Engrais/gazole : face à l'envolée des prix, l'Espagne débloque 877 M€ d’aides aux agriculteurs
Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars un paquet de 877 millions d'euros d’aides pour le gazole agricole, l'achat d'engrais et les navires de pêche en raison de l'envolée des coûts de l’énergie conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Pour le carburant agricole, il s'agit d’une subvention de 20 centimes par litre disponible jusqu’au 30 juin accordée dès le dépôt de la demande de remboursement de la taxe spéciale sur les hydrocarbures. Un budget de 52 M€ a été alloué à cette mesure. Autre disposition : une aide à l’achat d’engrais pour un montant total de 500 M€. « Une aide similaire avait déjà accordée après l’invasion russe de l’Ukraine, mais cette fois-ci, contrairement à la précédente, elle bénéficiera non seulement aux agriculteurs bénéficiant d’aides au titre de la Pac mais également à tous ceux inscrits au registre des exploitations agricoles », précise le ministère de l’Agriculture. Enfin, une aide facilitant l'accès à l’emprunt pour le secteur agroalimentaire et de la pêche est proposée. Un fonds de 225 M€ est alloué à des prêts, tandis que les 75 M€ restants sont destinés à couvrir les garanties de la Société nationale de garantie agricole requises pour l'obtention de ces prêts.
Charcuterie : les exportations en Asie du Sud-Est détournées du Moyen-Orient
Du fait du conflit au Moyen-Orient, de nouvelles conditions de fret s’imposent aux industriels de la charcuterie qui exportent leurs produits en Asie du sud-est, explique à Agra Presse Claire Géroudet, chargée de mission Export à la fédération Fict. En premier lieu, le transport des charcuteries dans les soutes des avions de ligne, qui transite couramment par le Qatar, pâtit de l’assèchement du trafic aérien dans le Golfe. L’alternative du fret maritime convient à peu de ces produits frais car le trajet dure alors au moins deux mois. Jusqu’à un mois doit être ajoutée à la durée du trajet si le bateau évite le canal de Suez. En second lieu, les exportateurs vont devoir faire face à l’augmentation du coût du fret, qu’il soit aérien ou maritime. Les effets de ces changements se mesureront à la durée du conflit. L’industrie française de la charcuterie de porc et de volaille réalise 10% de son chiffre d’affaires à l’export, dont 1,5 % au grand-export (hors UE et Royaume-Uni), selon la Fict. Le Japon, marché phare d’Asie du sud-est, présente des opportunités pour les produits porcins français, tant qu’il reste fermé aux produits d’Allemagne d’Italie et d’Espagne du fait de cas de peste porcine africaine.
Porc: les éleveurs britanniques et ONG réclament des normes à l’import sur fond de réforme
La NFU (agriculteurs anglais et gallois) se joint aux ONG pour réclamer des normes restrictives à l’importation, selon un article mis en ligne le 19 mars par le journal britannique Pig World. Le syndicat majoritaire avait lancé un appel conjoint la veille avec le WWF et l’association britannique RSCPA à l’occasion d’une rencontre des organisations avec les députés britanniques au sujet des accords commerciaux et des autorisations d’importer des produits moins encadrés que les productions domestiques sur les plans de la protection des animaux d’élevage et de l’environnement. Le président de la NFU Tom Bradshaw, cité dans l’article, relie cet enjeu à la consultation lancée par le ministère (Environnement, Alimentation et Affaires rurales) sur le renforcement des normes de bien-être animal, qui consiste dans le secteur porcin à éliminer les cages de mise bas conventionnelles et à interdire le CO2 pour l'étourdissement et l'abattage des porcs. « Dans un premier temps, nous demandons au gouvernement de mettre en place un groupe de travail, composé notamment d'experts externes, afin d'identifier les normes fondamentales prioritaires et d'étudier leur faisabilité en termes de mise en œuvre et d'audit », a-t-il déclaré.
Lait : le médiateur réunit les collèges du Cniel ce mardi sur l'indicateur beurre-poudre
Le médiateur des relations commerciales agricoles Jo-Michel Dahan va recevoir les présidents des collèges éleveurs, industriels et coopérateurs du Cniel (interprofession), le 24 mars, en vue de parvenir à un accord sur la détermination d’un indicateur beurre poudre. Cet indicateur, que le Cniel n’arrive pas à publier depuis plusieurs années, est utile pour déterminer le prix du lait payé aux éleveurs (lire notre enquête). La FNPL (éleveurs, FNSEA), qui a saisi le médiateur pour surmonter le blocage au sein du Cniel, risque toutefois de rencontrer la même situation. La Fnil (industriels) souhaite notamment que le Cniel reste l’unique enceinte de discussion pour cet indicateur. Si la médiation n’aboutit pas, la FNPL compte saisir le Comité de règlement des différends commerciaux agricoles (CRDCA), qui pourrait désigner un institut technique agricole, en l’occurrence l’Idele, pour élaborer l’indicateur. Avantage du CRDCA, selon la FNPL : ses décisions sont contraignantes. Et les industriels seraient forcés d’ouvrir leurs livres de compte pour déterminer les coûts de transformation. Le projet de loi d’urgence agricole (actuellement au Conseil d’État) représente une autre issue dans ce dossier. Son article 19 renforce l'importance des indicateurs de références produits par les instituts techniques si l’interprofession n’y arrive pas à s'entendre - un délai de quatre mois est prévu à promulgation du texte.
Lactalis : dépôt des comptes consolidés du groupe pour 2020-2024
Les comptes consolidés de l’ensemble du groupe Lactalis pour la période de 2020 à 2024 ont été déposés le 20 mars, indique Me Renaud Portejoie à Agra Presse. Ils devraient être accessibles dans les prochains jours. L’avocat qui représente Maxime et Alexandre Renahy avait demandé la publication des comptes consolidés dans la cadre d’une procédure devant le tribunal des affaires économiques de Paris. Ce dépôt est intervenu la veille d’une audience prévue le 20 mars, ce qui a rendu l’action en justice sans objet. Emmanuel Besnier, à la tête de Lactalis, a été condamné à verser 2500 euros à chacun des plaignant pour couvrir leurs frais d’avocat, selon Me Renaud Portejoie. Cette demande avait été initiée en parallèle d’une procédure lancée par 432 plaignants, salariés et ex-salariés de Lactalis adhérents de l’association Justice pour nos primes (présidée par Maxime Renahy), qui estiment ne pas avoir perçu leurs primes de participation pour plusieurs exercices comptables. Emmanuel Besnier, président du directoire du groupe Lactalis et de sa holding BSA, devrait comparaître prochainement devant le tribunal correctionnel de Laval. Il lui est reproché d’avoir présenté ou publié des comptes infidèles pour la période du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2025.
Prairies : la pousse démarre fort, mais l’humidité des sols complique la mise à l’herbe
Selon une note agro-climatique publiée le 19 mars par le RMT Horizons prairies*, l’hiver doux et arrosé a « favorisé une reprise précoce et dynamique de la croissance de l’herbe dès la fin février », mais « complique la mise à l’herbe » des animaux. Au niveau national, « malgré des stocks sur pied élevés et une pousse soutenue, la mise à l’herbe reste limitée par des conditions de portance insuffisante ». Les techniciens constatent que « les troupeaux laitiers ont commencé à sortir quelques heures depuis le début du mois ». En revanche, les bovins allaitants « restent majoritairement en bâtiment dans l’attente de meilleures conditions ». C’est surtout dans la moitié nord que les sols ne permettent pas toujours la mise à l’herbe (Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France). C’est aussi le cas en région Paca, où l’hiver très pluvieux a « fortement perturbé la conduite des élevages ». Dans une grande partie de l’Ouest et du Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire, mais aussi Auvergne), c’est l’hétérogénéité qui domine ; les possibilités de pâturage dépendent du type de sol et de l’altitude. Selon la note, seuls quelques secteurs de l’est de la France connaissent les bonnes conditions pour pouvoir profiter pleinement du début de pousse dynamique (Savoies, Drôme, Isère, Bourgogne).
* Instituts techniques, chambres d’agriculture, Eliance
Ethanol: les producteurs de l'UE demandent des garanties supplémentaires
Les producteurs européens d’éthanol – ePURE (biocarburants) et iEthanol (industrie et boissons) - demandent un renforcement des garanties prévues dans le cadre de la révision du Système de préférences généralisé (SPG) de l’UE. L’accord provisoire conclu par le Conseil et le Parlement en décembre 2025 introduit plusieurs changements positifs pour le secteur de l’éthanol, garantissant un marché plus stable aux producteurs européens, admettent les deux associations professionnelles. Le compromis prévoit en effet l’abaissement du seuil de déclenchement de mesure de sauvegarde de 57% à 45% d’augmentation des volumes d’importations. Mais les producteurs de l’UE estiment que ces garanties doivent être encore consolidées et appellent le Parlement européen qui va prochainement se prononcer sur ce texte d’abaisser à 20% ce seuils. «Entre le Mercosur et les incohérences des politiques européennes en matière de biocarburants, ces garanties seront plus importantes que jamais pour assurer la viabilité de la filière européenne de l'éthanol», justifient-ils.
Nématode du pin : un nouveau cas détecté autour du foyer de Seignosse, dans les Landes
Un nouveau cas de nématode du pin a été confirmé dans la commune d’Angresse (Landes), dans le périmètre de surveillance de 3 km autour du foyer identifié en novembre 2025 à Seignosse, indique la préfecture de la région Nouvelle-Aquitaine dans un communiqué le 18 mars. Des mesures de lutte ont été mises en œuvre immédiatement par les services de la Draaf (préfecture). L'arbre contaminé a été abattu, sous contrôle officiel, puis broyé selon un protocole sécurisé visant à éviter tout risque de dispersion des nématodes du pin et des insectes vecteurs. Le dispositif de surveillance va en outre être renforcé dans ce secteur. « Face à cette menace phytosanitaire, l'État déploie des moyens extrêmement conséquents pour lutter contre la propagation du nématode et de son vecteur afin de préserver nos forêts », affirme le préfet de région Étienne Guyot. Selon les pouvoirs publics, ce nouveau cas ne remet pas en cause la stratégie de lutte, qui vise l’éradication du nématode du pin. Les mesures engagées, à savoir la surveillance et l’élimination des arbres symptomatiques, sont donc maintenues. Elles pourront toutefois être ajustées en fonction des résultats du dispositif de surveillance officielle, dont le déploiement va se poursuivre. Un arrêté préfectoral sera prochainement publié afin de modifier le périmètre de la zone délimitée.
Coordination rurale : prison avec sursis pour deux ex-présidents de la chambre du Lot-et-Garonne
Deux anciens dirigeants de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne, syndiqués à la Coordination rurale (CR), ont été condamnés le 20 mars à de la prison avec sursis pour prise illégale d'intérêts par le tribunal correctionnel d'Agen. Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken étaient jugés pour avoir détourné des fonds du syndicat et de la chambre d'agriculture pour régler les amendes prononcées lors d'une précédente condamnation en appel en 2022 (en complément de peines de prison avec sursis) pour la construction illégale d'une retenue d'eau pour l'irrigation agricole, le lac de Caussade. Une peine de 18 mois de prison, assortis d'un sursis probatoire d'une durée de deux ans et de cinq ans d'inéligibilité, a été prononcée le 20 mars contre M. Bousquet-Cassagne, figure historique de la CR47, adepte des actions coups de poing qui lui ont valu de nombreux procès. Il devra également s'acquitter de 37 000 € d'amende. M. Franken, qui lui avait brièvement succédé à la présidence de la chambre d'agriculture début 2025, a été condamné à 12 mois de prison assortis d'un sursis probatoire d'une durée de deux ans, cinq ans d'inéligibilité et 25 400 € d'amende. Élu le 15 mars au conseil municipal de son village, Pinel-Hauterive, M. Franken a fait appel, tout comme M. Bousquet-Cassagne, a indiqué le même jour leur avocat Me Christophe Dejean.
Eau potable : des députés appellent à inscrire un «droit à l'eau» dans la loi
Une trentaine de députés, majoritairement de gauche, mais aussi du Modem, du groupe parlementaire Liot et du parti présidentiel, réclament l’inscription d’un «droit à l’eau» dans la charte de l’Environnement, dans une tribune parue le 22 mars dans le journal La Tribune. Ce collectif d’élus transpartisan, dans lequel figurent la cheffe du groupe LFI à l’Assemblée, Mathilde Panot, le député EPR Hervé Berville, ancien secrétaire d’Etat à la Mer, ou la députée Modem de Loire-Atlantique, Sandrine Josso, signe une tribune «pour faire reconnaître l’eau comme un droit fondamental». Ils demandent de «garantir à tous les habitants et habitantes de France un droit effectif à l’eau et à l’assainissement de qualité». Plusieurs maires, de communes de la Meuse et des Ardennes, touchées par des pollutions massives aux "polluants éternels" ou PFA (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées), ont notamment dû mettre en oeuvre des restrictions de consommation pour toute la population. Une mission d’inspection interministérielle est en cours pour élaborer un plan de financement de la dépollution de l’eau potable, notamment des PFAS et des métabolites de pesticides qui préoccupent les autorités sanitaires. Cette prise de position intervient après la demande en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu d’un «moratoire sur toutes les décisions relatives» à la question de l’eau, afin de calmer la colère agricole, avant la présentation d’un projet de loi d’urgence agricole.
Distribution : Biedronka pourrait reprendre Carrefour en Pologne
Carrefour pourrait céder ses actifs en Pologne à Biedronka, leader local de la distribution alimentaire. Luis Araujo, PDG de Biedronka, filiale du groupe portugais Jeronimo Martins, a fait une déclaration dans ce sens le 19 mars. « Je voudrais que Biedronka devienne une solution à la situation actuelle de Carrefour. Un modèle basé sur la franchise pourrait fonctionner ici – nous envisageons cette possibilité – a déclaré Araujo. Bien que le responsable du réseau ait stipulé qu'à ce stade, il ne pouvait pas révéler les détails d'éventuelles conversations, le seul fait de la confirmation publique d'intérêt est un signal que l'industrie attend depuis des mois », lit-on dans le média polonais Bankier. Des médias français ont rapporté en septembre que Carrefour pourrait céder ses activités en Pologne et aurait mandaté J.P. Morgan pour le conseiller sur une éventuelle transaction. Le distributeur français veut désormais se concentrer sur trois marchés clés que sont la France, l’Espagne et le Brésil où il opérera en direct tandis que les autres pays seraient couverts via des franchises. Carrefour a annoncé récemment des négociations exclusives avec Paval Holding pour reprendre ses magasins en Roumanie.
Assemblée nationale: le viticulteur et député RN Christophe Barthès élu maire de Carcassone
A la tête de la liste Demain Carcassonne (LRN), le député du Rassemblement national (RN) Christophe Barthès, par ailleurs viticulteur, a été élu, ce 22 mars, maire de la ville. Or, depuis le vote de la loi sur le cumul des mandats, il est interdit tout cumul du mandat parlementaire avec les fonctions de maire. Il devrait donc abandonner son mandat de député de l'Aude, qu'il occupe depuis 2018.