Agra Business | Kraft/Heinz, Olam/Salic, Agora, Innovafeed/Auchan, Maître Prunille

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Agroalimentaire/Etats-Unis : Kraft Heinz se scinde en deux sociétés

Le groupe américain Kraft Heinz a annoncé mardi 2 septembre qu’il aller se scinder en deux sociétés distinctes. L'une d'elle sera spécialisée dans la commercialisation des sauces, produits à tartiner, assaisonnements et condiments, dont les célèbres ketchup Heinz et les fromages à tartiner Philadelphia. Elle représente environ 15 milliards de dollars de ventes. La seconde se concentrera sur les produits de la marque Oscar Meyer, notamment connue pour ses hot-dogs et les produits de snacking Kraft, des activités à environ 10 milliards de dollars de ventes. « La scission vise à maximiser les capacités des marques de Kraft Heinz » et à « permettre aux nouvelles sociétés de déployer leurs ressources sur leurs stratégies prioritaires distinctes », explique Kraft Heinz dans un communiqué. Les noms des deux sociétés n'ont pas encore été dévoilés par le groupe. Kraft Heinz est né de la fusion en 2015 de Kraft Foods et de Heinz. La stratégie de baisse de dépenses mises en place en 2015 a fonctionné un temps, permettant à la société de dégager des marges bénéficiaires que lui enviaient ses concurrents mais la croissance des ventes à taux de change et périmètre constants a commencé à patiner à partir de 2017.

Négoce : Olam vend ses actifs dans l’agribusiness à un fonds saoudien, feu vert bruxellois

Dans un communiqué paru le 2 septembre, la Commission européenne vient d'approuver, au titre du droit de la concurrence, l'acquisition par la Saudi Agricultural and Livestock Investment Company (Salic, organisme étatique) de la société Olam Agri, gérant ses activités liées à l’agribusiness du négociant international Olam group (basé à Singapour), incluant les céréales et les oléagineux. Ce projet de rachat est en discussion depuis plusieurs mois. Le groupe singapourien révélait par exemple à Reuters avoir reçu une première offre de Salic le 1er novembre 2024 pour le rachat intégral de sa filiale Olam Agri. Depuis le 23 décembre 2022, Salic détient 35,43 % d’Olam Agri. Les 64,57 % appartiennent toujours à Olam Group. La transaction s’était montée à 1,24 milliard de dollars. Le dirigeant de Salic, Sulaiman AlRumaih, expliquait à l’époque dans un communiqué que l’opération s’intégrait dans « la stratégie nationale de sécurité alimentaire et aux aspirations de la vision 2030 du Royaume d’Arabie saoudite ». L'opération intervient après le rachat du négociant en grains Agribrasil par un fonds souverain omanais, annoncé fin juillet.

Coopératives : Agora devrait de nouveau atteindre le million de tonnes pour la récolte 2025

Avec 700 000 tonnes récoltées au 15 août, Agora annonce que 2025 restera « comme l’une des meilleures moissons d’été des dernières campagnes, après 2019 et 2023 années de référence de la coopérative », résume Thomas Taldir, responsable céréales et logistique. En blé tendre, la hausse est de 30 % avec un rendement moyen de 86 q/ha, soit 3 à 4 q/ha de plus que la moyenne décennale de la coopérative de l’Oise. La qualité est elle aussi au rendez-vous : PS moyen de 78,5 et un taux de protéines moyen de 11,3, conforme aux exigences des contrats pour l’export. Belle surprise également en colza où les volumes progressent de 30 %, à 75 000 t - un record pour Agora- avec un rendement moyen de 44 q/ha et des pointes à 58 q/ha. Belle surprise aussi en orges : 87 q/ha de moyenne pour les orges d’hiver et 67 q/ha pour les orges de brasserie. Les récoltes de tournesols et de maïs s’annoncent précoces. En maïs, les séchoirs devraient ouvrir dès la mi-septembre pour lisser la réception des volumes attendus en hausse, autour de 100 000 tonnes, dans un contexte de progression des surfaces et de rendements prometteurs. Toutes cultures confondues, Agora espère ainsi dépasser de nouveau le million de tonnes. « Cette moisson est une vraie bouffée d’oxygène pour les adhérents et pour la coopérative », conclut Étienne Grodet, le président. (Anne Gilet)

Blé dur : Arvalis et FranceAgriMer confirment une bonne qualité pour 2025 (étude)

FranceAgriMer et Arvalis ont publié, le 27 août, le résultat de leur enquête sur la qualité des blés durs, récolte 2025, qui confirment les bons échos de la plaine tout au long de la moisson. Plusieurs critères ont été auscultés à commencer par le poids spécifique (PS), très bon cette année. 57 % des lots analysés affichent un PS dépassant les 79 kg/ha (contre 17 % pour la moyenne quinquennale). Seules 3 % des analyses sont inférieures à 76 kg/hl. Autres faits marquants de l’année : des teneurs en eau basses (86 % des lots sont sous le seuil de 12 %) et des temps de chute de Hagberg tous supérieurs à 300 s, contre 43 % seulement des lots pour la moyenne 2020-2024. Les taux de protéines sont quant à eux en léger retrait : seuls 46 % des échantillons dépassent un taux de 14 %, contre 69 % pour la moyenne quinquennale. 36 % se situent dans la fourchette 13-14 % et 8 % sont inférieurs à 13 %. L’étude révèle également que près de la moitié des lots affichent moins de 1 % de grains mouchetés :  seuls 14 % dépassent les 3 %. Pas de souci non plus pour le critère vitrosité : 68 % des échantillons révèlent des valeurs supérieures à 90 %. Pour rappel, les lots analysés sont prélevés à l’entrée des silos de collecte et donc, avant le travail des organismes stockeurs. 

Insectes : lancement d'une filière de crevettes nourries aux insectes pour le marché européen

Innovafeed, BioMar et Auchan ont annoncé un accord stratégique pour l’aquaculture durable (Lire l’article complet sur Agra Innovation) à l’occasion du quatrième Global Shrimp Forum qui se tient début actuellement à Utrecht, aux Pays-Bas. Ce partenariat tripartite sur l’ensemble de la chaîne de valeur, où Innovafeed produira la farine d’insectes, BioMar fournira les aliments pour l’aquaculture en Équateur et Auchan distribuera le produit fini, permettra « de proposer pour la première fois aux consommateurs européens des crevettes nourries aux insectes », souligne leur communiqué commun du 2 septembre 2025. Les capacités de production d’Innovafeed sur son site de Nesle, la plus grande ferme verticale d’insectes au monde, ont été pensées pour un tel passage à l’échelle. En parallèle, la société explore activement « des opportunités d’expansion en Europe et à l’international pour soutenir la croissance future et la demande croissante », explique un porte-parole. Ces 1ères crevettes nourries aux insectes devraient faire leur entrée chez Auchan courant 2026. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)

Pruneaux : Unigrains renouvelle son partenariat avec Maître Prunille

L’entreprise d'investissement Unigrains a renouvelé son partenariat, débuté en 2016, avec Maître Prunille, leader français des filières fruits secs et condiments, rapporte un communiqué de presse du 2 septembre. Ce réinvestissement intervient alors que Maître Prunille entame une nouvelle phase de développement, centrée notamment sur la modernisation de ses outils industriels. Sur le marché du pruneau, l’entreprise entend ainsi consolider sa dynamique de croissance en renforçant ses capacités de transformation et de conditionnement. Fondée en 1988 et détenue majoritairement par l’Union des coopératives France Prune, « Maître Prunille bénéficie d’un fort avantage concurrentiel en matière d’approvisionnement grâce à son actionnaire coopératif majoritaire (…) C’est ce lien entre l’agriculture et l’agroalimentaire qui est au cœur de l’approche d’Unigrains », précise Virginie Boutrouille, directrice d’investissements chez Unigrains citée dans le communiqué. Avec un chiffre d’affaires d’environ 276 M€, quelque 700 collaborateurs et 7 sites de production, Maître Prunille commercialise chaque année 56 000 tonnes de produits alimentaires, dont 25 000 tonnes de fruits secs, 15 000 tonnes de pruneaux et 14 000 tonnes de condiments. 

Fruits : la technique CRISPR-Cas9 utilisée pour améliorer la framboise, une première

Une équipe de l'Université de Cranfield (Angleterre) a, pour la première fois, validé l'édition de l'ADN de la framboise grâce à la technique CRISPR-Cas9, apprend-on dans une étude publiée dans la revue Frontiers in Genome Editing, le 28 aout. L'opération ne portait pour l'heure que sur des cellules individuelles de framboise (protoplastes). Cette approche permet d'introduire des modifications du génome sans ajout de matériel génétique étranger, accélérant ainsi l'amélioration variétale et respectant la législation anglaise actuelle qui n'autorise que les modifications non transgéniques, est-il expliqué. Selon les chercheurs, cette technique pourrait réduire le délai d'obtention de nouvelles variétés prêtes pour les essais en plein champ de plus de dix ans : douze mois seraient seulement nécessaires. Par ailleurs, la modification du gène NPR1 pourrait ouvrir la voie à des variétés plus durables et plus résistantes. « Les techniques de sélection de précision sont essentielles pour réduire le gaspillage, améliorer la durabilité et la nutrition, et diminuer les coûts alimentaires », explique Ryan Creeth, doctorant et auteur principal de l'étude. Le prochain défi pour l'équipe scientifique consiste à régénérer des plantes entières à partir des protoplastes génétiquement modifiés.

Tomate : des chercheurs de l’USDA trouvent une variété ancienne résistante au ToBRFV

Des chercheurs de l'USDA (ministère de l'agriculture étasunien) et leurs partenaires universitaires (universités d'État de l'Iowa, et de Californie à Berkeley et Davis) ont découvert une lignée de tomates développée il y a 30 ans présentant une bonne résistance au virus ToBRFV, indique l'administration américaine le 28 août. Cette lignée de tomate (tomatoNN) développée dans les années 1990, présenterait une résistance au virus, car elle exprime le gène N (issu d’un parent sauvage du tabac) qui confère une résistance au virus de la mosaïque du tabac. « Pour minimiser l'impact du ToBRFV, il est crucial d'identifier de nouvelles sources de résistance génétique permettant de créer des cultivars de tomates résistants », explique Kai Ling, phytopathologiste chercheur à l'ARS dans une récente étude publiée dans le Plant Biotechnology Journal. Les chercheurs ont découvert que la lignée tomatoNN est résistante au ToBRFV à 22 °C, mais que cette résistance diminue à des températures plus élevées, comme 30 °C. « La température est un signal environnemental important qui influence grandement les interactions hôte-pathogène», explique Kai Ling. Détecté en France pour la première fois en 2020, le virus avait donné lieu à onze foyers en 2023. 

Faux champagne : quatre ans de prison pour un vigneron jugé à Reims

Un vigneron a été condamné à quatre ans de prison dont 18 mois ferme, le 2 septembre par le tribunal correctionnel de Reims, pour avoir fabriqué dans l'Aisne du faux champagne à partir de vins d'Espagne et d'Ardèche, d'arômes et de gaz carbonique. Didier Chopin, 56 ans, jugé coupable d'escroquerie, usurpation d'appellation d'origine et abus de biens sociaux a également été condamné à verser plusieurs millions d'euros de dommages et intérêts. Son épouse, jugée à ses côtés, a été condamnée à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal, qui est resté proche des réquisitions du parquet, a également décidé pour le couple d'une interdiction définitive de gérer une société, et une interdiction d'exercer une profession en rapport avec le champagne pendant 5 ans. Une amende de 100 000 euros chacun et de 300 000 pour la SAS Chopin a également été décidée. Plusieurs millions d'euros de dommages et intérêts ont été accordés aux parties civiles et victimes, parmi lesquelles se trouvaient le Comité Champagne et plusieurs acheteurs dont la Scapest, centrale d'achat de Leclerc. La fraude, qui s'est déroulée entre 2022 et 2023, aurait porté sur des centaines de milliers de bouteilles, pour un préjudice estimé à plusieurs millions d'euros. 

Fromage : recul des volumes de salers lié à la sécheresse, fuites d'éleveur vers le cantal

La production de fromage Salers est attendue à 900 tonnes en 2025, contre 1100 tonnes l’année passée, selon les estimations de Laurent Lours, président du Comité interprofessionnel des fromages qui chapeaute les AOP Cantal et Salers. Selon lui, 31 éleveurs ont du suspendre provisoirement leur production à la ferme cette année sur les 69 producteurs de Salers. L’AOP Salers prévoit une production à partir de lait cru qui doit se faire exclusivement à la ferme. Ce recul prévu de la production est lié au manque de pâturage à cause de la sécheresse au cours de la période de production du Salers qui s’étend du 15 avril au 15 novembre. Or le cahier des charges de l’AOP Salers prévoit une ration composée à au moins 75% d’herbe. Les éleveurs ne pouvant produire du Salers se tournent vers le Cantal dont le cahier des charges est moins exigeant. « Produire du Cantal à la place du Salers représente un manque à gagner (différentiel de prix de vente du lait, ndlr) de 2,50 €/kg », déplore Laurent Lours. Pour s’adapter au manque d’herbe, une demande de modification du cahier des charges du Salers a été faire auprès de l’INAO afin que les vaches puissent être nourries à seulement 50% d’herbe pendant un mois par an. Une commission d’enquête de l’INAO a déjà effectué une première visite de terrain, et une nouvelle visite doit avoir lieu en octobre, selon Laurent Lours.

Ultra-transformé : aux Etats-Unis, rejet d’une plainte contre l’agroalimentaire

Aux États-Unis, plusieurs grandes entreprises agroalimentaires, dont Kraft, Mondelez et Coca-Cola, ont obtenu, le 25 août, le rejet d’une plainte leur reprochant d’avoir conçu des aliments « ultra-transformés » addictifs chez les enfants, rapporte l’agence de presse Reuters. La juge fédérale Mia Perez, siégeant à Philadelphie, a accordé la requête en irrecevabilité déposée par ces entreprises agroalimentaires après avoir conclu que le plaignant, Bryce Martinez, 19 ans, n’avait pas établi de lien entre des produits alimentaires précis et ses maladies chroniques : un diabète de type 2 et une stéatose hépatique non alcoolique ou « maladie du foie gras ». Présentée comme un cas test, la plainte accuse les industriels d’adopter des méthodes rappelant celles de l’industrie du tabac, en rendant sciemment les consommateurs, notamment les jeunes, dépendants des produits alimentaires ultra-transformés. Les représentants de Kraft Heinz, Mondelez et Coca-Cola n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de l’agence Reuters. Depuis le second mandat de Donald Trump, les aliments ultra-transformés font l’objet d’une attention accrue. En mai, le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a ainsi annoncé que l’examen des aliments ultra-transformés, des additifs alimentaires et du sucre serait la priorité des National Institutes of Health et de la Food and Drug Administration. 

Alimentation : la consommation française à domicile se stabilise, après -12 Md€ en quatre ans

D'après le décompte mensuel de l'Insee, la consommation des ménages en biens alimentaires, c'est-à-dire la consommation à domicile, s'est stabilisée sur les sept premiers mois de 2025, avec une légère hausse de 0,3 %. Cette accalmie intervient après un recul de 12 milliards d'euros (Md€) entre 2020 et 2024, à 183,7 Md€, soit un niveau comparable à ce qu'elle était entre 2012 et 2013. Ce retournement inédit intervenait après une hausse continue de la consommation à domicile depuis au moins les années 80, et un retournement en 2021, année durant laquelle elle avait atteint 196 Md€, dans la foulée du confinement sanitaire lié à la Covid-19, et juste avant le déclenchement de la guerre en Ukraine et de l'inflation des matières énergétiques. Dans une note de conjoncture parue en mai, la FCD (distributeurs) rappelle que la consommation à domicile ne saurait résumer la consommation des Français, qui mangent de plus en plus souvent hors domicile (35 % en volume des dépenses des Français pour leur alimentation, en progression de sept points entre 1990 et 2024).

Nestlé: coup de froid en Bourse après le licenciement abrupt de son patron

Le licenciement du patron de Nestlé, congédié à la suite d’une relation amoureuse avec une subordonnée, a jeté un froid sur le cours de l’action du géant de l’alimentation, les investisseurs s’interrogeant sur les défis qui attendent son successeur. Dans un communiqué publié le 1er septembre, le groupe suisse a annoncé le licenciement «avec effet immédiat» de Laurent Freixe, 63 ans, après une enquête interne ordonnée par le Conseil d’administration «concernant une relation amoureuse non déclarée avec une subordonnée directe», qui «constitue une infraction au code de conduite professionnelle de Nestlé». Dans les premiers échanges, le titre a perdu plus de 3%, avant de rattraper une partie de ses pertes durant la séance. A 12H03 GMT, l’action perdait 1,03% à 74,71 francs suisses, pesant sur le SMI, l’indice de référence de la Bourse suisse, en baisse de 0,56%. Le groupe suisse a cumulé les revers entre le scandale des eaux en bouteille qui avait démarré en France en 2024 et la détérioration des ventes dans le sillage de la vague d’inflation.