Agrafil du 21 septembre 2023

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Glyphosate: la Commission européenne propose un renouvellement pour 10 ans

La Commission européenne propose le renouvellement du glyphosate dans l’UE pour une durée de 10 ans (contre 15 ans généralement pour les produits phytosanitaires). Le projet de règlement publié le 20 septembre sera officiellement présenté aux Etats membres lors d’une réunion d’experts le 22 septembre puis un vote sera organisé le 13 octobre. Si aucune majorité qualifiée (pour ou contre) ne se dégage, un second scrutin, en comité d’appel, sera nécessaire (un plus tard environ). Une décision doit être prise avant le 15 décembre, date d’expiration de la licence actuelle du glyphosate qui avait été accordée pour 5 ans seulement en 2017 (puis prolongée d’une année à cause du retard pris par la procédure d’évaluation des risues). Lors des discussions qui vont avoir lieu dans les prochaines semaines, le texte pourrait être appelé à évoluer. En annexe de son projet de règlement, Bruxelles prévoit une douzaine de conditions d’utilisation spécifiques dont l’interdiction de la dessication (maturation accélérée des plantes), l’obligation de bandes tampons de 5 à 10 mètres en bord de champ ou encore pour les Etats membres d’imposer des mesures pour limiter l’exposition des petits mammifères herbivores si nécessaire. Mais elle leur laisse beaucoup de marges de manœuvre pour mettre en place concrètement ces mesures d’atténuation des risques.

Glyphosate: la France espère une amélioration de la proposition de Bruxelles

Le ministère de l'Agriculture regrette, dans une réaction à la proposition de renouvellement de l’autorisation européenne du glyphosate, certains des choix faits par la Commission européenne. Sa principale critique porte sur les méthodes alternatives qui devraient, selon la France, être rendues plus contraignantes. Bruxelles suggère en effet dans son projet de règlement que les Etats membres «peuvent» fixer des conditions ou des restrictions d'utilisation s'il existe d'autres méthodes pratiques de contrôle ou de prévention des adventices ayant moins d'impact sur la biodiversité que le glyphosate, tout en tenant compte de leurs conditions agro-environnementales locales. Mais pour Paris, lorsque ces méthodes alternatives seront disponibles leur déploiement devrait être «harmonisé au niveau européen» et non pas laissé au bon vouloir de chacun. La France demande également, afin de répondre aux interrogations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur certaines lacunes dans les données, à la Commission européenne d’accélérer la mise au point de méthodes d’évaluation des risques pour la biodiversité.

Phytos : la Coopération agricole Métiers du grain demande la fin de la séparation vente/conseil

À l’occasion d’une conférence de presse le 20 septembre, le président de la Coopération agricole Métiers du grain Antoine Hacard a demandé que le conseil de préconisation des produits phytosanitaires soit de nouveau autorisé. «Les coopératives agricoles françaises assument de conseiller, dans le respect de la loi française, au niveau de l’approche globale de l’exploitation agricole. Mais nous perdons en cohérence en n’étant pas autorisés à fournir un conseil de préconisation de produits de santé du végétal». Et d’ajouter que leurs adhérents leur «demandent aujourd’hui ce service»: «Nos coopératives sont fondées sur deux piliers: la collecte des céréales et l’approvisionnement des exploitations en produits phytosanitaires et en conseil. Le rôle d’une coopérative est de s’adapter aux besoins de ses adhérents et pas l’inverse». Prévue par la loi Egalim de 2021, la séparation de la vente et du conseil des produits phytosanitaires a été qualifiée «d’échec» par un groupe de suivi parlementaire en juillet. Dans ses conclusions, ce dernier recommandait d’abandonner «l’hypocrisie de la séparation capitalistique» au profit d’une séparation opérationnelle. L’objectif étant notamment de sortir de «l’insécurité juridique», née de cette réforme.

Ukraine: la Pologne pourrait étendre l'interdiction d'importation à d'autres produits

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a averti le 20 septembre qu'il élargirait la liste des produits ukrainiens interdits d'importation si Kiev devait intensifier leur conflit sur un embargo sur les céréales. Cet avertissement a été lancé après que le vice-ministre ukrainien du Commerce, Taras Kachka, ait déclaré au quotidien polonais Rzeczpospolita que son pays interdirait les produits polonais dans les prochains jours. «Je préviens les autorités ukrainiennes. Parce que s'ils veulent intensifier le conflit comme ça, nous interdirons d'importation (en Pologne) des produits supplémentaires», a déclaré M. Morawiecki à la télévision Polsat News. L'annonce par Bruxelles le 15 septembre de la fin de l'interdiction d'importer des céréales ukrainiennes, décision prise en mai par cinq États de l'UE, a enflammé les esprits, provoquant des embargos unilatéraux auxquels Kiev a répliqué lundi en annonçant porter plainte devant l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) contre trois voisins, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie. Un porte-parole du gouvernement polonais a assuré le même jour que son pays maintiendra son embargo sur les céréales ukrainiennes, malgré cette plainte.

Inflation alimentaire: les distributeurs doutent de l'efficacité de l'avancée des négociations

Auditionnés à l’Assemblée nationale en prévision du projet de loi (PJL) sur l’inflation, le 20 septembre, des représentants de l’industrie et de la grande distribution s’accordent sur un point: l'avancement de la date de fin des négociations annuelles pour les grands industriels ne rimera pas forcément avec une baisse globale des prix en rayon pour les consommateurs. Le président-directeur général de Système U, Dominique Schelcher, juge la mesure proposée par le gouvernement «très intéressante», excepté que les premiers courriers reçus par l’enseigne «sont des demandes de tarifs à la hausse». «Les échanges que nous avons avec certaines multinationales nous font penser que les tarifs seront à la hausse», confirme Thierry Cotillard, président des Mousquetaires. «L’inflation est encore là», a déclaré le président de la commission «Commerce industrie» de l’Ania, Miloud Benaouda (Barilla). «Si certaines matières premières ont baissé: les huiles, les céréales (…). D’autres matières premières ont flambé: le sucre, le porc, le riz, les lentilles, les tomates», abonde le président de l’Adepale, Jérôme Foucault (Cofigeo). Outre les aliments, les transformateurs mettent en avant une hausse des autres postes de dépense (énergies, emballages, salaires, investissements, etc.).

Algues vertes en Bretagne : l'État fait appel du jugement du tribunal de Rennes

D'après un communiqué du préfet de la région Bretagne, l’État a décidé de faire appel du jugement du tribunal administratif de Rennes du 18 juillet, qui lui avait fixé un délai de quatre mois pour renforcer la lutte contre les algues vertes en Bretagne. Le préfet considère «que l’arrêté pris en 2021 renforçait de façon équilibrée les mesures s’appliquant dans les baies algues vertes». Il fait également appel d'un autre jugement portant plus particulièrement sur la baie de Saint-Brieuc. Par sa décision, le tribunal enjoignait «au préfet de la région Bretagne de compléter le 6e programme d’actions régional » (Par) contre les algues vertes dans un délai de quatre mois. Dans ce délai de quatre mois, l’État devait agir «par l’adoption de mesures d’application immédiate, contrôlées dans leur exécution, de limitation de la fertilisation azotée et de gestion adaptée des terres agricoles». La préfecture rappelle qu'elle travaille actuellement à l'élaboration d'un 7e programme d'action, dont les démarches de consultation officielles du public «débuteront prochainement».

Champagne: la préfecture de la Marne ferme des hébergements collectifs jugés insalubres

La préfecture de la Marne a ordonné la fermeture d'hébergements collectifs de vendangeurs à Nesle-le-Repons (Marne) occupés par des salariés étrangers qui vivaient dans des conditions jugées «insalubres» et «indignes», selon l'arrêté consulté le 19 septembre par l'AFP, confirmant une information de France Bleu. La préfecture s'appuie sur un rapport réalisé par l'inspection du travail après un contrôle effectué le 14 septembre soulignant la présence «d'au moins 60 couchages». Puis liste: les «literies de fortune», «l'état de vétusté», le «délabrement», l'«insalubrité», l'«absence de nettoyage», «l'état répugnant des toilettes, sanitaires et lieux communs». Elle note également l'existence «d'un risque électrique». Ces logements présentent pour la préfecture «un risque pour la sécurité de leurs occupants», tant qu'il n'aura pas été remédié «aux désordres sanitaires» et à l'état «d'insalubrité et d'indignité des logements». Ces hébergements sont occupés «par les salariés étrangers, provenant dans leur grande majorité d'Afrique de l'Ouest (Guinée, Mali, Mauritanie et Sénégal)», note la préfecture, et sont employés par une entreprise ayant pour activité "notamment l'activité de prestation viticole».

Grandes cultures: les producteurs bio vont «prendre un coup de massue» en 2024 (Fnab)

Les aides d’urgence pour la bio qui atteignent en tout 70 millions d’euros en 2023 ne suffiront pas à soutenir les producteurs de grandes cultures, prévient le président de la Fnab (producteurs bio) Philippe Camburet le 20 septembre. Interrogé sur le salon Tech&Bio à Bourg-lès-Valence, il a affirmé que les grandes cultures bio vont «prendre un coup de massue» car «comme le lait et les œufs il y a un an, c’est cette année que l’impact sur les prix sera le plus fort». «La récolte 2023 va, en gros, rester dans les fermes, elle ne va pas trouver de débouchés (…) car il n’y a pas d’acheteurs, la restauration collective ne décolle pas, la consommation grand public ne décolle pas non plus et l’export est chargé», explique-t-il. Dans un communiqué envoyé le même jour la Fnab citant un travail de prospective d’Arvalis, indique que la perte de revenu pour la filière blé tendre pourrait aller «jusqu’à 60 millions d’euros» (sur la base d’une perte moyenne de 100 à 150 euros la tonne). «Si on extrapole aux grandes cultures, cela représente une perte de 100 à 150 millions d’euros en 2023», a précisé la déléguée générale de la Fnab Sophia Majnoni d’Intignano

Bio: au salon Tech&bio, coopératives et Agence bio demandent une relance de la demande

«L’agriculture biologique, c’est la ferme expérimentale grandeur nature de la ferme France pour ce que devra être l’agriculture de demain et donc on n’a pas le droit de [la] laisser tomber comme on est plus ou moins en train de le faire aujourd’hui», a déclaré le président de l’Agence bio Loïc Guines le 20 septembre sur le salon Tech&Bio dans la Drôme. Pour sortir de la crise du marché bio il faut avant tout «relancer la consommation», a martelé M. Guines, à l’occasion de la présentation d’un barème sur le moral des agriculteurs. Un constat partagé par La coopération agricole (LCA) qui plaide notamment pour «relancer tous les débouchés, en particulier la restauration collective». «L’un des enjeux de demain, c’est vraiment de réconcilier d’un côté la ressource (la production, NDLR) et de l’autre côté la consommation et les débouchés» a déclaré Sébastien Courtois, administrateur référent Bio en Auvergne-Rhône-Alpes. Pour Loïc Guines, il est urgent d’appliquer Egalim «à plusieurs étages»: en restauration collective, dans les ministères et dans les collectivités territoriales. Il estime aussi qu’il faut plus d’argent public pour financer la campagne de communication BioRéflexes, conçue pour inciter les Français à consommer bio.

Bio: des agriculteurs «optimistes» mais en demande de soutien (sondage)

L’Agence bio a présenté son premier baromètre du moral des agricultrices et agriculteurs bio au salon Tech&bio à Bourg-lès-Valence (Drôme), le 20 septembre. Avec un taux de réponse «énorme» de 20% sur 60 000 producteurs interrogés, le baromètre fait apparaître «à la fois l’optimisme des agriculteurs bio mais leur appel à ce que le collectif s’engage pour eux parce que eux se sentent au service du collectif», a résumé la directrice Laure Verdeau en conférence de presse. Dans le détail, 86% des répondants affirment qu’être en bio «contribue à leur bonheur». Les principaux facteurs de motivation favorisant l’engagement en bio sont le fait de prendre soin de l’environnement (85% des répondants) et de préserver la santé (77%). En revanche, la moitié des répondants dénonce «la faiblesse de plus-values sur une ou toutes les productions»; 43% regrette la suppression des aides au maintien; et 38% s’inquiète de «l’alourdissement et l’augmentation des dépenses liées à la production et la main d’œuvre».

Bio: l’Occitanie lance un nouveau plan, avec un objectif de 25% de surfaces en 2027

Le conseil régional d’Occitanie a lancé le 18 septembre son second plan de développement de la bio, qui vise un objectif de «25% de surfaces agricoles régionales converties» en 2027 (contre 20% en 2022). Alors que la demande en produits bio s’est effondrée sur fond d’inflation, la région entend aussi doubler, à 12%, la part du bio dans la consommation alimentaire des ménages (toujours en 2027). L’exécutif régional compte s’appuyer notamment sur une «augmentation de la part du bio dans les cantines»: son opération «L’Occitanie dans mon assiette» prévoit ainsi de «porter à 75% la part de produits de qualité et locaux, dont 30% en bio, dans les repas servis aux lycéens, et sans surcoût pour les familles». Autre mesure: «l’accompagnement des projets d’investissements dans les exploitations et entreprises engagées en bio seront priorisés», et ils «pourront bénéficier d’une bonification d'aide de 10%». L’Occitanie est la première région bio de France en termes de surfaces (630 000 ha) et de nombre d’exploitations (13 000), et la troisième en pourcentage de surfaces (derrière Paca et la Corse). Son premier plan de développement baptisé Bi’O courait sur la période 2018-2022.

Bio: la Fnab demande des assouplissements sur les critères des 60M€ d’aides d’urgence

Le président de la Fnab (producteurs bio) Philippe Camburet a indiqué le 20 septembre, sur le salon Tech&Bio qui a débuté à Bourg-lès-Valence, avoir demandé plusieurs ajustements au ministère de l’Agriculture sur l’attribution de l’enveloppe des 60 millions d’euros d’aides d’urgence annoncée le 17 mai. Le réseau de producteurs requiert un assouplissement sur le critère de dégradation de trésorerie d’au moins 20% en 2022-2023. «On demande que l’analyse comptable des chiffres des exploitations prenne en compte les apport personnels qui ont réussi à soutenir les trésoreries – en gros, les perfusions que les producteurs ont pris d’eux-mêmes sur leur fonds propres pour soutenir leur trésorerie», a indiqué Philippe Camburet. La Fnab demande aussi que soient acceptés, dans les dossiers de demande de l’aide, les justificatifs comptables obtenus après clôture de l’exercice vu «le temps de latence» des démarches qui peuvent prendre «deux, trois, quatre, cinq, six mois». «Il faut au moins qu’on ait la possibilité de prendre en compte tous les documents qui vont arriver, pour toutes les clôtures possibles, jusqu’au 29 septembre». Le 29 septembre est en effet la date butoir pour le dépôt des dossiers auprès de FranceAgriMer.

Loup: en Espagne, les éleveurs s'inquiètent d'une forte hausse des attaques

Les éleveurs espagnols ont tiré le 20 septembre la sonnette d'alarme face à la hausse des attaques de loup sur leurs troupeaux, demandant au gouvernement de revenir sur l'interdiction de la chasse de cette espèce protégée, en vigueur depuis 2021. Selon le syndicat agricole Coag, qui dit se baser sur des données communiquées par les régions espagnoles comptant le plus grand nombre de loups, 12.898 attaques ont été recensées en 2022 contre 10.560 en 2021, soit une hausse de 19% en un an. On recense ainsi désormais en moyenne «35 attaques de loups chaque jour en Espagne», souligne le Coag, qui attribue cette augmentation à la réforme introduite en septembre 2021 par le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. Jusqu'alors, les régions du nord de l'Espagne traitaient le loup comme une espèce cynégétique, ce qui permettait d'en abattre un certain pourcentage. Mais pour unifier les règles, sa chasse a été interdite dans tout le pays, comme c'est le cas en France ou en Italie. L'objectif est de "garantir la coexistence entre les éleveurs et les loups", avait expliqué à l'époque la ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, en disant s'appuyer sur les recommandations des scientifiques.

Statut du loup: pas de «différence substantielle» entre les annexes IV et V (CGAAER)

Dans un rapport paru le 20 septembre, évaluant les politiques de gestion du loup dans d'autres pays, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) estime que le classement de l'espèce en annexe V (statut de protection simple) de la directive Habitats n'apporte pas «de différence substantielle concernant les mesures d’intervention» par rapport au classement en annexe VI (statut de protection stricte) qui est en vigueur en France et dans la plupart de l'UE. «Dans les deux cas, expliquent les auteurs, le loup est une espèce protégée et l’absence du mot "strictement" pour l’annexe V ne change, en pratique, que le nom de ces mesures», concluent-ils. Deux pays européens ont été étudiés, qui utilisent déjà l'annexe V: l'Espagne (au nord du fleuve Douro) et la Slovaquie. En Espagne, le taux de prélèvement autorisé était «sensiblement moindre» (10%) qu’en France». La chasse y a été autorisée puis interdite. En Slovaquie, le quota annuel de chasse est passé de 157 en 2010 à 35 loups en 2019, «sous la pression de la Commission européenne», en vertu de l'Annexe V. La Commission a annoncé le 4 septembre qu’elle était prête à présenter une proposition visant notamment «à modifier le statut de protection du loup au sein de l'UE». Le Parlement européen avait adopté au mois de novembre 2022 une résolution dans laquelle il plaidait pour un changement du statut.

Miel: l'Australie renonce à éradiquer le Varroa et appelle les apiculteurs à vivre avec

L'Australie a renoncé le 20 septembre à éradiquer un parasite dévastateur, le Varroa, à l'origine de la disparition des abeilles à travers  a planète. Espérant empêcher la propagation de cet acarien à travers l'immense île-continent, les autorités ont détruit plus de 14.000 ruches contaminées par ce minuscule parasite originaire d'Asie. Sa présence avait été détectée pour la première fois au nord de Sydney en juin 2022. Le gouvernement a admis le 20 septembre que son plan d'éradication de 64 millions de dollars (60 millions d'euros) n'a pas permis d'empêcher la propagation de ce parasite et a appelé les apiculteurs à se préparer à vivre avec. «Le récent pic de nouvelles contaminations montre clairement que le Varroa est présent depuis plus longtemps qu'on ne le pensait et qu'il est plus répandu», ont déclaré les autorités dans un communiqué. Selon le gouvernement australien, cet acarien représente le «fléau» le plus important pour les abeilles à miel à travers la planète. Selon l'écologiste Saul Cunningham, de l'université nationale australienne, cet acarien aura d'importantes conséquences économiques sur l'agriculture, et il est donc vital que nous nous concentrions sur la manière de nous adapter à Varroa", a déclaré M. Cunningham.

Agrumes : une récolte espagnole 2023/2024 encore grevée par le sec et le chaud (ministère)

L’Espagne devrait produire 5,75 millions de tonnes d’agrumes pour la campagne 2023/2024 (débutée le 1er septembre) selon le ministère espagnol de l'Agriculture. La récolte est stable par rapport à la précédente (+0,4%) mais inférieure de 14,4% sur la moyenne des cinq dernières années. La sécheresse et les conditions climatiques extrêmes ont été déterminantes cette année :  manque de disponibilité en eau, températures anormalement élevées pendant la floraison et la nouaison, restriction d’irrigation… L'orange, première production espagnole (45,9% du total), est annoncée en baisse avec 2,64 millions de tonnes (-8,2% par rapport à 2022-2023). La production du groupe «petits agrumes» (satsumas, clémentines, mandarines et hybrides) reste stable à 1,85 million de tonnes. En revanche, après une baisse de production la saison dernière, le citron devrait atteindre 1,16 million de tonnes (+28%), ce qui constituerait un record de volumes. Similairement, la récolte de pomelos devrait aussi être orientée à la hausse, avec une prévision de 79 582 tonnes (+2%). Cet agrume se maintient bien sur la moyenne des cinq dernières années (+2,4%), tout comme le citron  (+13%). Ce n’est pas le cas des autres : l’orange recule de 24%, le groupe «petits agrumes» de 12,7%.

Cerise : deux types d’abeilles valent mieux qu'une pour les rendements (étude)

Une étude menée par l'Université de Göteborg et publiée dans la revue Ecology and Evolution montrerait que, pour obtenir une récolte de cerises plus abondante, les arbres devraient être pollinisés à la fois par les abeilles domestiques (Apis mellifera) et les abeilles maçonnes (Osmia). En collaboration avec des collègues allemands de l'Université Martin Luther de Halle-Wittenberg, Julia Osterman, biologiste et auteur principal de l’étude, a observé des abeilles dans 17 vergers en Allemagne : des mellifères issues des ruches implantées dans ceux-ci, et des maçonnes (du matériel de nidification avait été installé). «Les abeilles mellifères et les abeilles maçonnes ont amélioré la nouaison des cerises, mais seulement lorsque les deux étaient présentes. Les vergers pourraient produire des cerises à partir de 70 % des fleurs. Dans les vergers avec uniquement des abeilles mellifères ou des abeilles maçonnes comme pollinisateurs, le taux pouvait descendre jusqu'à 20%», explique Julia Osterman. Et de conclure: «Pour améliorer les services de pollinisation, les agriculteurs devraient considérer les avantages de l’augmentation de la diversité des pollinisateurs comme un levier immédiat pour améliorer les rendements des cultures». Des résultats similaires auraient aussi été observés dans des vergers d’amandiers.

Agrivoltaïsme : un projet de décret encore à améliorer, considèrent JA et FNSEA

S’ils notent des progrès dans le nouveau projet de décret visant à encadrer l’agrivoltaïsme et le photovoltaïque au sol, JA et FNSEA attendent des améliorations. Les deux syndicats avaient critiqué un cadre trop flou pour l’installation solaire n’apportant pas de service à la parcelle. D’après la deuxième version du texte, le photovoltaïque au sol n’est permis «que sur des terres inexploitées depuis au moins dix ans ou sur des terres incultes désormais définies comme des terrains où il est impossible d’exercer une activité agricole», se réjouit la FNSEA. JA voit sur ce même point une évolution «dans le bon sens». L’installation «agrivoltaïque» doit quant à elle maintenir une activité principale agricole, et pour ce faire, le texte définit un taux d’emprise au sol. Cette couverture des panneaux «n’excède pas 30%» de la parcelle cultivée ou pâturée, salue JA, avec aussi 10% maximum de perte de surface exploitable. A ce propos, la FNSEA réclame «plus de tolérance car les marges d’erreur existent». JA attend d’autres améliorations: des garanties financières non pas facultatives mais obligatoires ; une décision non pas des préfets mais en CDPenaf pour la dispense de zone témoin ; des dispositions pour l’agrivoltaïsme excluant les jachères.

Erratum sur la baisse de la consommation de viande: le gouvernement anticipe mais ne vise pas

Contrairement à ce qui a été écrit par erreur dans l'Agrafil du 19 septembre, le gouvernement anticipe mais ne vise pas une «baisse tendancielle» des cheptels bovins de 12% d’ici 2030.