Bovins/ovins: pour le ministère, la vaccination contre la MHE «relève des filières»
Qu’il s’agisse du financement ou de la stratégie retenue, la vaccination des bovins et ovins contre la maladie hémorragique épizootique (MHE) «relève des filières», a indiqué le ministère de l’Agriculture dans un message à la presse le 21 août. Le vaccin Hepizovac de l’espagnol CZ Vaccines a reçu une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) le 6 août en vue d’une vaccination en septembre. «Un vaccin sera prochainement disponible», a confirmé Marc Fesneau dans une interview au Parisien le 20 août. Mais ses services ont précisé que «l'État ne gère pas la commande, ni le financement des doses, ni le financement de l’acte de vaccination». Les filières bovines et ovines «doivent être en capacité de communiquer rapidement sur la stratégie vaccinale retenue pour la France», ajoute le ministère de l’Agriculture, afin «d’éclairer» le laboratoire CZ Vaccines «sur la production de doses à prévoir». «Nous appelons les services de l'État à passer des commandes massives de doses pour que tous les éleveurs puissent vacciner au plus tôt contre la MHE et la FCO» (fièvre catarrhale ovine), indique Patrick Bénézit, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) à Agra Presse. «Il n’y a que l'État qui peut le faire et il faut qu’il le fasse maintenant», ajoute-t-il, rappelant que la FNSEA demande la gratuité des vaccins.
FCO/ovins: des éleveurs d'Occitanie demandent des compensations
Des éleveurs se sont rassemblés à Foix le 22 août, à l'appel de la Confédération paysanne, pour demander des indemnisations face à la fièvre catarrhale ovine (FCO), qui a causé la mort de plus de 4000 brebis en Occitanie depuis juin, a constaté une correspondante de l'AFP. Alors qu'un nouveau sérotype de FCO, le sérotype 3, est arrivé ce mois-ci en France et touchait à la mi-août six départements du nord du pays, le sérotype 8, présent en France depuis 2006, frappe fortement les Pyrénées-Orientales depuis juin, d'où il a progressé vers l'Aude et l'Ariège. Dans ce contexte, la FDSEA, les JA, les chambres d'agriculture et les présidents de ces trois départements et de la Haute-Garonne ont écrit au ministre de l'Agriculture démissionnaire, Marc Fesneau, pour l'«alerter sur la progression inquiétante et ravageuse de la FCO». «La mortalité cumulée sur l'Ariège, l'Aude et les Pyrénées-Orientales dépasse aujourd'hui les 4000 ovins; au rythme actuel, elle devrait dépasser les 6000 têtes fin août, soit 5% du cheptel», ajoutent-ils dans une lettre datée du 21 août. FDSEA et JA demandent des compensations financières, le maintien des versements des aides de la Pac malgré les pertes d’animaux et la prise en charge des vaccins.
Importations ukrainiennes: «frein d’urgence» déclenché sur le miel
La Commission européenne a annoncé, le 20 août, l’activation du «frein d’urgence» pour les importations de miel d'Ukraine, un dispositif automatique dans le cadre des mesures commerciales autonomes en vigueur depuis juin. En effet, les volumes ont atteint le seuil de déclenchement correspondant aux moyennes annuelles enregistrées entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2023, à savoir 44 417,56 t. Ainsi, à compter du 21 août et jusqu'au 5 juin 2025, les importations de miel ukrainien vers l’UE se feront dans le cadre du contingent tarifaire de l’accord d’association entre les parties en place depuis 2016. Toutefois, les volumes importés depuis le début de 2024 étant déjà supérieurs aux seuils fixés dans le contingent tarifaire, les importations supplémentaires se poursuivront avec les droits de la nation la plus favorisée de l’OMC. Un nouveau contingent tarifaire d’un volume de 18 507,32 t – correspondant à 5/12 du seuil de déclenchement – sera applicable à partir du 1er janvier et jusqu’au 5 juin 2025. Les importations de miel ukrainien dans l'UE ont été assez stables au cours des cinq dernières années, avec une moyenne d'environ 49 000 t par an, précise la Commission européenne.
Irrigation: en Vendée, la chambre appelle à la mobilisation contre les limitations (presse)
La chambre d’agriculture de Vendée a demandé à tous les irrigants de se mobiliser contre la décision, prise par le tribunal administratif de Poitiers le 9 juillet, de réduire les volumes d’eau prélevés pour l’irrigation agricole, passant de 87 millions de mètres cube (Mm3) à 67,6 Mm3, rapporte le quotidien Ouest-France le 21 août (article payant). La chambre envisage un recours collectif. Pour rappel, le tribunal avait annulé l’autorisation unique pluriannuelle (AUPP) délivrée par les services de l’État pour l’ensemble des prélèvements à usage d’irrigation dans les bassins versants du Marais poitevin, prévue jusqu’au 31 mars 2026. Dans son jugement, il avait notamment souligné le «caractère excessif des volumes de prélèvement autorisés» accordés par les préfets de la Charente-Maritime, des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Vienne. «Cette décision (…) a été prise dans l’ensemble du territoire, pas seulement là où il y a des réserves de substitution, mais aussi [dans le bocage] où il y a des réserves collinaires», s’étonne Éric Coutant, président de la chambre d’agriculture de Vendée auprès de Ouest-France. À ses yeux, la décision a été prise «en dehors de tous les éléments techniques de maintien du milieu, sur lesquels nous travaillons depuis des années avec un effort collectif de gestion des niveaux dans le marais».
Céréales: dans le sud, Arterris pâtit d’une «baisse généralisée» des rendements
Implantée en Occitanie et Paca, la coopérative Arterris a annoncé le 22 août une collecte de céréales d’été «en retrait d’environ 13%» par rapport à l’année dernière (à 438 000 t), en raison d’une «baisse généralisée» des rendements. Pour l’ensemble des cultures, le rendement moyen recule de 10% sur un an, «en raison des conditions météorologiques très humides», après des rendements déjà «historiquement bas» en 2023. Dans le détail, la collecte de blé dur recule, sous l’effet d’une baisse des surfaces (-6%), elle-même «directement liée à la baisse des rendements en 2023», selon un communiqué. Également en recul sur un an, la récolte de blé tendre est pénalisée par une baisse des surfaces «de l’ordre de 28%», due à l’automne 2023 «très pluvieux». Les autres productions d’été ne font guère mieux: récolte «déceptive» en orge (-20% de rendement), rendements «en retrait d’une dizaine de pourcents» pour le colza. Chez la coopérative sudiste, seuls les protéagineux affichent des résultats positifs. La récolte de pois apparaît «similaire» à 2023 (malgré -10% de surfaces), tandis que la collecte des féveroles est «la plus importante des cinq dernières années» (notamment en raison des «nouvelles directives de la Pac qui ont engendré une hausse des surfaces de l’ordre de 40%»).
Céréales: les récoltes abondantes maintiennent les prix mondiaux orientés à la baisse
Récolte massive de maïs aux États-Unis, profusion de blé en mer Noire: les prix des céréales restent orientés à la baisse dans un marché mondial où l'abondance attendue n'encourage pas les importateurs à lancer de grosses commandes, rapporte l'AFP. Mercredi 21 août, la tonne de blé tendre est passée en Europe sous la barre symbolique des 200 € pour la livraison la plus rapprochée (septembre), tandis que le maïs se vendait autour de 195 €/t. Même tendance aux États-Unis, où le cours du contrat de référence du maïs était descendu vendredi 16 août à son plus bas niveau depuis la fin septembre 2020. Le cours du soja américain n'avait, lui, pas été aussi faible depuis le 28 août 2020. Au premier rang des facteurs de baisse des cours figure la perspective d'une belle récolte américaine de grains jaunes, avec de forts rendements, et d'une excellente moisson de soja, en raison notamment de reports de surfaces de maïs en faveur de l'oléagineux. Au niveau mondial, l'International Grain Council prévoit un nouveau pic pour la production de céréales en 2024-25, en hausse de 16 Mt par rapport à la campagne précédente, avec notamment une augmentation pour le blé, maïs et sorgho. La France, par contre, a engrangé cet été l’une de ses pires moissons depuis 40 ans.
Tomates: l’origine Maroc en recul sur le marché européen en 2024
Les importations européennes de tomates marocaines ont reculé de 6,8% entre septembre 2023 et mai 2024, rapporte le ministère espagnol de l’Agriculture, qui se base sur les données du bulletin de suivi des importations de tomates par l'UE. Elles sont passées de 497 928 t au cours de la période précédente (un record), à 464 052 t en 2023/2024. Le Maroc demeure néanmoins le premier pays tiers fournisseur de tomates de l’Union européenne. Ce recul profite à deux autres origines. D’une part, la Tunisie a vu ses exportations augmenter de 5,8% par rapport à l’année précédente pour dépasser les 24 200 t sur le marché européen (pour mémoire: 14 100 t lors de la campagne 2018/2019). D’autre part, la Turquie, avec 191 700 t cette année, poursuit sa forte progression sur l’Europe: +40,4%, par rapport à la période 2018/2019. Sur la période considérée, l’Union européenne a importé 1,37 Mt de tomates, un marché lui aussi en baisse de 5,7% par rapport à la campagne précédente (et de 9,6% par rapport à la moyenne des cinq dernières années). Les produits d'origine non européenne (705 482 t) sont également en recul (-5,9%), mais ils ont progressé de 13,4% sur une moyenne de cinq ans.
Agenda de la semaine agricole du 26 août 2024
Lundi 26 août
Congrès de la Société européenne d’agronomie, à Rennes (jusqu’au 30)
Mardi 27 août
La coopérative Eureden présente son nouveau concept d'élevage de dindes
Mercredi 28 août
Lancement de la campagne pommes poires de l'ANPP, à Paris
Jeudi 29 août
Conférence de presse d'Argus Media sur le marché du blé en 2024-2025
Vendredi 30 août
Foire de Châlons-en-Champagne (jusqu’au 9 septembre)
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.