Agroalimentaire : aux États-Unis, Kraft Heinz suspend son projet de scission
« Kraft Heinz a interrompu ses efforts de scission, dans une décision surprise que le nouveau directeur général Steve Cahillane a déclaré nécessaire en raison de la détérioration des conditions dans l'industrie alimentaire », indique Reuters dans une dépêche le 11 février. Kraft Heinz avait annoncé en septembre 2025 son intention de se scinder en deux entités, l'une axée sur les produits alimentaires et l'autre sur les sauces et pâtes à tartiner, après avoir échoué à atteindre la croissance escomptée lors de la création de l'entreprise il y a dix ans. Depuis, Kraft Heinz a perdu du terrain face à ses rivaux, et Steve Cahillane a déclaré qu'une récente série de hausses de prix avait aliéné les consommateurs qui s'éloignaient déjà de ses marques en faveur d'alternatives plus saines et moins chères. « Nous avons franchi quatre ou cinq niveaux de prix de manière très accélérée et le consommateur en a été très déçu », a déclaré Steve Cahillane lors d'une conférence téléphonique après la publication des résultats, cité par Reuters. Bien qu'il n'ait pas exclu la possibilité d'une scission à l'avenir, Steve Cahillane a déclaré qu'il n'y avait pas de date limite pour la pause, qui devrait permettre à l'entreprise d'économiser 300 M$ en coûts en 2026.
Agroalimentaire : une première clôture à 250 M€ pour le fonds de soutien aux IAA
Cerea Partners (groupe Demea Invest) a annoncé le 12 février le lancement du fonds Cerea Agro Dev Industrie (ADI), dédié à la souveraineté et à la transformation durable de l’industrie agroalimentaire (IAA) française. La collecte lancée en septembre 2025 a déjà permis d’atteindre près de 250 millions d’euros (M€) d’engagements fin décembre, mais le fonds vise désormais les 500 M€. Il a vocation à réaliser des investissements unitaires entre 10 et 50 M€. Il est géré par Cerea Partners, dont BPI France a piloté la sélection. Les premiers souscripteurs sont l’État, via le Fonds Industries Agroalimentaires (I2A, géré par BPI France), ainsi que BPI France sur ses fonds propres. « Il rassemble également des investisseurs institutionnels historiques de la plateforme Demea Invest et des coopératives agricoles. Plusieurs entrepreneurs et investisseurs privés de l’agroalimentaire complètent ce tour de table », indique Cerea Partners. Dans un message sur LinkedIn, a salué « l’aboutissement du fonds public-privé agroalimentaire », une demande portée de longue date par cette organisation. Ce fonds, dont les principaux axes avaient été dévoilés dès 2023, avait été annoncé comme « opérationnel » en février 2025 par le ministère de l’Agriculture.
Engrais : le norvégien Yara enregistre de bons résultats pour 2025
Yara a présenté, le 11 février, ses résultats pour le quatrième trimestre et l’année 2025. Grâce à un programme strict de réduction des coûts fixes et du capex, annoncé au deuxième trimestre 2024, ainsi qu’à une hausse de la production (+4 %) et des livraisons (+3 %), la firme norvégienne a enregistré de bons résultats. Le chiffre d’affaires s’élève à 15,7 Md$, contre 13,9 Md$ en 2024. L’Ebitda atteint 2,8 Md$, en hausse de 36,7 % par rapport à l’année précédente (2 Md$) et le revenu net a été multiplié par 91, passant de 15 M$ à 1,37 Md$. En revanche, les résultats du quatrième trimestre sont légèrement en deçà des attentes du marché. Yara a enregistré un Ebitda ajusté de 709 M$, inférieur à l’estimation de 729 M$ des analystes. Cet écart est principalement lié à des marges plus faibles qu’anticipé dans les activités Clean Ammonia et Industrial Solutions. Yara vise une augmentation de son Ebitda de 200 M€ d’ici 2027 et de 150 M€ supplémentaires d’ici 2030. « Ces améliorations seront réalisées grâce à une meilleure utilisation des actifs, à l'optimisation logistique, à des opportunités de marché ciblées et à une réallocation rigoureuse du capital », précise la société. (Elena Blum)
Négoce : Truchon Diffusion inaugure un second site dans la Marne
Implanté à Bligny (Marne), le négoce Truchon Diffusion a inauguré le 5 février un nouveau site à Vinay, plus au nord du département. Un événement relayé par le groupe Issipa sur les réseaux sociaux. En effet, c’est en octobre 2024 que Truchon Diffusion (9 M€de chiffre d’affaires, 100 % en agrofourniture dont 70 % en vigne) est passé dans le giron du groupe Issipa (70 M€, 120 000 t de collecte), implanté dans l’Aisne et détenu par la famille Bidaut. Le nouveau site champenois, qui comprend un magasin, des bureaux et un site de stockage de 3 000 m2, marque la volonté du négoce de renforcer sa présence dans la filière viticole champenoise, dans un secteur non couvert jusque-là. Une diversification appuyée pour Issipa, historiquement davantage tourné vers les grandes cultures, et présent dans l’Aisne, la Seine-et-Marne, l’Yonne, le Loiret, l’Essonne, la Marne, les Ardennes et la Haute-Marne. (Anne Gilet)
Biopolymères : Dionymer lève 7 M€ pour augmenter ses capacités de production
Après avoir levé 1,5 M€ fin 2023, Dionymer, spécialisée dans le développement de matériaux polymères biodégradables issus de biodéchets, vient d’annoncer une levée de fonds Seed de 7 M€. Suivi par les investisseurs historiques, ce tour de table a également été réalisé auprès de UI Investissement, BNP Paribas Développement, BPI France (French Tech Seed), et Naco (M Capital) (lire l’article complet dans Agra Innovation). Après la mise à l’échelle réussie de sa technologie, avec l’installation d’un pilote préindustriel à Mérignac (Gironde), opérationnel depuis mi-2025, la société est passée d’une capacité de production de 10 kg/an en laboratoire, à 1 t/an, dans un fermenteur équipé d’une cuve de 2 000 litres. « Cette levée de fonds va nous permettre de passer à l’étape suivante avec de plus gros équipements et donc de plus grosses capacités de production. Ce démonstrateur industriel nous permettra de produire 100 t/an par an de matériaux polymères, destinés à l’industrie cosmétique en priorité », nous explique Thomas Hennebel, p.-d.g. et cofondateur de Dionymer avec Antoine Brège et Guillaume Charbonnier. (Perrine Delfortrie)
Distribution : Carrefour en négociations exclusives pour vendre sa filiale en Roumanie
Carrefour a annoncé le 12 février être en négociations exclusives avec Paval Holding pour lui céder l'intégralité de ses activités en Roumanie « sur la base d'une valeur d'entreprise de 823 millions d'euros » (M€). Paval Holding est le véhicule d'investissement de la famille Paval, propriétaire en Roumanie de Dedeman, présenté comme le « leader national du bricolage et l'une des plus grandes réussites entrepreneuriales du pays ». Carrefour Roumanie exploite un réseau de 478 magasins (55 hypermarchés, 191 supermarchés, 202 magasins de proximité et 30 magasins de discount). La filiale roumaine a réalisé un chiffre d'affaires de 3,2 milliards d'euros en 2025, soit environ 3,5 % du chiffre d'affaires total du groupe Carrefour, pour un résultat opérationnel courant (ROC) de 29 M€. La cession reste soumise à l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires et pourrait avoir lieu au deuxième semestre 2026. Cette opération « confirme le bon avancement de la revue de portefeuille engagée en 2025 », a déclaré le p.-d.g. du groupe français, Alexandre Bompard, cité dans le communiqué. « Le groupe poursuit sa transformation » après, notamment, « le rachat des minoritaires de Carrefour Brésil et la cession de Carrefour Italie ».
Circuits courts : les français de Minjat ! veulent étendre leur modèle
Ces sept dernières années, Minjat ! a construit un modèle de circuit-court vertueux et rentable, alliant prix accessibles pour les consommateurs et juste rémunération pour les producteurs (lire l'article complet dans Agra Innovation). Son magasin de 250m2 situé à Colomiers, près de Toulouse, est aujourd’hui le seul en France à proposer huit métiers de bouche en circuit court. Pour aller plus loin dans la démarche, les trois fondateurs ont entamé une réorganisation. David Pagès reprend 100 % des parts du magasin de Colomiers, Cyril Picot va ouvrir un plus petit format de magasin avec une offre de produits frais et Anton Dmitriev se lance dans un projet de cuisine centrale plus adaptée aux gros volumes. Ces projets sont financés sur ses fonds propres. La dernière étape de cette réorganisation, porte sur le développement d’un système ERP multi canal pour optimiser et fluidifier les 150 commandes gérées au quotidien. La société (40 salariés), qui travaille avec plus de 400 producteurs et artisans locaux et accueille 3 000 clients chaque semaine, prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 5 M€ cette année, après 4,8 M€ en 2025 (Perrine Delfortrie)
Agenda de la semaine agricole du 16 février 2026
Mardi 17 février
Examen du projet de loi Ddadue (ICPE en élevage)
Visioconférence Civam, restitution d'une enquête sur la Pac
Conférence internationale de la Fondation Farm sur les pesticides
Mercredi 18 février
Dialogue de la Commission européenne avec les parties prenantes sur les directives Eau et Nitrates
Présentation d'un rapport parlementaire sur la gestion des crises sanitaires en élevage
Conférence de presse des Jeunes agriculteurs (JA)
Conférence de presse de la FNSEA
Conférence de presse d'Anvol (volaille de chair)
Présentation de l’enquête d’Anima (lutte contre la ponte en cage) sur la grande distribution
Conférence de presse de présentation du Déméter 2026
Jeudi 19 février
Forum sur les perspectives agricoles organisé par l'USDA
Vendredi 20 février
Colloque au Sénat sur l'élevage et les épizooties
Conférence de presse de la chambre d'agriculture régionale de Bretagne
Visioconférence sur la « logistique des chaînes alimentaires courtes » de Fab'Lim
Assemblée générale de la coopérative Marché de Phalempin (légumes)
Le Modef organise un « marché revendicatif » à Paris
Samedi 21 février
Inauguration du Salon de l'agriculture par le président de la République