Coopératives : LCA veut créer un fonds obligataire de 300 M€ pour les coopératives
À l'occasion de sa conférence de presse de rentrée le 3 septembre, la Coopération agricole (LCA) a annoncé le lancement d'un fonds obligataire intitulé Coopagri destiné à financer les coopératives agricoles. Le gestionnaire sera la filiale du Crédit agricole Idia, qui a pour mission de lever 300 millions d'euros (M€), auprès d'investisseurs institutionnels. Alternative à l'augmentation de capital ou à la dette bancaire, ces obligations auront une durée de 8 à 12 ans, et seront proposées, comme des quasi-fonds propres, à des coopératives dont le chiffre d'affaires est compris entre 50 M€ et 1,5 Md€. En parallèle, le fonds d'investissement dans l'agroalimentaire, promis en 2023 dans nos colonnes par le ministre de l'Industrie Roland Lescure, arrive, après deux ans « de tergiversation » en phase de mise en œuvre, a indiqué le président de LCA, Dominique Chargé. La contribution de 200 M€ de BPI France a été sanctuarisée au printemps, et une entreprise gestionnaire a été récemment choisie qui doit aussi réaliser une levée de fonds de 300 M€ auprès de bailleurs privés, pour atteindre la somme de 500 M€ promise par le ministre. L'objectif était de « financer de la croissance organique, notamment à l’export, ou des opérations de fusion-acquisition, en intervenant par des fonds propres dans le capital des entreprises ».
Lait : Candia annonce 200 M€ d’investissement d’ici 2030 dans la «durabilité»
Candia, marque de lait de consommation de la coopérative Sodiaal, annonce le 4 septembre le lancement d’une « nouvelle plateforme d’engagements en matière de durabilité » nommée Laitvidence. Ces engagements seront soutenus par un plan d’investissements de 200 M€ d’ici 2030 pour moderniser son outil industriel, réduire son empreinte environnementale et continuer d’innover. Cette plateforme entend agir plus particulièrement sur la nutrition en réduisant la teneur en sucres ajoutés de certains produits. Par exemple, la gamme Candy’Up passe de 5,5% de sucres ajoutés en 2018 à 3,5% en 2028. Les investissements Candia serviront aussi à réduire l’empreinte environnementale de son activité : « - 20% d’émissions carbone par litre de lait à la ferme d’ici 2030, - 30% sur ses sites industriels, - 40% de consommation d’eau dans ses usines », précise la marque. Candia vise aussi d’ici 2030 que tous ses emballages soient recyclables, « avec des films contenant au moins 50% de plastique recyclé et des bouteilles intégrant jusqu’à 30% de plastique recyclé certifié. » Autre destination de son plan de 200 M€ : le soutien aux éleveurs valorisés à travers des démarches comme Candia aide les Jeunes agriculteurs ou des produits tels que Grand Lait Frais pour le lait de montagne ou Grand Lait Bio.
Emballages : les bacs réutilisables Ifco désormais détenu par les fonds Triton et Stonepeak
L’autorité européenne de régulation des concentrations d’entreprises a approuvé le 1er septembre la prise de contrôle conjointe de la société allemande Ifco, spécialiste international des bacs réutilisables en plastique pour produits frais, par deux fonds, l’étatsunien Stonepeak et l’européen Triton. Selon un communiqué de Stonepeak du 9 juillet, le capital était depuis six ans partagé entre Triton et une filiale de l’Autorité d’investissement d’Abou Dhabi (Adia). Il sera désormais partagé à parts égales entre Triton et Stonepeak. « En tant qu’opérateur du réseau logistique le plus grand et le mieux établi pour les emballages réutilisables dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire à l’échelle mondiale, Ifco représente une composante essentielle de l’infrastructure logistique livrant des produits frais », y déclarait Nikolaus Woloszczuk, directeur général à Stonepeak. L’entreprise Ifco (Irel HoldCo), qui emploie environ 2 000 personnes, estime avoir en 2024 aidé les clients à réduire plus de 670 000 tonnes d’émissions de CO2 et à éliminer 1,3 million de tonnes de déchets solides à travers 2,4 milliards d’expéditions.
UE/Mercosur: feu vert de Bruxelles au lancement du processus de ratification...
Comme prévu, la Commission européenne a donné son feu vert, le 3 septembre lors d’une réunion du Collège des commissaires, au projet d’accord controversé entre l’UE et le Mercosur. Cette adoption lance à présent officiellement le processus de ratification. Très attendue sur la question de l’architecture juridique, Bruxelles a finalement choisi le même schéma que celui utilisé pour la modernisation de l’accord d’association UE/Chili signé en 2023. Celle-ci prendra la forme d’un accord de partenariat global et d’un accord commercial intérimaire avec pour objectif une mise en œuvre plus rapide des dispositions commerciales qui suscitent des inquiétudes dans le secteur agricole. Au niveau juridique, l’accord commercial intérimaire, contrairement à celui de partenariat global, ne nécessite pas la ratification individuelle des États membres. Celui-ci pourra donc entrer en vigueur après avoir obtenu la validation du Conseil de l’UE à la majorité qualifiée (55 % des États membres représentant 65 % de la population de l’UE) puis le consentement du Parlement européen à la majorité simple. « L’architecture juridique est alignée sur les traités », précise un haut fonctionnaire européen alors que certains eurodéputés envisagent de saisir la Cour de justice de l’UE sur cette question. Avec cette nouvelle étape, la balle est à présent dans le camp des Etats membres et des eurodéputés. De son côté, la Commission européenne reste confiant quant à la possibilité de signer l’accord d’ici la fin de l’année.
UE/Mercosur : …avec un instrument sur les sauvegardes pour rassurer les oppositions
Parallèlement au lancement du processus de ratification de l’accord de partenariat UE/Mercosur, la Commission européenne a également annoncé le 3 septembre, la présentation d’un acte juridique spécifique distinct ayant pour but de rendre opérationnelles les dispositions en matière de sauvegarde pour les produits les plus sensibles. Ce texte, qui devra être traduit sous forme législative et adopté selon la procédure ordinaire, est un engagement politique de la Commission européenne en réponse aux préoccupations exprimées par le secteur agricole et certains Etats membres comme la France. Concrètement, elle s’engage à superviser les marchés pour les produits les plus sensibles et à fournir tous les six mois un rapport sur la situation au Conseil de l’UE et au Parlement européen. En outre, Bruxelles s’engage à agir plus rapidement concernant le déclenchement des mesures de sauvegarde. Un texte qui a été salué par Paris. La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, s’est d’ailleurs réjouie que l’UE « ait entendu les réserves » françaises tout en reconnaissant avoir « besoin d’analyser cette clause de sauvegarde ». Au-delà des sauvegardes, la Commission européenne considère avoir mis en œuvre « ceinture et bretelles » pour préserver le secteur agricole, citant notamment le filet de sécurité de 6,3 milliards d’euros (doublement de la réserve agricole) prévu dans la proposition de cadre financier pluriannuel 2028-2034 et l’alignement des normes de production compris dans la Vision pour l'agriculture et l'alimentation.
Biocarburants : Shell abandonne la construction d'une usine aux Pays-Bas
Le géant britannique des hydrocarbures Shell a annoncé le 3 septembre abandonner la construction d'une usine de biocarburants aux Pays-Bas, entamée en 2022, jugeant le projet « pas suffisamment compétitif », au moment où le groupe recentre ses activités sur le pétrole et le gaz pour doper ses bénéfices. « En évaluant la dynamique des marchés et le coût d’achèvement, il est apparu clairement que le projet ne serait pas suffisamment compétitif », a expliqué Machteld de Haan, présidente de la division « Downstream, Renewables and Energy Solutions », la branche énergies renouvelables du groupe, citée dans un communiqué. Shell avait suspendu en juillet 2024 la construction de cette usine basée à Rotterdam, qui devait produire à terme 820.000 tonnes de biocarburants par an. Ce projet était l'un des plus importants du genre en Europe. L'usine de Rotterdam devait notamment produire du carburant d'aviation durable, produit à partir d'huiles usagées, de résidus de bois ou d'algues, qui est utilisable en complément du kérosène (jusqu'à 50%) dans les avions actuels. « Nous continuons à croire que les molécules bas carbone, y compris les biocarburants, seront à la base du système énergétique du futur », a affirmé Mme de Haan, jugeant son entreprise « en première ligne dans ce secteur ».
Betterave : des prévisions de rendements «corrects», selon Cristal Union
Dans un communiqué du 3 septembre, Cristal Union a indiqué prévoir « des rendements corrects » en betterave sur sa zone d’influence, sans toutefois donner de chiffre précis. « Après des semis précoces et une belle levée dès le printemps, les betteraves ont bénéficié de conditions climatiques favorables à leur croissance », relate l’industriel. L’alternance de pluies et de chaleur durant l’été a également été globalement bénéfique pour les plantes. Les feuilles ont pu ainsi se développer, permettant une bonne photosynthèse, « clé de la richesse en sucre des betteraves ». La cercosporiose a par ailleurs pu être bien contrôlée, grâce au climat moins humide que l’an dernier. En revanche, Cristal Union déplore des dégâts de la jaunisse, qui « aura un impact certain sur les rendements, mais ses effets précis sont encore difficiles à estimer ». La CGB (syndicat de producteurs) alertait sur les infestations de pucerons en juillet dernier, vecteurs de la maladie, et justifiant son soutien à la PPL Duplomb, réautorisant l’acétamipride sous condition. Les usines de Cristal Union vont démarrer tout au long du mois de septembre. Celle de Fontaine-le-Dun démarre le 3 septembre. La dernière, celle d’Erstein se mettra en route le 23 septembre.
Grains: les sécheresses seraient deux à quatre fois plus fréquentes à +2°C (étude)
Dans une étude publiée le 3 septembre dans la revue Science Advances, des chercheurs canadiens ont évalué les variations de rendements de maïs, soja et sorgho induites par le changement climatique. Avec des modèles mathématiques, ils ont compilé des relevés météorologiques et des images satellite sur la température ambiante et l’humidité des sols, mais aussi des données sur les rendements de trois cultures vivrières répandues: maïs, soja et sorgho. Selon leurs calculs, avec chaque degré supplémentaire la variabilité des rendements de ces trois céréales d’une année sur l’autre augmente de 7,1% pour le maïs, de 19,4% pour le soja et de 9,8% pour le sorgho. Principal moteur de ces fluctuations plus fréquentes: l’impact combiné de l’augmentation de la température moyenne, de la variabilité des températures et de la sécheresse. Ces facteurs se conjuguent dans un cercle vicieux où la chaleur assèche les sols, ce qui aggrave les canicules, tandis que le réchauffement climatique accentue le processus. Selon les calculs des chercheurs, avec un réchauffement de 2°C par rapport aux conditions actuelles, les épisodes de très mauvaises récoltes centennales pourraient survenir tous les 25 ans pour le soja, tous les 49 ans pour le maïs et tous les 54 ans pour le sorgho.
Pesticides/biodiversité : en appel, l’Etat condamné à être plus strict sur les AMM
La cour administrative d’appel de Paris a condamné l’Etat à revoir ses protocoles d’autorisation de mise en marché (AMM) des pesticides, dans un arrêt rendu le 3 septembre. La cour estime que l’Anses « a commis une faute » en n’évaluant pas les produits phytopharmaceutiques « au vu du dernier état des connaissances scientifiques », explique-t-elle dans un communiqué. Suivant les recommandations de la rapporteure publique le 6 juin dans le cadre de l’affaire Justice pour le vivant, la cour « ordonne à l’Etat » de « mettre en oeuvre une évaluation conforme aux exigences requises, en particulier s’agissant des espèces non ciblées, c’est-à-dire à celles qui ne sont pas visées par le produit ». Elle ordonne aussi à l’Etat « de procéder, dans un délai de vingt-quatre mois, à un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées » pour celles qui n’auraient pas été conformes à ces exigences. Enfin, elle « enjoint » l’Etat « d’établir dans les six mois un calendrier de révision des AMM concernées ». Peu après l’annonce les cinq associations requérantes (Notre affaire à tous, Pollinis, Biodiversité sous nos pieds, Anper-Tos, Aspa) se sont réjoui de cette « nouvelle victoire historique ». Elles appellent l’Etat à « ne pas se pourvoir en cassation » et à mettre en œuvre « immédiatement » certaines mesures
Fruits : Sofruileg veut participer à la croissance du kiwi jaune, 50 ha l'an prochain
Le 16 septembre prochain se tiendra à Montardon (64) une journée professionnelle d’observation des premières plantations d’une nouvelle variété de kiwi à chair jaune : Haegeum. Hybride obtenu par un centre de recherche en Corée du Sud, porté en France en exclusivité par Sofruileg (obtenteur appartenant à 100% à la SCAAP Kiwifruits de France, l’un des opérateurs leaders du kiwi en France) qui gère les droits de plantation et les licences pour l’ensemble du marché européen, Haegeum veut prendre part à la croissance du segment jaune dans la catégorie kiwi. En France, « dix hectares sont installés, une cinquantaine sont prévus l’an prochain », informe François Lafitte, président de Sofruileg. Le lancement commercial, sous la marque Oscar Gold, est prévu à partir de 2026. Objectif européen : 1 000 ha d’installation en dix ans. Pour l’heure, la variété est en essai en Italie, en Grèce, au Portugal et en Espagne. « On aimerait créer rapidement un réseau européen dans une logique de club, avoir des partenaires qui puissent développer auprès de producteurs locaux dans chaque pays » précise François Lafitte. (Florence Rabut)
Influenza : les filières espèrent récupérer 10 M€ d’économie de surveillance
Les filières de canard à foie gras et de chair espèrent bénéficier de 10 millions d’euros sur les économies promises (sur une campagne complète) par un nouveau plan de surveillance des canards vaccinés, en attente de l’agrément européen. La recherche du virus se limiterait aux canards trouvés morts alors qu’elle inclue aujourd’hui des individus vivants saisis au hasard, moins susceptibles de porter le virus, selon l’explication à Agra Presse de Marie Laborde, directrice adjointe du Cifog (interprofession foie gras) en charge du sanitaire. Ce meilleur ciblage permettrait de « réduire significativement le nombre de prélèvements et d’analyses à réaliser », déduit-elle. La ministre de l'Agriculture est favorable à une restitution d’une partie des économies réalisées sur la surveillance par les services de l’Etat, indique Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol (interprofession des volailles de chair) dans son édito du bulletin Interfilières du 29 août. « On estime que l'économie serait telle qu'il faudrait que l'Etat compense à hauteur d'environ 10 millions [au profit des filières] pour respecter son engagement de 40% de contribution », avance Marie Laborde dans un SMS. L’Etat doit en effet couvrir 40% des plus de 90 Meur estimés de la prochaine campagne.
Volaille : Maître Coq veut amplifier le rayon snacking de volaille grâce à un pané inédit
La deuxième marque nationale de volaille, Maître Coq (Arrivé du groupe LDC) a présenté le 2 septembre en conférence de presse une « innovation de rupture » censée dynamiser le snacking de volaille au rayon frais : des boulettes panées au cœur de sauce présentées en box. La célèbre marque de manchons et autres wings en sachet ou en box retire d’un sondage en GMS que le choix fait davantage défaut en matière de snacking de volaille que de panés de volaille : 60% d’opinions contre 44%. Le marketing déplore aussi que la part de marché du snacking de volaille n’aie quasiment pas progressé depuis 2019 (passant de 2,5% à 2,7% en CAM 7 Kantar) au rayon frais alors que les panés de volaille sont passés de 4,3% à 6,1%. Maître Coq mise sur le dynamisme des panés (premiers contributeurs de la croissance de la volaille au premier semestre), sur la forte attractivité des panés auprès des jeunes et sur la montée en puissance du snacking. Cette innovation, qui paraîtra en octobre sous l'appellation Pep's et en 3 goûts (pizza, buger, tacos), cible plus particulièrement les jeunes consommateurs et devrait s’imposer en premier lieu à l’apéritif. Produit « plaisir » par excellence, elle affiche un NutriScore D.