Europe: Emmanuel Macron place l'agriculture parmi les secteurs stratégique pour l'UE
Le président de la République Emmanuel Macron a placé l’agriculture et la souveraineté alimentaire au rang des grands secteurs stratégiques dans lesquels l’UE devra être un «leader mondial d’ici à 2030» (avec les biotechnologies, l'intelligence artificielle ou l’informatique quantique), lors de son discours sur le thème de «l’Europe puissance», prononcé à la Sorbonne le 25 avril à l'approche des élections de juin, et alors que la campagne de son parti peine à décoller. «L’Europe est clef en matière agricole, car c’est un sujet de politique industrielle et de souveraineté», a-t-il insisté, estimant que «nous n’avons pas le droit de laisser s’installer des dépendances alimentaires», notamment vis-à-vis des protéines végétales. Selon lui, «la colère de nos agriculteurs n’a pas été une colère contre l’Europe», mais «contre la réglementation, la complexité, les normes aberrantes, la mauvaise application du droit européen et français». «Nous avons absolument besoin de défendre la Pac» qui devra être simplifiée pour «accompagner les transitions» (comme la sortie des produits phytosanitaires «là où il y a des solutions technologiques») et «protéger nos producteurs contre les pratiques déloyales», a souligné Emmanuel Macron. Enfin, le chef de l'État a réitéré ses demandes d’une application homogène au niveau européen des règles commerciales avec la mise en place d’une «vraie force douanière européenne».
Vin : la production mondiale a chuté de 10 % en 2023, au plus bas depuis 1961
La production mondiale de vin, perturbée par les aléas climatiques, a chuté de 10 % en 2023, tandis que la consommation a reculé de 3 %, a indiqué le 25 avril l'Organisation internationale du vin. A 237 Mhl, la vendange est descendue au plus bas depuis 1961. Elle a particulièrement décroché en Italie (-23 % à 38 Mhl) et en Espagne (-21 % à 28 Mhl) mais légèrement progressé en France (+4 % à 48 Mhl), permettant à l'Hexagone de devenir, de loin, le premier producteur de vin au monde. La consommation a reculé l'an dernier de 3 % à 221 Mhl, son plus bas niveau depuis 1996, confirmant ainsi une tendance à la baisse depuis 2018. Cette tendance est en partie liée à l'inflation, qui a augmenté les coûts de production et donc les prix du vin, tout en réduisant le pouvoir d'achat des consommateurs. La consommation a aussi fortement baissé en Chine (-25 %), affectée par un ralentissement économique. La moindre demande est également «motivée par les changements démographiques et de mode de vie», a reconnu le directeur John Barker. «Mais il est difficile de déterminer avec précision dans quelle mesure la récente baisse de la consommation est un reflet du marché à court ou à long terme», a-t-il ajouté.
Pesticides: vers des AMM supplémentaires en chou et poireau, Ecophyto bientôt présenté
Dans le cadre du chantier consacré aux impasses liées aux molécules déjà interdites en France, la ministre déléguée à l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher a partagé un premier bilan concernant les filières choux et poireaux, à l’issue d’une réunion rassemblant le 25 avril producteurs et instituts techniques concernés (en lien avec la commission des usages orphelins). Contrairement à la Belgique, où les producteurs de poireaux bénéficient de 34 autorisations de mise sur le marché (AMM), les cultivateurs français n'en ont que 21, rapporte la ministre. Et de préciser que «cinq AMM sont en cours d’évaluation par l’Anses, ce qui permet d’ouvrir des possibilités». Concernant les producteurs de choux, «le groupe de travail a pu mettre en évidence 15 AMM supplémentaires», en plus des 30 AMM déjà disponibles en France, précise-t-elle. Globalement, «l’objectif est de collaborer avec les entreprises [de produits phytosanitaires] et l’Anses pour déterminer si des extensions d’usage ou des dérogations étayées sont possibles pour des produits utilisés au-delà de nos frontières», au sein de l’UE, précise la ministre de manière plus générale. En revanche, Mme Pannier-Runacher confirme que les molécules classées en CMR2 seront écartées, n’étant pas des solutions «à long terme». Par ailleurs, la ministre a confirmé que le gouvernement présentera son plan Ecophyto 2030 «dans les prochains jours».
Tomates: des actions vendredi contre les importations marocaines dans toute la France
Représentant 65% de la production organisée de tomates en France (300 exploitations, 500 producteurs), l’AOPn Tomates et concombres de France organise le 26 avril – avec Légumes de France – une action d’étiquetage de tomates marocaines en grande distribution à Brest, Rennes, Agen et Avignon. Les producteurs protestent contre l’inexorable augmentation des importations de tomates marocaines, passées entre 2014 et 2023 de 345 000 à 492 000 t dans l’UE, «soit plus de 40% d’augmentation», selon les deux structures. En France, les 732 000 t consommées par an sont importées à 44%, «aux trois quarts en provenance du Maroc», dit l’AOPn. Les producteurs pointent du doigt en particulier ces tomates cerises vendues toute l’année à 99 ct€ la barquette de 250 g, qui percutent la production française d’avril à octobre. Les deux organisations réclament que figurent sur l’emballage «le drapeau du pays producteur» ainsi que «la mention du lieu et du pays d’emballage». Elles demandent aussi que, dans le cadre du projet de loi d’orientation agricole (LOA), soit imposé à la restauration collective de renseigner l’origine des fruits et légumes. L’AOPn et légumes de France ont déjà manifesté sur le même sujet en septembre 2022 et juin 2023, sans succès. (Franck Jourdain)
Pommes/gel: les producteurs inquiets pour la récolte dans les Alpes
Après plusieurs nuits de froid – avec des attaques de gel dans certaines zones en Isère -, les arboriculteurs du département demeurent inquiets pour la suite de la campagne. «Les vergers de pommiers ont subi des pertes ces derniers jours. Certains fruits ont noirci, confirme Jérôme Jury, arboriculteur à Saint-Prim et responsable à la FDSEA à France Bleu Isère. Les principaux secteurs où il y a eu des dégâts sont le Grésivaudan et les contreforts de la Chartreuse.» Cependant, il ne s’agit pas d’une situation comparable au gel d'il y a trois ans: «Les dégâts sont localisés et non pas généralisés comme en 2021, cela dépend de l'exposition des parcelles, de l'humidité», explique-t-il. La situation est similaire en Haute-Savoie: «On est descendu à -1°C, -1,2°C. On est vraiment au seuil critique du gel pour les pommiers et les poires», estimait le 24 avril Mathieu Tissot, producteur à Pringy, sur France Bleu Pays de Savoie. Les producteurs n'ont pas encore d'estimation de leurs pertes: «Cette période de froid calme la sève et on craint que le fruit chute naturellement, donc le bilan, on l’aura d’ici quinze jours, on ne peut pas l’avoir immédiatement. On essaie déjà de sauver les fleurs pour qu’elles ne soient pas grillées», poursuit Mathieu Tissot.
Fruits et légumes: la Conf’ demande des prix minimum d’entrée pour les importations
La Confédération paysanne a manifesté devant la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) à Montreuil, le 25 avril, appelant à la régulation des importations de fruits et légumes. Le syndicat demande «des moyens notamment humains à la hauteur pour les services des douanes et des contrôles pour lutter contre la concurrence déloyale et la francisation de produits importés, comme le revendique Solidaires Douanes qui appuie notre action», explique-t-il dans un communiqué. Par ailleurs, outre l’arrêt des différents accords de libre-échange (Maroc, Chili, Kenya), la Conf’ propose l'interdiction d'achat des produits agricoles en dessous des prix de revient, assortie de la mise en place de prix minimum d'entrée sur le territoire national à hauteur de ce prix de revient. Ceux-ci seraient fixés sur la base du prix de revient moyen français (comprenant les charges de production, la rémunération et la protection sociale). «Leur mise en place est techniquement faisable et politiquement souhaitable. C’est une mesure qui protège à la fois les paysans français et permet une solidarité avec ceux des autres pays, car elle encourage la hausse des conditions sociales et environnementales de production, ici et ailleurs» assure le syndicat.
Chlordécone: audience en appel le 10 juin pour confirmer le non-lieu
Le parquet général de la cour d'appel de Paris a annoncé le 24 avril avoir demandé la confirmation de l'abandon des poursuites dans l'enquête sur le scandale de la pollution à la chlordécone, rapporte l’AFP. Une audience se tiendra le 10 juin devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, qui statuera. Le 2 janvier 2023, deux juges d'instruction parisiennes du pôle de santé publique de Paris avaient prononcé un non-lieu dans l'enquête sur l'empoisonnement des Antilles au chlordécone, pesticide autorisé dans les bananeraies jusqu'en 1993. Plusieurs plaignantes avaient interjeté appel. Dans un communiqué, la procureure générale Marie-Suzanne Le Quéau explique que «le parquet général, après avoir étudié l'ensemble de la procédure, a estimé, en droit comme en fait, qu'il y avait lieu de confirmer en toutes ses dispositions» l'ordonnance de non-lieu. «Ne méconnaissant pas le drame sanitaire et humain», le parquet général estime que les faits n’ont pu être caractérisés sur le plan pénal ou «qu’il se trouvent, pour certains d’entre eux, couverts par la prescription de l’action publique». Pour la procureure générale, «il appartiendra à la chambre de l’instruction de décider quelle suite il y a lieu de donner à la présente procédure».
Abattoirs: l’État condamné pour avoir insuffisamment contrôlé l’usine de Cuiseaux
Dans une décision publiée le 25 avril, le tribunal administratif de Dijon a condamné l’État pour ne pas avoir fait respecter les règles de protection animale à l’abattoir Bigard de Cuiseaux (Saône-et-Loire), qui avait fait l’objet d’une enquête de L214 en 2021. Les juges ont relevé «l’insuffisante intervention des services vétérinaires d’inspection de l’État pour faire cesser trois catégories de manquements», selon un communiqué: utilisation abusive de l’aiguillon électrique, absence de nourriture pour les bovins en attente, utilisation inefficace du «matador» (pistolet à tige perforante) pour «un animal abattu en urgence». La décision du tribunal confirme «une ligne jurisprudentielle tracée par le Conseil d’État», indique le communiqué. La justice a condamné l’État à verser 2000 € à L214 (qui réclamait 30 000 €, dont 5000 € de dépens). Dans leur décision, les juges ont écarté les autres chefs d’accusation soumis par l’association, qui portaient sur l'abattage rituel, le manque de formation des agents d’inspection, ou encore la conception de l’abattoir. Ce verdict constitue «la cinquième condamnation des services vétérinaires de l’État en un an», relève la cofondatrice de L214, Brigitte Gothière, citée dans un communiqué le 25 avril.
Porc: Danish Crown ferme un abattoir et va se concentrer sur la transformation
Le géant danois du porc Danish Crown a annoncé, dans un communiqué du 18 avril, la fermeture de son abattoir de Ringsted en septembre, en même temps que des investissements dans plusieurs de ses autres sites pour «mettre davantage l'accent sur la transformation». Environ 45 000 porcs sont abattus chaque semaine dans l’usine de Ringsted, qui emploie quelque 1200 personnes. En parallèle, dans les trois prochaines années, la coopérative investira 250 millions de couronnes (environ 33,5 M€) à Horsens, Herning, Vejen et Blans afin de «transformer les cochons des adhérents en produits comme du bacon et du pepperoni». Ces deux dernières années, Danish Crown a pâti de l’effondrement de la production porcine: en 2023, les abattages ont reculé de 18,7% (en têtes) au Danemark, contre 7,3% pour la moyenne de l’UE. Comme le rappelle le Marché du porc breton (MPB) dans sa note de conjoncture hebdomadaire, «la filière [danoise], dépendante de l’exportation à 90% de sa production, souffre de la baisse des ventes notamment vers les grands pays tiers». Danish Crown (5700 adhérents, 15,6 millions de porcs abattus en 2022-2023) est l’un des deux leaders européens du porc, au coude-à-coude avec l’allemand Tönnies.
Commerce équitable: ventes en hausse pour les produits labellisés Max Havelaar et Agri-Éthique
L’année 2023 a été «très satisfaisante», a déclaré le directeur général de Max Havelaar France, Blaise Desbordes, le 25 avril en conférence de presse, avec un chiffre d’affaires de 1,33 milliard d'euros (Md€) 1330 millions d’euros pour les produits portant le label de commerce équitable, contre 1,285 Md€ en 2022 (+4%). Les ventes en circuit spécialisé bio ont bondi de 18% par rapport à 2022. Blaise Desbordes note «un engouement très marqué des acheteurs publics» pour les produits équitables français sur les premiers mois de l’année 2024, avec un «bond des commandes» des briques de lait labellisées Max Havelaar. Le label phare du commerce équitable compte «une dizaine de producteurs français engagés». De son côté, le leader du marché des produits équitables français, Agri-Éthique, enregistre une croissance de 14% en 2023, avec un chiffre d’affaires de 520 M€. Agri-Éthique compte 4600 agriculteurs engagés pour 773 références (+29% par rapport à 2022). Dernier partenariat en date pour le label: celui signé avec la marque de chips Brets, annoncé le 26 février au Salon de l’agriculture, afin de garantir un prix équitable pour les 300 producteurs de pommes de terre qui fournissent l’entreprise bretonne Altho, propriétaire de Brets.
Semences: Agri obtentions vise un chiffre d’affaires à 80% dans l’agroécologie
Le semencier Agri obtentions, filiale de l’Inrae, poursuit une stratégie «au service de la transition agroécologique», a-t-il indiqué le 24 avril. «On vise un chiffre d’affaires à 80% dans l’agroécologie en 2030, contre 62% aujourd’hui», a déclaré le directeur général Vincent Béguier, lors d’une conférence de presse. Obtenteur numéro un en triticale, protéagineux, lentilles, sarrasin, Agri obtentions a réalisé 16 M€ de ventes en 2023 (30% à l’export) avec quelque 10 000 t de semences produites. 25 M€ de chiffre d’affaires sont projetés en 2030. «L’objectif est de proposer une très large gamme d’espèces pour des systèmes agricoles avec des rotations beaucoup plus longues», détaille le directeur commercial François Cuvelier. Cette offre se veut en phase avec le «produire mieux avec moins d’intrants», forte demande sociétale, avec le changement climatique, la transition alimentaire. «Ayant l’Inrae comme actionnaire, on peut prendre plus de risque qu’un obtenteur privé, davantage tenu à des résultats», souligne Vincent Béguier. Agri obtentions, dont 30% du chiffre d’affaires est consacré à la R&D, s’intéresse par exemple à l’holobionte, assemblage entre la plante et son microbiote.
Ukraine: après le scandale de corruption, le ministre de l’Agriculture présente sa démission
Soupçonné de corruption, le ministre ukrainien de la Politique agraire et de l'alimentation, Mykola Solsky, a confirmé dans un message publié le 25 avril sur Telegram, avoir présenté sa démission à la Verkhovna Rada (Parlement ukrainien). Son président, Ruslan Stefanchuk, qui dévoile la lettre manuscrite dans un message posté sur Facebook, précise que celle-ci sera examinée lors de l'une des prochaines sessions plénières, les élus devant se prononcer à ce sujet. En poste depuis mars 2022, Mykola Solsky est accusé (sans être explicitement mentionné) par l'agence nationale ukrainienne de lutte contre la corruption (NABU) de s'être emparé de terres publiques entre 2017 et 2021, pour 291 millions d'UAH (soit 6,9 M€), et d'avoir «essayé de s'approprier d'autres terrains» valant près de 190 millions d’UAH (environ 4,5 M€). Il s’était défendu des accusations, promettant «une transparence maximale pour établir la vérité» et précisant que, au moment des faits, il exerçait sa profession d’avocat et n’avait pas de fonction gouvernementale.
Agenda de la semaine agricole du 29 avril 2024
Dimanche 28 avril
Conférence de presse du syndicat des miels de Provence, dans les Alpes-Maritimes
Lundi 29 avril
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Luxembourg) : réponses à la crise agricole, Pac, commerce international
Les députés de la commission Développement durable débutent l'examen de la LOA (750 amendements déposés)
Conférence de presse de la Collective du bioéthanol
Mardi 30 avril
Les députés de la commission Éducation débutent l'examen de la LOA
Les députés de la commission des Affaires économiques débutent l'examen de la LOA
Les députés organisent une table ronde avec les ONG sur le pastoralisme
Les députés de la commission d'enquête Souveraineté alimentaire auditionnent Arnaud Rousseau (FNSEA)
Conférence de presse de LPO sur les élections européennes et la biodiversité
Jeudi 2 mai
Les députés de la commission d'enquête Souveraineté alimentaire auditionnent le président du CA de Tereos
Les députés de la commission d'enquête Souveraineté alimentaire auditionnent le PDG de LDC
Les députés de la commission d'enquête Souveraineté alimentaire auditionnent la DG Outre-mer