Budget 2026: Bayrou propose de retirer 200 M€ à l'Agriculture
Dans ses plafonds de dépenses du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, publiés sur le site du ministère de l'Economie en fin de semaine, le gouvernement prévoit de retirer 200 millions d'euros à la mission Aafar (agriculture, alimentation, forêt), dont les crédits et taxes affectées passeraient à 4,3 milliards d'euros. Parmi les autres missions en baisse de budget : l'aide publique au développement (-700M€), la Cohésion des territoires (-900M€). A l'inverse, la mission Ecologie voit son enveloppe renflouée de 600M€. Pour le ministère de l'Agriculture, il s'agirait d'une seconde baisse consécutive. En autorisations d'engagements, la mission Aafar était passée de 5,37 milliards votés en LFI 2024, à 4,62 milliards d'euros en 2025. Cette première baisse était intervenue après une hausse de plus de 1 Md€ pour le budget 2024 de la Rue de Varenne, dont 782 M€ étaient fléchés vers la planification écologique. Au titre du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, l’Etat français va geler ses dépenses au niveau de 2025, hors Défense et charge de la dette, a proposé le 15 juillet le Premier ministre. Ce faisant, François Bayrou a aussi annoncé une baisse de 3000 emplois publics dès 2026, et «une règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite» à partir de 2027.
Pac : Annie Genevard dénonce le manque d'ambition des propositions de Bruxelles
La ministre française de l'Agriculture Annie Genevard a dénoncé, le 18 juillet sur le réseau social X, les propositions de budget et de réforme de la Pac présentées, deux jours auparavant, par la Commission européenne qui font peser des « risques sur la politique commune la plus aboutie en Europe ». « A un moment où il n'aura sans doute jamais été aussi impérieux de s'unir pour faire front face aux menaces », elle estime que Bruxelles « tourne le dos à la vision ambitieuse que [qu'elle a] toujours défendue, personnellement et avec [sa] famille politique, pour la place de l'agriculture dans le destin de la France et dans le projet européen ». Elle déplore notamment que ces propositions amputent « notre capacité à agir à l'heure du renouvellement des générations » et oublient « que le changement climatique exige des besoins accrus et dédiés pour sécuriser la production alimentaire ». « La souveraineté alimentaire de l'Europe mérite mieux », souligne Annie Genevard qui promet de jeter « personnellement toutes [ses] forces » dans « la négociation s'ouvre pour de longs mois ».
PPL Entraves: une pétition franchit le million de signatures, débat inédit en vue à l'Assemblée
La pétition contre la proposition de loi Entraves a franchi le 20 juillet la barre du million de signatures sur le site de l’Assemblée nationale, ravivant les querelles autour de ce texte très contesté qui pourrait se retrouver au coeur d’un débat inédit au Parlement à défaut d’être abrogé. Du jamais-vu: il est possible de déposer des pétitions sur le site du Palais Bourbon depuis 2019 mais une seule, contre la Brav-M, brigade de policiers motorisés de répression de l’action violente, avait jusqu’ici recueilli 260.000 signatures, très loin de celle-ci. Cette pétition a été lancée par une étudiante le 10 juillet, deux jours après l’adoption du texte du sénateur Les Républicains (LR) Laurent Duplomb, qui autorise la réintroduction sous condition d’un pesticide interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe. A partir du seuil des 500.000 signatures, atteint samedi, et à condition qu’elles soient issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut décider d’organiser un débat en séance publique. Mais la loi ne sera pas réexaminée sur le fond et encore moins abrogée. La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet s’est dite dimanche sur franceinfo «favorable» à cette hypothèse. Mais, ce débat «ne pourra en aucun cas revenir sur la loi votée« qui va, selon elle, «sauver un certain nombre de nos agriculteurs».
PPL Entraves: Générations futures appelle Macron à ne pas promulguer la loi
L’association environnementale Générations futures a appelé le 20 juillet Emmanuel Macron à ne pas promulguer la proposition de loi Entraves. Après la décision du Conseil constitutionnel, saisi par des élus de gauche, le président doit promulguer la loi ou demander une seconde délibération sur ce texte adopté définitivement le 8 juillet à l’Assemblée nationale au terme de débats enflammés. «Notre association demande solennellement au Président de la République de ne pas promulguer la loi Duplomb, qui va à l’encontre des principes de précaution et de promotion d’un modèle agricole durable», a indiqué dans un communiqué l’association Générations futures. Elle «encourage les Français et les Françaises à poursuivre la mobilisation pour atteindre 1,5 million de signatures, afin d’amplifier encore davantage ce mouvement citoyen et de faire entendre la voix de la société civile face à un texte rétrograde». «Cette mobilisation exceptionnelle, du jamais-vu dans l’histoire de la Ve République, témoigne du rejet massif de cette loi par la société civile», affirme aussi l’association, dans son communiqué. Le texte, qui vise à lever des contraintes sur les agriculteurs, est notamment décrié en raison de la réintroduction de l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit depuis 2018 en France mais autorisé en Europe jusqu’en 2033.
Génétique bovine: déploiement progressif du projet Eurogenomics, tensions entre OS
Dans un rapport paru le 18 juillet sur une mission d'appui à la filière française de sélection animale, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) rapporte que le projet Eurogenomics, lancé en 2009 pour faire émerger une alliance économique européenne dans la sélection des ruminants, est «en phase de démarrage progressif à partir de 2025». Le projet représenterait actuellement un budget de fonctionnement d’environ 3 M € par an pendant trois ans. Et le coût de l’index européen serait plus élevé que celui payé actuellement en France. Les auteurs du rapport font état de «discussions rugueuses entre acteurs de la filière bovine pour identifier les races intégrant le projet, avec des menaces de création d’OS dissidentes si les OS historiques n’acceptaient pas d’intégrer le projet». Pour l'heure, les races concernées sont les Prim’Holstein, Normande et Brune. Ils estiment que la pomme de discorde est la «question du coût de l'évaluation génétique de routine», avec un doublement attendu des frais de primo indexation «à terme (2 € par animal)». Toutefois, le coût du calcul «reste actuellement minoritaire dans le coût d'évaluation global facturé à l'éleveur (1 € par bovin primo indexé pour une prestation d'évaluation génomique facturée de l'ordre de 30 €)». La mission recommande de clarifier les objectifs, les coûts, et d'aligner la gouvernance en fonction.
Bovins/DNC: les modalités d'indemnisation au JO, les étudiants vétérinaires mobilisés
Dans un arrêté publié au Journal officiel le 18 juillet, le gouvernement détaille les modalités d'indemnisation des propriétaires d’animaux abattus dans le cadre du plan de lutte contre la propagation de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). «L’Etat indemnise les propriétaires d’animaux abattus et les denrées et produits détruits sur ordre de l’administration» ainsi que «les opérations de nettoyage et de désinfection» réalisées par une entreprise agréée, indique l’arrêté daté du 16 juillet. L'indemnisation se fera sur la base d'une expertise génétique préalable. L’Etat prend aussi en charge «la collecte, le transport et l’élimination des cadavres des animaux abattus sur ordre de l’administration», ajoute l’arrêté. Côté vétérinaires, l’Etat prend en charge la visite dans les élevages suspectés d’être infectés, les prélèvements, les analyses auprès de laboratoires agréés et les actes d’euthanasie en cas d’infection avérée. Ces dispositions «s’appliquent aux actions de police sanitaire, de dépeuplement et de vaccination survenues à compter du 23 juin» dernier, détaille l’arrêté. Un autre arrêté modifie les règles de biosécurité, incluant notamment une zone de vaccination d'urgence. Enfin, dans un dernier arrêté, le gouvernement prévoit que les étudiants vétérinaires mobilisés peuvent participer à la campagne de surveillance et de vaccination.
Bovins/DNC: l'élevage réfractaire soutenu par la Conf' accepte finalement l'abattage
En Haute-Savoie, le deuxième élevage réfractaire a finalement accepté l'abattage total de ces animaux suite à la détection de nouveaux cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), indiquent plusieurs sources syndicales. La Confédération paysanne, qui soutenait l'élevage depuis trois jours, lève le blocage, indique l'un de ses porte-paroles, Stéphane Galais. Les militants sont invités à soutenir l'autre éleveur réfractaire, en Savoie, soutenu par la Coordination rurale. «La priorité pour nous est de respecter la décision des éleveurs et éleveuses. Nos revendications syndicales ne bougent pas», assure M. Galais. A Entrelacs, l'autre éleveur réfractaire Pierre-Jean Duchêne, refusait toujours l'abattage le 19 juillet. Quelques centaines de mètres plus loin, la ferme de Claude Germain reste aussi en sursis: il a «sauvé» une trentaine de ses vaches qui devaient être euthanasiées vendredi matin, après un demi-tour surprise des services de l’Etat confrontés à un référé administratif et à la mobilisation de soutiens aux éleveurs, notamment la Coordination rurale. Le 16 juillet, la préfète de la Savoie Vanina Nicoli a condamné des «actes d’intimidation» à l’encontre des services vétérinaires sur deux exploitations et dénoncé des blocages «irresponsables» qui «participent à la propagation de la maladie».
Bovins/DNC: l'Etat démarre la vaccination de 285.000 bovins
La France a débuté dès le 18 juillet la vaccination de près de 285.000 bovins pour stopper la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans les Alpes, a annoncé le ministère de l’Agriculture. «Le maximum de doses disponibles» a été commandé auprès de la banque de vaccins de l’Union européenne afin de faire face à l’épizootie et ils sont «en cours de distribution», a indiqué le ministère dans un communiqué. Ces doses de vaccins, prises en charge par l’Etat, permettront de vacciner des bovins dans des rayons de 50 kilomètres autour des foyers déclarés, dans quatre départements: la Savoie, la Haute-Savoie, l’Ain et l’Isère. La campagne de vaccination doit débuter dans un périmètre situé à 20 kilomètres autour des foyers (zone de protection), en direction du centre de cette zone de protection pour limiter l’extension de la maladie, mais aussi en direction de l’extérieur de cette zone pour un «effet barrière» selon le ministère. Lors d’une réunion organisée par la préfète vendredi, les syndicats agricoles présents – FDSEA, Jeunes Agriculteurs et Coordination Rurale – «ont réaffirmé leur soutien plein et entier à cette campagne vaccinale».
Volailles: LDC prend de nouveaux engagements sur l'European Chicken Commitment
L’association L214 s’est félicitée le 17 juillet de la décision du leader français de la volaille LDC de se conformer à des critères plus sévères de bien-être animal pour l’élevage de ses poulets Maître Coq et Le Gaulois. Pour l’association de défense des animaux, qui a mené campagne pendant trois ans contre le groupe, c’est «une avancée historique», «Le Gaulois et Maître Coq abandonnent les pires pratiques». Sur son site internet, à la rubrique «élever durablement», consultée jeudi par l’AFP, le groupe LDC indique que «dans le cadre de sa politique d’amélioration du bien-être et de la protection des animaux, (il) lancera en 2026 pour ses marques Le Gaulois et Maître Coq de nouvelles gammes European Chicken Commitment (ECC) dans l’objectif d’étendre ces pratiques de production afin d’atteindre 100% des gammes sous ECC d’ici 2028». Par ailleurs, "LDC permettra à tous ses clients qui se sont engagés (ou s’engageront) à respecter l’ensemble des critères de l’ECC, d’être en mesure de pouvoir honorer leurs engagements à l’échéance de 2028». Pour autant, le groupe assure aussi que «déjà 89% des élevages en France sont engagés dans ces démarches d’élevage durable en 2024. Notre objectif: 100% d’ici à 2025».
Œufs : l''arrêté sur les exemptions françaises au marquage des œufs en discussion
Le CNPO (interprofession) a reçu le 11 juillet un projet d’arrêté portant sur les exemptions aux obligations de marquage des œufs, la DGAL donnant à l’interprofession une quinzaine de jours pour répondre, apprend-on de sa directrice Alice Richard. La vente à la ferme est exemptée de fait, ainsi que les œufs destinés à l’industrie, explique-t-elle. Les producteurs d’œufs Label Rouge et IGP qui livrent des centres dédiés de conditionnement (en LR ou IGP), ou les sites de production reliés directement à un centre d’emballage le seront aussi, conformément à ce que souhaitait le CNPO, dit-elle, en attendant de voir remonter les avis des professionnels. Quelques ambiguïtés méritent d’être levées, selon Emmanuelle Souday, consultante en circuits courts à la chambre régionale d’Agriculture des Pays de la Loire. « J’ai l’impression que les poulaillers mobiles, qui ne sont pas attenants à un centre de conditionnement ne sont pas pris en compte », confie-t-elle à Agra Presse. Elle dit avoir à ce titre posé la question aux chambres d’Agriculture. L’arrêté en question vise à transcrire en droit français le règlement européen sur le marquage des œufs, ce qui devait être fait en novembre 2024, rappelle Alice Richard du CNPO.
Œufs : des éleveurs en vente directe souhaitent réutiliser les boîtes d’œufs (députée)
Dans une question écrite à la ministre de l’Agriculture, publiée au JO le 15 juillet, la députée des Haute-Alpes Valérie Rossi (Soc. Et apparentés) rapporte le souhait de producteurs d’œufs en vente directe de pouvoir réutiliser les boîtes d'œufs en carton rapportées par les consommateurs. « Cette pratique, aujourd'hui non encadrée, suscite des interrogations quant aux conditions sanitaires requises, notamment au regard des risques de contamination croisée ». La députée souhaite donc savoir si le gouvernement envisage de définir des conditions sanitaires précises permettant d'encadrer cette pratique dans le respect des normes d'hygiène et de sécurité alimentaire. Elle invoque le règlement européen relatif aux emballages et déchets d'emballages (PPWR), en vigueur depuis 2025, encourage la réduction et le réemploi des emballages. Emmanuelle Souday, consultante en circuits courts à la chambre régionale d’Agriculture des Pays de la Loire, à qui Agra Presse a soumis cette question, ne s’étonne pas que les DDPP (préfecture) refusent le réutilisation des boîtes. Mais elle se dit curieuse d’une réponse ministérielle sur les plateaux livrés à l’industrie, qui ne posent pas de problème d’hygiène a priori. « Des éleveurs se demandent s’ils doivent passer au plastique et s’équiper d’une laveuse », signale-t-elle.
Blé dur : Annie Genevard annonce des soutiens financiers à la filière
Lors d’un déplacement en région Paca le 18 juillet, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé divers soutiens financiers à destination de la filière blé dur. Le premier est une aide de 3 M€ pour la recherche variétale, dans le cadre du plan de souveraineté de la profession lancé en février 2024. Pour rappel, le plan en question dispose d’un budget de 43 M€ sur cinq ans, dont potentiellement 11 M€ de l’Etat. Cette annonce permet donc de garantir 3 M€ sur les 11 M€, qui serviront à financer le programme « Durasel » du plan. La deuxième mesure : le doublement de l’aide couplée au blé dur en zone traditionnelle « dès que nous aurons l’autorisation de la Commission européenne ». Dans le cadre de la redistribution des 257 M€ de reliquats d'aide à la conversion en bio non consommés en 2023 et 2024, 15 M€ d'euros avaient été fléchés vers le blé dur. L’aide sera ainsi portée à 133 €/ha, représentant 15 M€ sur deux ans, soit 7,5 M€ en 2026 et en 2027. Dans un communiqué commun publié le même jour, Intercéréales (interprofession de la filière céréalière), l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA), Négoa (négoces), le Sifpaf-Cfsi (fabricants de pâtes/semoulerie) et la Coopération agricole-métiers du grain, ont salué les annonces de la ministre, constituant « des signaux positifs à renforcer pour la filière blé dur ».
Biocarburant : une étude de Bercy critique envers l’intérêt environnemental du B100
Une étude rédigée le 10 juillet par la DGE (direction générale des entreprises), rattachée au ministère de l’Economie, conclut que le biodiesel de type B100 (contenant 100 % d’huile végétale) n’apporte « aucun potentiel décarbonant significatif à l’échappement (des poids lourds-NDLR) ou sur le cycle de vie » par rapport à l’emploi de diesel traditionnel. L’étude en question, conduite début 2025, compare les bénéfices environnementaux et économiques de cinq technologies alternatives destinées à alimenter les poids lourds de transport de marchandises fonctionnant traditionnellement au diesel : le B100, le HVO (huile végétale hydrotraitée), le GNV (gaz naturel), l’électrique et l’hydrogène. La réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) induites par les poids lourds électriques à batterie sont « de l’ordre de 70-90 % avec un mix électrique décarboné, et 45-65 % avec un mix moyen européen actuel » par rapport au diesel. En revanche, l’électrique présente « des surcoûts d’acquisition très significatifs », surtout comparé au B100 ou à l’HVO.
Pomme de terre : Mousline revoit à la baisse ses contrats (presse)
On sait désormais qui révise unilatéralement des contrats d’achats de pomme de terre signés avec des producteurs. Il s’agit de l’industriel français Mousline. Selon un article du 16 juillet de nos confrères Terre-Net (repris de La Pomme de terre française), les agriculteurs livrant l’usine de Rosières-en-Santerre (Somme), propriété de l’opérateur, ont reçu mi-juillet un courrier leur signifiant la modification de leur contrat à prix fixe signé pour un, deux, ou trois ans. Jean-Luc Guyon, président du groupement de producteurs local, précise au média que « 90 % des volumes engagés leur seront payés au prix de contrat. Les 10 % restants et les 5 % de flexibilité seront eux moins payés et collectés au bon vouloir de l’industriel. La baisse globale sera d’environ 25 €/t ». Mousline justifie ce revirement dans le courrier en question par « un contexte économique difficile marqué par une baisse de la consommation et une renégociation à la baisse des prix de vente auprès de nos partenaires commerciaux ». L’UNPT avait alerté sur le fait « qu'un contrat signé engage les deux parties et ne peut être modifié sans accord mutuel ». De plus, les volumes contractualisés bénéficient d’une protection juridique, inscrite dans les dispositions Egalim.
Abricots : les producteurs vent debout contre une promotion d’Auchan à contretemps
Dans un communiqué le 18 juillet, les producteurs d’abricots s’insurgent à propos d’une promotion chez Auchan, alors que la saison est entrée dans sa dernière phase, avec moins de 25% des abricots français à commercialiser. Selon eux, l’enseigne organiserait une promotion à 2,15€/k sur un média radio, ce qui est perçu « comme une véritable provocation ». L’AOPn rappelle qu’elle a mené avec succès une « quinzaine de l’abricot » en partenariat avec la distribution. Et cela pour passer le cap délicat des gros volumes entre fin juin et début juillet (variétés Kyoto, Ladycot, Bergarouge, Bergeron…). Durant cette période, une progression du chiffre d’affaires entre 20 à 30% avait été enregistré en regard de l’année dernière. «Comment justifier une promotion qui ne permettra pas de couvrir le coût de revient en production, à ce moment de la saison ?» s’interrogent les producteurs. Depuis le 17 juillet, des délégations d’arboriculteurs se rendent dans des points de vente de l’enseigne dans le Roussillon, l’Ardèche, la Drôme, ou le Gard. « Sans agressivité, mais pour comprendre » précisent les producteurs. De leur côté, les la FNPF et l’AOP demandent aux dirigeants de l’enseigne de les recevoir en urgence, afin d’évaluer les conséquences de cette action sur les partenariats engagés.
Etiquetage alimentaire : plus d'un ingrédient principal sur deux est d'origine inconnue (étude)
L’affichage de l’origine des produits agroalimentaires commercialisés en France est très incomplète, selon une enquête réalisée par la CLCV et publiée le 10 juillet. Selon l’association spécialiste des questions de consommation, qui a étudié 450 produits (plats préparés, produits de panification, produits laitiers frais dont fromages, compotes, confitures et pâtes) correspondant à 977 ingrédients principaux, l’origine de ces ingrédients est inconnue pour 52% d’entre eux. Avec des différences notables : l’origine de 64% des fruits des confitures est inconnue, tandis que l’origine du blé est absente sur plus de la moitié des emballages de pâtes. Pour l’origine France, la situation est complexe : 39% des produits étudiés ont une origine française mentionnée sur la face avant de l’emballage. Parmi eux, 92% contiennent au moins un ingrédient principal d’origine française, mais « la moitié des ingrédients sont en réalité d’origine inconnue ou non française ». Quant au logo Origin’Info, il n’a été trouvé que sur 1% des emballages de l’échantillon. La CLCV appelle les pouvoirs publics à rendre obligatoire l’affichage Origin’Info et renforcer les contrôles concernant la mention de l’origine sur les produits.
Restauration publique/simplification : vers un assouplissement de la commande publique
Dans une lettre ouverte à Annie Genevard datée du 15 juillet, les présidents de France urbaine, AMF (maires) et Agores (directeurs de la restauration collective) soutiennent la proposition d’expérimenter un assouplissement des règles de la commande publique, telle qu'incluse dans la proposition de loi Simplification, dont l'examen doit s'achever à la rentrée. Sous réserve d’une exigence de «produits durables et de qualité et d’une contribution effective à la résilience des systèmes alimentaires territoriaux », ils plaident pour une procédure librement déterminée pour un montant d’achats de denrées supérieur au seuil actuel d’achats sans obligation de formalisation. Ce seuil est aujourd’hui de 40 000 euros, et les trois présidents saluent, dans leur lettre à la ministre de l’Agriculture, le fait que la proposition de loi Simplification contienne le relèvement à 100 000 euros pour les produits alimentaires, en espérant « que cette demeurera dans la version finale du texte ». Ce relèvement est aussi attendu à Restau’Co (restauration collective autogérée). De l’avis des gestionnaires, un seuil plus élevé leur permettrait de choisir leurs fournisseurs librement dans le champ de la loi Egalim et ouvrirait la porte aux fournisseurs agricoles souhaitant travailler de gré à gré.
Tarn-et-Garonne: un agriculteur tué d'un coup de fusil, le suspect en détention
Un agriculteur a été retrouvé mort le 16 juillet dans le Tarn-et-Garonne, tué d’un coup de fusil dans la poitrine, et un suspect interpellé jeudi a reconnu les faits, a indiqué le procureur de Montauban, confirmant une information de la Dépêche du Midi. L’auteur présumé du tir mortel, un jeune homme de 25 ans se disant schizophrène, a expliqué aux enquêteurs avoir décidé de tuer la victime, âgée de 42 ans, après s’être rappelé d’un message injurieux qu’elle lui avait envoyé un an plus tôt, a indiqué le 19 juilet le procureur, Bruno Sauvage. L’agriculteur décédé a été retrouvé à son domicile de Saint-Loup, près d’Agen, par une amie inquiète d’être sans nouvelles de lui. Deux fusils de chasse au calibre pouvant correspondre à la blessure de la victime ont été découverts lors d’une perquisition chez le suspect, qui a été mis en examen et placé en détention. Des expertises balistiques doivent encore être menées, a précisé le procureur.