Agrafil du 22 août 2024

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Produits laitiers: la Chine lance une enquête antidumping sur les importations de l’UE

La Chine a annoncé le 21 août l'ouverture d'une enquête sur des pratiques commerciales de l'Union européenne jugées déloyales concernant certains produits laitiers importés, dans un contexte de tensions avec Bruxelles autour des véhicules électriques en provenance de Chine, rapporte l’AFP. «Le ministère du Commerce a décidé d'ouvrir une enquête antidumping sur certains produits laitiers importés depuis l'Union européenne à compter du 21 août 2024», a-t-il indiqué dans un communiqué. L'enquête porte notamment sur le fromage frais et le lait caillé, le fromage bleu, ainsi que certains laits et crèmes, a précisé le ministère du Commerce. La procédure vise un certain nombre de subventions accordées dans le cadre de la Pac. L'enquête doit être conclue dans un délai d'un an, mais elle pourra éventuellement être prolongée de six mois. En 2023, l’UE a exporté pour 1,76 Md€ de produits laitiers vers la Chine (après 2,09 Md€ en 2022). Pékin avait déjà annoncé, en janvier, enquêter sur les eaux-de-vie de vin importées de l'UE (dont le cognac), puis sur les produits porcins en juin. Mardi 20 août, l’UE a confirmé sa volonté de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine, y compris celles de l’américain Tesla qui possède une usine à Shanghai.

Vaccination contre l’influenza aviaire: 27 M€ resteraient à charge des filières canard (Anvol)

Les filières foie gras et canard à rôtir supporteraient environ 27 millions d’euros (M€) de frais de vaccination contre l’influenza aviaire pour 2024-2025, selon un rapide calcul effectué par Anvol (interprofession des volailles de chair). Cette première évaluation s’appuie sur l'annonce du ministère de l'Agriculture d'une prise en charge de 70% des frais (hors doses), contre 85% pour 2023-2024, et sur une estimation de ces coûts à 90 M€ (contre 100 M€ pour 2023-2024). Le reste à charge serait d'environ 0,45 € par tête, sur une base de 60 millions de canards vaccinés. Rapporté à la tonne de vif en canard à rôtir (en considérant un poids moyen mâles/femelles de 4 kg pour un lot mixte avec un ratio de 70/30), le coût de la vaccination reviendrait à 7% du prix du vif. Cette année, la première injection sera pratiquée à grande échelle chez l’accouveur, la phase pilote réalisée avant l’été ayant été concluante sur les plans de l’organisation, de la santé des canetons et du coût. Ce service est attendu des éleveurs. Le ministère déclare avoir commandé 67,75 millions de doses auprès des laboratoires Ceva Santé Animale et Boehringer Ingelheim.

Grandes cultures bio: LCA et la Fnab espèrent un «rebond» de la demande (presse)

Interrogés par nos confrères de La Dépêche – Le petit meunier, des responsables de la Coopération agricole (LCA) et de la Fnab (producteurs bio) indiquent prévoir un rebond de la demande en produits bio, notamment en grandes cultures pour la campagne de commercialisation 2024-2025. «Aux dires des distributeurs spécialisés, la consommation de produits bio semble repartir», note ainsi Marianne Sanlaville, responsable Structuration des filières bio à LCA. De son côté, le secrétaire Grandes cultures de la Fnab François Marchand prévoit «un rebond de la croissance alimentaire en bio en 2025». Selon la responsable de LCA, la baisse de la demande émanant de l’alimentation animale devrait être «moins forte que l’an passé», car «l’élan des déconversions a été stoppé en productions animales». Le débouché de la meunerie, lui, «devrait connaître un statu quo en 2024-2025». Du côté de l’offre, la France a engrangé cet été l’une de ses pires moissons depuis 40 ans. «Le problème des déclassements, que nous avons rencontré l’an dernier, devrait être moindre cette année avec la baisse de la collecte», espère Marianne Sanlaville. Un bémol toutefois: «Le fort salissement des parcelles risque (…) de poser des problèmes au stockage», relève François Marchand, avec «un effort supplémentaire de nettoyage des grains».

FCO/ovins: la Conf’ manifeste ce jeudi pour demander des «indemnisations ciblées»

La Confédération paysanne organise un rassemblement devant la préfecture de Foix (Ariège) ce jeudi 22 août, afin de «porter la voix» des éleveurs de brebis touchés par la fièvre catarrhale ovine (FCO), dont le sérotype 8 sévit dans les Pyrénées. Le syndicat «exige des indemnisations ciblées», d’après un message envoyé à la presse le 21 août. La manifestation vise à «rendre audible la détresse des éleveurs et des éleveuses du sud de la France jusqu'à Paris». Le 22 août se tiendra aussi, au ministère de l’Agriculture, «une nouvelle réunion de crise avec la DGAL», ajoute la Conf’. Alors que la campagne de vaccination volontaire lancée le 12 août ne vise que six régions du nord-est touchées par la FCO-3, la Conf’ réclame un accompagnement (vaccination et indemnisations) pour l’ensemble des éleveurs affectés par les deux sérotypes de la maladie. Au 16 août, la France comptait 63 foyers de FCO-3, selon le ministère. Observé pour la première fois en France cet été, ce nouveau sérotype a gagné six départements (Aisne, Ardennes, Marne, Moselle, Nord, Oise). Quant à la FCO-8, présente depuis 2017, elle effectue une «recrudescence brutale» dans les Pyrénées (Ariège, Aude, Pyrénées-Orientales), avec «plusieurs centaines de foyers» et «des milliers de bêtes mortes», selon la Conf’.

Pruneaux d’Agen: une récolte «plus faible» qu’en 2023, avec toutefois de meilleurs calibres

Alors que les récoltes de prunes destinées à la production de pruneaux d’Agen, débutent dans le département du Lot-et-Garonne, le poids des récents orages de grêle pèse sur les parcelles, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine le 18 août. Les producteurs s’attendent à une récolte nettement plus faible qu’en 2023, avec néanmoins des parcelles chargées de fruits ayant «de meilleurs calibres qu’en 2023», souligne Gaëtan Vergnes, secrétaire général du BIP interprofession du pruneau) auprès d'Agra Presse le 21 août. Reste que les agriculteurs ont subi les conséquences de la grêle, intervenue de manière répétée entre avril et juillet dans le Lot-et-Garonne. «Les orages ont touché 70 à 80% des producteurs», affirme Christophe de Hautefeuille, président du BIP, à France 3 Nouvelle-Aquitaine. Une période de tri va donc devoir s’effectuer après la récolte, avec une partie de la production qui ne sera pas «valorisable en fruits de bouche et sera donc achetée moins cher», précise M. Vergnes. Et si la situation météorologique s’améliore, le président du BIP souligne que «le taux de sucre a toujours du mal à monter à cause du printemps pluvieux». Dans l’attente d'éventuelles meilleures récoltes les prochaines années, les pruniculteurs espèrent donc que les assurances grêle fonctionneront pour les parcelles les plus touchées.

Fusariose du bananier: une équipe identifie le mécanisme de sa virulence (étude)

Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Microbiology le 16 août a permis d’identifier un mécanisme clef derrière la virulence du champignon (Fusarium oxysporum) à l’origine de la fusariose du bananier Cavendish, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles stratégies susceptibles de ralentir, voire de contrôler, sa propagation. Après avoir décimé le commerce des bananes de la variété Gros Michel dans les années 1950, la fusariose du bananier menace désormais la production mondiale de sa remplaçante, la banane Cavendish. Pendant environ 40 ans, la banane Cavendish a prospéré dans le monde entier, avant qu’une nouvelle épidémie de fusariose ne se propage comme un feu de forêt de l’Asie du Sud-Est à l’Afrique et à l’Amérique centrale dans les années 90. «Nous avons passé les dix dernières années à étudier cette nouvelle épidémie de fusariose du bananier», précise Li-Jun Ma, co-autrice de l’étude et professeure de biochimie et de biologie moléculaire à l’université du Massachusetts, dans un communiqué. Résultat: l’équipe a découvert que la fusariose du bananier Cavendish n’a pas évolué à partir de la souche ayant anéanti la variété Gros Michel. Selon l’étude, la virulence de cette nouvelle souche semble être causée par certains gênes accessoires liés à la production d’oxyde nitrique. Or, cette virulence était «considérablement réduite» lorsque deux gènes de la fusariose du bananier Cavendish impliqués dans la production d'oxyde nitrique étaient éliminés».

Agrivoltaïsme: la coopérative Noriap développe avec TSE un projet d’ombrière de culture

La coopérative Noriap et l’énergéticien TSE ont annoncé le 15 juillet avoir signé un premier contrat pour l’installation d’une ombrière de culture dans une exploitation de la Somme. Il s’agit d’un projet d’une puissance de 8,19 MWc (mégawatts crête), selon un communiqué commun. Le système d’ombrage partiel et tournant, dont la mise en service est prévue «d’ici un an et demi à trois ans», sera installé sur une parcelle de 18 ha en grandes cultures, précise à Agra Presse Timothée Maman, chargé de mission Énergie au sein de la coopérative. C’est la première concrétisation du partenariat lancé le 24 avril entre Noriap et TSE «pour le développement de projets agrivoltaïques dans les Hauts-de-France et en Seine-Maritime», via l’installation d’ombrières de culture et d’élevage. La solution retenue est celle des trackers, adaptés aux cultures basses et moyennes (moins de 1,60 m) et compatibles avec les machines agricoles (jusqu’à 15 m de passage). Chaque projet est soumis à une étude de faisabilité, indique Timothée Maman, en citant comme critères l’orientation est/ouest des parcelles, leur surface (7 ou 8 ha minimum) et la présence d'un poste source à une dizaine de kilomètres.

Légumes: un appel à projets d’installation en maraîchage bio sur 7 ha dans le Calvados

La communauté de communes Cœur de Nacre, dans le nord du Calvados, en partenariat avec Bio en Normandie et Terre de liens Normandie, lance un appel à candidatures pour valoriser du foncier public par un projet d’installation agricole en maraîchage bio, indique Bio Normandie sur son site Internet. En s’appuyant sur les terres communautaires, la collectivité souhaite impulser une nouvelle dynamique dans un territoire actuellement dominé par les grandes cultures et les circuits longs. Le projet envisagé comprend un terrain de 7 ha (dont 3 ha en zone constructible), situés à 1 km de la côte, à cheval sur les communes de Courseulles-sur-Mer et de Bernières-sur-Mer. Le foncier est actuellement valorisé en céréales en agriculture conventionnelle. Une période de conversion à l’agriculture biologique sera donc nécessaire, indique Bio Normandie. La mise à disposition du foncier s’opérera par le biais d’un bail rural à clauses environnementales, d’une durée minimale de 18 ou 25 ans. L’activité de maraîchage trouverait une valorisation en circuits courts de proximité notamment par le biais de la restauration collective. «Le choix des modes de commercialisation revient aux porteurs de projet (individuels ou collectifs)», est-il précisé. L’appel à candidature court jusqu’au 30 septembre 2024. L’installation par le ou les candidats retenus est prévue pour le début février 2025.

Aquaponie/légumes: une ferme de 10 000 m2 à Pau début 2025

La société Eauzons!, spécialisée dans le développement de l’aquaponie, devrait ouvrir une ferme de 10 000 m2 à Lescar, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), durant le premier trimestre 2025. Une production de légumes feuilles et fruits ainsi que de truites sera développée dans une serre semi-fermée de 8000 m2.  La société a bénéficié d’une levée de fonds de 7 M€ pour développer sept fermes de ce type. «Notre objectif est de créer un système de production agroécologique, local et durable qui vienne en complément des filières déjà existantes», explique Félix Haget, directeur d’Eauzons!, contacté par Agra Presse. La société dispose déjà d’une ferme pilote de 1800 m² dans le Gers, qui commercialise ses produits aux grossistes et métiers de bouche. Sur place, Eauzons! expérimente diverses cultures: légumes ratatouille, fraises, ainsi que des fruits exotiques (pitayas, fruits de la passion) et, très récemment, de la vanille. La production tropicale est rendue possible grâce à la valorisation de chaleur fatale provenant d'industries locales. «Elle est destinée à devenir notre centre de R&D. Nous avons ainsi lancé notre premier cycle de production de crevettes», poursuit Félix Haget.

Gaspillage alimentaire: en Espagne, la chaleur extrême augmente fortement les pertes

En Espagne, pendant les mois d'été, 30% de produits alimentaires périssables en plus sont gaspillés par rapport au reste de l'année, rapporte la revue Mercados. C’est ce qui ressort des données du panel de quantification des déchets alimentaires ménagers du ministère espagnol de l'Agriculture, recueillies par la start-up française Phénix (spécialisée dans l’optimisation des surplus alimentaires). Les plus importantes pertes sont enregistrées pour les fruits et légumes et les produits carnés. Outre l’accélération de la détérioration des aliments périssables à cette époque, Phénix souligne aussi l’évolution des habitudes de consommation, rendant difficile la prévision de la demande et l’ajustement de l’offre dans les supermarchés, provoquant des déséquilibres générateurs de gaspillage. Des actions peuvent être menées: vente de fruits et légumes «moches», dons aux associations locales, sensibilisation des consommateurs, etc. En janvier, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi sur la prévention du gaspillage alimentaire, une première en Espagne, qui est en cours d’examen aux Cortes (Parlement). Selon les données du ministère de l’Agriculture, le pays a gaspillé 2,8 millions de tonnes de produits alimentaires en 2023.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.