Agrafil du 21 juin 2024

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Législatives: trois mesures pour le volet agricole du programme Ensemble

Interrogé par Agra Presse, le coordinateur du programme «Ensemble pour la République» (majorité présidentielle), Rayan Nezzar, met en avant, ce 20 juin, trois mesures au titre du volet agricole. D'abord l'application du calcul des retraites sur les 25 meilleures années (loi Dive) à compter du 1er janvier 2026, comme annoncé par Marc Fesneau lors du congrès de la FNSEA fin mars – «soit un gain de 100 € par mois pour près de la moitié des futurs retraités agricoles». Deuxième mesure: «des prix planchers par filière», qui «entreront en vigueur à partir de 2025», comme promis par le président de la République au Salon de l'agriculture. Pour ce faire, un rapport devait être remis par les députés Babault et Izard autour du 17-19 juin – il fera finalement l'objet d'une note du ministère, en vue d'une éventuelle loi Egalim 4. Troisième proposition: «continuer de réduire l’usage des pesticides de 50 % d’ici 2030»; sur ce thème, le gouvernement avait annoncé un texte pour l'été sur la séparation de la vente et du conseil des pesticides, ainsi que son soutien à une proposition de loi réautorisant l'épandage par drones. La majorité présidentielle n'avait jusqu'ici pas présenté son programme, à l'exception d'une allocution du président de la République durant laquelle il avait émis le souhait que l'examen de la loi d'orientation agricole (LOA) reprenne à l'issue du scrutin.

Législatives: pas d'appel au vote de la Conf', malgré un programme NFP «très proche»

La Confédération paysanne n'appellera pas à voter pour le Nouveau Front populaire (NFP) aux élections législatives des 30 juin et 7 juillet, indique le syndicat agricole dans un communiqué paru le 20 juin. Après avoir égrené ses treize demandes («prix rémunérateurs garantis», «régulation des marchés agricoles», du foncier... ) pour les législatives, la Conf' «appel[le] le Nouveau Front populaire à porter et concrétiser ces propositions dans l'intérêt des paysans et paysannes et de l'intérêt général pour construire une société solidaire et ouverte.» À l'instar du programme des Républicains pour la FNSEA, celui du Nouveau Front populaire est «très proche» des demandes de la Confédération paysanne, concède la porte-parole du syndicat agricole, Laurence Marandola, interrogée par Agra Presse: «L'esprit de ce communiqué, c'est d'appeler le NFP à "booster" le thème agricole dans la campagne, et à porter nos demandes où qu'ils soient par la suite». Face à la montée de l'extrême-droite, plusieurs syndicats de salariés ont exceptionnellement appelé à voter pour le NFP, comme la CGT ou certaines antennes de la FSU. Une réunion doit avoir lieu sur le sujet au Modef (syndicat agricole) la semaine prochaine.

Législatives: les ETA souhaitent leur rattachement aux activités réputées agricoles

Dans un manifeste à destination des candidats aux élections législatives, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles) souhaite un rattachement du secteur à l’article L311-1 du Code rural sur les activités «réputées agricoles». Les ETA sont une «composante essentielle» de la filière, pourtant «méconnue, souvent négligée en raison de son rattachement au réseau des chambres de commerce (et non d’agriculture), la privant de fait des bénéfices accordés aux exploitants», affirme le président Philippe Largeau. Une mesure phare du manifeste, qui en totalise 16, consiste donc à intégrer les ETA dans le champ de l’article L311-1 du Code rural pour «bénéficier plus facilement des dispositifs d’aides et d’accompagnement». La FNEDT lorgne notamment les aides agricoles des Draaf, environnementales des Dreal, R&D du Casdar, mais aussi des agences de l’eau, ou concernant Ecophyto, ainsi que les fonds européens du Feader. D’autres mesures visent la compétitivité, comme l’extension du TO-DE (exonération de charges patronales pour les emplois saisonniers), la création de fonds d’investissement qui permettraient aux ETA de bénéficier de capitaux extérieurs pour la reprise des entreprises. Un volet sur la transition écologique et énergétique porte notamment sur des aides à l’achat de matériels utilisant une énergie décarbonée.

Climat: le HCC appelle à évaluer les impacts du plan de souveraineté élevage

Le Haut conseil pour le climat (HCC) estime que la France est sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques en 2030, mais pas ceux à horizon 2050, d'après son rapport annuel publié le 20 juin. Il affirme que les efforts d’adaptation sont «en décalage par rapport aux vulnérabilités et aux besoins» et appelle à «un changement d’échelle dans l’adaptation», tout en continuant les efforts de décarbonation. Concernant l'agriculture, le HCC fait trois nouvelles recommandations par rapport à ses préconisations de janvier sur les politiques publiques et sur le système alimentaire. Il appelle à «évaluer qualitativement et quantitativement l’impact du plan de reconquête de la souveraineté de l’élevage» en termes d’émissions de gaz à effet de serre, d’empreinte carbone et de «vulnérabilité» de l’élevage au changement climatique. Dans la nouvelle version de ce plan présentée au Salon de l'agriculture, l’exécutif s’est engagé à fixer des «objectifs chiffrés de production alignés avec l’évolution de la consommation», promis pour avril mais non publiés. Le HCC préconise aussi «d’orienter prioritairement» le soutien à l’élevage vers les systèmes «herbagers, de polyculture-élevage et agroécologiques», car plus «bénéfiques» pour le climat et l’environnement. Il appelle enfin à «renforcer les lois Egalim et leur mise en œuvre effective» pour améliorer le revenu des agriculteurs.

Déforestation importée: les États-Unis persistent pour un report du règlement européen

La réglementation de l’UE pour lutter contre la déforestation importée est de nouveau contestée par les États-Unis, qui insistent pour le report de son application prévue le 30 décembre 2024. Selon le Financial Times (article payant), une lettre a été envoyée fin mai à la Commission européenne par les secrétaires d’État américains au Commerce, Gina Raimondo, et à l’Agriculture, Thomas Vilsack, ainsi que par la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai. Ils demandent le report de l’application du règlement jusqu’à la résolution des «défis critiques» rencontrés par les producteurs américains pour s’y conformer. Le texte, finalisé en 2022, prévoit d’interdire à partir de 2025 l’importation dans l’UE d’huile de palme, de viande bovine, de soja, de café, de cacao, de bois et de caoutchouc dont la production a contribué à la déforestation ou à la dégradation des forêts. Courant mai, déjà, plusieurs pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) – dont le Brésil, l’Indonésie, l’Équateur, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les États-Unis – avaient appelé l’UE à retarder la mise en œuvre de son règlement. Et une dizaine de ministres de l’Agriculture de l’UE s’étaient déjà inquiétés, début mai, des échéances du règlement, en demandant aussi un report pour les producteurs européens.

Cantines scolaires: seules 18% des communes atteignent les seuils de la loi Egalim (maires)

En septembre 2023, seules 18% des communes respectaient le seuil de 50% de produits durables et de qualité, dont au moins 20% de produits biologiques, fixé par la loi Egalim pour les repas servis dans les cantines scolaires, d’après une enquête réalisée par l’Association des maires de France (AMF) et révélée le 19 juin. Elles sont toutefois plus nombreuses (37%) à respecter l'objectif de produits biologiques. Parmi les raisons invoquées pour expliquer leur retard, 40% des répondants citent des difficultés plus fortes pour s'approvisionner, notamment en raison de la hausse des prix, de l'insuffisance de diversité ou de quantité dans l'offre, ainsi que des contraintes logistiques. «Parmi tous les produits classés IGP (indication géographique protégée, NDLR), AOP (appellation d'origine protégée, NDLR) ou Label rouge, le plus facile à atteindre c'est le bio qui est très diversifié», explique Gilles Pérole, co-président de la commission Alimentation et restauration scolaire de l'AMF. En trois ans, le coût moyen d'un repas à la charge des communes est passé de 7,63 € à 8,49 €. L’obligation de proposer un choix de menu végétarien (loi Climat) est, en revanche, mieux respectée: 90% des communes en proposent de manière quotidienne ou hebdomadaire.

Champagne: la filière présente son plan d’action pour les vendangeurs saisonniers

Le Comité champagne a présenté, le 20 juin lors d’une conférence de presse, son plan d’action concernant les conditions d’emploi des travailleurs saisonniers, dans le cadre de sa feuille de route lancée en automne 2023. La saison passée avait été émaillée de plusieurs drames pendant les vendanges. «Il n’y a pas eu de défaillance collective en 2023. Les dérives ne reflètent pas l’investissement de la filière», a martelé David Chatillon, président de l’Union des maisons de Champagne (UMC). Deux éléments forts sont à noter: la mise en place d’un référentiel de bonnes pratiques pour l’ensemble des employeurs, présenté sous la forme d’un autodiagnostic, et la création de VitiArgos, une plateforme de sécurisation des relations entre donneurs d’ordre et prestataires de services. Parmi les autres mesures: livret d’accueil pour les saisonniers, formation des personnels encadrant les vendangeurs, système d’alerte sur les conditions météorologiques sur le portail météo du Comité champagne, etc. Une cellule de suivi (préfecture, forces de l’ordre, pompiers et Comité champagne) se réunira quotidiennement durant les vendanges. «Nous avons demandé au préfet, qui a accepté, un renforcement des contrôles des pendant les vendanges sur l’ensemble de l’appellation champagne», note Maxime Toubart, président du syndicat général des vignerons (SGV).

Légumes: en 2023, moindres volumes mais meilleurs prix pour le Cerafel

L’AOP Cerafel a assuré un chiffre d’affaires de 457 M€ en 2023, en progression de 9% d’une année sur l’autre, a-t-il été indiqué au cours de son assemblée générale le 20 juin. Ce chiffre est celui consolidé des OP partenaires (Sica Saint-Pol-de-Léon, Maraichers d’Armor, Terre de Saint-Malo, La Bretonne et Plants de Bretagne). Les légumes (Prince de Bretagne) se taillent toujours la part du lion, avec 349 M€ de recettes. Le reste du chiffre d’affaires est assuré par les plants de pommes de terre (77 M€) et l’horticulture (31 M€). «C’est une année positive au global», reconnait Marc Kerangueven, président du Cerafel, interrogé par Agra Presse. Cependant, le président de l’AOP apporte une nuance au tableau: «Nous avons connu une légère baisse en volumétrie par rapport à 2022, avec 609 000 tonnes. Cette perte m’inquiète, car disposer de volumes conséquents permet d’entretenir une relation commerciale régulière et sur le long terme avec les distributeurs qui, sinon, seraient tentés de se tourner vers d’autres origines européennes.» Concernant 2024, «la tempête Ciaran aura certainement un impact sur le chiffre d’affaires, estime Marc Kerangueven. La reconstruction des outils en culture sous abris en Finistère vient juste de s’achever. Ce sont six mois de perdus.»

Agrivoltaïsme: dans le Lot-et-Garonne, une serre abrite avocats, cerises et agrumes

Le producteur d’énergie solaire Reden a inauguré le 20 juin une serre agrivoltaïque dédiée au maraîchage et à l’arboriculture biologiques. Située à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne), l’installation de 4 ha abrite notamment des avocatiers, orangers, cerisiers. Des légumes y sont également produits, pour être commercialisés en vente directe et auprès de grossistes. L’intérêt de la serre agrivoltaïque est d’offrir un ombrage qui protège les cultures «face à un soleil parfois brûlant pour les plants», souligne la coexploitante Anne Monceret, citée dans un communiqué. Cela représente un investissement de 6 millions d’euros, pour une puissance de 3,9 MWc. Le projet a bénéficié d’un financement participatif de 145 000 € auprès de quelque 200 habitants d’Occitanie et du Lot-et-Garonne. Par ailleurs, Reden a célébré, le même jour, la pose de la première pierre d’une autre serre agrivoltaïque chez un producteur de kiwis rouges dans le Gers. Ce fruit, très fragile, a besoin d’«être protégé des aléas climatiques et, notamment, de la bactériose», explique l’arboriculteur Jean-Michel Aurières. La serre, implantée sur 3 ha à Castet-Arrouy, doit être opérationnelle l’an prochain. Sa capacité est de 3,4 MWc.

Agroalimentaire: Jean-François Loiseau est le nouveau président de l’Ania

Seul candidat à la succession de Jean-Philippe André (Haribo), Jean-François Loiseau a été élu, le 20 juin, à la présidence de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) pour un mandat de trois ans. Administrateur de l’Ania depuis cinq ans, il est aussi président de l’Association nationale de la meunerie française (ANMF) depuis 2019 et président de l’interprofession céréalière (Intercéréales) depuis 2016. Il est également président du groupe coopératif Axéréal depuis 2011. Son élection intervient quelques semaines après l’annonce du départ des industriels du lait (Fnil) et des brasseurs. Le président-directeur général de la Fnil, François-Xavier Huard, a assuré que la décision des laiteries ne «vise pas le candidat» Loiseau.

Climat: Jean-François Soussana (Inrae) nouveau président du HCC

Jean-François Soussana a été nommé président du Haut conseil pour le climat (HCC), selon un décret paru au Journal officiel le 20 juin. Déjà membre du HCC, Jean-François Soussana est directeur de recherche à l’Inrae; il occupe aussi le poste de vice-président de l'institut en charge de la politique internationale. Docteur en physiologie végétale de formation, il est membre et auteur principal du Giec depuis 1998. Il coordonne des projets et programmes de recherche sur l’agriculture, les sols et le changement climatique. Il succède dans cette fonction à le climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré.

Agenda de la semaine agricole du 24 juin 2024

Lundi 24 juin
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (à Luxembourg): avenir de la Pac
Congrès mondial de l’huile d’olive (Espagne), jusqu’au 28

Mardi 25 juin
Assemblée générale ordinaire d’Interfel (fruits et légumes frais)
Assemblée générale de la MSA (Lille)
40e anniversaire du Cirad, à Montpellier (et à distance)
Visioconférence sur l'alimentation durable organisée par Planet score
Visioconférence Origin'info du collectif En vérité
Visioconférence de Timac Agro (intrants) sur la «décarbonation»
Séminaire de l'association Contrat de solutions sur l'apiculture et l'agriculture
Conférence LCA (coopératives) sur la décarbonation et la «chaine de valeur»
Evènement des Onvar organisé au ministère de l'Agriculture

Mercredi 26 juin
Assemblée générale de l'Afac-Agroforesterie, à distance
Assemblée générale du Cniel (interprofession laitière)
Visioconférence sur les indicateurs génétiques de résistance à la paratuberculose en race normande
Conférence de presse d'Innoval sur l'organisation du travail
Colloque Interpera (prévision poires UE) à Óbidos (Portugal), jusqu’au 27
Conférence de presse de Chambres d'agriculture France

Jeudi 27 juin
Convention d'affaires sur les fermes bas carbone (3e édition)
Forum La Bio au cœur du débat public, organisé par La Maison de la bio
Conférence de presse de la FCD (distribution) et de la Feef (PME agroalimentaires)
Assemblée générale du Bureau interprofessionnel du kiwi, dans les Landes
Assemblées générales du Synalaf (volailles label) et de Fedelis (Labels rouges), à La Baule
Congrès des vignerons coopérateurs, sur l'île des Embiez (Var)
Conférence de presse de l’Inrae et de l’OIEau sur les ressources en eau en 2100

Vendredi 28 juin
Voyage de presse sur un site Candia, en Isère
Visioconférence des réseaux d’élevage Bovins lait Inosys
Journée de lancement du projet inter-Onvar «Dégenrons l'installation»