Climat: les projets de Bruxelles pour la séquestration de carbone agricole
Selon un projet de communication sur les «cycles du carbone durable» que devrait dévoiler la Commission européenne le 14 décembre (et qu'Agra Europe s'est procuré), celle-ci souhaiterait que le secteur agricole participe au captage supplémentaire de 42 millions de tonnes d'équivalent CO2 d'ici à 2030. Parmi les actions mises en avant par Bruxelles pour y parvenir dans le domaine agricole: le reboisement; l’agroforesterie et autres formes d'agriculture mixte; l’utilisation de cultures dérobées, de cultures de couverture et d'un travail du sol de conservation; la conversion de terres en jachères ou en prairies permanentes; et la restauration des tourbières et des zones humides. Bruxelles doit présenter en 2022 une proposition législative sur la certification de l’élimination du carbone afin de permettre aux gestionnaires des terres de vendre des crédits carbone agricole à des acheteurs qui souhaitent réduire leur empreinte climatique. D'autres actions sont prévues, dont la création d’un groupe d’experts sur la séquestration du carbone pour partager les bonnes pratiques, ainsi que la réalisation d’une étude pour évaluer la possibilité d’appliquer le principe «pollueur-payeur» aux émissions provenant des activités agricoles.
PSN: les Régions connaissent leurs enveloppes respectives de Feader
À l'issue d'un Comité État-régions (CER) le 10 novembre, le gouvernement a validé la proposition qu'a faite l'association Régions de France de ventilation des aides européennes du Feader dont les Conseils régionaux auront la charge, les aides non surfaciques du second pilier (aides à l'installation, aides à l'investissement). La clé de répartition est essentiellement «historique», indique-t-on à Régions de France, c'est-à-dire qu'elle maintient la répartition actée sur la précédente programmation. Par ailleurs, elle suit peu ou prou le nombre d'exploitations par région. Alors que l'enveloppe globale (700 M€/an, en incluant les MAEC forfaitaires) est en augmentation de 10% par rapport à la précédente programmation, les Régions bénéficient chacune au minimum d'une augmentation de 1%, selon Régions de France. La région métropolitaine à bénéficier de la plus forte augmentation est l'Île-de-France, dont la dotation passe de 6 à 8 M€. Mais elle est encore la plus petite, derrière la Corse (9 M€). Les trois principales enveloppes vont à l'Auvergne-Rhône-Alpes (95 M€), à la Nouvelle-Aquitaine (81,42 M€) et à l'Occitanie (86,41 M€).
Viande in vitro: JBS met 100 M€ sur la table et veut construire une usine en Espagne
Le leader mondial de la viande JBS va «investir 100 millions de dollars (M$, NDLR) dans le business des protéines de culture au Brésil et en Espagne», annonce-t-il dans un communiqué le 18 novembre. Premier volet de ce plan d'investissement: la prise de contrôle de BioTech Foods, une start-up hispanique de viande in vitro, en tant qu'«actionnaire majoritaire». Dotée d'un site pilote à San Sebastián (Pays basque), cette entreprise «espère atteindre la production commerciale mi-2024 avec la construction [d'une] nouvelle usine». Via ce premier volet, JBS investira 41 M$ pour produire des plats préparés (hamburgers, «steaks», «saucisses», boulettes, etc.). «La technologie a le potentiel non seulement pour la production de protéines bovines, mais poulets, porc et poisson», précise le groupe. Cette acquisition doit être soumise notamment à l'approbation de l'autorité espagnole des investissements étrangers. Deuxième volet du plan de JBS: un centre de recherche situé au Brésil sera «inauguré en 2022». Il accueillera 25 chercheurs et disposera d'une «usine de 10 000 m2». Le but? «Accélérer les économies d'échelle et réduire les coûts de production des protéines de culture».
Numérique: Bayer et Microsoft vont «co-développer» des services
Dans un communiqué paru le 17 novembre, le groupe allemand Bayer annonce la signature d'un «partenariat stratégique» avec le géant informatique américain Microsoft, en vue de «co-développer» des «infrastructures» numériques à destination du secteur agricole et agroalimentaire. Il s'agira notamment de créer des outils - mieux adaptés au secteur - de gestion et traitement des données, par exemple d'images satellites, illustre un responsable du numérique chez Bayer, auprès du média américain AgFunder. Ces outils seront commercialisés à destination des entreprises du secteur - start-up ou grands groupes -, précise le communiqué. Les activités visées par ces services vont de «l'exploitation agricole au sourcing de matière premières durables, en passant par l'amélioration de la transformation et de la logistique, ou le pilotage de la politique de RSE». Bayer s'était distinguée en 2013 dans le monde du numérique agricole en rachetant pour 1,1 Mrd$ la start-up Climate Corporation, dont la solution FieldView est aujourd'hui utilisée sur 72 Mha dans le monde, selon Agfunder.
Grandes cultures: la Commission européenne autorise le rachat de Soufflet par InVivo
La Commission européenne a donné son feu vert, le 22 novembre dans le cadre d’une procédure normale d'examen des concentrations, au rachat de Soufflet par l’union InVivo. A l’issue de leur enquête, les services de la concurrence de Bruxelles ont conclu que l’opération ne soulèverait pas de problème de concurrence, en raison du nombre suffisant de concurrents alternatifs qui resteront sur le marché et de l’absence de changements suffisamment spécifiques résultant de la transaction. La Commission européenne s’est en particulier penchée sur l’impact possible du rapprochement entre les deux entreprises sur les marchés agricoles en France, où leurs activités se concentrent dans les domaines de la collecte et la commercialisation de céréales, ainsi que la distribution d’agrofournitures. InVivo, premier groupe coopératif agricole français, avait annoncé au mois de mai la signature d’un accord de reprise du groupe Soufflet après quelques mois de négociations.
Arrêté abeilles: la liste des cultures non concernées mise en consultation
Le ministère de l’Agriculture a mis en consultation publique le 21 novembre la liste des cultures qui ne seront pas concernées par l’arrêté «abeilles» révisé. Dans cette liste figurent le blé, l’orge, l’avoine, le soja, les lentilles, les pois protéagineux et fourragers, ainsi que le riz, le ray-grass et le triticale. La vigne est la seule culture pérenne échappant également aux dispositions de l’arrêté. À partir du 1er janvier 2022, les agriculteurs pourront donc toujours épandre des produits phytosanitaires sur ces cultures de jour, même lorsqu’elles sont en fleurs. «Par défaut, toutes les cultures qui ne sont pas mentionnées dans cette liste sont considérées comme attractives et sont soumises aux dispositions de l’arrêté», précise le ministère dans un communiqué. La consultation se terminera le 12 décembre.
Lait: décès du président du Cnaol Michel Lacoste
Président du Cnaol (AOP laitières), administrateur de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) et du Cniel (interprofession), l'éleveur cantalien Michel Lacoste est décédé le 21 novembre, rapportent les trois organisations dans un communiqué. «Michel a toujours été un homme de conviction, un syndicaliste, un collègue, un ami qui s’est battu depuis ses jeunes années au sein de JA pour défendre le monde agricole solidaire auquel il croyait», déclarent le Cnaol, la FNPL et le Cniel.
Pomme de terre: un rebond des prix demandé pour 2022-2023 (producteurs)
Une revalorisation des contrats de pomme de terre est nécessaire l’an prochain, face à la hausse des coûts de production, a estimé le 19 novembre le groupement des producteurs de pommes de terre du nord-ouest européen (NEPG). Les prix contractualisés pour 2022-23 doivent augmenter «d'au moins 30 à 40 €/t», sans quoi une baisse des surfaces est à prévoir, d’après un communiqué. Cette année, les contrats ont baissé de 5 à 20 €/t en fonction du type de pommes de terre et du pays de production, indique l’organisation. Le NEPG souligne des coûts de production déjà en forte hausse côté carburant, électricité, avec aussi une «énorme pression du mildiou» responsable en 2021 de grosses dépenses en phytos. Le renchérissement des engrais de «plus de 50% pour la potasse, et de 200 à 300% pour l'azote» jouera sur la récolte 2022. Pour ce qui est du bilan 2021, le NEPG parle d’«une récolte moyenne à bonne» dans sa zone (Belgique, Allemagne, France, Pays-Bas), à 22,7 Mt (-3,4%). «Cette baisse [de production], associée à la reprise de la plupart des flux d'exportation de produits transformés, conduit à un certain équilibre entre l'offre et la demande actuelles», selon le communiqué.
Prédateurs: un chasseur blessé par un ours en Ariège
Un chasseur de 70 ans a été secouru par les gendarmes le 20 novembre après-midi en vallée d’Estours (Ariège) après avoir été gravement blessé par une ourse, indique un communiqué de la préfecture. Gravement touché à la jambe, l’homme «effectuait une battue aux sangliers», et «aurait rencontré une ours femelle accompagnée de ses deux oursons», détaillent les autorités. Une carcasse d’ours a été repérée en contrebas du lieu où se trouvait la victime. «Il s’agit du premier blessé dû à l’ours en France depuis de nombreuses décennies», déplore l’association Ferus dans un communiqué le 21 novembre. L’ONG rappelle cependant que «des règles doivent être respectées pour la chasse en battue en zone à ours», et que «deux oursons orphelins nécessitent maintenant la mise en place d’un suivi». Selon la préfecture, une enquête judiciaire a été ouverte pour comprendre les circonstances de l’accident. L'événement pourrait accélérer la nomination d'un préfet coordonnateur dédié à l'ours sur laquelle le ministère de la Transition écologique travaillait «depuis quelque temps», alors que le dossier est aujourd'hui géré par le préfet coordonnateur du massif des Pyrénées.
Foncier: les JA se mobilisent jeudi 25 novembre à Paris
Les Jeunes Agriculteurs vont mener une action pour «sensibiliser à la perte du foncier agricole» jeudi 25 novembre à la gare Saint-Lazare, à Paris, annonce le syndicat le 22 novembre. Les JA distribueront «1000 baguettes aux Franciliens, soit l'équivalent d'une minute de perte de foncier». «Du foncier agricole en moins, c'est du pain perdu», martèle le syndicat, qui prévoit aussi des actions «dans d'autres villes de France». Et de rappeler «qu'un hectare permet de produire en moyenne 25 000 baguettes par an». D'après JA, qui cite les chiffres de la FNSafer, 22 900 hectares de terres agricoles ont perdus en 2019. La loi Climat adoptée en juillet fixe un objectif de zéro artificialisation nette d’ici 2050. Cet objectif s'appliquera à l’échelle régionale par les Sdraddet, qui pourront le décliner de manière différenciée sur le territoire, avec un premier objectif de division par deux de l’artificialisation sur la première décennie.
Phytos: la hausse des ventes en 2020 est confirmée (association)
Le Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) d’Ecophyto, qui s’est tenu le 22 novembre, montre une hausse de 23% des ventes de pesticides entre 2019 et 2020, selon un communiqué de Générations futures. Cela confirme le chiffre d’évolution publié le 30 juillet par le gouvernement, qui soulignait alors leur «diminution tendancielle», le rebond de 2020 étant attribuée au déstockage des agriculteurs l’année précédente. Les ventes de phytos connaissent une «augmentation de 23% entre 2019 et 2020 de la QSA (quantité de substances actives, NDLR) qui est à 45 489 tonnes hors produits de biocontrôle et UAB» (utilisables en agriculture biologique), indique Générations futures. S’agissant du glyphosate, elles atteignent 8668 t (contre 6093 t en 2019), d’après le communiqué. L’exécutif liait le 30 juillet cette autre hausse à l’annonce par le gouvernement de restrictions d’usage. Générations futures, qui relève par ailleurs l’absence des ministres au COS d’Ecophyto, dénonce un «manque d’ambition et de portage politique» concernant ce plan de réduction des pesticides.
Néonicotinoides: Belgique, France et Allemagne, plus gros exportateurs de l’UE
Sur les 4900 tonnes de néonicotinoïdes exportés par l’UE entre le 1er septembre et le 1er décembre 2020, la Belgique, la France et l’Allemagne seraient les trois principales origines, affirme une enquête publiée par Greenpeace UK et l’association suisse Public le 18 novembre. Avec un volume de 3400 tonnes, Syngenta serait le principal fabricant, suivi de loin par Bayer, BASF et Nufarm. Interrogés par les associations, les gouvernements français et belges ont rappelé leur soutien à une interdiction de l’ensemble des exportations des néonicotinoïdes en Europe, comme prévu par la loi Egalim. Mais d’autres États, «comprenant l’Allemagne et la Hongrie, ont refusé de dire si ils appuieraient ou non ce type de mesure». Comme le rappellent les ONG, la Commission s’est engagée fin 2020 par un document stratégique à mettre fin aux exports de molécules interdites, mais aucune mesure réglementaire n’est envisagée avant 2023. Cependant, les exports de néonicotinoïdes sont soumis depuis le premier septembre 2020 à la convention de Rotterdam (Nations unies), qui oblige les États membres à signaler aux pays importateurs tout envoi de pesticides interdits dans ses propres exploitations agricoles.
Un laboratoire développe un «blanc d’œuf» à base de protéines de pommes de terre
Scinnov, un laboratoire de R&D alimentaire, situé à Malakoff, près de Paris, a présenté le 18 novembre une de ses innovations, pour la développer auprès des professionnels qui cherchent à «réduire leur impact environnemental»: un équivalent de blanc d’œuf à partir de protéines de pommes de terre. Sa fondatrice, Anne Cazor, a indiqué que la pomme de terre contient certaines protéines qui ont la propriété assez rare d’être «à la fois gélifiantes et moussantes, proches de celles du blanc d’œuf, et qui peuvent ainsi entrer dans la composition des gâteaux ou des mousses». Ce produit mis au point par Scinnov, et baptisé Yumgo blanc, a pour avantage recherché d’être un produit végétal qui remplace un produit d’origine animale, et qui est issu d’une matière première produite en abondance, la pomme de terre. Lors de cette présentation, Anne Cazor a aussi fait déguster un biscuit produit contenant 25% de drèches de brasserie, un co-produit de la transformation d’orge en malt, riche en protéines et utilisé notamment en élevage bovin.