Agrafil du 20 septembre 2024

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La députée LR du Doubs Annie Genevard pressentie ministre de l'Agriculture

A l'issue de son entretien avec le Premier ministre le 19 septembre, le dirigeant de Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a indiqué aux députés LR les noms des ministres de leur parti «transmis par Michel Barnier» à Emmanuel Macron qui seront proposés pour faire partie de son exécutif, rapportent plusieurs médias. Parmi eux : Annie Genevard, députée Les Républicains (LR) du Doubs, département très laitier et forestier, est citée pour devenir ministre de l'Agriculture. Cette ancienne maire de Morteau, ex-présidente de l'association nationale des élus de montagne est actuellement secrétaire générale des Républicains, parti secoué par le ralliement de son président, Eric Ciotti au Rassemblement national (RN) lors des dernières législatives. Depuis son exclusion - contestée en justice - c'est Annie Genevard qui a pris depuis la tête de la gouvernance du parti avec François-Xavier Bellamy. Membre de la commission de l'éducation, Annie Genevard n'est pas une habituée des débats agricoles à l'Assemblée. D'après ses réponses à un questionnaire de la Coordination rurale en juin, ses positions agricoles collent à celles de son parti (refus du Ceta, baisses de fiscalité, abaissement des normes...) Son profil est surtout marqué par son département d'origine ; le Doubs est un des départements français où la production agricole est la plus dépendante du lait de vache. Il est connu pour son élevage très herbager, ses fromages d'appellation (Comté, Morbier, MOnt d'Or) et ses fruitières. La filière bois y est également très forte ; la forêt couvre 28% du territoire du Doubs, contre 43% pour le reste de la France.

Crise viticole : la France soumet à Bruxelles un plan d'arrachage définitif de 120 M€

Le gouvernement a soumis le 18 septembre à l'approbation de Bruxelles une campagne d'arrachage de vignes pour résorber la surproduction de vin, financée par une enveloppe de 120 M€. «La France a notifié ce jour à la Commission un dispositif de réduction définitive du potentiel viticole», annonce le ministère de l’Agriculture, qualifiant ce plan de «premier volet de réponses aux difficultés structurelles rencontrées par le secteur». Le dispositif vise l'arrachage de vignes afin de pérenniser l'activité des exploitations, avec «un montant pouvant atteindre 4 000 €/ha, pour une enveloppe prévisionnelle de 120 M€», selon le communiqué. Ce montant permettrait donc de compenser l'arrachage d'au moins 30 000 ha (sur un vignoble d’environ 800 000 ha). Fin janvier, un budget de 150 M€ sur deux ans, pouvant concerner «jusqu'à 100 000 ha», avait été évoqué par Marc Fesneau. Au même moment, le gouvernement portait à 80 M€ le «fonds d'urgence» pour les viticulteurs des régions «en crise», du Bordelais au sud de la vallée du Rhône. Le plan d’arrachage serait octroyé «pour les agriculteurs qui abandonnent, sur les surfaces ainsi arrachées, la production d'autorisation de replantation, et qui renoncent également à mobiliser ou à demander, pendant les six campagnes viticoles 2024 à 2029 incluses, des autorisations de plantations nouvelles».

Vin : la Cnaoc appelle à poursuivre le «choc de simplification» administrative

Lors de ses Rencontres à la vigne 2024 en Champagne, les vignerons d’appellation d’origine (Cnaoc) ont appelé le 19 septembre à poursuivre le «choc de simplification» administrative. «La simplification est un chantier clé pour faciliter l’activité des vignerons», a souligné le directeur Raphaël Fattier. Une priorité de la Cnaoc est la mise en œuvre rapide d’un guichet unique, en application du principe «Dites-le nous une fois» énoncé par le dernier gouvernement. «Le guichet unique permettrait d’avoir une sorte de FranceConnect de la viticulture, a-t-il expliqué. Ce serait génial d’avoir l’ensemble des services pour la viticulture sur un seul portail, avec un seul identifiant.» Au Sia fin février, le ministre démissionnaire Thomas Cazenave (Comptes publics) s’était engagé auprès de la filière sur notamment une «interopérabilité des systèmes d’information». La Cnaoc réclame en particulier un guichet unique pour le paiement des droits d’accises, déplorant qu’«il est parfois plus facile d’exporter dans l’UE». Une autre demande est d’harmoniser la doctrine sur le mesurage des surfaces, «en intégrant tous les éléments nécessaires à la bonne exploitation des vignes (fossés, talus végétalisés, murets, etc., dans la limite d’un aménagement raisonnable)».

FCO: «entre 100 et 150 millions d'euros» d'indemnisations pour les ovins (FNSEA)

L'épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO) qui frappe la France nécessitera entre «100 et 150 millions d'euros» d'indemnisations pour les éleveurs de brebis, a estimé le 18 septembre le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. «On pense que c'est à hauteur de 300 euros par brebis. On a dit qu'on pensait qu'à la fin il y aurait à peu près 10% (du cheptel) sur le carreau, il va falloir entre 100 et 150 millions. C'est sans les bovins», a déclaré le patron du premier syndicat agricole devant les députés de la commission des Affaires économiques. «L'indemnité, on n'en parle pas», a déploré M. Rousseau, en précisant qu'il s'agissait pour lui d'une indemnisation pour la perte d'un animal mais aussi d'une indemnisation pour la «perte d'exploitation», liée par exemple au fait qu'une brebis a avorté du fait de la maladie. Depuis sa première détection début août dans le nord de la France, la FCO de sérotype 3, une maladie virale transmissible par un moucheron, se propage rapidement et un total de 1.929 foyers de la maladie a été recensé d'après le dernier bilan au 12 septembre.

Lait: Sodiaal lance sa plateforme «Transitions» pour financer la «durabilité»

Sodiaal (20% de la collecte de lait en France) lance la plateforme «Sodiaal Transitions» pour financer la «transition environnementale et sociale de la filière laitière», dont la décarbonation, a annoncé la coopérative laitière à l’occasion d’une conférence de presse, le 19 septembre au Space à Rennes. «Notre grande préoccupation est d’intégrer la durabilité dans notre chaine de valeur. Notre première stratégie est tarifaire, lors des négociations commerciales avec nos clients. En second lieu, nous avons désormais un outil dédié», a expliqué le directeur des relations extérieures et du développement durable de Sodiaal, Frédéric Chausson. «Nos clients cherchent à agir sur la durabilité, mais ils ne savent pas comment faire. Nous leur apportons une solution», poursuit-il. La plateforme propose un ensemble de services (financement de diagnostics carbone, d’additifs, de méthaniseurs, de plantation de haies…) que les financeurs pourront valoriser dans leur empreinte carbone (scope 3, émissions indirectes). La coopérative pourra aller jusqu’à «allouer des litrages plus bas carbone que la moyenne de Sodiaal» (0,92kg équivalent CO2 /litre de lait) à ses clients, précise Frédéric Chausson. Sodiaal espère signer «une dizaine de contrats» d’ici un an. L'initiative s'inscrit dans la continuité du lancement de la «prime durabilité», annoncée en février. Plus de 3000 éleveurs en ont bénéficié depuis avril (jusqu’à 5 euros/1000l).

Lait: l’indicateur de prix de revient publié par le Cniel, en hausse de 14%

Les indicateurs de coût de production et de prix de revient portant sur l’année 2023, publiés récemment par le Cniel (interprofession laitière), sont en hausse. Pour une exploitation bovin lait de plaine en conventionnel, le coût de production s’élève en moyenne à 615€/1000l et son prix de revient à 485€/1000l soit une hausse de 14% par rapport à 2022. Pour les exploitations conventionnelles de montagne, ils sont de 762€/1000l et 571€/1000l (+12%). Concernant les exploitations en lait bio de plaine, ils sont de 787€/1000l et 554€/1000l (+7%) et, pour les exploitations bio de montagne, ils sont de 946€/1000l et 682€/1000l (+8%). Les éleveurs demandaient une mise à jour rapide de l’indicateur, calculé par l’Idele selon une méthode validée par le Cniel, avant les négociations entre les industriels et la grande distribution. «Il faut que les conditions générales de vente qui seront envoyées à partir du 1er novembre prennent en compte ce nouveau coût de production», a affirmé le président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) Yohann Barbe, à l’occasion de la conférence de presse du syndicat au Space, le 18 septembre. Pour assurer la marche en avant du prix, la FNPL et, plus largement, la FNSEA proposent de mettre en place une date butoir pour les négociations entre les organisations de producteurs et les industriels. 

Bovins viande: «premier» index français de fertilité des femelles filles en allaitant

L'union de coopératives Charolais univers annoncé, dans un communiqué paru le 19 septembre, avoir enrichi son catalogue de semences de taureaux d'un nouvel index dédié à la fertilité des femelles, «une première en France dans une race allaitante», assure-t-elle. Basé sur l'analyse de 200 000 inséminations, l'index résulte de «la synthèse de la réussite à l'insémination chez les vaches pour 70% et chez les génisses pour 30%». Il s'exprime selon une base 100 correspondant à un taux de réussite de 61%. «Une augmentation de cinq points de réussite à l'insémination fait gagner, en moyenne, 2,5 jours sur l'âge au premier vêlage chez les génisses et 2,5 jours d'intervalle vêlage-vêlage chez les vaches», soit un gain de 9 euro par femelle et par an, calcule Charolais univers. Il sera disponible pour 80% des taureaux présents dans le nouveau catalogue 2024-2025. Créée il y a dix ans, Charolais univers est l'union des coopératives Innoval, Elitest, Geniatest, Auriva et UALC.

Elevage: les instituts techniques lancent un comparateur de coûts d'investissement

Trois instituts techniques, l’Ifip (porc), Idele (ruminants) et Itavi (aviculture) ont mis au point, à l’initiative du premier, un comparateur sur internet de «coûts d’investissements et pratiques d'intérêt environnemental» (GT4E), qui a reçu une étoile au concours des innovations au salon Space, Innov’Space. Les principaux coûts concernés sont le stockage, l'épandage et le traitement des effluents d’élevage (lisiers, fumiers, fientes), les économies et productions d’énergie renouvelable (méthanisation agricole, photovoltaïque, chaudière biomasse), la réduction des émissions d’ammoniac, et le coût des études d’impact. Les instituts vont mettre en ligne des «calculatrices» en accès libre qui permettront à tout éleveur de déterminer rapidement ses coûts moyens. Ils ont l’objectif d’élaborer une chaîne nationale de référence des coûts d’investissements et de pratiques annexes à l’élevage. Sur le stand de l’Ifip, au Space, un concepteur a admis qu’il faudrait assurer les éleveurs de la confidentialité de leurs données et du bénéfice qu’ils pourront en tirer pour leur gestion et au titre des prestations qu’ils paient.

Elevage: la part du marché de la restauration va grimper d'ici 2033 (étude)

Selon une étude prospective de l’élevage dans dix ans, présentée au Space par Abcis et le Crédit Agricole, la part de consommation en restauration de chaque production animale va croître d’ici 2033, au risque de favoriser les importations. Cette part (versus grande distribution) progresserait entre 2023 et 2033 pour chaque filière : en poulet (de 34 à 39%), en porc (de 15 à 18%), en bœuf (de 27 à 31%) et en lait (de 13 à 15%). L’Abcis, société de conseil fondée par trois instituts en bovins, porc, volailles (Idele, Ifip, Itavi), prévoit une forte progression de la consommation de produits avicoles, en particulier poulet et œufs, aux dépens des viandes de porc et bovine, grâce à la restauration. Elle prend le parti de considérer que la production pourra se développer. Aussi, le taux d’auto-approvisionnement (production/consommation) du poulet se stabilise-t-il. Celui de l’œuf suivrait un pente douce accidentée en 2026 par les distributeurs qui ne commanderaient plus d’œufs de poules élevées en cages (les cages disparaîtraient effectivement en 2031). La Bretagne y perdrait une part de production. 

Porc: au Space, les groupements d'éleveurs s'étonnent des baisses de prix chez Cooperl

Après avoir échangé avec des salaisonniers et des abattoirs au Space (salon de l'élevage) à Rennes, les groupements d'éleveurs de porc bretons s'étonnent, dans un communiqué paru le 19 septembre, de la série de «baisses de prix successives» opérées par «le principal acteur de la filière porcine», à savoir Cooperl - dont le nom n'est pas cité. «Le prix décroche sans raison, les salaisonniers et les abatteurs que nous avons rencontré ne souhaitent pas ces baisses, rapporte Michel Bloc'h, président de l'UGPVB, à Agra presse. Je suis pour le marché, quand il faut baisser, il le faut. Mais là, je ne comprends pas.» La cotation du marché du porc français (MPF) de Plérin a perdu environ 30 centimes/kg depuis juillet, pour atteindre environ 1,8 €/kg. Les prix du porc restent toujours à des prix historiquement élevés, supérieurs à 1,8€/kg depuis deux ans, niveau qu'il n'avait atteint que quelques semaines au printemps 2001. Depuis les années 2000, le prix du porc n’a dépassé que deux fois le seuil symbolique de 1,50 €/kg. Dans ce contexte, la «politique de dévalorisation (de Cooperl, ndlr) affecte directement les éleveurs, menaçant non seulement leur survie économique, mais aussi la pérennité de l'ensemble de la filière porcine», estime l'UGPVB.

Céréales: Benoit Piétrement élu à la présidence de l'interprofession

Comme attendu, le vice-président de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA), Benoît Piétrement, a été nommé à la présidence d'Intercéréales, annonce l'interprofession dans un communiqué le 19 septembre. Il remplace Jean-François Loiseau, récemment nommé à la tête de l'Ania (agroalimentaire). À l'occasion du conseil d'administration de l'interprofession du 19 septembre, M. Piétrement a été proposé candidat par les producteurs. Le collège des producteurs est statutairement le seul à pouvoir proposer un candidat à la présidence, rappelait-il à Agra presse le 9 septembre. En tant que président de la coopérative Novagrain et du conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer, Benoît Piétrement connait déjà bien la filière céréalière. «Nous allons être dans la continuité, promettait le céréalier de la Marne. Le point majeur, c'est évidement la compétitivité de la filière, avec la récolte catastrophique de cette année, qui aura des répercussions sur toute la filière, y compris sur l'interprofession elle-même via les contributions volontaires obligatoires. Nous rencontrons aussi de graves problèmes de désherbage, avec de vraies inquiétudes sur le salissement des parcelles, face auxquelles nous allons demander de continuer d'avoir accès aux moyens de production.»

Céréales: les surfaces françaises ont reculé d'un million d'hectares depuis 2008

Après avoir progressé de 1990 à 2015, les surfaces de céréales ont reflué depuis dix ans dans les exploitations françaises - et c'est d'ailleurs le cas partout en Europe. Après avoir atteint leur pic de 9,6 millions d'hectares en 2008 et 2015, elles suivent une pente descendante qui les a conduites, en France, à moins de 8,6 millions d'hectares en 2024, rapporte le ministère de l'Agriculture dans une récente note de conjoncture. Elles atteignent leur plus bas depuis le début des années 90, qui avaient été marquées par la grande réforme de la Pac de 92. Dans le détail, ce sont surtout le blé (plus de 5 Mha en 2015, 4,3 Mha en 2024) et le maïs qui refluent, l'orge étant plutôt sur en légère croissance, continue depuis le début des années 90. Depuis 2015, les surfaces d'orge sont d'ailleurs devenues supérieures aux surfaces de maïs, souligne le ministère. Et de préciser que la baisse tendancielle des surfaces de maïs grain est «surtout localisée en Nouvelle-Aquitaine, où se trouve plus d’un quart de la sole française». Depuis 2021, ce sont notamment les oléagineux qui ont pris la place des céréales, à la faveur notamment des prix de l'huile portés par la guerre en Ukraine. Le ministère note également le doublement des surfaces de pomme de terre sur la période 1990-2024.

Grandes cultures/miel: l’Île-de-France débloque 5,5 M€ d'aide face aux crises conjoncturelles

Après avoir réuni les acteurs de l’agriculture francilienne le 19 septembre, la Région Île-de-France a annoncé le versement de 5,5 millions d’euros (M€) à destination des grandes cultures et de l’apiculture, en réponse à la «campagne catastrophique» de l’été, selon Valérie Pécresse, sa présidente. Cette offre forfaitaire de 1 500 €, à l’exploitation, concerne les exploitants ayant enregistrés des pertes supérieures à 20% de leurs rendements. En tout, quelques 3 000 agriculteurs sont concernés sur les 4 500 agriculteurs présents dans la région. Afin de les inciter à s’assurer, la région a prévu un bonus de 300 euros pour les exploitants d’ores et déjà assurés. «Nous voulons que la démarche assurantielle devienne la règle», souligne Mme Pécresse, au côté notamment de Damien Greffin, président de la FDSEA Ile-de-France et vice-président de la FNSEA, alors que le taux d’agriculteurs assurés dans la région tourne aux alentours de 50%. Enfin, un bonus de 300 euros sera accordé aux producteurs en bio «dans un contexte d’effondrement du marché». L’idée étant de «saluer les efforts» desdits agriculteurs. Parallèlement à cette aide exceptionnelle, la région a également décidé de consacrer 20 000 €, sur les 40 000 € que cela coûte, à l’organisation de couloirs de vaccination pour «sécuriser les éleveurs».

PPAM bio: d’autres espèces à «risque de détournement d’aides» recensées par la Fnab

Après la multiplication par sept des surfaces de coriandre bio en Occitanie - au point, qu’un arrêté préfectoral avait limité le 19 août le montant maximum annuel d'aides - la Fnab estime, dans son communiqué du 19 septembre, que d’autres PPAM (plantes à parfum, aromatiques et médicinales) pourraient faire l’objet d'un même effet d’aubaine: aneth, anis vert, carvi, cumin, fenouil, persil, angélique, chardon marie, livèche, plantain psyllium, psyllium noir de Provence. Autant de cultures qui se caractérisent par «des itinéraires suffisamment simples et mécanisés pour être semés sur des grandes surfaces sans intention de récolte». Pour agir, la Fnab préconise de modifier la déclinaison française de la Pac. D’une part, en plafonnant les surfaces qui pourront toucher l’aide («cette mesure pouvant s’appliquer dès 2024»). D’autre part, en baissant le montant de la rémunération pour les PPAM à risque de contournement, dès 2025, selon la fédération. Pour la Fnab, «il est urgent de mettre fin à l’hémorragie des détournements des aides à la conversion bio» pour les PPAM. Dans le cas de la coriandre bio, «l’analyse des fermes ayant demandé l’aide dans cette région montre bien qu’il s’agit majoritairement d’une démarche opportuniste d’agriculteurs conventionnels et non d’une démarche de transition vers la bio réelle et durable», souligne la Fnab.

Engrais bas carbone: Vivescia accompagne une start-up, usines espérées d'ici 2028

Le groupe coopératif Vivescia vient d'annoncer, par un communiqué le 19 septembre, une collaboration avec la start-up suédoise NitroCapt pour développer une filière de production d'engrais azotés bas carbone, avec des usines espérées à horizon 2028. Mais avant cela, une «première phase pilote, aujourd'hui déployée en Suède, doit permettre la consolidation du procédé». Si la technologie est validée, la construction d'une usine de démonstration est prévue dans la région Champagne-Ardennes. Ensuite, les deux entreprises assurent que leur objectif est «à terme, si les phases de passage à l'échelle industrielle et les essais agronomiques sont concluants, est de construire des unités industrielles de production d'engrais décarbonés compétitifs en France, sur les territoires du Nord est de la France». Elles espèrent ainsi couvrir les besoin de 750 000 hectares de terres agricoles, avec de premières implantations à horizon 2028. Les initiatives en la matière impliquaient jusqu'ici de gros acteurs de la production d'engrais azotés. En Espagne, Fertiberia a déjà noué des partenariats avec des acteurs espagnols pour commercialiser ses engrais bas carbone. En juin, Yara a inauguré une usine d’hydrogène renouvelable. Un mois plus tard, le groupe annonçait un partenariat européen «de long terme» avec Pepsico, visant à fournir aux agriculteurs des engrais décarbonés. 

Engrais : le premier point d’apport volontaire d’urine inauguré dans les Hauts-de-Seine

Depuis le 18 septembre, l’Amap des «radis actifs» située dans la commune de Châtillon (Hauts-de-Seine) met à disposition de ses adhérents un point d’apport volontaire d’urine, «une ressource fertilisante pour l’agriculture». Baptisé «Enville» et porté par le programme «Ocapi» de l’école d’ingénieurs des Ponts et chaussées, le projet vise à transformer l’urine en engrais. Destinée à Simon Ronceray, agriculteur bio installé sur une exploitation de 60 hectares dans le Loiret, elle est collectée grâce à des urinoirs d’appoints ou des bidons d’urine à domicile, puis des stations de transvasement et un camion de collecte. Pour rappel, l’urine humaine est «un fertilisant naturel (…) car elle est riche en nutriments comme l’azote, le phosphore ou encore le potassium», souligne les porteurs du projet. Aussi, elle permet de réduire l’utilisation des engrais chimiques qui «dépendent des ressources fossiles». En outre, la collecte et la valorisation de l’urine permettent de «diminuer la pression environnementale sur les cours d’eau qui reçoivent les rejets issus des systèmes d’assainissement». Pour l’heure, M. Ronceray n’épand pas l’urine sur ses cultures, par peur «de perdre la certification bio» ; l’urine humaine n’étant pas mentionnée dans le cahier des charges de la bio. Il se contente donc de l’utiliser sur des «potagers personnels» et des «haies agroforestières» en espérant voir la réglementation évoluer.

Fruits/légumes : en Italie, la tempête Boris a touché des zones de production

Depuis le 17 septembre au soir, la tempête Boris, qui a fait de nombreux ravages en Europe de l’Est,  s'est déplacée vers l'Italie avec l'Émilie-Romagne et les Pouilles, deux grandes régions production en fruits et légumes parmi les zones les plus touchées, rapporte le site Italia fruits news. Les dégâts se comptent déjà dans la province de Brindisi après une violente tempête qui a frappé la zone sud, inondant les champs et les fermes, précise Coldiretti Puglia (syndicat agricole). De très fortes précipitations ont touché les oliveraies, le raisin, mais aussi les tomates, les melons et les légumes d’été restants. Elles ont aussi endommagé les nouvelles plantations de légumes d'automne et d'hiver. En Émilie-Romagne, la quantification des dégâts sur les cultures fruitières et maraîchères reste à faire, mais de fortes inquiétudes se font pour les dernières prunes Angeleno encore à récolter. Les inondations entravent par ailleurs l’entrée dans les vergers de kiwis, de pommes et de poires dont les récoltes sont proches. Pour l’Emilie Romagne, cet évènement climatique intervient alors que la région se remets à peine de la catastrophe de 2023. A cette époque, cinq mille exploitations avaient fini sous l’eau (serres, pépinières, étables, millier d’hectares de vigne, de kiwis, de poires, de pommes et de céréales) 

Forêts : la Cour des comptes pointe la «fragilité» des finances de l'ONF

Le principe historique selon lequel «le bois paie la forêt» a sans doute vécu : l’Office national des forêts (ONF) est confronté à une «soutenabilité financière fragile» face notamment aux conséquences du changement climat, met en garde la Cour des comptes dans un rapport publié le 19 septembre. En 2023, l’ONF a dégagé un bénéfice de 53 M € pour un budget de plus de 900 M € et reste marqué par un endettement «élevé» bien qu’en baisse. Cette amélioration «tient en grande partie à la flambée du cours du bois» provenant des ventes réalisées à partir des coupes réalisées dans les forêts domaniales (40 % du chiffre d’affaires), selon Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Mais «avec son schéma de financement, l’ONF ne sera pas en mesure de répondre au renouvellement des forêts publiques à l’horizon 2050 sans une aide pérenne de l'Etat ou d'autres financements encore à trouver», prévient la Cour. D'autant que les effectifs de l'ONF, longtemps en baisse, «apparaissent désormais insuffisants pour répondre aux missions croissantes qui lui sont assignées». Le changement climatique provoque le dépérissement d'une partie de la forêt, qu'il faut reconstituer. Les surfaces concernées devraient couvrir 21 000 ha/an d’ici 2050 (contre 12 000 ha/an aujourd’hui), avec un coût de 120 M€ pour les seules forêts de l'Etat et 120 M € pour les autres forêts publiques (contre 44 M€ aujourd’hui).

Installation la CR opposée au diagnostic modulaire craignant beaucoup de «notes dégradées»

A l'occasion d'une conférence de presse au Space (salon de l'élevage), à Rennes le 19 septembre, la Coordination rurale a souligné son opposition au «diagnostic modulaire», assimilant le principe à des «notes» qui risquent de dévaloriser certaines exploitations. Inclus dans le projet de loi d'orientation agricole (LOA), avec application à horizon 2026, le dispositif, uniquement facultatif, vise à faciliter la transmission et l’installation en fournissant aux porteurs de projet des informations sur la «viabilité économique, environnementale et sociale» des fermes. Après son passage à l'Assemblée, le volet sur les sols en avait été retiré. «Il y a un risque de voir une grande majorité d'exploitations d'exploitations voir leur note dégradée», estime la présidente du syndicat, Véronique Le Floc'h. «Les agriculteurs vont devoir céder leurs exploitations pour rien ou les abandonner.» Pour l'éleveuse bretonne, nul besoin du diagnostic, car «un chef d'exploitation sait négocier». Dans la même veine, le syndicat s'est dit opposé à un autre dispositif de la LOA, le «stage de sensibilisation», qui avait été proposé par l'Assemblée en cas d'atteintes à l'environnement dites «intentionnelles», introduisant ce faisant un concept juridique de non-intentionnalité autour de ces infractions. La CR a dénoncé «une infantilisation», considérant par ailleurs que «les atteintes ne sont pas volontaires dans la grande majorité des cas».

Agenda de la semaine agricole du 23 septembre 2024

Vendredi 20 septembre
Carrefour international des matières premières au Rheu (35) par Nutrinoë et Feedsim Avenir

Lundi 23 septembre
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Pac, marchés agricoles, santé animale)
Salon Natexpo Lyon, jusqu’au 24
Point presse de la Cour des comptes européenne sur la bio
Conférence de presse de la Fédération des producteurs de crémant
Tournée vendange SGV (vignerons de champagne)

Mardi 24 septembre
Assemblée générale d’Interfel (interprofession fruits et légumes)
Conférence de presse de rentrée de la Fnil (laiteries privées)
Salon CFIA (Carrefour des fournisseurs de l’agroalimentaire) à Toulouse, jusqu’au 26
Les JA auditionnés par les députés de la Coméco
Salon Semeurs de Bio à Lempdes (Puy-de-Dôme)
Salon agricole de la Bio à Retiers Ille-et-Vilaine, jusqu’au 25
Conférence de presse La Coopération agricole Métiers du grain
Conférence de la Coopération agricole sur la directive CSRD (RSE) 
Conférence de presse Agri-éthique

Mercredi 25 septembre
La Conf' et la CR auditionnées par les députés de la Coméco
Conférence de presse de Lactalis sur sa démarche RSE
La FNSafer auditionnée par les députés de la commission Développement durable
Conférence de presse I4CE sur le financement public du système alimentaire
Salon agricole de la bio La terre est notre métier en Ille-et-Vilaine
Session commune des Académies de l’Agriculture et des sciences, sur les racines des plantes et le changement climatique
Déjeuner de presse du Synalaf (labels avicoles) à Paris

Jeudi 26 septembre
Assemblée générale du Cnaol (appellations laitières), jusqu'à vendredi
Congrès de l'Usipa (amidonniers)
Voyage de presse Géant Vert dans les Landes
Visioconférence sur la propolis de l’Unaf et la marque Propolia

Vendredi 27 septembre
Visioconférence sur les exosquelettes en agriculture