignés des sources de pollution, selon une étude publiée le 15 octobre par l’Ifremer. Dans le cadre du projet Emergent’Sea, les scientifiques ont analysé plus de 11 300 résultats issus de prélèvements, réalisés entre 2021 et 2023, de la Baie de Somme à la Corse, dans des mollusques (huîtres, moules) ou dans l’eau de mer. Les trois quarts (77 %) des substances recherchées ont pu être mesurées au moins une fois dans l’eau de mer. Dans les mollusques, 65 % des substances recherchées ont été quantifiées au moins une fois, selon le rapport dévoilé mercredi 15 octobre par le journal Le Monde (article payant). En moyenne, 15 substances ont été mesurées par point de suivi dans l’eau de mer, et jusqu’à 28 substances pour certaines zones du littoral. Dix substances en moyenne ont été retrouvées dans les mollusques. Dans l’eau de mer, les substances les plus souvent retrouvées sont des herbicides et des substances pharmaceutiques, comme le paracétamol, des métabolites du métolachlore (un désherbant) ou l’atrazine, un herbicide redoutable pour la santé, interdit depuis une vingtaine d’années en Europe.
Grandes cultures/pesticides : l’autorisation du penthiopyrade non renouvelée
La Commission européenne a publié, le 9 octobre au journal officiel de l'UE, un règlement confirmant le retrait de l’autorisation de mise sur le marché dans l’UE de la substance active «penthiopyrade» à partir du 31 octobre. Ce fongicide SDHI à large spectre avait vu, en 2024, sa période d’approbation prolongée jusqu’au 31 octobre 2027 «dans l’attente des étapes restantes de la procédure de renouvellement de l’approbation de cette substance active». Mais finalement, le 13 mars, le demandeur a confirmé qu’il ne soutenait plus la demande de renouvellement de l’approbation. «Par conséquent, la prolongation de la période d’approbation du penthiopyrade n’est plus justifiée», indique la Commission européenne qui promet toutefois de laisser aux États membres suffisamment de temps pour retirer leurs autorisations relatives aux produits phytopharmaceutiques contenant du penthiopyrade.
Légumineuses : un marché français en croissance en 2024 (observatoire)
Le marché français des légumineuses était en croissance en 2024, selon l’Observatoire OléoProtéines 2025, géré par l’interprofession Terres Univia (protéagineux et oléagineux), publié le 16 octobre. Ce marché est porté « par une bonne valorisation des signes et labels de qualité et du bio, et par une offre de produits de plus en plus étoffée en magasins », indique l’étude. Plus en détail, la consommation en volumes de légumes secs appertisés (conservés dans un récipient hermétique et stérilisé au préalable) sur le segment RHD (restauration hors domicile) a progressé de 3 % par rapport à 2023, à 18 000 t (dont 4 600 t de pois chiche, 4 100 t de lentilles et 9 200 t de haricots secs). Ensuite, les achats de légumes secs bio bruts en restauration collective se sont accrus de 7% par rapport à l’année précédente, « portés par les objectifs de la loi Egalim ». Concernant les innovations, le document de Terres Univia évoque la croissance annuelle de 19 % du marché des gâteaux et snacks sucrés contenant des légumineuses vendues en GMS (grandes et moyennes surfaces).
CBD: la filière agricole inquiète d'une taxe menaçant sa «survie» dans le PLF
Un syndicat agricole représentant les producteurs de cannabinoïdes (CBD) s’est inquiété le 16 octobre de la taxation et de l’encadrement de la vente de fleurs de chanvre prévus dans le projet de budget pour 2026 qui mettent, selon lui, «en danger de mort l’ensemble de la filière». «En soumettant la fleur de chanvre (CBD) à un droit d’accise (impôt indirect)» de 25,7% en 2026 (contre zéro taxation en 2025) et «en réservant sa vente aux bureaux de tabac» et autres «établissements agréés», le «gouvernement condamne un des rares secteurs agricoles en plein essor», estime dans un communiqué l’Association française des producteurs de cannabinoïdes (AFPC). D’une part, ces mesures réduisent «la compétitivité des produits français, déjà sévèrement concurrencés par les importations étrangères», qui constituaient «85% du marché français» en 2024, déplore le syndicat. D’autre part, elles «excluent également les agriculteurs de la distribution de leur propre production». Or «la grande majorité des chanvriers français dépendent aujourd’hui de la vente directe (en marché, en foire, etc.) pour pouvoir vivre de leur activité», explique l’AFPC, selon qui la filière compte «plus d’un millier» de chanvriers actifs en 2024, pour «un chiffre d’affaires annuel évalué à plus de 850 millions d’euros».
Tomate: feu vert de Bruxelles à une aide de 63M€ pour une ferme hors-sol
La Commission européenne a approuvé, le 17 octobre, une aide d'État grecque de 63 millions d'euros pour la construction d'une «installation hydroponique de pointe» de production de tomates. L'aide sera versée sous la forme d’une subvention directe qui couvrira 50% du montant total des coûts d'investissement du projet. Cet investissement «créera environ 150 nouveaux emplois dans la région». La Commission a estimé que l'aide qui sera financée par le Fonds pour une transition juste était «nécessaire et appropriée pour encourager les investissements concernés». Et selon elle, cette aide aura une incidence limitée sur la concurrence et les échanges entre les États membres.
Pommes Golden : carte inédite de sa biogéographie à 2100, arboriculteurs appelés à anticiper
Le cabinet d’étude Agroclimat 2050, fondé par l’agroclimatologue Serge Zaka, a publié le 17 octobre sur Linkedin une cartographie de la biogéographie future de la Golden, l’une des pommes les plus consommées au monde. Elle met en évidence son aire de répartition potentielle à l’horizon 2100. D’ici là, le fruit jaune devrait migrer vers le nord de l’Europe, trouvant des conditions favorables en Pologne, dans le sud de la Suède, en Finlande et jusqu’en Russie, traditionnellement cultivée sous des latitudes tempérées : France, Espagne, Italie, Balkans etc. Face à ce déplacement climatique « brutal », le défi est « immense », selon Serge Zaka, en raison d’un temps d’adaptation de la filière est « extrêmement court ». Un arbre planté aujourd’hui devra résister et produire pendant les cinquante prochaines années. Pour l’agroclimatologue, « c’est en 2025 que se décide la souveraineté alimentaire européenne de 2070 ». Il appelle à anticiper dès maintenant l’adaptation de l’ensemble de la filière arboricole, dans une logique de coopération européenne. L’élaboration de cette carte s’est appuyée sur dix modèles climatiques issus du rapport CMIP6 du Giec, combinés à trois scénarios de réchauffement et à douze indicateurs agroclimatiques clefs (floraison, canicule, sécheresse, excès d’eau, etc.) D’ores et déjà, Agroclimat 2050 travaille à étendre cette approche à d’autres variétés arboricoles européennes.
Vin : opposé à l’arrachage de vignes, le Modef prône l’adaptation du produit
Face à la crise viticole, le syndicat agricole Modef a répété le 17 octobre son opposition à l’arrachage de vignes, lui préférant l’adaptation du produit. Le plan d’arrachage « ne résout pas le problème de surproduction », a déclaré en conférence de presse Xavier Fabre, président du Modef Gard. « Cela concerne bien souvent des vignes peu productives. » L’an dernier, le ministère de l’Agriculture a mis en place un dispositif de réduction du potentiel viticole. 27 500 ha ont ainsi bénéficié d'une aide à l'arrachage de 4 000 €/ha. Pour le Modef, la solution n’est pas là. « On a bien conscience du manque de consommation pour certains vins, a poursuivi Xavier Fabre. C’est plus un problème d’adaptation de l’offre au marché. » Le syndicat pousse donc à réorienter le vignoble vers certains vins : « le blanc – tout le monde en réclame – les bulles, le désalcoolisé ». « Il faut produire ce qui marche plutôt que laisser d’autres le faire et arracher », d’après lui. « La viticulture a toujours su s’adapter », considère Xavier Fabre. Et de réclamer des prix rémunérateurs alors que le secteur traverse une crise profonde. « La solution passe par le prix du vin et la répartition des marges », a renchérit Didier Gadéa, président de la commission nationale viticole.
Salariés agricoles : création du syndicat CFTC Agriculture de Bretagne
A l’occasion d’une assemblée générale constitutive à Lanester (Morbihan) le 17 octobre, sera officiellement lancé le syndicat régional CFTC Agriculture Bretagne, explique-t-il annoncé dans un communiqué de presse le 16 octobre. « Après la création de sections syndicales à Sodiaal, Eureden, Porc Armor, Truffaut, etc. et les bons résultats aux élections des chambres d’agriculture de janvier 2025, les adhérents CFTC Agriculture de Bretagne ont décidé de se rassembler et de créer un syndicat régional » justifie le syndicat. L’assemblée générale aura pour objectif de voter l’élargissement de l’historique syndicat CFTC Uniporc Ouest à l’ensemble du monde agricole de la région.
Laurent Huynh nommé directeur général de Charles & Alice
Le fabricant de desserts aux fruits Charles & Alice a annoncé le 17 octobre la nomination de Laurent Huynh comme directeur général de l’entreprise. « Il aura pour mission de poursuivre les engagements et le développement du groupe Charles & Alice sur le marché français à la fois en GMS et en RHF. Thierry Goubault reste à la présidence de l’entreprise », précise un communiqué. « Son objectif est également d’élargir les partenariats avec les arboriculteurs afin d’accroître l’approvisionnement en fruits français. » Diplômé de l’Essec Business School, Laurent Huynh a occupé plusieurs postes chez Danone, L’Oréal, Mars, Lustucru Frais, Bjorg & Compagnie, avant de rejoindre Beaba.
Régis Fournier devient « conseiller stratégique » de Limagrain Field Seeds
Depuis le 1er octobre, Régis Fournier a vu ses fonctions évoluer au sein de Limagrain Field Seeds, l’activité du groupe dédiée aux semences de grandes cultures. Jusque-là directeur général de cette branche, il est désormais « conseiller stratégique », aux côtés de Quiterie Foulet, nommée fin septembre à la direction générale. Comme il l’explique sur son compte LinkedIn, « je continuerai à contribuer au développement de Limagrain Field Seeds, en me concentrant sur les perspectives à long terme et les opportunités stratégiques, ainsi que sur plusieurs projets concrets de croissance et de transformation ». Il se retire donc « du quotidien » pour « changer de perspective ». Il précise par ailleurs qu’il « continuera à représenter Limagrain à l’extérieur, notamment au sein des organisations interprofessionnelles de la filière semencière, en France, en Europe et au-delà ». À court terme, il assurera également l’intérim de la direction de la recherche de Limagrain Field Seeds, suite au départ de Fermin Azanza le 1er octobre, et ce, jusqu’à ce que son successeur soit nommé. (Anne Gilet)