Agrafil du 23 septembre 2025

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UE/Indonésie : un accord commercial en vue avec des dispositions sur l’huile de palme

Après près d’une décennie de négociations, l’UE et l’Indonésie vont conclure un accord de libre-échange : c'est ce que doivent annoncer, ce 23 septembre à Bali, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic et son homologue indonésien, Airlangga Hartarto. Cette conclusion est attendue depuis le signal politique envoyé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le président indonésien Prabowo Subianto, lors de la visite de ce dernier à Bruxelles le 13 juillet. Au niveau sectoriel, les importations d’huile de palme d’Indonésie dans l’UE devraient bénéficier d’un droit de douane nul. Une perspective dont se félicite Eddy Martono, président de l’association indonésienne de l’huile de palme dans un communiqué du 22 septembre. Et ce dernier d’ajouter que « l’accord offre également une occasion cruciale à l’UE de revoir ses mesures sur les biocarburants indonésiens et de les mettre en conformité avec les décisions de l’OMC ». Il faut dire que cette question reste un sujet récurrent de tensions entre les parties. Autre sujet de préoccupations : la réglementation européenne sur la déforestation qui doit entrer en vigueur à la fin de l’année 2025 et où l’Indonésie figure parmi les pays à risque standard.

Pac : les ministres de l’Agriculture très critiques envers les propositions de Bruxelles

Pour leur premier débat officiel sur les propositions de la Commission européenne pour la future Pac post-2027, le 22 septembre à Bruxelles, les ministres de l’Agriculture de l’UE se sont montrés très critiques. Leurs principales attaques portent, à ce stade, sur le manque de budget (en baisse d’environ 20 %), la disparition du second pilier, le risque de renationalisation ou encore l’éparpillement des dispositions de la Pac dans différents règlements (Pac, cadre financier pluriannuel, cadre de performance). Pour l’Italie, « on met à la poubelle 60 ans de Pac ». La Lituanie qualifie la proposition de « catastrophe ». Quant à la France, elle exprime son « incompréhension ». Le Portugal dénonce, lui, une politique « sans vision commune qui ouvre la voie vers la renationalisation ». Les ministres se préparent donc à de longues négociations. Et leur premier combat va être de tenter de récupérer la main sur le dossier. Beaucoup de délégations ont en effet demandé que l’ensemble des dispositions concernant la Pac qui sont réparties dans au moins trois règlements soient réunis dans un même texte. À défaut, ils souhaitent que les articles concernés soient traités par le Conseil Agriculture. Le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, a pour le moment proposé aux délégations de travailler de façon bilatérale avec leurs experts pour apporter des détails sur les chiffres du budget.

Pac post-2027: les FRSEA Grand Ouest ouvertes à « combiner » aides à l'actif et à l'hectare

À l'occasion de la dernière édition du Space, les agriculteurs des FRSEA du Grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) ont présenté au personnel politique leur positionnement sur la réforme de la Pac, tandis que les positions de la France ou de la FNSEA restent encore largement à préciser. Parmi leurs propositions les plus distinctives, les fédérations se disent prêtes à « réfléchir à une combinaison d’aides à l’hectare et à l’actif ». Lors des négociations des précédentes Pac, la France n'avait pas défendu de bascule vers l'aide à l'actif, arguant d'un risque de transfert budgétaire vers les pays de l'Est, plus pourvoyeurs de main-d'œuvre. Selon les FRSEA de l'Ouest, cette redistribution pourrait « mieux refléter la réalité des systèmes agricoles de nos régions Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, où les productions animales et végétales spécialisées nécessitent un recours important à la main-d’œuvre agricole et la volonté de renouveler les générations d’agriculteurs ». Par ailleurs, les FRSEA soulignent un besoin de renforcer les organisations de producteurs (OP), ainsi que les associations d'OP, d'inciter à la contractualisation et d'ouvrir les programmes opérationnels (PO) à davantage de filières – la filière porcine est notamment intéressée. En outre, elles souhaitent « revaloriser les aides à l’installation et à la transmission », et « adapter l’aide JA selon les productions et les besoins d’investissements ».

Coopératives : vers une fusion entre Terrena et Agrial

Les dirigeants de Terrena et d’Agrial ont annoncé le 22 septembre le lancement d’un « projet de rapprochement stratégique » qui pourrait aboutir à une fusion des deux groupes coopératifs, selon un communiqué commun. « Ce projet porté par les conseils d’administration des deux coopératives, est actuellement en phase d'étude et sera soumis au vote des adhérents réunis en assemblées générales ». Il sera discuté au cours de l’année 2026. Cette fusion aboutirait à créer le premier groupe coopératif français avec 12,7 Md€ de chiffre d’affaires et 4,5 % de la production agricole nationale. Le projet aura pour objectif de « densifier notre maillage territorial afin de maintenir un haut niveau de service et d’accompagner le renouvellement des générations », « construire des filières agricoles et agroalimentaires créatrices de valeur pour tous » et « accompagner la transition agroécologique au plus près des territoires », selon un communiqué. La coopérative normande Agrial, basée à Caen, est présente dans les légumes, les céréales, la charcuterie, le lait, le cidre et détient un réseau de 290 magasins. Terrena, basée à Ancenis, est surtout présente dans la volaille, les œufs, les viandes bovine et porcine, les productions végétales, les vins effervescents et possède un réseau de 115 magasins.

Coopératives : le groupe Axéréal innove et nomme six directeurs généraux

Finie l’organisation classique basée sur un seul directeur général ! Axéréal innove et en dévoile le contenu à Agra Business. Le groupe coopératif fait évoluer son modèle d’organisation managériale et de gouvernance, pour « plus d’agilité et de performance ». Jusque-là, les activités du groupe se déclinaient en trois pôles : agriculture, malt et meunerie, pilotés par trois directeurs, rattachés au directeur général Paul-Yves L’Anthoën, qui a, pour rappel, quitté le groupe mi-juin. Aujourd’hui, six métiers groupes sont créés avec à la tête de chacun, un directeur général : « Agriculture France » sera piloté par Marie-Laure Bolentin-Pomerol ; « Agriculture Europe centrale » par Thierry Blondel ; « Malt » (Boortmalt) par Yvan Schaepman ; « Meunerie » (Axiane Meunerie) par David Hubert. Ce dernier s’occupera également de la nouvelle branche « Activités spécialisées » qui mise sur la proximité. Enfin, les métiers liés aux « Protéines végétales » seront portés par la société Intact, dirigée par Alexis Duval, dont Axéréal est un partenaire majeur. Chaque directeur général d’activité sera amené à piloter sa business unit en toute autonomie, en lien avec son comité référent d’administrateurs – l’objectif étant là aussi de permettre à chaque administrateur de gagner en compétence. Quant aux équipes corporate, elles sont placées sous la direction générale de Xavier Boulat. Pour précision, les nouveaux directeurs généraux nommés faisaient déjà tous partie du groupe. De même, cette réorganisation ne nécessitera pas, selon Axéréal, de nouveaux recrutements au sein du conseil d’administration. (Anne Gilet)

Loup : l’État envisagerait un système de tirs sur déclaration, sans condition (ONG)

Alors que le statut de protection du loup a récemment été abaissé en Europe, l’État envisagerait de passer à « un simple système déclaratif » pour les tirs de défense (au lieu des actuelles autorisations préfectorales), indiquent plusieurs associations environnementales* dans un communiqué le 22 septembre. Cette proposition doit être présentée lors d’un Groupe national loup mardi 23 septembre. Selon les ONG – qui dénoncent « l’ouverture d’une chasse aux loups » –, le futur système ne reposerait « plus sur aucune conditionnalité », contrairement au régime actuel qui nécessite la mise en place de moyens de protection. Un « plafond annuel du nombre maximum de loups pouvant être tués » serait toutefois maintenu. D’après Jean-David Abel (France nature environnement), après l’abaissement du statut de protection juridique du loup, un groupe de travail sur l’évolution de la réglementation a démarré en juin. Le futur système aurait été présenté lors d’une nouvelle réunion de ce groupe le 8 septembre ; il aurait fait l’objet d’un arbitrage du Premier ministre François Bayrou avant sa chute. Autant d’éléments corroborés par la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), auprès d’Agra Presse. * FNE, Ferus, WWF, Humanité et biodiversité, Aspas, LPO

Bovins/DNC : suffisamment de vaccins pour la nouvelle zone réglementée (ministère)

« Les doses de vaccins sont en stock suffisant en France pour démarrer la vaccination » dans la nouvelle zone réglementée autour du foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) confirmé le 18 septembre dans le Rhône, a indiqué le cabinet de la ministre de l’Agriculture le même jour. Établie dans un rayon de 50 km autour du cas, la zone réglementée regroupe « environ 350 000 bovins », selon un message à la presse ; les mouvements entrants et sortants d’animaux y sont interdits, et la vaccination y est rendue obligatoire. Après le cas du 18 septembre, survenu sur un animal issu d’un élevage de 150 vaches laitières de Saint-Laurent-de-Chamousset, « les enquêtes épidémiologiques sont en cours », indique le ministère. De son côté, la préfecture du Rhône a précisé dans un communiqué que « neuf suspicions ont été levées ce dimanche 21 septembre ». Par ailleurs, les autorités ont interdit l’entrée des bovins dans l’abattoir de Saint-Romain-de-Popey (Rhône), situé en zone réglementée, en raison de « manquements » en matière de « nettoyage des véhicule de transport » et des bouveries. La préfecture a aussi annoncé « la visite des vétérinaires libéraux dans les élevages les plus proches de celui contaminé », ainsi que des patrouilles de gendarmerie pour vérifier que « l'interdiction de déplacement des bovins est respectée ».

Bovins/DNC : la région Auvergne-Rhône-Alpes débloque une aide de 300 € par bovin abattu

Dans un communiqué du 19 septembre, la région Auvergne-Rhône-Alpes annonce qu’elle « débloque une aide d’urgence pour les éleveurs » concernés par un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Inscrite dans le régime des minimis, celle-ci s’élève à 300 € par bovin – laitier ou allaitant – euthanasié dans le cadre d’un abattage sanitaire sur ordre de l’administration (400 € pour les jeunes agriculteurs bénéficiaires d’une DJA). Sur le site internet du Conseil régional, deux conditions sont précisées pour accéder à l’aide : les bénéficiaires doivent avoir vacciné « l’ensemble des bovins » présents en zone réglementée et « s’engager à poursuivre leur activité agricole ». Complémentaire de l’indemnisation de l’État, l’aide de la région Aura « vise à apporter un soutien en trésorerie » aux élevages concernés. Le dispositif doit encore être validé par un vote de la Commission permanente de la région. Depuis l’apparition en France de cette maladie strictement animale fin juin, 79 foyers de DNC ont été comptabilisés dans l’Hexagone, dans 47 élevages, pour plus de 1 700 animaux abattus. Après deux semaines sans cas, un nouveau foyer a été confirmé le 18 septembre dans l’ouest du Rhône, aboutissant à la création d’une nouvelle zone réglementée.

Porc : nouveau foyer de PPA dans l‘est de la Croatie, 12 000 cochons vont être abattus

La Croatie a entamé le 22 septembre l'abattage de près de 12 000 cochons après l'apparition du virus de la peste porcine africaine (PPA), hautement contagieux et mortel, dans une grande ferme de l'Est du pays, ont annoncé les autorités. « L'action [d'euthanasie] a été entamée par l'inspection nationale, en coopération avec le propriétaire de la ferme » où l'épidémie a été détectée, a déclaré le ministre croate de l'Agriculture, David Vlajcic aux médias le 22 septembre. Selon la télévision nationale, environ 10 000 cochons seront abattus dans cette ferme de Sokolova (Est) et environ 1 600 dans une autre ferme de la même région, connue pour ses nombreux élevages de cochons. La façon dont le virus est apparu dans cette ferme « hautement sophistiquée » n'est pas encore connue, mais selon le ministre il s'agirait « à 99 % d'un facteur humain ». Les autorités ont mis en place une surveillance sur 54 fermes comptant plus de 1 000 animaux, et renforcé le contrôle à la frontière, a ajouté le ministre. « Il sera certainement nécessaire de prendre des mesures un peu plus radicales », a de son côté déclaré le ministre de l'Intérieur, David Bozinovic, ajoutant que l'armée pourrait aussi être engagée. Selon la plateforme française ESA, la Croatie avait recensé 21 foyers de PPA en élevage entre le 1er janvier et le 15 septembre.

Élevage/restauration collective : Paris s’approvisionnera sur les conseils de Welfarm

Paris s’engage à proposer autant que possible en restauration collective des aliments issus des meilleures pratiques en matière de bien-être animal, annonce Welfarm dans un communiqué le 18 septembre. L’association de protection animale rapporte que les adjoints à la mairie Audrey Pulvar (alimentation durable) et Christophe Najdovski (biodiversité et condition animale) ont signé le 16 septembre sa charte Etica. Du fait des 28 millions de repas servis par an dans 1 300 restaurants collectifs ou portés à domicile, les services de restauration de Paris pèseront considérablement en faveur du bien-être animal, mesure Welfarm. Dans le cadre de sa démarche Etica, les professionnels de la restauration collective reçoivent une aide personnalisée dans leur choix des labels et signes de qualité contribuant à un niveau de bien-être animal satisfaisant, est-il expliqué. Le Conseil de Paris avait voté l’adhésion de la ville à la démarche Etica en juillet. L’un des objectifs de l’actuel Plan alimentation durable de Paris (2022-2027) est un approvisionnement 100 % durable (dont 75 % bio) en restauration collective municipale, le bien-être animal en étant une composante.

Viande bovine : la Caveb renforce son activité bovine avec le rachat de Bétail Bressuirais

La Caveb, coopérative agricole implantée à Châtillon-sur-Thouet (Deux-Sèvres), renforce son pôle bovin, en reprenant le négoce de viandes bovines maigres Bétail Bressuirais, basé à Bressuire et fondé en 1993 par Thierry Bodet. Ce dernier fait valoir ses droits à la retraite, laissant derrière lui une structure de deux salariés et un réseau de fournisseurs et d’acheteurs bien établi. La transaction a été signée le 30 juin, pour un montant de 59 000 €, avec une prise d’effet fixée au 1er juillet. Grâce à cette opération, la coopérative prévoit d’intégrer environ 1 000 bovins supplémentaires par an dans ses circuits, dont 600 maigres et 400 gras. Ces animaux viendront alimenter les filières locales, une partie étant remise en place dans les élevages d’adhérents à la coopérative. Une aubaine pour la coopérative, alors que la tendance est à la baisse des cheptels. Ce rachat pourrait également permettre à la Caveb de voir quelques nouveaux adhérents la rejoindre. La coopérative de producteurs de viande fédère environ 800 producteurs de bovins, ovins et caprins dans les Deux-Sèvres, la Vienne et la Vendée, et emploie près de 45 salariés. En 2024, elle a dégagé un chiffre d’affaires de 54 M€. (Elena Blum)

Produits laitiers : les ventes d’ultra-frais en hausse, hormis la crème fraîche

Le marché des produits laitiers ultra-frais en grandes surfaces confirme sa reprise depuis le début de l’année en France, selon Syndifrais (industriels des produits laitiers), qui cite les données de Circana. Les ventes de ces produits sont en hausse de 1,7 % en volume entre janvier et août 2025, hors crème fraîche, qui à l’inverse voit reculer ses volumes vendus de 1,3 %. « Les fortes chaleurs du début d’été semblent en avoir freiné la consommation », note Syndifrais. Selon le syndicat, le marché des produits laitiers frais en grande distribution représentait en 2024 un chiffre d’affaires de 6,05 Md€ (1,77 Mt). Les industriels déplorent les pénuries de fruits utilisés pour leurs recettes en raison de récoltes affectées par les aléas climatiques, en particulier les fraises de Pologne, les framboises de Serbie, les abricots d’Espagne, d’Italie, de Grèce et de Turquie, les griottes d’Europe de l’est et les cerises noires de Grèce, de Turquie et de Bulgarie. Ces pénuries ont pour conséquences « des prix en forte hausse pour la plupart des fruits majeurs utilisés dans les produits laitiers frais », ainsi qu’un « risque de rupture pour certains ingrédients, notamment les cerises ». Les industriels mettent aussi l’accent sur le prix du cacao, qui « se maintient à des niveaux très élevés, ce qui pèse sur les coûts de nombreux desserts lactés ».

Alimentation animale : Sodiaal appuie Biodevas pour ses solutions contre les mammites

La coopérative laitière Sodiaal va intégrer les solutions mises au point par le laboratoire Biodevas dans le cadre du projet Neolac pour la filière laitière. Ces « solutions feront désormais parties de la gamme d’outils Sodiaal offrant à ses producteurs un meilleur rendement économique de leur exploitation, une amélioration de la santé animale et une diminution de l’empreinte carbone du lait », indique un communiqué. Sodiaal a participé à la mise au point de ces solutions en les testant dans 120 fermes de son réseau. Ces solutions nommées Qualimilk, Draistimix et Parlac contribuent à « diminuer les mammites et donc la consommation d’antibiotiques de l’ordre de 30 à 50 % selon le produit », à « augmenter le rendement économique des fermes laitières entre 300 et 3 700 € par an » (pour une ferme moyenne) et à « améliorer la santé des animaux (veaux/vaches) et donc leur bien-être ». Grâce à ces nouveaux produits, Biodevas prévoit que, à « l’horizon 2027, ces trois produits devraient représenter 30 % du volume de ses ventes Ruminants et devenir des références majeures ». Quant à Qualimilk, 15 % du cheptel français pourrait être supplémenté avec cette solution d’ici cinq ans, selon le laboratoire.

Syndicalisme : la Coordination rurale prévoit des actions avant la fin de l’année

« On n'est pas un syndicat caporalisé, on ne dit pas : " Allez manifester ce jour-là ", les départements peuvent prendre l'initiative. Mais il y aura de l'action avant la fin de l'année », a promis le secrétaire général de la Coordination rurale (CR) Christian Convers, lors d’une conférence de presse à Paris le 22 septembre. Alors que la FNSEA appelle à la mobilisation le 26 septembre à travers des initiatives décentralisées, la CR – qui avait tenté en vain en janvier 2024 de faire entrer une cohorte de tracteurs dans Paris – n'a pas dans l'immédiat lancé de mot d'ordre. « On s'inscrit d'abord dans le dialogue, pour mettre en avant et faire valider toutes nos propositions, qui s'inscrivent dans une souveraineté alimentaire », a déclaré à la presse la présidente de la CR Véronique Le Floc'h. La CR demande à être reçue par le Premier ministre, qui « a redit au moment de son investiture la volonté d'avoir de la production en France », a souligné M. Convers. « L'avenir n'est pas le blocage de la France, c'est le déblocage de l'agriculture », a-t-il ajouté.

PLF 2026 : la CR veut transférer la charge des mesures environnementales vers le MTE

En vue de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, la Coordination rurale (CR) a présenté, lors d’une conférence de presse à Paris le 22 septembre, une série de mesures destinées à transférer la charge de mesures agro-environnementales du ministère de l'Agriculture vers le ministère de la Transition écologique. La CR propose ainsi le transfert du budget du volet agricole de la Planification écologique, dont elle estime le montant à environ 265 M€/an. La raison : « Le budget du ministère de l’Environnement a doublé en cinq ans en euros constants (…), alors que celui du ministère de l’Agriculture, en base 2000, est resté stable, passant d’environ 4,42 Md€ à 4,46 Md€ », a commenté exprimé Véronique Le Floc'h, sa présidente. Ces transferts permettraient de financer les revendications de la CR pour soutenir l’agriculture. Parmi elles : le retour au système basé sur le fonds national des risques et calamités agricoles, le relèvement du seuil des aides de minimis pour le secteur de l'agriculture à 300 000 € (contre 50 000 € actuellement) ou encore le remplacement de l’ICHN (indemnité compensatoire de handicaps naturels) par un crédit d’impôt.

Céréales : l’Argentine supprime la taxe à l’export jusqu'au 31 octobre

Le gouvernement argentin a annoncé le 22 septembre l'élimination des taxes sur les exportations de céréales jusqu'au 31 octobre, a indiqué le porte-parole présidentiel Manuel Adorni sur le réseau social X. L'objectif est de « générer un plus grand apport en dollars », a-t-il déclaré, à un moment où l'Argentine cherche à obtenir un prêt du Trésor américain pour faire face aux échéances de sa dette et calmer les turbulences financières. L’export de grains constitue une importante source de devises pour l’Argentine, justifiant cette suppression. Il s’agit d’une promesse de campagne que le dirigeant argentin Javier Milei n’avait pu tenir jusqu’ici. La période s’avère toutefois très courte pour le moment. Une suppression des taxes à l’export est susceptible de rendre les origines argentines plus attractives sur la scène internationale. L’Argentine constitue un concurrent notable de l’Hexagone concernant les exportations de céréales (en particulier de blé tendre), notamment vers le continent africain. La France subit plus largement une forte concurrence internationale, émanant surtout de l’Europe de l’Est. Pour rappel, FranceAgriMer prévoit moins de 10 Mt d’export hexagonal vers les pays tiers sur la campagne commerciale 2025-2026.

NGT : l’UFS précise sa position au sujet de la propriété intellectuelle (presse)

Le syndicat représentant les semenciers français (UFS) a officiellement précisé, le 22 septembre à nos confrères de Réussir.fr, sa position au sujet de la brevetabilité des traits issus des NGT (nouvelles techniques génomiques). Comme nous l’indiquions dans nos colonnes, l’organisation souhaite maintenir un équilibre entre les systèmes de protection intellectuelle que sont le COV (certificat d’obtention végétale) et le brevet. Si le COV reste un pilier essentiel pour les semenciers français et européens, il n’est pas adapté aux « rythmes de sélection » qui s’accélèrent depuis quelques années, explique au média le vice-président Rémi Bastien. Le syndicat appelle à faire évoluer la réglementation européenne et à imposer la transparence, l’exhaustivité et la diffusion de l’information via une base de données privée (Pinto) ou publique (catalogue européen des variétés). Enfin, l’UFS réclame le maintien de l’exemption du sélectionneur, l’interdiction de breveter des traits natifs, et garantir l’accessibilité des brevets pour tous les acteurs à des conditions « justes et raisonnables ».

Pesticides : jusqu’à 140 t dans les nuages au-dessus de la France (étude)

Une étude franco-italienne à paraître en octobre dans la revue Environmental Science & Technology fait apparaître que les nuages sont un réservoir à pesticides bien plus grand que ce que l’on imaginait, rapporte le journal Le Monde le 20 septembre (article payant). Les auteurs ont recherché plus de 400 substances actives (herbicides, insecticides, fongicides et leurs métabolites) dans six échantillons de nuages recueillis à différentes saisons au sommet du Puy de Dôme (1 500 m d’altitude). Plus d’une trentaine de molécules ont été détectées dans au moins un prélèvement. « L’un des points les plus alarmants de ces résultats est que, dans au moins un tiers des échantillons, la concentration totale de pesticides est supérieure à la limite de qualité pour l’eau potable », indique la chercheuse Angelica Bianco au Monde, la limite de qualité étant établie à 0,5 µg/l d’eau pour la somme des pesticides identifiés. Elle ajoute que ces résultats sont vraisemblablement sous-estimés, car le glyphosate n’a pu être recherché dans les échantillons. En extrapolant, les chercheurs estiment que, selon la couverture nuageuse du moment, entre 6 à 140 t de substances actives sont présentes dans les nuages en circulation au-dessus du sol français. Parmi les substances retrouvées, plusieurs sont interdites de longue date en Europe comme l’atrazine, le carbendazime et le fipronil.

Pommes bio : 10 % de récolte en plus pour la variété Juliet et un virage à l’export assumé

La pomme Juliet, produite exclusivement en bio et en France, célèbre les 20 ans de la création de son association Les Amis de Juliet, créée en 2005 pour structurer la démarche et fédérer les producteurs. Cette saison s’annonce pléthorique : 10 % de récolte en plus en volume, soit entre 24 à 25 000 t, « au pic maximum des vergers ». Les premières récoltes démarreront à la fin du mois, pour un début de commercialisation autour de la mi-octobre. Dans les premières années de forte croissance du bio, le programme de plantation de 100 ha par an (300 ha sur trois ans) a permis d’atteindre un groupe consolidé de 190 producteurs sur 650 ha de vergers. Mais les 20 ans, c’est aussi l’heure de la maturité, sans nouvelles plantation, en attendant un relais de croissance venu d’une diversification de débouchés, en particulier vers l’export. Depuis l’essoufflement du marché bio post-Covid, le grand export a progressé pour atteindre 25 % des ventes, notamment vers l’Asie (Vietnam, Singapour, Taïwan, Malaisie, Philippines, etc.), le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud avec un Brésil émergeant. « Jusqu’à fin février, le grand export représente la moitié de nos ventes », confirme désormais Jean-Noël Carles, producteur et président de l’association Les Amis de Juliet. « On a besoin de cet élargissement commercial pour récréer une dynamique de plantations de Juliet sur le territoire. Le point positif, c’est que l’origine française a de la valeur à l’export. » (Florence Rabut)

Ail : dans l’Hérault, un cas suspect de botulisme, les produits rappelés

Dans un communiqué du 19 septembre, le ministère de l’Agriculture indique que les autorités sanitaires nationales ont été informées « d’un cas cliniquement évocateur de botulisme » faisant suite à la consommation d’ail confit vendu par la société héraultaise Le Tapenadier sur le marché de Sommières (Gard). « L’ail confit, acheté début septembre, avait été conditionné sous vide et laissé à température ambiante, ce qui est favorable au développement de la bactérie et des toxines botuliques », est-il-indiqué. Un rappel de l’ail confit vendu sous vide, ainsi que des produits en conserves (tapenades, préparation à tartiner) fabriqués par Le Tapenadier, a été décidé. Les produits concernés par le rappel ont été vendus sur les marchés de Sommières, Lattes, Sète, Béziers, Vendres-Plage (Hérault) et Port-la-Nouvelle (Aude), ainsi qu’en ligne. L’enquête de la Direction départementale de la protection des populations de l’Hérault a par ailleurs montré que « les conditions de maîtrise des risques sanitaires n’étaient pas réunies » chez l’exploitant. Le préfet de l’Hérault a décidé une suspension de l’ensemble de l’activité de production de la société.

Fraises : la production européenne a reculé de 13 % en une décennie

À l’occasion du dernier congrès international de la fraise qui s’est tenu à Anvers (Belgique) entre le 17 et le 20 septembre, Philippe Binard, délégué général de Freshfel, l’organisation européenne des fruits et légumes, a indiqué que la production européenne de fraise avait reculé de 13 % sur la dernière décennie, avec une surface de production globale de 74 000 ha. Le secteur présente un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros (Md€). « Le secteur européen de la fraise fait preuve de résilience et s'adapte proactivement aux normes strictes de durabilité, de sécurité et de conformité de l'UE », a-t-il expliqué. La fraise est principalement vendue localement : 60 % des 1,2 million de tonnes produites sont consommées dans les États membres où elles sont cultivées. « Le dynamisme du marché est illustré par un commerce intra-UE important de 400 000 tonnes, soit 1,3 milliard d'euros », a précisé le délégué général de Freshfel. L'Espagne est le premier producteur de l'UE, suivie des Pays-Bas et de la Belgique. La Grèce et la Pologne sont des marchés émergents. « Les importations ne dépassent pas 20 000 tonnes et ont diminué de 22 % au cours de la dernière décennie. Les principaux fournisseurs hors UE sont le Maroc et l'Égypte », a conclu Philippe Binard.

Horticulture : les végétaux d’intérieur et les fleurs progressent en jardineries

Une récente étude conduite par le cabinet Xerfi Specific pour le compte de l’interprofession horticole Valhor souligne la progression des végétaux d’intérieur (y compris la fleuristerie) dans le chiffre d’affaires des jardineries (3,1 Md€ en tout en 2024). Ceux-ci représentaient 11 % du CA en 2020 et ont régulièrement progressé pour atteindre 13 % en 2024 (9,5 % pour les végétaux et 3,5% pour les fleurs). Parallèlement, les végétaux d’extérieur (produits de pépinières, plantes à massif, bulbes, plants et semences) sont passés de 34 % à 31 %. En 2024, l’ensemble de la famille « végétaux » demeure le premier poste de vente en jardineries, avec 42,5 % du chiffre d’affaires (suivi par l’animalerie à 20,5 %). Ces chiffres s’inscrivent dans un panorama baissier de cette branche de distribution : en 2024, le nombre de points de vente (1 580) a reculé de 3 % par rapport à 2022, retrouvant son niveau de 2020. De même, le chiffre d’affaires est en baisse de 4,5 %, restant toutefois supérieur à celui de 2018 (2,9 Md€).

Évènementiel/élevage : un Space pourrait ouvrir au Sénégal (presse)

Un salon jumeau du Space de Rennes pourrait bientôt avoir lieu au Sénégal pour répondre aux attentes des éleveurs africains et des entreprises françaises, selon un article de Ouest-France du 18 septembre. « On serait coorganisateur, il reste une date à trouver », a confié au journal Anne-Marie Quéméner, commissaire générale. Plusieurs motifs à ce projet : le développement de l’élevage en Afrique de l’Ouest (en particulier l’aviculture), qui offre des opportunités aux fournisseurs en génétique, équipements ou nutrition animale, ainsi que la demande des professionnels africains, « qui ont parfois des difficultés à obtenir des visas pour venir chez nous », souligne la commissaire générale. Un Space en Afrique est aussi une demande des exposants, « pour leur faciliter l’accès au marché africain », assure-t-elle. Les Africains, du Sénégal, du Bénin, de Côte-d’Ivoire, de Guinée ou encore du Togo, représentent près d’un tiers des 12 000 visiteurs étrangers dans les allées, souligne l’article. Le Space a organisé cette année une formation sur la conduite d’un élevage en zone tropicale.

Évènementiel/élevage : le Space « bat tous ses records » avec plus de 102 000 visiteurs

Le Space, qui s’est tenu du 16 au 18 septembre au Parc-Expo de Rennes, « a battu tous les records » en accueillant 102 528 visiteurs, se sont félicités ses organisateurs dans un communiqué le 22 septembre. Plus de 14 000 d’entre eux venaient de l’étranger – de 125 pays, ce qui « constitue également un record ». Comme le précisent les organisateurs du salon spécialisé dans l’élevage, « la journée du mercredi a été particulièrement fréquentée avec 45 781 visiteurs (record historique du Salon) ». Les exposants, quant à eux, étaient 1 230, en provenance de 40 pays. Côté politiques, un ministre africain a participé « pour la première fois » à l’inauguration du salon : Mabouba Diagne, ministre sénégalais de l’Agriculture. Son homologue française, Annie Genevard, s’est rendue elle aussi à Rennes, mais sans expression publique, le gouvernement démissionnaire ne pouvant gérer que les affaires courantes. Cette 39e édition, également marquée par les maladies animales, était la première sous la présidence de Didier Lucas, élu à la tête du salon en juin. La prochaine se tiendra du mardi 15 au jeudi 17 septembre 2026.

Don agricole : Solaal a géré un surplus exceptionnel de pommes de terre

Solaal a bénéficié de 1 918 t de dons de pommes de terre depuis le début de 2025, contre 1 300 t en 2022, année haute, dont 942 t pour le seul mois de mai, selon le dernier bilan de l’association collectrice pour l’aide alimentaire, transmis à Agra Presse le 22 septembre. Exceptionnellement, 270 t, fournies avant l’été par la société Chipex (spécialisée en pomme de terre industrielle et principal donatrice des Hauts-de-France en volume) ont été transformées en 48,8 t de flocons de purée dans l’usine Mousline de Rosières-en-Santerre, selon un communiqué de Solaal du 1er septembre. Une opération réalisée à ses frais, a précisé la directrice de Solaal, des capacités de production ayant été trouvées avant la pause estivale. Ces dons importants s’expliquent par la chute du prix de la pomme de terre, qui a poussé de nombreux agriculteurs à se tourner vers le don pour éviter de perdre leur récolte. Les structures bénéficiaires n’avaient pas les capacités pour réceptionner, conditionner, conserver et distribuer ces pics de volumes. D’où la solution de la transformation. Tout a été distribué, annonce Solaal, alors que les glanages se poursuivent dans le cadre des journées du don agricole, tout au long de septembre.

Semences : Claude Tabel, nouveau président du Conseil de surveillance du groupe RAGT

Le conseil de surveillance du groupe RAGT a désigné Claude Tabel comme son nouveau président. Il succède à Daniel Segonds, arrivé au terme de son dernier mandat en juin, après avoir occupé ce poste durant douze ans. De juillet 2013 à décembre 2021, Claude Tabel a occupé la présidence du Directoire du groupe. Ce poste est depuis piloté par Laurent Guerreiro. Pour rappel, le conseil de surveillance exerce un contrôle de la gestion et des orientations données par le directoire. Claude Tabel a par ailleurs assuré la présidence de l’UFS, l’Union française des semenciers, de 2019 à 2022. (Anne Gilet)

Précision sur les délégations interministérielles supprimées

Contacté par Agra Presse le 19 septembre, le cabinet du Premier ministre Sébastien Lecornu a précisé les raisons de la suppression de la délégation interministérielle chargée du suivi des conclusions du Varenne agricole, soulignant l’existence d’un autre délégué interministériel chargé de la gestion de l’eau. « Il y avait quasiment un doublon », relève-t-on à Matignon. De manière analogue, la suppression de la délégation ministérielle à la Forêt et au bois qui était rattachée au ministère de la Transition écologique s’explique par la présence d’un délégué ministériel chargé de la même thématique.