FCO: deux foyers de sérotype 12 détecté aux Pays-Bas, une première en Europe
Une nouvelle forme de la fièvre catarrhale ovine (FCO) a été détectée aux Pays-Bas: le sérotype 12, découvert pour la première fois en Europe et contre lequel il n’existe pas de vaccin. La maladie a été confirmée par PCR chez un mouton, ainsi que chez une vache et son veau dans des élevages situés au sud d’Amsterdam, a annoncé le ministère hollandais de l’Agriculture dans un communiqué le 10 octobre. La ministre Femke Marije Wiersma a commandité des «recherches complémentaires» afin de «déterminer si le sérotype 12 du virus de la fièvre catarrhale du mouton s'est déjà propagé et, le cas échéant, dans quelle mesure». Le laboratoire national de référence, hébergé par l’université de Wageningen, doit analyser rétrospectivement «plus de 1400 échantillons soumis depuis le 1er septembre». Par ailleurs, le sérotype 12 sera désormais recherché à chaque nouvelle analyse de confirmation. «Aucun vaccin n'est actuellement disponible pour le sérotype 12», ajoute le ministère, qui précise avoir «informé les fabricants de vaccins de ce nouveau variant par mesure de précaution». Selon la plateforme française Épidémiosurveillace en santé animale, depuis le début de l’année, les Pays-Bas comptent 2085 foyers cliniques de FCO-3 et 7164 foyers confirmés par PCR. La France, elle, en compte 5374 selon le dernier bilan disponible.
FCO-3/MHE: la vaccination peut permettre la sortie de zone régulée (JO)
Un arrêté paru au Journal officiel le 13 octobre permet désormais aux animaux vaccinés de sortir des zones régulées (ZR) au titre de la fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) ou au titre de la maladie hémorragique épizootique (MHE). Les animaux sensibles à ces maladies (ovins, bovins, caprins) doivent avoir été «vaccinés avec un vaccin qui prévient la virémie» (présence du virus dans le sang) et doivent se trouver «dans la période d'immunité garantie par les spécifications du vaccin». Les mouvements deviennent donc possibles pour les bovins vaccinés avec l’Hepizovac (MHE) ou le Bultavo 3 (FCO-3). Aucun vaccin autorisé sur ovins pour ces maladies ne présente les conditions requises (une «réduction» de la virémie ne suffit pas). Il est toujours possible de sortir des animaux des zones régulées MHE et FCO-3 selon le protocole déjà en vigueur: PCR négative, traitement insecticide pendant 14 jours et désinsectisation des moyens de transport. Par ailleurs, la désinsectisation n’est plus obligatoire pour les retours d’estive (de même que le test PCR au-dessus de 1000 m d’altitude). Enfin, pour la MHE, le texte instaure une dérogation à l’interdiction de mouvements pour les animaux de moins de 70 jours «destinés à un établissement d'engraissement fermé ou aux échanges», avec désinsectisation seule (et PCR si le pays de destination le demande).
TO-DE/saisonniers: FNSEA et JA dénoncent «un jeu de dupes» dans le PLFSS 2025
Dans un communiqué du 17 octobre, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) dénoncent une mesure du PLFSS 2025 qui, selon eux, remettrait en cause la pérennisation prévue du TO-DE et la hausse du plafond de 1,20 à 1,25 Smic pour bénéficier de l’exonération maximale de cotisations sociales des employeurs. «L’article 6 vient immédiatement contredire cette perspective. En effet, le gouvernement prévoit de baisser de deux points à compter de 2025 l’exonération maximale de cotisations sociales des employeurs, et sur laquelle s’appuie le TO-DE, cela [affectera] in fine négativement les employeurs éligibles au TO-DE», expliquent les syndicats. «Les exploitants agricoles ne comprennent pas comment le gouvernement peut donner d’une main et reprendre de l’autre dans le contexte actuel de haute tension et compte-tenu des grands défis du monde agricole», s’indigne Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, cité dans le communiqué. D’après les estimations des deux syndicats, la baisse des allègements généraux engendrera une hausse du coût du travail de 39,5 millions d’euros pour les employeurs de CDD saisonniers dès l’an prochain, et de 80 millions d’euros par an à partir de 2026. Pour Pierrick Horel, président de JA, également cité dans le communiqué, «si le dispositif se retrouve annihilé par une autre fiscalité en amont, alors il n’a plus aucun intérêt, ça n’a aucun sens!»
Versement des aides: rassemblement FDSEA/JA devant l’ASP à Strasbourg lundi
Dénonçant le non-versement d’aides de la Pac, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) du Bas-Rhin appellent à manifester lundi 21 octobre devant les locaux de l’Agence de services et de paiement (ASP) à Strasbourg. Les versements des avances sur les aides Pac 2024 «étaient attendus avec impatience dans les fermes pour le 15 octobre», rappellent les syndicats dans un communiqué. «Malheureusement près de 20% des fermes ne toucheront pas l’argent, soit plus de 500 agriculteurs», déplorent-ils, pointant «l’incompétence de l’État». Et les syndicats de promettre de «secouer l’administration française». Au niveau national, dans un communiqué du 16 octobre, le ministère de l’Agriculture s’était félicité du versement de 4,3 Md€ d’avances d’aides Pac (premier pilier et ICHN) «dès le premier jour permis par la réglementation européenne». Il restait «7% de dossiers non encore payés», reconnaît la Rue de Varenne, soit «un peu moins de 20 000 exploitations». L’exécutif avance «différentes causes» à ce non-paiement dans les temps, les deux principales étant les «modifications tardives de déclarations» (cultures d’été notamment) «dans le cadre du droit à l’erreur» et des vérifications de la qualité d’agriculteur actif. Le ministère annonce des prochains paiements le 30 octobre, courant novembre, puis le solde «pendant la première quinzaine de décembre».
Réutilisation des eaux usées: Genevard annonce 2 M€ pour un projet dans les PO
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, s'est rendue le 17 octobre au chevet des vignerons des Pyrénées-Orientales, annonçant un financement pour un projet de réutilisation des eaux usées dans ce département durement frappé par une sécheresse prolongée. Elle a visité la station d'épuration d'Argelès-sur-Mer, projet visant à la réutilisation des eaux qui devrait permettre de distribuer 1,3 million de m3 aux agriculteurs à partir de juin 2026. «On est très impatients de voir ce dispositif mis en œuvre, parce qu'il faut ne négliger aucune piste pour recueillir de l'eau pour faire fonctionner notre agriculture et sauver notre territoire», a déclaré la ministre, annonçant le déblocage de 2 M€ de l'État pour participer aux 12,5 M€ du budget global de l'installation. Ce projet de réutilisation des eaux usées, à l'étude depuis 2021, avait été identifié en mai comme une piste prioritaire par l'ex-ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. Selon Marion Galaup, directrice de la régie locale des eaux, il devrait permettre d'irriguer 580 ha de terres agricoles. La ministre a annoncé un nouveau déplacement en Occitanie les 4 et 5 novembre. L'état des nappes phréatiques des Pyrénées-Orientales, tout particulièrement dans la plaine agricole du Roussillon, «est très préoccupant», selon le BRGM.
Inondations: dans le Centre-Est, 600 mm en deux jours, 900 personnes déplacées
Des voitures submergées, des pompiers en combinaison de plongeur et 900 personnes déplacées: six départements font face le 17 octobre à des pluies «exceptionnelles» allant jusqu'à 650 mmm depuis la nuit de mercredi à jeudi à Loubaresse et à Mayres (Ardèche). L'Ardèche, le Rhône, la Haute-Loire, la Loire, la Lozère et les Alpes-Maritimes sont placés en vigilance rouge inondations/crues par Météo-France, et 34 autres départements en vigilance orange. Un «épisode cévenol de grande étendue» donne «des cumuls de pluie exceptionnels, essentiellement sur le relief ardéchois», note Météo-France. «Plus généralement, une vaste perturbation remonte par le sud», poursuit l'organisme. La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a évoqué une «situation qui est inédite par son ampleur», du «jamais vu de mémoire d'homme». Vers 16h30, environ un millier de foyers étaient privés d'électricité dans le Rhône, l'Ain, la Loire et l'Ardèche, a indiqué Enedis. Plusieurs routes départementales sont fermées à cause d'inondations ou d'éboulements, ainsi que l'autoroute A47 entre Lyon et Saint-Étienne. Le trafic ferroviaire a également été suspendu entre de nombreuses villes. En Haute-Loire, au Chambon-sur-Lignon, les écoles ont été évacuées, quelques maisons inondées et du bétail a été emporté, a précisé à l'AFP le maire Jean-Michel Eyraud.
Lactalis: Faire France se dit prêt à reprendre 30 Ml, son partenaire LSDH s'étonne
À la suite de l'annonce de la réduction de la collecte de Lactalis, la marque de lait équitable Faire France annonce, dans un communiqué relayé le 17 octobre par nos confrères de Ouest-France, son projet «d’intégrer entre 30 et 50 millions de litres supplémentaires de lait dans ses circuits de transformation et de distribution en partenariat avec LSDH». Et Jean-Luc Pruvot de préciser à nos confrères: «On vise cette intégration dans un délai d’un à trois ans. Ce serait à la place du lait APLBC.» La communication étonne le président de LSDH Emmanuel Vasseneix, qui regrette, auprès d'Agra Presse, ne pas en avoir été informé: «Nous n'avons pas eu de discussion sur ce projet, je ne suis pas d'accord avec cette méthode, c'est une affaire sérieuse pour les éleveurs concernés». Le 11 octobre, il avait lui-même annoncé pouvoir reprendre, en partenariat avec l'organisation de producteurs APLBC, «entre 50 et 60 millions de litres», soit une centaine de producteurs. Un peu plus du double serait délaissé par Lactalis dans la zone de collecte de LSDH, selon Emmanuel Vasseneix. La laiterie LSDH est le conditionneur historique du lait Faire France, pour du lait collecté auprès de l'APLBC. Le président de cette OP, Jérôme Chapon, s'étonne également de cette annonce, auprès d'Agra Presse, et s'interroge sur la capacité de Faire France à commercialiser ces volumes supplémentaires. Selon Ouest-France, Faire France commercialise l'équivalent de 18 millions de litres de lait collectés.
Commerce: le solde agroalimentaire français plonge en août, grevé par la mauvaise moisson
Les premiers effets de la mauvaise moisson française commencent à se voir dans les statistiques du commerce français. Au mois d'août, le solde mensuel des échanges agroalimentaires français (produits bruts et transformés) a baissé de 382 millions d'euros (M€) sur un an, pour atteindre un niveau de 57 M€, selon une note du ministère de l'Agriculture parue le 15 octobre. Soit un niveau proche du négatif, étant donné que le solde mensuel se situe généralement entre 400 et 900 M€. La chute est principalement due à la mauvaise moisson et la réduction des exportations de céréales (-146 M€), notamment les ventes d’orge vers la Chine et de blé tendre vers le Maroc. Les exportations de boissons sont aussi grevées (-61 M€), notamment celles de vin et de champagne à destination de l’Asie et du Royaume-Uni. Dans le sens des importations, les achats de produits bruts en provenance des pays tiers augmentent de 108 M€, «essentiellement sous l’influence de la hausse des achats de graines oléagineuses (colza ukrainien et australien, soja brésilien». À noter également, l'effet de la hausse des prix du cacao, «en partie contrebalancée par la baisse des importations de tourteaux».
Biodiesel: les droits antidumping sur les importations d'Indonésie validés par la CJUE
La Cour de justice de l’UE a confirmé, dans un arrêt rendu le 17 octobre, les droit antidumping imposés par l’UE aux importations de biodiesel d’Indonésie. Des exportateurs indonésiens tentaient de contester les droits compensateurs mis en place depuis 2019, notamment leur méthode de calcul. Un recours qu’a rejeté la Cour. Les producteurs européens de biodiesel (EBB) se sont immédiatement félicités de cette décision, mais ils préviennent que «l’Indonésie a maintenant porté cette question devant l’OMC, car elle prévoyait déjà que les demandes des exportateurs indonésiens seraient infructueuses devant les tribunaux de l’UE». Début mai, la Commission européenne avait annoncé mettre un terme à l’enquête sur un éventuel contournement des mesures compensatoires applicables aux importations de biodiesel indonésien, mais également à l’enregistrement des importations. Cette enquête avait été ouverte en août 2023 à la suite d’une demande de l'EBB, qui considérait que l’Indonésie contournait les droits compensateurs mis en place par l’UE; une demande retirée le 19 janvier. Dans un communiqué publié le 24 janvier, l’EBB indiquait que l’enquête anti-contournement a permis de découvrir des informations concernant des activités frauduleuses qui seront transmises aux autorités compétentes en matière d’enquête anti-fraude.
Martinique: l'État d'accord pour baisser les prix de l'alimentaire de 20%, la mobilisation se poursuit
Un accord, mais une crise qui se poursuit: l'État a annoncé le 16 octobre au soir avoir signé un accord, notamment avec les distributeurs, pour baisser de «20% en moyenne» les prix de l'alimentaire en Martinique, théâtre depuis septembre d'une mobilisation contre la vie chère. En Martinique, les prix de l'alimentaire sont actuellement 40% plus élevés que dans l'Hexagone. Cet accord, arraché à Fort-de-France au terme d'un septième volet de négociations et annoncé par le préfet de Martinique , n'a toutefois pas été signé par le collectif Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), à l'origine de la mobilisation depuis le 1er septembre, qui a claqué la porte et appelé à «poursuivre le mouvement». «L'accumulation des efforts collectifs prévus dans le protocole permettra aux hypermarchés de procéder à une réduction de 20% en moyenne des prix de vente actuellement pratiqués sur une liste de 54 familles de produits correspondant aux produits alimentaires les plus consommés en Martinique», a écrit le préfet dans un communiqué. Le protocole a été signé entre la préfecture locale, la Collectivité territoriale de la Martinique et une batterie d'acteurs locaux, allant des distributeurs aux parlementaires, en passant par le Grand Port maritime et le transporteur CMA-CGM.
Néonicotinoïdes: une dizaine de députés du centre veulent réautoriser acétamipride et flupyradifurone
Ce n'est pas la première initiative de ce type, mais ce sont cette fois-ci une dizaine de députés d'Horizons, Modem, Renaissance et Les Républicains qui ont déposé, le 17 octobre, une proposition de loi (PPL) visant à réautoriser les néonicotinoïdes «si leur usage est autorisé par la réglementation de l’Union européenne». Le texte vise précisément l'acétamipride, toujours autorisé en Allemagne, Pologne, Estonie, Croatie et Italie, et la flupyradifurone, toujours utilisée en Autriche, République Tchèque, Hongrie, Slovaquie, Roumanie et Finlande, listent les députés. Les néonicotinoïdes avaient été interdits en France à partir de 2018 par la loi Biodiversité de 2016. Dans le cas de la betterave, plusieurs néonicotinoïdes avaient été réautorisés en France par une loi dédiée, sous l'impulsion de Julien Denormandie, avant que leur interdiction ne soit rendue définitive par la Cour européenne de justice (CJUE). La réautorisation de l'acétamipride fait partie des demandes communes du député LR Julien Dive et du sénateur LR Laurent Duplomb; ce dernier demande que cette mesure soit inscrite dans une loi qui serait préalable à la LOA, et qui inclurait également la suppression de la séparation de la vente et du conseil des pesticides. Dans un avis publié le 15 mai, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait identifié, sur la base de nouvelles données transmises par la France, «des incertitudes majeures» concernant les propriétés de neurotoxicité pour le développement de l'acétamipride. Les limites maximales de résidus ont été depuis revues depuis à la baisse pour cette molécule.
Machinisme: une proposition de loi RN pour sanctionner plus durement les vols agricoles
Le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a déposé le 15 octobre, une proposition de loi dont l’article unique prévoit la reconnaissance du vol de carburant et de matériel agricole comme une circonstance aggravante devant la justice. Il justifie cette évolution par un souci de garantir «le bon fonctionnement du secteur agricole dans notre pays» et in fine «la souveraineté alimentaire». Le député de la Somme vise en particulier les vols de GPS agricoles. Fin septembre, un homme a été arrêté pour avoir participé au vol de dizaines de GPS agricoles en Île-de-France et dans l’Aisne. Cet homme de nationalité roumaine était soupçonné de faire partie d’un groupe de malfaiteurs ayant dérobé des consoles ou des antennes GPS de tracteurs en vue de les exporter, de manière clandestine, vers l’Europe de l’est. Selon les statistiques de crimes et délits enregistrés par les services de police et de la gendarmerie nationale, les vols simples sur exploitations agricoles ont significativement baissé en France métropolitaine depuis dix ans, après un pic en 2014. Les forces de l’ordre ont recensé 8884 vols de ce type en 2011, contre 6192 en 2021, soit une baisse de 30%.
Saisonniers/vin: procès pour «conditions indignes» contre un couple de recruteurs en Bourgogne
Deux ans de prison avec sursis au moins ont été requis mercredi 16 octobre au tribunal correctionnel de Dijon pour «traite d'être humain» et «hébergement indigne» contre un couple de prestataires de service viticole bien connu à Beaune (Côte-d'Or), rapporte l’AFP. Ceux-ci faisaient travailler dans des «conditions indignes» des saisonniers roumains employés aux vendanges. Contre l'intermédiaire roumain qui travaillait avec eux, il a été demandé 15 mois avec sursis. Logement de fortune, un seul sanitaire, aucune eau potable: le rapport de la gendarmerie est sans appel. Selon l'accusation, aucun des vendangeurs, «équipés de tours de cou floqués du nom de l'agence», n'avait de contrat de travail et aucun salaire n'a été versé, ce qui est contesté par les accusés. Quand les saisonniers réclamaient leur dû, on les menaçait, selon l’AFP. Le prestataire de services aurait amassé 76 000 euros, selon l'enquête. «Personne ne veut héberger les vendangeurs», y compris «les domaines qui se déchargent sur les prestataires», a argumenté l’avocat du couple dont il a réclamé la relaxe. Le couple a indiqué avoir écrit «dès 2022 à tous les maires de grands crus pour dire qu'on devrait avoir des emplacements pour les vendangeurs». Le jugement a été mis en délibéré au 20 novembre.
Influenza: un second élevage atteint dans la commune finistérienne de Taulé
La zone de surveillance de l’influenza aviaire et la zone de protection qui l’entoure ont été étendues sur le flanc ouest autour de Taulé, près de Morlaix, du fait d’un nouveau cas dans un élevage de cette même commune, après celui de fin septembre. La préfecture du Finistère a arrêté cette extension le 14 octobre et a indiqué, dans un communiqué de presse du 17 octobre, que le dépeuplement était en cours et qu’une enquête épidémiologique avait été conduite «afin de rechercher l'origine probable de la contamination». La zone de surveillance de 3 km autour du premier élevage touché à la fin septembre a été étendue à la commune de Henvic, et la zone de protection de 10 km s’est élargie de 2 à 4 km vers l’ouest. Le nouvel établissement touché est un élevage de 6600 dindes, situé à quelques kilomètres du premier élevage et à environ 2 km de la côte de la Manche, d’après la localisation de l’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale). L’établissement précédemment touché à Taulé élève des poules pondeuses en plein air. Ces deux élevages sont dans la Zone littorale Manche-Atlantique, ménageant sur 20 km de large, du Mont-Saint-Michel au sud de la Vendée, une protection renforcée contre les oiseaux marins depuis le 25 septembre.
Foie gras: «reprise» de la production, qui retrouve les niveaux de 2020 et 2021
La production de foie gras en 2024 devrait augmenter d'un tiers par rapport aux mauvaises années 2022 et 2023, a indiqué le Cifog (interprofession du foie gras) le 17 octobre, se félicitant de cette «reprise» après les épizooties successives d'influenza aviaire. L'interprofession a estimé que l’offre des abatteurs français en foie gras cru devrait remonter à environ 13 500 t en 2024, selon une extrapolation basée sur la production des six premiers mois. Ce tonnage atteint presque celui des années 2020 et 2021, tout en restant restant bien inférieur aux 16 663 t enregistrées en 2019. De ce fait, la production française couvrirait 87% de la fourniture hexagonale (importations comprises), contre 80% en 2023. Fabien Chevalier, nouveau président du Cifog, s’est félicité d’un volume enfin suffisant pour les fêtes de fin d’année. Quant aux exportations, les ventes de tous types de foie gras français sont en augmentation de 3%, à 30 M€ sur les six premiers mois (de source Itavi d’après les douanes). Si la France est pénalisée au Royaume-Uni et au Japon du fait de la vaccination, ses concurrents, la Bulgarie et la Hongrie, le sont du fait de cas d’influenza aviaire, estime-t-on au Cifog. L’interprofession se réjouit du retour de l’excédent commercial, qui est de 3,6 M€ pour les six premiers mois de l’année. Les importations ont en effet reculé de 31%, à 26,5 M€.
Elevage/pollution des eaux: amende réduite en appel pour une mégaporcherie bretonne
La porcherie Kerjean, l'une des plus grandes de France, a vu sa condamnation pour la pollution d'une rivière du Finistère être confirmée le 17 octobre par la cour d'appel de Rennes, qui a toutefois réduit sa peine à 150 000 € d'amende (dont la moitié avec sursis). «Pour une pollution de cours d'eau, on a rarement vu des peines d'amende aussi élevées», s'est félicité auprès de l'AFP Thomas Thellier, juriste pour l'association Eau et rivières de Bretagne, estimant avoir «quand même affaire à une décision qui reste historique». Le 2 avril 2021, entre 50 et 100 m3 de lisier s'étaient déversés dans un ruisseau à la suite du débordement d'une fosse. Le lendemain, plusieurs centaines de poissons avaient été découverts morts par l'OFB dans la rivière Penzé. En juin 2023, le tribunal correctionnel de Brest avait condamné la société à 200 000 € d'amende (dont 100 000 € avec sursis) et le dirigeant de l'exploitation, Benoît Tanguy, à 10 000 € d'amende (dont 5000 € avec sursis). La cour d'appel a réduit la peine de M. Tanguy à une amende de 6000 € (dont 3000 € avec sursis). La porcherie et Benoît Tanguy ont été condamnés solidairement à verser des indemnités de 3000 à 5000 € aux plaignants pour leurs préjudices. La cour d'appel a également confirmé l'interdiction pour la mégaporcherie de percevoir toute aide publique pendant un an.
Épices: Prince de Bretagne commercialise de la vanille pour la première fois
La marque Prince de Bretagne annonce dans un communiqué le 17 octobre le premier millésime de sa vanille cultivée en terres bretonnes. «Nous avons porté notre choix sur la variété planifolia pour ses qualités organoleptiques. C’est la plus cultivée au monde», explique Pierre Guyomar, maraicher et président de la section Vanille. Les premiers essais remontent à fin 2019 chez trois producteurs des Côtes-d’Armor, épaulés par la station d’expérimentation Terre d’essais et accompagnés la coopérative Les maraichers d’Armor. Un partenariat noué en 2023 avec une coopérative de producteurs de vanille de La Réunion a boosté l’expérience. «Si nous nous lancions dans l’inconnu, les producteurs réunionnais n’ont, eux, pas été surpris. Ils pensaient tout cela réalisable. Portés par notre enthousiasme, nous sommes allés parfois un peu trop vite. Nous avons donc beaucoup appris de nos erreurs», concède Pierre Guyomar. Car la production de la vanille n’est pas facile: culture fragile entièrement manuelle, cette plante de sous-bois (adaptée donc au terroir breton) demande 18 mois de travail entre la pollinisation et la commercialisation de la gousse.
Groupes vétérinaires: la mise en conformité des sociétés pratiquement achevée
Les groupes d’investissement vétérinaires ont achevé «à quelques détails techniques près» la mise en conformité avec les décisions rendues par le Conseil d’État et la doctrine du ministère sur les règles de détention des établissements vétérinaires des sociétés vétérinaires qu’ils possèdent, explique le président du Syngev (syndicat), Emeric Lemarignier, à Agra Presse. «Nous avons trouvé une voie de passage, il n’y a plus de sujet sur l’existence des groupes vétérinaires», se félicite-t-il. L’obligation de mise en conformité a occasionné «quelques fermetures temporaires de cliniques», mais aucune n’a été radiée de l’Ordre des vétérinaires. Le contentieux «n’a pas du tout freiné» les ambitions des groupes, qui représentent désormais 20% du secteur vétérinaire en France. «Nous répondons à une demande des vétérinaires et des clients», déclare Emeric Lemarignier. Le syndicat veut désormais concentrer son action sur d’autres enjeux dont la formation initiale et continue des praticiens, la «continuité des soins» en ville et en milieu rural en formant de plus de vétérinaires généralistes en mesure d’assurer des gardes, ainsi que «la représentativité au sein du Conseil national de l’Ordre».
Enseignement agricole: dans le sud-est, l'Isara et l'Isema fusionnent
Après plusieurs années de «passerelles» et de «ponts», l’école d’ingénieur en agriculture Isara (Lyon) et l'école de commerce agri-agro Isema (Avignon) ont officiellement fusionné, le 1er septembre, donnant naissance à Agrivia. L’union se veut «unique», combinant les approches «ingénieur» et «business» du champ à l’assiette. «Il nous semble important de réunir cet écosystème pour accompagner de nouvelles trajectoires d’action», résume Christophe David, directeur du pôle académique. «On essaie de se placer dans la recherche de solutions», poursuit le directeur de recherches Alexander Wezel, soulignant les «treize principes de l’agroécologie » et les «cinq niveaux de transition vers des systèmes alimentaires durables» qui sont diffusés dans le socle de connaissances. Agrivia compte également développer son «Hub des audacieux», initiative fédérant les étudiants, des porteurs de projet, des entrepreneurs et des responsables innovation d’entreprises des filières agricoles et alimentaires. Objectif: innover dans la sphère de la durabilité et de la résilience face au changement climatique. Autre élément du changement: un nouveau parcours de niveau master en deux ans dédié à la transition écologique et énergétique (énergies renouvelables, méthanisation, agrivoltaïsme, etc.) pour rendre plus robustes certains modèles naissants. (Florence Rabut)
Agenda de la semaine agricole du 21 octobre 2024
Vendredi 18 octobre
Action de la Confédération paysanne contre les arrêts de collecte de Lactalis
Samedi 19 octobre
Salon de l'alimentation Sial, à Paris, jusqu'au 23 octobre
Discours de Jane Goodall, militante pour l’environnement et la cause animale, à l’Unesco
Dimanche 20 octobre
Conférence de presse sur l’alimentation durable aux Journées d'automne de la Bio (Lorient)
Lundi 21 octobre
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE, à Luxembourg: Pac, commerce, chaîne alimentaire, etc., jusqu'au 22
Début de la Cop16 sur la biodiversité en Colombie, jusqu’au 1er novembre
Les députés de la commission des Finances examinent le PLFSS (financement de la sécurité sociale)
Les députés poursuivent l'examen du projet de loi de finances (PLF) en commission, puis en séance publique
Présentation au Sial du livre blanc «Où exporter en 2025» par Business France et le ministère de l’Agriculture
Conférence de présentation au Sial de l'Observatoire financier des IAA (Crédit agricole)
Conférence sur la viande bovine d’Uruguay
Mardi 22 octobre
Le Sénat examine le projet de loi de simplification
Décision du tribunal de commerce d’Agen sur le plan de continuation de Lucien Georgelin (confiturier)
Conférence de presse sur l’agroécologie BASF/TerraSolis/Cérèsia, dans la Marne
Audience reportée sur la contestation du non-lieu sur la chlordécone, à la cour d’appel de Paris
Visioconférence de l’Inrae sur la santé des cours d’eau et bassins versants
Conférence de presse du SGV (champagne) sur la transmission des exploitations
Mercredi 23 octobre
Les députés de la commission des Affaires économiques examinent le volet agricole de la partie dépenses du PLF
Conférence de presse sur la vente de vins des Hospices de Beaune
Jeudi 24 octobre
Présentation des résultats 2024 de Sodexo
Conférence sur la science réglementaire sur les pesticides (Champs-sur-Marne), jusqu'au 25