Manifestations: la FNSEA et les JA présentent leurs revendications
La FNSEA et les JA ont réclamé le 24 janvier au soir des aides «immédiates» pour les agriculteurs et un allègement des contraintes environnementales, dans une liste détaillée de demandes adressée au gouvernement en pleine mobilisation de la profession dans toute la France (télécharger le document). Alors que, selon des sources au sein de l'exécutif, le Premier ministre Gabriel Attal doit faire de premières annonces jeudi ou vendredi pour tenter de juguler une crise qui a pris encore davantage d'ampleur mercredi, la FNSEA et les JA ont listé 24 revendications dans leur document. Cela passera, selon les syndicats, par le fait d'«assurer un respect absolu des lois Egalim» de 2018 et 2021 sur le partage de la valeur entre acteurs de la chaîne alimentaire française, via «des contrôles renforcés sur tout le territoire». Sur la taxation du gazole non routier (GNR), les syndicats veulent «garantir la compensation intégrale pour tous (...) via la mise en place immédiate du crédit d'impôt et l'intégration dans le prix payé du montant actuellement remboursé», selon le document. Celui-ci exige aussi le «paiement de toutes les aides PAC immédiatement quelles que soient les raisons du non-paiement», ainsi que «le paiement dans les plus brefs délais de l'ensemble des indemnisations sanitaires et climatiques (...) dues par l'Etat» et leur défiscalisation. Sur les pesticides, il demandent notamment un «moratoire sur les interdictions». La liste mentionne aussi la nécessité d'«aider immédiatement les secteurs les plus en crise: viticulture et agriculture biologique», victime des pressions inflationnistes.
Manifestations: la Conf’ appelle l'ensemble de ses structures à la mobilisation
A l’issue d’un comité national le 24 janvier, la Conf’ appelle l’ensemble de ses structures départementales à «se mobiliser» en «solidarité» avec «les mouvements d’agricultrices et d’agriculteurs en France», selon un communiqué. Elle appelle également à «porter des solutions durables de sortie de crise et de système». «Le mot d'ordre commun de la Confédération paysanne est clair: "Un revenu digne pour tous les paysans et paysannes" et "Rompre avec le libre-échange"», expose le syndicat minoritaire. La Conf’ demande l'interdiction de la vente de produits agricoles sous leur prix de revient et la fin des accords de libre-échange passés ou en cours de négociations. Deux revendications portées hier soir à l’oreille du premier ministre Gabriel Attal et qui n’ont pas eu le soutien escompté. Le syndicat paysan annonce la mobilisation de ses antennes dans «plusieurs dizaines de départements», comme dans le Rhône, en Loire-Atlantique et dans le Var ce jeudi, dans les Pyrénées-Orientales vendredi, et en Bretagne et dans le Calvados ce weekend. Alors que la Conf’ estime qu’une «simplification administrative est nécessaire», à l’instar de nombreux agriculteurs sur le terrain, elle alerte sur «le mirage de la suppression des normes» qui permettent selon elle de protéger les conditions de vie et de travail des agriculteurs.
Manifestations : les mobilisations s’amplifient partout en France
Près d'une semaine après avoir débuté en Occitanie, la mobilisation des agriculteurs français s'est amplifiée le 24 janvier avec une multiplication des barrages routiers dans le pays pour obtenir des réponses du gouvernement, rapporte l’AFP. Dans le Sud-Ouest, des manifestants ont lancé un ballot de paille dans un restaurant McDonald's à Agen, tandis que 200 tracteurs bloquaient la rocade de Bordeaux. Parti du Vaucluse mercredi matin, un convoi d'environ 70 tracteurs a remonté l'A7, rejoint par d'autres agriculteurs de la Drôme. Sur la N7, non loin de là, un groupe de manifestants a intercepté un camion espagnol transportant des légumes surgelés et ont vidé son contenu sur la route, a constaté l'AFP. En Bretagne, dans le Centre, les Hauts-de-France ou en Occitanie, des barrages continuent de perturber la circulation sur le réseau routier. À Domfront-en-Poiraie (Orne), tracteurs et éleveurs bloquaient l'usine de camembert Président du groupe Lactalis, accusé de «fouler au pied» les lois Egalim. L’exécutif a dit avoir «entendu l'appel» des agriculteurs et fera des annonces «dans les jours à venir», a indiqué la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot, assurant qu'il n'était «pas question de venir empêcher» les blocages routiers. Elle a évoqué des pistes à l'étude sur la fiscalité du gazole non routier (GNR) et «les avances de trésorerie», ajoutant que le Premier ministre «s'est engagé à se rendre très rapidement sur le terrain».
Manifestations/européennes: la droite et l’extrême droite ciblent la majorité
La tête de liste des Républicains (LR) aux élections européennes François-Xavier Bellamy a dénoncé le 24 janvier les contradictions de la majorité présidentielle qui affirme défendre les agriculteurs à Paris «et fait le contraire à Bruxelles», lors de son premier déplacement de la campagne dans une ferme de l'Oise. «On n'a pas le droit de dire à Paris que l'on soutient les agriculteurs et de faire le contraire à Bruxelles», a déclaré l'eurodéputé sortant lors d'une réunion avec une douzaine d'agriculteurs, qui lui ont exprimé à la fois leur colère et leurs angoisses face aux normes européennes. D'après l'AFP, l’élu a assuré que les torts qu'ils ont dénoncés ne provenaient pas uniquement des écologistes, mais aussi des «élus macronistes», soulignant que Pascal Canfin, député Renaissance au Parlement européen, y préside la commission de l'Environnement. «Les élus macronistes ont voté, par exemple, pour l'accord commercial avec la Nouvelle-Zélande», a-t-il expliqué, soulignant que les députés LR s'y sont opposés. De son côté, en marge d’une manifestation devant le Parlement européen, le 24 janvier à Bruxelles, la tête de liste du parti d'extrême droite Reconquête! Marion Maréchal a dénoncé «l'hypocrisie» du gouvernement français face à la colère des agriculteurs, contestant toute «récupération» politique.
Manifestations: une initiative citoyenne européenne enregistrée «pour la défense de l'agriculture»
La Commission européenne a annoncé, le 24 janvier, l’enregistrement d’une initiative citoyenne européenne «pour la défense de l'agriculture et de l'économie rurale en Europe». Portée par le collectif espagnol SOS rural, cette initiative appelle à protéger l'agriculture et l'économie rurale en assurant l’utilisation prioritaire des terres agricoles pour la production alimentaire. Les organisateurs disposent désormais d’un délai de six mois pour lancer le processus de collecte de signatures puis d’un an pour recueillir un million de déclarations de soutien provenant d’au moins sept États membres différents afin d'obliger la Commission européenne à répondre à leurs demandes. Certains membres du collectif SOS rural manifestaient aussi le 24 janvier devant le Parlement européen aux côtés de la Coordination rurale (CR) et de l’European milk board (EMB). Véronique Le Floc’h, présidente de la CR, a dénoncé lors d’une conférence de presse la «politique ultra-libérale» de l’Union européenne qui multiplie les accords de libre-échange et ouvre la porte à «des denrées ne respectant pas nos normes». Elle participait également dans l’après-midi à une conférence organisée par l’Institut hongrois Mathias Corvinus Collegium (MCC), financé par le gouvernement de Viktor Orban, sur le thème: «Lutter contre la guerre de l’UE contre l’agriculture».
Manifestations/Belgique: un syndicat agricole wallon prévoit des «barrages» la semaine prochaine
En Belgique, un syndicat agricole a annoncé vouloir organiser des «barrages filtrants» la semaine prochaine en Wallonie. La présidente de la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA), Marianne Streel, a annoncé au quotidien belge l'Echo des «actions» à travers la région francophone «chaque jour de la semaine prochaine». «Il n'est pas question de blocages, mais plutôt de barrages filtrants» afin «d'embarquer les citoyens, de leur expliquer que l'enjeu les concerne également». «La colère dans les fermes est telle que les agriculteurs nous demandent de durcir le ton», a-t-elle ajouté, en écho aux mouvements en France, en Allemagne ou encore en Roumanie. Contactée par l'AFP, l'organisation a confirmé être en train de s'y préparer «en coordination avec d'autres syndicats agricoles», sans détails à ce stade. Au-delà des facteurs nationaux, la FWA dit partager des «points communs» de mécontentement: revenus des agriculteurs, «surcharge administrative», législations complexes ou importations déloyales. Côté flamand, l'Algemeen Boerensyndicaat (Syndicat général des agriculteurs) n'exclut pas de mener des actions de son côté, a indiqué à l'AFP l'un de ses responsables, Mark Wulfrancke. Son organisation manifestait mercredi devant le Parlement européen à Bruxelles, aux côtés de membres de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole français, et d'une autre organisation flamande, Farmers Defence Force Belgium.
Manifestations/Guerre en Ukraine: les agriculteurs polonais ont bloqué plus de 160 routes
Les agriculteurs polonais ont bloqué plus de 160 routes à travers le pays, pour dénoncer les importations «incontrôlées» de produits agroalimentaires ukrainiens et demander une révision de la Politique agricole commune. Le Premier ministre Donald Tusk a promis que son gouvernement proeuropéen, qui est arrivé au pouvoir en Pologne à l'issue des élections législatives d'octobre, tentera de trouver des solutions dans le cadre de négociations bilatérales avec Kiev. «Il y a plus de 160 blocages de routes et d'axes de circulation à travers toute la Pologne», a déclaré à l'AFP Adrian Wawrzyniak, porte-parole du syndicat Solidarité des Agriculteurs individuels (Solidarnosc RI) qui a coordonné ce mouvement de protestation prévu de durer de midi à 14H00 locales. «Nous sommes opposés aux importations incontrôlées de produits agroalimentaires d'Ukraine et demandons une révision de la Politique agricole commune», a indiqué M. Wawrzyniak contacté par téléphone. Près de 100 tracteurs ont conflué mercredi vers Ryki, dans le sud-est de la Pologne, avant de se diriger lentement en direction de la ville de Deblin distante d'une douzaine de kilomètres, provoquant d'importants embouteillages, ont constaté des journalistes de l'AFP. Après sa visite à Kiev, lundi, et à l'issue d'une réunion du Conseil des ministres mercredi, le chef du gouvernement a déclaré que son gouvernement allait trouver une solution «qui ne suscitera peut-être pas l'enthousiasme à Bruxelles, mais qui ne violera pas clairement le droit européen et qui sera, probablement difficile mais acceptable pour les Ukrainiens».
Manifestations : les sénateurs LR déposent une PPL avec 42 nouvelles propositions
À l'occasion d'une conférence de presse le 24 janvier, les sénateurs Les Républicains (LR) ont présenté une nouvelle proposition de loi (PPL) visant à «répondre à la crise agricole». Signé pour l'instant par le seul député Laurent Duplomb (LR), le texte a été enregistré à la présidence du Sénat, mais pas encore déposé. Il contient 42 nouvelles propositions, différentes de celles incluses dans leur précédente PPL dédiée à la «compétitivité de la Ferme France», adoptée au Sénat au printemps 2023. Quatre axes sont développés, a détaillé Laurent Duplomb: le premier vise à «supprimer la stigmatisation des agriculteurs», en luttant contre les intrusions, les recours, en encadrant les dons aux associations, en créant un «fonds d'aide d'urgence» sur l'influenza et la MHE. Second axe: «détendre le système normatif», en «supprimant l'OFB, pour revenir à l'Onema et l'ONCFS», en supprimant «des normes», en assouplissant les zones de non-traitement aux pesticides (ZNT), en revenant sur la loi Sempastous, ou en réautorisant le néonicotinoïde acétamipride. Troisième axe: la «simplification», avec la fin de séparation de la vente et du conseil des pesticides, de la suppression des remises, rabais, ristournes (aussi appelés 3R) ou du dispositif Phytosignal. Enfin, le dernier axe vise «la compétitivité et la souveraineté».
Manifestations/revenus agricoles: les sénateurs socialistes demandent une commission d'enquête
Alors que la mobilisation des agriculteurs s’amplifie partout en France, le groupe socialiste au Sénat a demandé, le 24 janvier, la création d'une commission d'enquête parlementaire «sur la question des revenus agricoles et des relations commerciales agroalimentaires». «Il est temps qu'un diagnostic clair, précis et transparent soit posé sur les pratiques de certains opérateurs économiques», a indiqué le groupe dans un communiqué. La création d'une commission d'enquête, aux pouvoirs d'auditions et d'enquête élargis, peut être mise à l'ordre du jour du Sénat sur décision de la Conférence des présidents. Elle peut aussi être créée par chaque groupe parlementaire, mais le groupe socialiste a déjà épuisés son quota pour la session 2023-2024. Le sénateur de la Loire Jean-Claude Tissot a interpellé l’exécutif à ce sujet lors de la séance des questions au gouvernement. «Ne nous trompons pas de diagnostic: la crise est avant tout économique à l'heure où les géants agroalimentaires se mènent une guerre toujours plus forte dont les agriculteurs sont toujours les grands perdants», a-t-il lancé. «Ce gouvernement, singulièrement sur ces sujets-là, il a beaucoup avancé, tant sur la rémunération que sur les transitions», lui a répondu le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, en proposant «d'avancer plus loin, plus vite».
Manifestations: des députés, Modem et LFI, prônent un «revenu minimum» agricole
Des députés préconisent, dans un rapport publié le 21 janvier, de mettre en place des prix planchers pour les produits agricoles, une recommandation parmi une cinquantaine destinées à promouvoir des pratiques agricoles plus respectueuses de la biodiversité. Les auteurs du rapport, Hubert Ott (MoDem) et Manon Meunier (LFI) recommandent d'«assurer un revenu minimum aux agriculteurs par la mise en place de prix planchers pour les produits agricoles et le conditionnement des marges». Cette disposition était une mesure phare d'une proposition de loi insoumise à laquelle s'était opposée la majorité, et rejetée à quelques voix près le 30 novembre. Les Insoumis ont annoncé mardi qu'ils redéposeraient une proposition de loi pour instaurer ces prix plancher. Ces prix planchers sont la clé de la «résilience économique» des exploitations et de la possibilité pour les agriculteurs d'engager une transition écologique, a plaidé Mme Meunier lors d'une conférence de presse. M. Ott, qui fait partie de la majorité, a nuancé son soutien à cette proposition: «Le prix plancher c'est un objectif qu'on peut se fixer, je pense que les conditions ne sont pas encore réunies pour qu'on puisse le faire, parce qu'on ne peut pas encourager par quelque mesure que ce soit l'importation de produits moins-disants sur le plan environnemental», a-t-il expliqué. Les rapporteurs suggèrent de «créer un chèque alimentaire sous conditions de ressources destiné à l'achat de produits issus de l'agriculture biologique»; ou d'accompagner la prise de risque associée à la conversion d'une exploitation.
Distribution: rachat confirmé des magasins Casino par Intermarché et Auchan
Le groupe Casino a signé des accords avec Auchan et Les Mousquetaires/Intermarché pour leur céder 288 hyper et supermarchés d'ici le deuxième trimestre 2024 et «sur la base d'une valeur d'entreprise comprise entre 1,3 et 1,35 milliard d'euros», selon un communiqué du 24 janvier. Dans le détail, 98 magasins, plutôt de grande taille, devraient passer sous enseigne Auchan, et 190 vont être cédés au groupement des Mousquetaires/Intermarché. Ce dernier devrait ensuite en céder 26 à Carrefour, notamment dans les zones où les acquisitions pourraient poser des problèmes de concurrence. La cession probable de magasins à Carrefour par Intermarché, révélée le 23 janvier par le quotidien économique Les Echos (article payant), n'a été ni confirmée ni démentie par les entreprises concernés. Il est prévu un transfert des magasins en trois vagues successives, au 30 avril, 31 mai et 1er juillet, précise Casino. Au sein de Casino, il «reste 23 magasins, dont 7 hypers, qui ne sont pas repris et pour lesquels l'avenir est incertain», note une représentante syndicale auprès de l'AFP. Casino était entré en négociations en décembre avec Auchan et Intermarché pour leur céder une large partie de ses magasins sous enseignes Casino ou ex-Géant, renommés depuis Casino Hyper Frais.
NBT: la commisison de l'Environnement du Parlement européen donne son feu vert
Les eurodéputés de la commission de l’Environnement du Parlement européen ont adopté (par 47 voix contre 31 et 4 abstentions), le 24 janvier, leur position sur la réglementation concernant les nouvelles techniques de sélection génomiques (NBT) reprenant les grandes lignes de la proposition initiale de la Commission européenne. Le texte définit deux catégories de NBT, la première étant considérée comme équivalente aux semences conventionnelles et donc exemptée d’étiquetage (si ce n’est sur les sacs de semences). La deuxième catégorie est, elle, soumise à la réglementation OGM avec un certain nombre de souplesses. Les parlementaires confirment également que les deux catégories de NBT ne pourront pas être utilisées en agriculture biologique. Seule différence majeure avec le projet de Bruxelles, les eurodéputés s’opposent à la brevetabilité de ces NBT. Un vote en plénière devrait maintenant se tenir dès le 6 février.
Eau : l'Europe atteint son plus bas niveau de sécheresse des sols depuis avril 2018
Début janvier, la sécheresse des sols est descendue à son plus bas niveau en Europe depuis avril 2018, rapportent les données les plus récentes de l’observatoire européen de la sécheresse (EDO) analysées le 24 janvier par l’AFP. L’indicateur européen, actualisé tous les dix jours environ, s’appuie sur les anomalies de précipitations, de l’humidité des sols et de l’état de la végétation, selon les régions et les types de climat. En revanche, il ne prend pas en compte le niveau des nappes phréatiques. Entre le 1er et le 10 janvier, la sécheresse des sols concernait ainsi 19,6 % du territoire européen et des côtes méditerranéennes, contre 35,1% l’année dernière à la même période. Cette proportion est passée sous la barre des 20% pour la première fois en six ans. Concernant la France, cette embellie s’accompagne d’une amélioration de la situation des nappes phréatiques, plus de la moitié d'entre elles étant au-dessus des normales en décembre dernier, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Le pourtour méditerranéen, en manque chronique de pluies, reste toutefois en grande difficulté, en particulier dans le Roussillon où «la sécheresse des sols (...) sera inédite pour une fin janvier», a averti le 23 janvier Météo-France.
Eau : rapide diminution des aquifères dans le monde, alerte une étude
Les eaux souterraines ont diminué dans 71% des aquifères du monde, révèle une étude parue dans la revue scientifique Nature le 24 janvier. Couvrant 1 700 aquifères, cette étude présente «la plus grande évaluation des niveaux des eaux souterraines dans le monde», selon ses auteurs. Leur baisse ne cesse de s'accentuer depuis les années 2000, et ce dans trois fois plus d’endroits qu’envisagé, avertissent les auteurs de l’étude. «Les humains peuvent inverser la tendance avec des efforts ciblés, et délibérés», précise toutefois Scott Jasechko, professeur à l’Université USBC, à Santa Barbara (Californie, États-Unis) et co-auteur de l’étude. L’article cite l’exemple de la ville Tucson (Arizona, États-Unis), où l’eau du fleuve Colorado est utilisée pour reconstituer l’aquifère de la vallée voisine d’Avra. «Le remplissage intentionnel des aquifères permet de stocker de l’eau jusqu’au moment où l’on en a besoin», précise M. Jasechko. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une méthode «moins chère, moins perturbatrice et moins dangereuse» que les réserves de substitution d’eau. En outre, «les eaux souterraines stockées peuvent également bénéficier à l’écologie de la région», souligne l’étude. À ce propos, l’une des co-autrices de l’étude, Debra Perrone, souligne que «la recharge des aquifères peut stocker six fois plus d’eau que les réservoirs de surface, pour chaque dollar investi».
Foncier: la SNFM (fermiers et métayers) veut mettre le bail cessible au goût du jour
Instauré par la loi d’orientation agricole de 2006, le bail cessible hors cadre familial reste peu utilisé, a déploré le 24 janvier la SNFM (Section nationale des fermiers et métayers de la FNSEA), qui veut le mettre au goût du jour. Tel est le thème de son congrès, organisé les 31 janvier et 1er février. «Le bail cessible a du sens pour transmettre certains outils avec de gros investissements liés à la transformation, aux énergies renouvelables, aux normes environnementales, etc.», a souligné son président Sébastien Delafosse en conférence de presse. Une de ses caractéristiques est d’offrir la possibilité au fermier de céder le bail à d’autres personnes que les descendants ou le conjoint. Par ailleurs, l’interdiction de pas-de-porte ne s’applique pas aux baux cessibles. La SNFM relève toutefois des points à améliorer. Une indemnité de fin de bail est prévue, mais la méthode de calcul n’est «pas clairement définie». «On aimerait bien que le pas-de-porte soit encadré par les commissions consultatives paritaires, ou autres», a ajouté le secrétaire général Denis Labri. L’idée étant que ce droit au bail n’aille «pas du simple au double d’une ferme à l’autre».
Lait/négociations commerciales: la FNPL appelle Bruno Le Maire à «agir» dans une lettre ouverte
Dans le contexte de la grogne des agriculteurs, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) interpelle le ministre de l’Économie Bruno Le Maire dans une lettre ouverte signée du 23 janvier sur le respect des lois Egalim dans le cadre des négociations commerciales annuelles entre industriels et distributeurs. «La FNPL ne cesse de déplorer depuis de longs mois un retour aux anciennes pratiques par les industriels et la distribution dans les processus de négociation. Donner aux producteurs les miettes des négociations commerciales: était-ce là votre but pour enrayer l’inflation?», déclare le syndicat qui reproche à Bruno Le Maire d’avoir appelé à une «baisse des prix» dans les rayons en 2024. «Aujourd’hui, les mobilisations des agriculteurs résonnent sur l’ensemble du territoire. Il est urgent d’agir Monsieur le ministre», pressent les producteurs de lait. La FNPL déplore «de voir le terme des négociations commerciales approcher alors que certaines organisations de producteurs négocient encore avec leurs acheteurs». En outre, le syndicat demande que les résultats des contrôles opérés par la DGCCRF (répression des Fraudes) soit publiés par Bercy.
Lait/RSE: la coopérative Isigny Sainte-Mère obtient la certification «B Corp»
La coopérative laitière normande Isigny Sainte-Mère a annoncé à l’occasion d’une conférence de presse, le 24 janvier, avoir obtenu la certification internationale «B Corp» qui valorise les engagements «sociétaux et environnementaux». La certification – qui repose sur cinq piliers (collaborateurs, environnement, gouvernance, clients, collectivité) – est délivrée pour trois ans par l’ONG B Lab. La coopérative a notamment été évaluée sur ses actions pour préserver l’environnement, comme la réduction de la consommation d’eau et d’énergie. Au niveau de l’amont, la coopérative a, par exemple, mis en place une aide pour les coopérateurs souhaitant investir dans un système de prérefroidissement du lait avant d’entrer dans le tank, permettant d’économiser de l’énergie. Diagnostic de bien-être animal, replantation de haies, pratique du pâturage… «Nous avons mis en avant toutes les pratiques vertueuses des coopérateurs», explique le président de la coopérative, Arnaud Fossey. Les effets des actions de l’entreprise dans son territoire sont aussi regardés. Ainsi, la démarche de «normandisation des troupeaux» (pourcentage minimum imposé de vaches de race normande) a été un argument, souligne la directrice juridique et conformité, Caroline Démoulins. Environ 350 entreprises françaises ont obtenu la certification «B Corp».
Petit fruits: une nouvelle identité pour l’AOPn Fraises de France
Par un communiqué du 24 janvier diffusé à la suite de son assemblée générale, l’AOPn Fraises de France a officiellement entériné son nouveau nom, AOPn Fraises Framboises de France, après l’arrivée de l’AVFF (Association pour la valorisation de la filière framboise) en son sein début 2023. «Le changement d’identité découle d’une volonté de rapprocher les deux filières, mais aussi de structurer la filière framboise française pour peut-être attirer de nouveaux producteurs», est-il expliqué. Cette culture offre en effet une opportunité de diversification. La framboise est encore peu développée en France et le marché dépend à 85% de l’import, selon les Douanes. Ces importations ont quasiment triplé depuis 2011, alors que, parallèlement, la consommation du petit fruit rouge a fortement augmenté (+9,8% par an entre 2016 et 2021, selon Kantar). «Il y a véritablement une place à prendre sur le marché pour les framboises françaises. Si une fraise sur deux mangée en France durant la pleine saison est française, on est loin du compte pour la framboise, dont les quantités produites sur le territoire ne parviennent pas à combler les besoins de consommation d’aujourd’hui», souligne Emeline Vanespen, directrice de l’AOPn Fraises Framboises de France, qui regroupe 500 producteurs et 37 adhérents.
Maec: en Bretagne, l'effet des budgets nationaux supplémentaires se fait sentir (professionnels)
Tous les agriculteurs de Bretagne ayant souscrit à une Maec devraient finalement bénéficier des aides de l’Etat, selon un communiqué commun de la FRSEA, des JA et de la chambre d’Agriculture de Bretagne le 24 janvier. «Notre mobilisation commence à payer ! Le préfet de région a annoncé hier que "toutes les MAEC seront honorées"», se réjouissent les trois organisations. Elles saluent «un premier signe positif» en attendant «une confirmation officielle chiffrée en Craec (commission régionale agro-environnementale et climatique, NDLR)» ce jeudi. Elles promettent aussi d’être «vigilants» sur la «mise en œuvre effective» sur le terrain, dénonçant au passage «des normes toujours plus nombreuses et contraignantes» et «une suradministration qui décourage les agriculteurs». Le 18 octobre, la FRSEA, les JA et la chambre d’agriculture bretonne avaient dénoncé un manque de 60 millions d’euros (M€) pour accompagner les agriculteurs du territoire ayant souscrit à une Maec, après une première alerte lancée par la Conf’ mi-septembre. Le 19 décembre, le gouvernement avait annoncé 150 M€ supplémentaires pour soutenir les Maec et la conversion en agriculture biologique, sans détailler le fléchage de l’enveloppe.
CBD/Chanvre : le Congrès de Nouvelle-Calédonie ouvert à la création d’une filière (presse)
Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a adopté à l’unanimité, le 18 janvier, trois propositions de vœux concernant le statut du CBD et la création d'une filière chanvre sur le territoire, rapporte un article de Nouvelle-Calédonie 1. À l’origine de cette initiative, les partis l’Avenir en confiance et l’UC-FLNKS avaient déposé trois vœux sur le bureau du Congrès en mars 2023. Désormais, ces trois vœux vont être transmis au président du gouvernement. Parmi les demandes figure la question de la suppression du cannabidiol parmi la liste des produits stupéfiants. La Nouvelle-Calédonie fait partie des derniers pays à considérer le CBD comme une substance stupéfiante, alors qu’il n’y a pas «d’effet nocif pour la santé» selon le Conseil constitutionnel, rapporte Virginie Ruffenach, cheffe du groupe Rassemblement au Congrès, à Nouvelle-Calédonie 1. Dans un premier temps, l’idée serait d’importer les produits certifiés par l’Union européenne, qui garantissent un taux de THC inférieur à 0,3%, avant d’éventuellement pouvoir se tourner vers une filière locale encadrée, rapporte Nouvelle-Calédonie 1. C’est pourquoi, le troisième vœu dépose sur le bureau du Congrès demande à ce qu’une étude de faisabilité soit réalisée, afin de déterminer s’il est possible de créer une filière chanvre sur le territoire.