Agrafil du 20 janvier 2022

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Influenza aviaire: vers un un dépeuplement massif dans le Sud-Ouest

Alors que le Sud-Ouest est confronté à une violente flambée d'influenza aviaire, l'annonce imminente d'abattages massifs de volailles est attendue après une réunion dans l'après-midi du 19 janvier, a-t-on appris de différentes sources concordantes. Le ministère de l'Agriculture n'a pas encore communiqué à l'heure où ces lignes sont écrites. «La DGAL (ministère de l'Agriculture, NDLR) a annoncé lundi [17 janvier] qu'ils comptaient dépeupler la ZRD» du Sud-Ouest, indique Julien Mora, le représentant du Modef au Cifog (interprofession du foie gras). Cette «zone à risque de diffusion» recouvre plus de 300 communes (Gers, Landes, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques). Près de 2,5 millions de volailles y sont élevées, certaines étant encore «valorisables» selon M. Mora. En y ajoutant les élevages «déjà vidés (soit plus d’un million de volailles)», «le niveau d’abattage de la précédente crise est (…) déjà atteint», évaluent la Confédération paysanne et le Modef dans un communiqué le 19 janvier. Dénonçant un «fiasco sanitaire», les syndicats minoritaires appellent pour la suite à «redémarrer autrement en questionnant enfin les densités et les filières». Dans son dernier bilan au 16 janvier, le ministère de l'Agriculture faisait état de 216 foyers d'influenza en élevages, dont 144 dans les Landes.

Cellule Déméter: la rapporteure publique du tribunal administratif de Paris propose de la dissoudre

Lors d’une audience au tribunal administratif de Paris le 18 janvier, la rapporteure publique a recommandé la dissolution de la cellule Déméter, indiquent les associations Pollinis et Générations futures dans un communiqué. Dans ce recours, traité en même temps qu’une procédure identique lancée par L214, les ONG demandent «l’annulation de la convention de partenariat entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA)», à l’origine de la cellule. Dans son exposé introductif, rapportent les ONG, la magistrate aurait estimé que les missions de Déméter «étaient contraires à la liberté d’expression». Le représentant du ministère de l’Intérieur aurait de son côté reconnu «des excès de zèle» au début des activités de la cellule, tout en estimant «les quelques cas d’intimidation rapportés par les associations» resteraient des cas isolés. Alors que la décision des juges est attendue sous quinze jours, le recours de Générations futures et de Pollinis pourrait être jugé «irrecevable», regrettent les ONG. Car, pour la rapporteure, les activités des deux associations ne seraient pas directement lésées par la convention de partenariat signée entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et les JA.

Varenne de l'eau: les mesures «qui se profilent» sur le stockage, selon l'APCA

A l'occasion des voeux à la presse des chambres d'agriculture (APCA) le 19 janvier, leur président a exposé les «points majeurs qui se profilent» pour la conclusion de l'atelier 3 du Varenne de l'eau, dédié aux politiques de gestion quantitative et de stockage de l'eau. Selon Sébastien Windsor, parmi les mesures attendues dans les prochaines semaines, figureront un «complément» au décret portant sur la gestion quantitative de l'eau, paru en juin. L'objet de cet ajout serait de permettre de «prélever davantage en dehors des périodes de basses eaux». Deux autres types de mesures sont attendues, selon l'APCA: une «liste de propositions pour accélérer les PTGE», les projets de territoire pour la gestion de l'eau, qui encadrent la création de nouvelles retenues d'eau ; et des mesures permettant une «meilleure mobilisation des fonds Feder-Feader» pour les financer. Concernant l'atelier 2 du Varenne sur la résilience face au changement climatique, le président de l'APCA a confirmé que des diagnostics régionaux réalisés par les chambres d'agriculture seront présentés le 1er février par le ministère de l'Agriculture. S'en suivra l'élaboration de plans d'actions pour l'adaptation, que Sébastien Windsor souhaite voir élaborés avec des collectivités locales et des coopératives.

Méthanisation: Julien Denormandie veut que la profession régule la concurrence

À l'occasion de son audition devant les députés de la commission des Affaires économiques le 19 janvier, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a expliqué que la méthanisation était un sujet qu'il n'avait «pas suffisamment ouvert» et qu'il fallait «ouvrir dans les prochains mois, prochaines années». Sur ce dossier, le ministre s'est dit favorable à «une forme de régulation, qui n'incombe pas à l'État, mais à la profession elle-même». Pour Julien Denormandie, l'administration doit jouer dans ce dossier son rôle de police de l'environnement, mais laisser la profession régler le «vrai sujet de la compétition entre les approvisionnements agricoles entre eux». Et de considérer qu'«il ne devrait pas y avoir un projet de méthanisation sans par exemple l'aval d'une chambre d'agriculture départementale - ou autre -, en somme, un "nihil obstat" d'une forme d'organisation agricole». L'objectif d'une telle procédure: «être sûr qu'il n'y ait pas une forme de compétition des filières agricoles entre elles».

Présidentielle : Guillaume Garot conseillera Anne Hidalgo sur l'agriculture

Anne Hidalgo a dévoilé le 18 janvier son équipe de campagne pour la présidentielle. C’est au député Guillaume Garot (Mayenne) que revient la thématique Agriculture, alimentation, dans l'organigramme publié sur le site internet de la candidate socialiste. Dans les faits, il composera un «trio», avec l’eurodéputé Eric Andrieu et le député Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle), précise-t-on dans l'entourage de l'ancien ministre. Le trio est complété par un panel d’une vingtaine d’experts, issus du «monde politique et associatif», qui ont contribué au programme agricole et alimentaire d’Anne Hidalgo pour l’élection présidentielle. Guillaume Garot, ex-ministre délégué à l’Agroalimentaire (de 2012 à 2014), est président du Conseil national de l’Alimentation, conseiller régional des Pays de la Loire. Il est l’auteur de la loi contre le gaspillage alimentaire votée en 2016.

Installation: l'APCA veut une seule offre d'accompagnement par région

Alors que les Régions doivent devenir les maitres d'œuvre des politiques d'installation à partir de 2023 (aides directes et accompagnement), le président des chambres d'agriculture (APCA) Sébastien Windsor a émis le souhait qu'une seule offre d'accompagnement soit soumise à chaque Conseil régional. «Il ne faut par avoir trois ou quatre organisations labellisées par région», plaide l'agriculteur, qui souhaite que les chambres d'agriculture soient les «têtes de file» des offres d'accompagnement dans chaque région, aux côtés des Jeunes Agriculteurs et d'autres organisations comme les Grab. Pour justifier l'absence de concurrence, Sébastien Windsor met en avant la capacité à rassembler les offres de cession de fermes et brandit la menace du «clientélisme». «On nous dit souvent que l'on refuse trop de projets de jeunes hors cadre, mais quand un jeune va dans le mur, c'est notre devoir de lui dire. Si jamais trois acteurs se présentaient, il pourra faire jouer la concurrence. Le premier dira non et le second pourra dire oui, par clientélisme.» L'offre d'accompagnement consiste en trois dispositifs: les Points accueil installation (PAI), les Centres d’élaboration du plan de professionnalisation personnalisé (CEPPP) et le stage collectif de formation de 21 heures.

Phytos: l'APCA craint un «embouteillage» sur le conseil stratégique en 2023

A l'occasion des voeux à la presse des chambres d'agriculture (APCA), leur président Sébastien Windsor a alerté sur un risque d'«embouteillage» face à la faiblesse de la demande et de l'offre en conseil stratégique sur les phytos, dont chaque agriculteur devra avoir bénéficier d'ici fin 2023. Dans le cadre de la séparation de la vente et du conseil des phytos, les pouvoirs publics ont instauré une obligation de recourir d'ici fin 2023 à un conseil stratégique sur les phytos tous les 2 à 3 ans, prodigué par une société ne commercialisant par ces produits. «Nous avions promis que les chambres d'agriculture en réaliseraient 50%, j'ai peur que l'on en fasse 100%», a alerté Sébastien Windsor, face à la faible mobilisation des autres acteurs du conseil, et au peu de coopératives et négoce ayant renoncé à la vente. Pour éviter l'«embouteillage», l'APCA négocie des partenariats avec des coopératives pour que celles-ci fassent la promotion du conseil stratégique des chambres, en échange de recevoir les documents produits lors de ce conseil chez leurs adhérents. L'APCA propose également aux pouvoirs publics que la validité des conseils reçus en 2022 soient allongée. Dans les chambres, 90 équivalents temps plein sont prévus en 2022 pour dispenser ce conseil, déjà disponible dans «95%» du réseau.

Phytos et riverains: l'APCA opposée à Phytosignal, favorable au gyrophare

À l'occasion de la cérémonie des vœux à la presse de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) le 19 janvier, son président Sébastien Windsor a présenté ses propositions de son réseau pour la mise en œuvre des mesures d'information des riverains sur les épandages de pesticides, qui devront être intégrées prochainement dans les chartes départementales relatives aux zones de non-traitement (ZNT). Au titre de l'information collective, l'APCA propose de mobiliser les informations déjà produites dans les Bulletins de santé du végétal (BSV), qui permettent d'informer sur les périodes durant lesquelles les agriculteurs d'un territoire sont susceptibles de réaliser certains traitements. Au titre de l'information individuelle, l'APCA propose le recours au gyrophare lors des traitements. Questionné sur l'éventualité d'une généralisation à toute la France du système de signalement Phytosignal, Sébastien Windsor s'y est dit «totalement opposé». Pour le président de l'APCA, cet outil relève de «la délation» et serait inefficace: «Je mets au défi madame Michu de savoir si j'épands du biocontrôle ou de l'azote, et de connaître les règles liées au vent... »

Vin: les ventes de champagne atteignent des records

Les ventes de champagne ont atteint des records en 2021, avec plus de 320 millions de bouteilles écoulées, soit un chiffre d'affaires record de quelque 5,5 milliards d'euros selon des responsables du secteur, grâce à la «consommation à domicile». Cette augmentation, de 32% sur un an, fait suite à une baisse de 20% en 2020, avec la chute brutale du tourisme et de l'événementiel en raison de la pandémie. Vu la poursuite de la crise sanitaire, «c'est la consommation à domicile qui a pris le relais», estime le Comité champagne. «Les consommateurs ont décidé de se faire plaisir à la maison» malgré «la morosité ambiante», poursuit cet organisme représentant les vignerons et maisons de Champagne. La reprise soudaine de la demande a pris de court certains établissements, entraînant des ruptures de stocks en raison de la désorganisation des chaînes logistiques avec le Covid. Des ruptures de stocks de Ruinart, Moët&Chandon ou Dom Pérignon avaient ainsi été constatées en Espagne par exemple.  Selon le bilan provisoire, le chiffre d'affaires de la filière devrait dépasser les 5,5 milliards d'euros, un record dépassant nettement les 5 milliards d'euros régulièrement enregistrés avant la pandémie.

Négociations commerciales : Leclerc fera passer les hausses de prix «nécessaires»

Alors que les négociations commerciales se poursuivent dans un contexte tendu, Michel-Edouard Leclerc a assuré que son groupe fera «passer les hausses nécessaires» sur les prix alimentaires sans toutefois quitter sa posture de «défenseur» du pouvoir d’achat, lors d’une audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée, le 19 janvier. «Nous allons vers une inflation de 4% que nos consommateurs ne pourront pas absorber», a déclaré le président du comité stratégique des centres E.Leclerc qui refuse un «mur de hausse des prix». Il explique que, dans les tarifs envoyés par les industriels, «25% du chiffre d’affaires» du groupe est concerné «par une hausse moyenne de 6%». Il affirme vouloir «sculpter tout ça avec discernement» et demande de la «transparence» de la part des industriels. Selon lui, 90% des fournisseurs des magasins Leclerc ont opté pour le recours à un tiers de confiance afin de «certifier au terme de la négociation» (article L441-1-1 du code du commerce) que celle-ci n’a pas porté sur la part du coût de la matière première agricole, comme le prévoit la loi Egalim 2. Les deux autres options étant de présenter le prix unitaire ou prix total des matières premières dans les CGV (conditions générales de vente). «Ils n’ont pas choisi la transparence», en conclut M.Leclerc.

Maillage vétérinaire : appel aux candidatures pour réaliser des diagnostics territoriaux

Dans le cadre de la feuille de route pour le maintien des vétérinaires dans les territoires ruraux et avec le soutien du ministère de l’Agriculture, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé le 18 janvier par des organisations professionnelles agricoles et vétérinaires* auprès des collectivités locales afin «d’aider les territoires à lutter contre la désertification vétérinaire». Un diagnostic de l’offre vétérinaire et de la demande des éleveurs sera réalisé dans les six territoires retenus afin de «coconstruire un plan d’actions en conséquence», explique l’Ordre national des vétérinaires dans un communiqué. A cette fin, les collectivités bénéficieront d’une aide «méthodologique et financière». Un budget de 200 000 euros est prévu, précise Joël Limouzin (FNSEA 85) à Agra Presse. «L’enjeu est d’identifier les besoins dans les territoires et les raisons de la désaffection des cabinets vétérinaires à l'égard des animaux d'élevage. Est-ce un problème de rentabilité, d’accès aux médicaments vétérinaires ou lié à une sollicitation moindre des éleveurs? Beaucoup de questions se posent», explique-t-il. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 mars. (*L’APCA, la FNSEA, l’Ordre des vétérinaires, les groupements de défense sanitaire de GDS France, les groupements techniques vétérinaires (SNGTV) et les vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL)

Gel : les Vignerons indépendants demandent une adaptation des PGE

La confédération des Vignerons indépendants demande une adaptation spécifique de remboursement des PGE (Prêts garantis par l’État), pour tenir compte à la fois de leurs difficultés à commercialiser leur vin depuis deux ans, et du gel exceptionnel d’avril dernier. «Nous portons depuis 10 jours une demande d’adaptation à nos spécificités du plan annoncé par Bruno Le Maire début janvier pour les très petites entreprises (TPE)», a indiqué Jean-Marie Fabre, président de la confédération, le 19 janvier, à Agra. Le 5, Bercy annonçait en effet que les TPE ayant contracté un PGE et qui se trouvent aujourd’hui en grande difficulté «pourront bénéficier d'un étalement du remboursement jusqu'à 10 ans (au lieu de 6 ans) et d'un report de six mois du début du remboursement à fin 2022 ». L'adaptation demandée porte sur deux points: d’une part il faut que la Médiation du crédit (qui est un service gratuit de la Banque de France pour les entreprises), valide «automatiquement » les dossiers présentant le double critère: celui d’un PGE consommé et celui d’une perte de récolte d’au moins 20% due au gel. D’autre part, que des prêts bonifiés soient mis en place pour cette catégorie de vignerons, frappés à la fois par la chute de commercialisation de leurs produits et par la chute de leur production en raison du gel.

Lait : la FNPL veut faire pression pour que la distribution répercute l’inflation

Dans un communiqué du 19 janvier, la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA) lance un appel à la mobilisation «pour aller à la rencontre des Français dans tous les magasins pour une opération #TransparenceGMS» et faire pression sur les distributeurs pour qu’ils acceptent les hausses de tarif «légitimes» demandées par les industriels. «Nous devons expliquer qui sont les vrais gagnants des prix bas et des promotions», poursuit-elle. «Il semble que les distributeurs accepteraient les hausses justifiées sur les matières premières agricoles [une obligation de la loi Egalim 2, ndlr] (…) En revanche, quand nos laiteries évoquent l’explosion de leurs propres charges, la fin de non-recevoir est immédiate», explique le syndicat qui s’insurge contre les propos tenus dans les médias par différents distributeurs sur les négociations commerciales en cours, citations à l’appui. «Vos fournisseurs ne pourront amortir l’inflation qu’en tapant sur leurs salariés, leurs fournisseurs et sur nous les agriculteurs», accuse-t-elle.

Semences : Corteva achève un investissement de 5 M € dans une usine en Autriche

Corteva Agriscience a annoncé le 18 janvier un investissement de près de 5 M € dans son usine de Parndorf (Autriche) qui lui apporte une «production des semences plus sûr et plus efficace». Cet investissement a permis «la création d'un nouvel atelier et la mise en oeuvre d'un projet de « backdumping» (déchargement à l’arrière des camions)», permettant aux opérateurs de mieux décharger les épis de maïs, selon un communiqué. L’usine modernisée (plus de 100 salariés), située à 40 km de Vienne, est déjà opérationnelle après trois ans de travaux, précise Corteva. Elle comprend un centre de recherche, un laboratoire régional d'analyse des semences de maïs et l’équipe de vente pour l'Autriche et la Suisse.

Législatives: le député LREM Hervé Pellois ne se représentera pas

Rapporteur spécial de la mission Agriculture des projets de loi de finances (PLF) depuis 2017, le député LREM du Morbihan Hervé Pellois ne se représentera pas pour un troisième mandat, selon Ouest-France. À l'occasion de son audition par les députés de la commission des Affaires économiques le 19 janvier, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a salué son action. Lors des dernières élections régionales, cet ancien élu socialiste, fils d'agriculteur et agronome de formation, avait annoncé qu'il voterait pour le candidat PS Loïg Chesnais-Girard.