Salon de l'agriculture: visite présidentielle sans heurts ni grandes annonces
Contrairement à l'an passé, le président de la République a inauguré, ce matin, le Salon de l'agriculture, sans heurts, ni grandes annonces aux professionnels. Devant les journalistes, il a insisté sur la «nécessité de produire pour nourrir», tout en étant «conscient des obligations de santé humaine et d'écologie» ; il a exprimé son souhait de ne pas faire des agriculteurs «la variable d'ajustement du pouvoir d'achat et des accords commerciaux», rappelant sa position sur l'accord UE/Mercosur. Interrogé sur sa promesse de «prix plancher» de l'an passé, il a rappelé les travaux en cours autour de la loi Egalim 4, et plaidé pour que l'on «ne puisse pas vendre des produits en dessous de leur coût de production et donc qu'on ne les vende pas à perte pour le producteur». Arrivé en retard aux réunions bilatérales qu'il a tenues ce matin avec les syndicats agricoles et la ministre de l'Agriculture, Emmanuel Macron n'a finalement pas rencontré toute l'équipe nationale de la Coordination rurale. Deux élus nationaux se sont éclipsés, qui ont été remplacés à la dernière minute par trois élus du Gers et du Lot-et-Garonne, et la présidente, Véronique Le Floc'h n'a pas participé qu'au début de l'entrevue.
Salon de l'agriculture: la CR du Sud-ouest en face à face avec le président Macron
Est-ce en raison du retard pris par le président de la République, ou seulement à leur demande auprès de leurs représentants nationaux ? Toujours est-il que trois élus de la Coordination rurale du Sud-Ouest, région où le syndicat a effectué une percée lors des élections au chambres d'agriculture, ont pu rencontrer Emmanuel Macron et la ministre de l'Agriculture, ce 22 février au Salon de l'agriculture, remplaçant au pied levé des élus nationaux du syndicat, qui ont indiqué avoir été pris par d'autres engagements. Bloqués pendant plusieurs minutes à l'extérieur des halls, les trois élus du Gers et du Lot-et-Garonne ont même pu discuter de longues minutes en tête à tête avec l'Exécutif, Véronique Le Floc'h s'éclipsant rapidement du rendez-vous. «Nous avons dit qu'il n'y avait rien dans la loi d'orientation agricole, et que la plupart des agriculteurs de nos départements ne pourront bénéficier des prêts garantis par l'Etat, car cela fait trois ans que nous subissent des rendements très bas», rapporte Lionel Candelon, président de la CR32 (Gers), qui fait partie des trois élus présents. «Nous avons fait part de la situation de notre département. Un quart des exploitations sont en grandes difficultés, il y a beaucoup d'impayés.» En interne, Lionel Candelon estime que les départements du Sud-Ouest devront trouver une place plus grande au sein des instances nationales, à l'issue du congrès électif qui doit se tenir en fin d'année.
Syndicalisme: la Conf' à l'écart des réunions intersyndicales, jusqu'à fin mars
A l'occasion de son entretien avec le président de la République et la ministre de l'Agriculture, le 22 février, les deux représentantes de la Confédération paysanne ont indiqué que leur syndicat ne participera pas demain à un déjeuner organisé par le ministère de l'Agriculture, auquel sont invités les principaux syndicats agricoles. «Nous continuons les discussions avec la ministre et ses équipes, mais nous boycottons ce moment, et les autres formats en inter-syndicats, tant que les cessions d'installations des chambres d'agriculture, y compris celle de l'APCA (instance nationale, NDLR)», prévue fin mars, n'auront pas eu lieu». La raison: «les agriculteurs ont très mal pris les déclarations récentes de la ministre, qu'il s'agisse de son avis de sagesse sur l'Agence bio, ou sur les néonicotinoïdes», explique la porte-parole Laurence Marandola. En dix minutes de rendez-vous, le syndicat a évoqué quelques points avec l'exécutif : la situation «dégradée des agriculteurs» depuis un an, la promesse d'Emmanuel Macron des «prix plancher» ; et la Pac. Concernant les relations commerciales, la Confédération paysanne a mis en avant sa proposition que, dans le cadre de la réforme en cours de la directive européenne sur la Pratiques commerciales déloyales, soit inscrite sur la «liste noire» des pratiques illégales, le non-respect des coûts de production.
Salon de l'agriculture: les demandes de la FNSEA et des JA à Emmanuel Macron
A l'occasion de son entretien avec le président de la République et la ministre de l'Agriculture le 22 février au Salon de l'agriculture, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a exprimé le «sentiment partagé sur le terrain» que même si le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 a été adopté, il n'y avait pas encore de «concret» dans beaucoup d'exploitations. Et d'évoquer les effets à retardement de plusieurs mesures fiscales, comme celles portant sur la taxe sur le foncier non bâti ou encore les bovins viande. La FNSEA a par ailleurs évoqué les accords commerciaux avec le Mercosur, l'Ukraine et le cas des engrais russes. Lors de l'entretien avec les Jeunes agriculteurs (JA), leur secrétaire général Quentin le Guillous a «salué» le travail du gouvernement sur la loi d'orientation, même si le syndicat reste sur sa faim concernant l'aide aux cédants et l'incitation à la transmission. «Cette loi, c'est le commencement, les fondations. Il reste à construire le toit avec la la proposition de loi Duplom sur les Entraves, le projet de loi Egalim et le foncier». Concernant les relations commerciales, le secrétaire général a poussé pour que d'autres filières soient intégrées aux dispositifs Egalim tels que l'arboriculture, notamment la pomme et la poire. Quentin le Guillous a par ailleurs demandé que l'agriculture puisse bénéficie des fonds publics récemment annoncé en faveur de l'intelligence artificielle.
Chambres d'agriculture: la Lozère échoit finalement à la liste FNSEA/JA
Surprise en Lozère où la Coordination rurale avait remporté les élections aux chambres d'agriculture à 12 voix près : lors de la session d’installation de la chambre d’agriculture, le 20 février, c'est finalement la tête de liste FNSEA/JA, et présidente sortante, Christine Valentin, qui a été réélue, rapporte la presse régionale. «Après trois tours», les deux listes étaient toujours à égalité, rapporte France Bleu. Et c'est finalement la règle de l'âge de la personne en tête de liste qui a prévalu: «Or, Christine Valentin, tête de liste FDSEA-JA est plus âgée que Christophe Velay, de la liste Coordination rurale. Elle est née en 1968, lui en 1974, soit six ans d'écart». Un cas de figure similaire s'est présenté le même jour dans les Ardennes, où la Coordination rurale était arrivée en tête. Dans ce département, c'est la CR qui l'a emporté. «Jean-Baptiste Bourin, 43 ans, est plus âgé que Renaud Chatry, 36 ans», rapporte France Bleu. En Charente-Maritime, c'est un représentant FNSEA qui a pris la tête de la chambre interdépartementale d’agriculture des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime, le 21 février. Dans ce région, la liste de la Coordination rurale avait remporté le scrutin de Charente-Maritime d’une courte avance, et perdu celle des Deux-Sèvres face à la liste FNSEA/JA.
Ovosexage : les éleveurs de la CFA suspendent le blocage des livraisons
Dans un communiqué paru le 22 février, les producteurs d'œufs de la CFA (FNSEA) annoncé qu'ils «suspendent» leur blocage des livraisons certaines enseignes de distribution, qu'ils avaient lancé en représailles de l’annulation d’une conclusion d’accord sur le financement de l'ovosexage qui devait avoir lieu sous l’égide du ministère le 20 février. La raison de cette lévée: «l'engagement de la distribution d'une participation durable au financement de l'ovosexage». La veille la FCD et la FCA (distributeurs) avaient demandé au gouvernement de mettre en oeuvre l'accord interprofessionnel de financement «de principe» trouvé en novembre dernier, et appelé les éleveurs à lever le boycott. A quelques jours de l’échéance, prolongée jusqu’à la fin février, du précédent accord interprofessionnel, les distributeurs se déclaraient en faveur de la solution consistant, selon nos informations, à faire supporter une part du coût de l’ovosexage (20% selon le CNPO en novembre) sur les circuits de la restauration, ce coût étant jusqu’alors supporté uniquement par la GMS. La FCD et la FCA demandent au gouvernement de «valider juridiquement» l’accord de novembre alors que celui-ci avait émis des doutes en janvier 2025 sur ce plan. Le communiqué des distributeurs rappelait qu’avant cet accord, le collège de la distribution avait demandé au ministère de proposer une solution de financement, ce qu’il n’a pas obtenu.
Etats-Unis: Macron tentera de convaincre Trump de renoncer aux hausses de tarifs
«Entre alliés, on ne peut pas faire souffrir l'autre avec des tarifs» douaniers, a déclaré Emmanuel Macron le 22 février au premier jour de l'ouverture du Salon de l'agriculture à Paris alors que Donald Trump menace d'imposer des droits de douane sur de multiples produits européens. «Je vais (lui) en parler parce qu'on a besoin d'apaiser tout ça», a relevé le président français qui doit rencontrer son homologue américain lundi à Washington. «La filière agricole et agroalimentaire (française), c'est une grande filière d'exportation, donc il faut la défendre pour la rendre encore plus compétitive», a-t-il ajouté. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a notamment annoncé la mise en place de droits de douane réciproques, c'est-à-dire que les États-Unis appliqueront le même niveau de droits de douane sur les produits en provenance d'un pays que le niveau appliqué dans ce pays aux produits américains. «Je suis déterminé sur tous les sujets pour avoir un échange» avec Donald Trump, a encore dit Emmanuel Macron. «On partagera nos accords, nos désaccords et j'espère surtout qu'on trouvera des solutions sur la question de l'Ukraine».
UE-Mercosur: le RN lance une campagne nationale contre l'accord
Le vice-président du Rassemblement national, Louis Aliot, a qualifié le 22 février de «catastrophique» le traité UE-Mercosur, alors que le RN lance une campagne nationale contre cet accord de libre-échange qui doit encore être ratifié par les pays européens. Dans une conférence de presse à Perpignan, M. Aliot, maire de cette ville, a dénoncé un accord entre l'Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur «qui va sortir au forceps dans une situation agricole française très difficile». «S'il y a d'autres mobilisations, on sera là au soutien de nos agriculteurs», a-t-il ajouté. «On ne pourrait être d'accord que s'il y avait une réciprocité dans les conditions de production. Vous pouvez ouvrir votre marché aux productions du monde entier, mais elles doivent respecter les mêmes normes», a-t-il encore déclaré. Concernant l'opposition du président Emmanuel Macron au traité tel qu'il a été signé le 6 décembre, le maire de Perpignan a affirmé: «Ils savent très bien que les agriculteurs sont vent debout, que l'opinion est vent debout, et que la signature sèche du traité du Mercosur sans l'accord des parties agricoles en France serait catastrophique pour tout le monde». «Si le président (Macron) et son gouvernement affirment rejeter cet accord, ils laissent pourtant son processus d'adoption se poursuivre à Bruxelles», écrit le RN dans un communiqué.
Contrôles: Macron appelle à «être respectueux avec les agents» de l'OFB
En visite au Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron a appelé le 22 février "tout le monde à être respectueux avec les agents» de l'Office français de la biodiversité (OFB), cible d'attaques récentes du monde agricole et politique, ajoutant vouloir «regarder en apaisant les choses» les sujets liés au port d'arme par cette police de l'environnement. «Je ne suis pas à l'aise avec la stigmatisation parce que les agents de l'OFB sont pour beaucoup des gens qui font bien leur travail et qui appliquent juste la loi», a ajouté le président dans les allées du Salon de l'agriculture, trois jours après un nouvel appel à la grève au sein de l'OFB, dont les contrôles concentrent les crispations au sein du monde agricole. Faute de réponse à ses revendications, l'intersyndicale de l'OFB, avait appelé le 19 février à «durcir le mouvement» et à une nouvelle grève le 25 mars, après celle inédite et fortement suivie fin janvier. «Un mois après l'entrevue à Matignon, nous ne pouvons que déplorer le total mépris avec lequel les agents de l'OFB sont traités ! En effet, nous n'avons reçu aucune réponse à nos revendications !», déplore l'intersyndicale dans un communiqué publié le 19 février,
Dégâts de gibier: enquête après l'abattage d'un cerf sur la propriété de Luc Besson
Une enquête préliminaire a été ouverte à la suite de l'intrusion le 20 février de chasseurs et de l'abattage d'un cerf sur la propriété du réalisateur Luc Besson située dans l'Orne, a-t-on appris le 22 février de la préfecture. «cette intrusion est irrégulière et il y a bien eu abattage de l'animal malgré les protestations de la propriétaire des lieux, la préfecture n'encourage pas cette pratique et ne la tolère pas», a déclaré la préfecture à l'AFP. «Il ne s'agit pas d'une battue administrative mais d'une action de chasse coordonnée à l'initiative de la société de chasse du massif de Saint-Evroult», a poursuivi le représentant de la préfecture, qui a précisé que l'on constate «de longue date» une «surpopulation» de cerfs dans ce massif forestier, provoquant «40% des dégâts agricoles» d'origine animale dans l'Orne. «Ce déséquilibre important porte atteinte à la biodiversité, la préfecture a donc missionné le président des louvetiers de France pour effectuer un audit et faire une proposition, en accord avec les chasseurs, les agriculteurs, et les propriétaires terriens, dont les représentants de M. Luc Besson», a dit la préfecture, «suite à ce rapport, la société de chasse a été chargée de cette régulation». C'est dans ce cadre qu'a été menée vendredi la chasse à courre qui a pénétré dans la propriété de Luc Besson, où se trouvait sa mère, qui a déposé plainte dans la journée.