Agrafil du 25 juillet 2025

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Climat : la Cour internationale de justice ouvre la voie aux «réparations»

Les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte «illicite» et pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés, a conclu le 23 juillet la Cour internationale de justice dans un avis consultatif. La plus haute juridiction de l’ONU, a établi à l’unanimité dans cet avis, initialement demandé par des étudiants sur l’archipel du Vanuatu, une interprétation juridique du droit international sur le climat. Les législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent désormais s’en saisir pour changer les lois ou attaquer en justice les Etats pour leur inaction. La Cour a rejeté l’idée défendue par les grands pays pollueurs selon laquelle les traités climatiques existants – et notamment le processus de négociation des COP annuelles – étaient suffisants. Les Etats ont «des obligations strictes de protéger le système climatique», arguent les juges.La CIJ confirme que le climat doit être «protégé pour les générations présentes et futures» - alors que les pays pollueurs refusaient absolument de reconnaître les droits d’individus pas encore nés. «Les conséquences juridiques résultant de la commission d’un fait internationalement illicite peuvent inclure (...) la réparation intégrale du préjudice subi par les Etats lésés sous forme de restitution, de compensation et de satisfaction», estiment les 15 juges du tribunal. Mais la Cour place la barre haut: un lien de causalité direct et certain doit être établi «entre le fait illicite et le préjudice», certes difficile à établir mais «pas impossible» pour autant, écrivent-ils.

UE/Moldavie : Bruxelles et Chisinau parviennent à un accord de principe

Alors que les mesures commerciales autonomes expiraient le même jour, la Commission européenne a annoncé, le 24 juillet, la conclusion d’un accord avec la Moldavie concernant la révision de la zone de libre-échange approfondie et complète. Dans le détail, l’UE va augmenter l’accès à son marché pour les prunes, les raisins de table, les pommes et les cerises de Moldavie. Les importations de jus de raisin, de tomates et d’ail seront exemptées de droits de douane (sauf l’élément spécifique du système de prix d'entrée pour les tomates). De son côté, l’UE obtient une augmentation des contingents pour le porc et la volaille ainsi que de nouveaux volumes pour la viande désossée congelée, le lait et le beurre. Sur le même format que l’Ukraine, l’accès au marché de l’UE sera conditionné par l’alignement progressif de la Moldavie sur les normes de production européennes d’ici 2027 ou 2028. Le compromis prévoit également une « clause de sauvegarde robuste » pour les parties en cas d’impact négatif des nouvelles dispositions. Enfin, une clause de révision est prévue en 2027 afin de prendre en compte l'avancement du processus d'adhésion de la Moldavie et de l'intégration du marché. Le texte doit, à présent, recevoir l’approbation du Conseil de l’UE avant d’être formellement adopté par le Comité d’association UE-Moldavie et d’entrer en vigueur.

Ukraine : le ministère de l’Agriculture intégré au sein du ministère de l’Economie

Le conseil des ministres ukrainien a validé, le 21 juillet, la décision de dissoudre le ministère de la Politique agraire et de l'Alimentation ainsi que le ministère de la Protection de l'environnement et des Ressources naturelles afin de les intégrer au ministère de l’Economie. Ce nouveau grand ministère, intitulé ministère l'Économie, de l'Environnement et de l'Agriculture ukrainien, a été confié à Oleksiy Sobolev, qui a été vice-ministre de l'Économie entre 2022 et 2025. Vitaliy Koval qui occupait le poste de ministre ukrainien de la Politique agraire et de l’Alimentation depuis septembre ne figure pas dans le cabinet. A cette décision, qui s’inscrit parallèlement à la nomination de Yuliia Svyrydenko comme Première ministre, s’ajoute la création d’une commission de liquidation du ministère de la Politique agraire et de l'Alimentation qui sera chargée de liquider le ministère dans un délai de six mois.

Agritourisme: le gouvernement veut développer une «stratégie de filière»

Après avoir présenté le 13 juin une feuille de route pour l'oenotourisme, le gouvernement a annoncé, à l'occasion de son comité interministériel tourisme annuel, le 24 juillet, le lancement d'une mission parlementaire dédiée à l'agritourisme, pour développer à terme «une véritable stratégie de filière». Avec la feuille de route oenotourisme, le développement de l'agritourisme est l'une des mesures de l'axe 5 de la stratégie de la ministre du Tourisme, consacré à «diversifier l'offre touristique». Le gouvernement a confié la mission parlementaire à la sénatrice Sylviane Noël (Les Républicains, Haute-Savoie) et au député Anthony Brosse (Renaissance, Loiret), qui devront établir un «état des lieux de ce secteur en France, enrichi d'éléments de comparaison internationale, avec nos principaux voisins européens, singulièrement le modèle italien». Il s'agira aussi «d'identifier les freins et leviers urbanistiques, sociaux ou encore réglementaires en France» pour développer le secteur. Des représentants de la FNSEA avaient rencontré il y a quelques semaines la ministre du Tourisme Nathalie Delattre, se montrant favorable au développement de l'agritourisme, comme une opportunité de «diversification». « C'est une activité qui ne peut pas s'improviser, il faut être formé, en avoir le temps et le tempérament », explique Stéphane Aurousseau, en charge des questions de ruralité à la FNSEA. Le syndicat a notamment évoqué les besoins de soutien à la rénovation des corps de ferme.

Vol de matériel agricole : Genevard et Retailleau détaillent leur plan d’actions

Lors d’un déplacement dans le Val-d’Oise le 23 juillet, la ministre de l‘Agriculture, Annie Genevard, et son homologue de l’Intérieur, Bruno Retailleau, ont précisé les actions à venir pour renforcer la sécurité des agriculteurs et des exploitations, dans un communiqué de presse. Dans les prochains mois, plusieurs travaux seront menés : renforcement du partenariat gendarmerie/agriculture, simplification du dépôt de plainte, travail avec les constructeurs de matériel agricole pour améliorer la traçabilité des GPS embarquésPar ailleurs, un travail va être conduit avec les banques, assureurs et collectivités afin de mieux indemniser les agriculteurs victimes de dégradations massives (rave-parties ou rodéos), «dont les pertes sont aujourd’hui difficilement prises en charge, même après dépôt de plainte». Des pistes législatives sont à l’étude, notamment à travers la proposition de loi du député Xavier Breton, sur le délit d’entrave aux activités agricoles en cas d’intrusion dans une exploitation. «La ministre de l’Agriculture s’est engagée à l’expertiser avec le ministère de la Justice» est-il précisé. Chaque année, plus de 15 000 atteintes aux biens (vols, dégradations, rodéos sauvages, rave-parties, etc) sont recensées dans les exploitations agricoles. 

Bovins/DNC: nouvelle extension de quelques dizaines de kilomètres vers l'Est

Suite à la détection d'un nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) à Hauteluce (Savoie), la zone réglementée a été, à nouveau, étendue vers l'Est, de quelques dizaines de kilomètres, annonce la DGAL (ministère de l'Agriculture) dans un courrier de suivi de la maladie envoyé aux professionnels le 24 juillet. «Cette extension ajoute des communes en zone de surveillance et donc des bovins à vacciner (de l'ordre de 24 000) : le nombre de doses disponibles est suffisant pour absorber cet ajout», précise la direction sanitaire du ministère. Et de prévenir que «la situation sanitaire reste évolutive : une attention forte et constante est à porter sur le strict respect des interdictions ou conditions de mouvements de bovins dans la zone réglementée.» La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a défendu le 24 juillet sa stratégie de lutte contre l’épizootie lors d’un déplacement en Savoie et Haute-Savoie, où plus d’un millier de bêtes ont été euthanasiées depuis fin juin. La ministre a également signé une charte d’accompagnement destinée à «soutenir financièrement et psychologiquement les éleveurs» concernés.

Bovins/DNC: Genevard en Savoie pour défendre sa stratégie, la Conf' et la CR manifestent

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a défendu le 27 juillet sa stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) lors d’un déplacement en Savoie et Haute-Savoie, où plus d’un millier de bêtes ont été euthanasiées depuis fin juin. Elle a défendu le protocole de lutte mis en place, «sur lequel personne n’a émis de réserve scientifique, en tout cas pas dans les organismes de référence». Une cinquantaine d’éleveurs et leurs sympathisants se sont rassemblés tôt jeudi devant la préfecture de Savoie pour dénoncer le «massacre» de leurs bêtes et appeler à un abattage «sélectif» des animaux malades afin d’assurer la survie de leurs exploitations. «Genevard, t’arrives trop tard!», ont-ils scandé, emmenés par deux syndicats, la Confédération paysanne et la Coordination rurale. «On est plus pertinent à être ici [dans la rue] que d’être à l’intérieur pour cautionner un cirque qui encore une fois va amener juste à valider quelque chose qui a été décidé dans les bureaux parisiens», s’est indigné Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne. «Là il y a la vaccination: est-ce qu’elle va continuer à tuer les vaches ? C’est ça la question», a-t-il insisté. Une vingtaine d’autres manifestants était également présents à proximité de la ferme haut-savoyarde où s’est ensuite rendue la ministre, brandissant des pancartes proclamant «Vous êtes des assassins».

Viande bovine : Canberra lève ses restrictions sanitaires sur les importations américaines

Le gouvernement australien a annoncé, le 24 juillet, la levée des restrictions sur les importations de bœuf américain. Alors que le sujet est un point de tension entre Canberra et Washington depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, la ministre australienne de l’Agriculture, Julie Collins, assure que ce choix n’est pas dicté par la Maison Blanche. « Cette décision repose uniquement sur des données scientifiques et sur une évaluation rigoureuse de mon ministère », a-t-elle affirmé. Les règles sanitaires jusqu’à présent en vigueur en Australie bloquaient les importations de bovins abattus aux États-Unis mais nés au Canada ou au Mexique. Du côté américain, la secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins, a immédiatement réagi, qualifiant cette décision « d’avancée commerciale majeure qui ouvre davantage le marché australien aux producteurs de bœuf américains ». Et d’ajouter : « Il est absurde que des barrières commerciales non scientifiques aient empêché la vente de notre bœuf aux consommateurs australiens pendant les 20 dernières années. L’époque où les agriculteurs américains étaient mis à l’écart est révolue ».

Champagne: baisse du quota pour la vendange de 2025, annonce le Comité champagne

Les vignerons et maisons de Champagne ont fixé à 9.000 kilos par hectare le rendement commercialisable de la vendange 2025, contre 10.000 kilos l’an dernier, dans un contexte économique mondial marqué par l’incertitude, a annoncé le 24 juillet le Comité champagne. Le «rendement agronomique», c’est à dire les quantités produites par les parcelles, est pour sa part estimé à ce stade à 10.000 kilos par hectare, a expliqué à l’AFP le Comité. Environ une tonne par hectare devrait donc être mise en réserve, sous forme de vin non encore «champagnisé». «Grâce à des conditions climatiques globalement clémentes, les vignes ont bénéficié d’un environnement propice à leur développement, limitant ainsi les risques sanitaires», souligne le Comité dans un communiqué. Toutefois, «l’instabilité géopolitique et économique, conjuguée à des comportements de consommation de plus en plus volatils, rend les prévisions plus complexes». Bien que les ventes de Champagne «affichent une relative stabilité», cette incertitude «incite la filière à faire preuve de prudence», explique le Comité. En 2024, le rendement commercialisable avait été fixé à 10.000 kilos par hectare, pour tenir compte de la baisse des ventes. En 2023, il était de 11.400 kilos par hectare. Le quota choisi pour 2025 «s’inscrit dans une trajectoire de déstockage progressif afin de réajuster la production à la réalité du marché», expose le communiqué.

Whisky : Pernod Ricard vend une de ses marques à un groupe indien

Dans un communiqué du 23 juillet, le producteur français de spiritueux Pernod Ricard a annoncé un accord pour la cession de sa marque de whisky Imperial Blue à l’indien Tilaknagar Industries. D’après Reuters, la transaction s’élèverait à 412,6 M€. L’Inde constitue le deuxième marché du groupe hexagonal. Environ 22 millions de caisses de 9 litres de la marque Imperial Blue étaient vendues sur le marché indien, via la filiale Pernod Ricard India, ajoute le média. Son président, Jean Touboul, déclare dans le communiqué que l’opération permettra de « se focaliser sur la poursuite de sa croissance, ainsi que sur la premiumisation et l’innovation ». Davantage de ressources seront consacrées aux marques à forte croissance, comme « les whiskies indiens Royal Stag (qui a franchi le cap des 30 millions de caisses), Blenders Pride, ainsi que les marques internationales telles que Chivas, Jameson, Absolut et Ballantine’s », a-t-il précisé. Pour rappel, le groupe Pernod Ricard avait annoncé en juin un plan de réorganisation à ses salariés, en raison de la crise que connaît actuellement le marché des spiritueux.

Pesticides : un réseau ukrainien de faux produits démantelé, annonce l'Olaf

Le bureau européen antifraude (Olaf) a annoncé, dans un communiqué du 18 juillet, le démantèlement d’un réseau ukrainien de trafic de faux produits phytosanitaires, avec la collaboration des autorités ukrainiennes et roumaines. Des produits ont été étiquetés de manière frauduleuse sous certaines des plus grandes marques agrochimiques d’Europe et des États-Unis, rapporte le communiqué. La police ukrainienne a mené 89 perquisitions à travers le pays, qui ont abouti à la saisie de 175 tonnes de produits illicites, d’une valeur dépassant 2,3 M€, indique l’Olaf. Des ateliers clandestins ont été repérés dans les régions de Kiev, Odessa et Karkhiv. Les marchandises étaient fabriquées à partir de matières premières provenant de Chine, et contenaient des substances toxiques. Les produits étaient destinés au marché ukrainien mais également potentiellement à l’UE. Dans cette opération, l’Olaf se chargeait de la collecte, de l’analyse et du partage de renseignements, ainsi que de la coordination transfrontalière qui a conduit à la création d’une équipe commune d’enquête (ECE) avec la Roumanie et l’Ukraine, sous l’égide d’Eurojust (Agence européenne pour la coopération en matière de justice pénale).

Fruits et légumes transformés : Alterfood majoritaire dans La Conserverie de Provence

La société française de distribution de marques alimentaires bio Alterfood a annoncé sa prise de participation majoritaire dans La Conserverie de Provence, société dédiée à la transformation de légumes et de fruits issus des exploitations des producteurs provençaux. Il a acquis 70% de la société, aux côtés de LSDH et de la Sapam, important grossiste fruits et légumes installé sur le Min de Strasbourg. Le tour de table est complété par deux producteurs locaux (Mas Daussan et Maison Carle). Depuis 2012, la Conserverie de Provence est l’atelier historique des soupes Marcel Bio, marque d’Alterfood qui entend renforcer l’approvisionnement provençal. Dans les prochains mois, un plan de modernisation de l’outil industriel et de renforcement de la politique qualité doit être lancé, afin de soutenir l’essor de la marque en France et à l’international. Une nouvelle équipe locale dédiée sera mise en place. La Conserverie de Provence pourra aussi travailler à façon pour les producteurs souhaitant transformer leurs fruits et légumes et les PME développant des produits végétaux (soupes, compotes, jus, bouillons, tapenades…), assure le nouvel actionnaire majoritaire. 

PPAM : la filière s’inquiète de l’impact de la politique commerciale des Etats-Unis

Dans sa dernière note de conjoncture sur le marché des plantes aromatiques et à parfum (PPAM) publiée le 17 juillet, FranceAgriMer souligne les potentiels dangers sur l’exportation française engendrés par la politique commerciale actuelle des Etats-Unis. Ces derniers sont la première destination pour la France qui y exporte plusieurs produits. Et en premier lieu, les parfums et cosmétiques (2,9 Md€ en 2024), les sucs et extraits végétaux ( 85 M€) ainsi que les huiles essentielles (74 M€). La filière s’inquiète car parallèlement, les importations américaines restent limitées, le premier poste étant les parfums et cosmétiques (590 M€, cinquième fournisseur de la France). Le droit de douane de 10% mis en oeuvre par l’administration Trump depuis avril frappe potentiellement le secteur. Les différentes annonces ont déjà perturbé certaines exportations vers les Etats-Unis, souligne FranceAgriMer : anticipation des commandes, baisse des volumes ou encore diminution du prix. Cela intervient dans un contexte morose sur le marché national : « les marchés des huiles essentielles françaises restent atones, avec des prix bas et encore de nombreux stocks aussi bien à la production que chez les premiers acheteurs », est-il précisé dans la note de conjoncture.

Fleurs et plantes : la France a réduit son déficit commercial en 2024.

Le déficit de la balance commerciale des échanges de fleurs et de plantes de la France a reculé de 6% en 2024, pour atteindre 922 M€, souligne la dernière note de conjoncture de FranceAgriMer, publiée début juillet. Cela est essentiellement dû à de moindres importations sur la période, qui sont en retrait de 7% par rapport à l’année 2023, à un milliard d’euros. « Cette baisse est particulièrement marquée en provenance des Pays-Bas (-8%) et de l’Italie (-10%) », souligne FranceAgriMer. Toutes les catégories de végétaux sont concernées à l’exception des feuillages frais (+2%). Les bulbes et les végétaux d’extérieur enregistrent une baisse notable de 10% sur la période ; celle des fleurs coupées (-2%) est plus limitée. En revanche, l’exportation française en 2024 a été à la peine avec une baisse de 13% imputable à des difficultés sur les marchés traditionnels (Pays-Bas, Allemagne, Suisse et surtout Algérie avec -79%). Sur le premier trimestre 2025, la balance commerciale de la France reste stable. Côté importation, à l’exception des fleurs coupées et des feuillages frais, respectivement en hausse de 8% et 1%, les autres catégories sont toujours en recul par rapport au cumul de janvier à avril 2024. Les exportations ne se portent pas mieux : -12% sur le premier trimestre 2025.  

Relations commerciales : projet de PPL facilitant la rupture fournisseur-distributeur sans préavis

A défaut d’une prochaine loi Egalim 4 repoussée à l’après-2025, le député Stéphane Travert (EPR, Manche) a mis au point un projet de proposition de loi (PPL) sur les relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs, selon le média Contexte qui a diffusé le document. Le but est de prolonger jusqu’en mars 2028 une disposition de la loi Descrozaille de 2023. La PPL « n’est ni inscrite à l’ordre du jour d’une semaine gouvernementale à la rentrée, ni programmée dans une semaine parlementaire », précise le média. Le projet de PPL permettrait à un fournisseur de ne pas être accusé de rupture brutale de contrat en cas de mise à terme d’une relation commerciale sans préavis par le fournisseur si aucune convention annuelle avec un distributeur n’avait été signée avant le 1ᵉʳ mars. Parmi ses arguments, l’auteur met en avant un impératif de stabilité juridique, la nécessité de poursuivre la mise en œuvre les objectifs initiaux de la loi Descrozaille et d’établir un bilan de leur efficacité. Il constate que « depuis l’été 2025, de nombreux distributeurs demandent la réouverture des négociations, dans des conditions jugées inacceptables par de nombreux industriels » et que les centrales d’achat européennes sont perçues comme une manière de contourner la législation française, notamment la loi Egalim.

Crédit impôt recherche : « la grande masse sera maintenue », selon Ferracci

« La grande masse » du crédit d'impôt recherche (CIR), qui coûte à l'État plus de 7 milliards d'euros chaque année, « sera maintenue (…) je veux rassurer les industriels là-dessus », a indiqué le ministre français de l'Industrie Marc Ferracci le 24 juillet sur l’antenne Sud Radio. Il était interrogé suite aux annonces du premier ministre François Bayrou le 15 juillet sur le plan d’économies pour le budget 2026. « Nous avons besoin d'inciter nos entreprises à investir dans un contexte de concurrence », a-t-il renchéri. Le CIR, qui soutient la recherche et le développement des entreprises, est la première dépense fiscale de l'État qui leur est consacrée. À la recherche d'économies pour réduire le déficit public, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, avait appelé à « questionner » certaines niches fiscales en mai dernier, dont le CIR. Des sociétés du secteur agricole avaient fait part de leur inquiétude de voir les fonds du dispositif réduits voire supprimés. C’est par exemple le cas de Limagrain, producteurs de semences. Sébastien Chauffaut, son directeur général, avait alerté le 26 juin qu’une « suppression totale du dispositif nous coûterait environ 35 M€ ».

Elus locaux: la FNSEA pousse pour financer le remplacement des agriculteurs

A l'occasion d'une rencontre cette semaine avec la ministre de la Ruralité, Françoise Gatel, les représentants de la FNSEA ont demandé que les journées consacrées au mandat d'élu local puissent être considérées comme un «motif de remplacement», et être en partie financées. Des dispositions similaires existeraient déjà pour les journées de formation ou les missions de pompier volontaire, rapporte Stéphane Aurousseau, en charge de la ruralité à la FNSEA. La proposition aurait été bien reçue par la ministre, qui avait demandé à recevoir le syndicat, notamment dans le cadre de l'examen du projet de loi sur le statut d'élu local, dont l'examen en deuxième lecture débute au Sénat. Le syndicat a été consulté sur plusieurs autres sujets, tels que les plans alimentaires territoriaux (PAT), dont la FNSEA demande une évaluation de l'efficacité, ou encore la cohabitation entre agriculteurs et leurs voisins. La FNSEA plaide pour une meilleure consultation des agriculteurs en amont des aménagements décidés par les communautés de communes (mobiliers urbains de bourgs, rocades de contournement...). La FNSEA a de son côté alerté sur le sujet de l'emploi (besoin de logements), l'impact des loups sur l'économie rurale, la consommation de foncier, l'entretien des réseaux non enterrés de fibre optique.

Foncier : enquête sur des enchères troublées par la CR dans le Lot-et-Garonne

La vente aux enchères d'une ferme placée en liquidation judiciaire, que la Coordination rurale du Lot-et-Garonne (CR47) souhaite voir reprise par le petit-fils des propriétaires, fait l'objet d'une enquête judiciaire pour entrave à la liberté des enchères, a appris l’AFP le 23 juillet auprès du parquet d'Agen. Début juin, la CR47 a assuré « mettre la pression » dans « tout le département » pour que « personne ne fasse d'offre ».« Je vous confirme l'ouverture d'une enquête judiciaire contre X. Elle fait suite aux déclarations faites par voie de presse », a déclaré à l'AFP Olivier Naboulet, procureur de la République à Agen, confirmant des informations du quotidien Sud Ouest (Article payant). Les 37 hectares de terres de cette ferme et la maison du couple d'agriculteurs insolvables avaient été mis aux enchères le 19 juin au prix de 140.000 euros, avant de baisser autour de 10.000 euros après une campagne en ce sens de la CR47. Mais l'offre tardive d'un retraité de 79 ans a bloqué l'acquisition du bien par le petit-fils des propriétaires, avant que le septuagénaire ne se rétracte. L'avocat du retraité a indiqué que son client a reçu un « tombereau d'injures » sur les réseaux sociaux. De nouvelles enchères doivent être organisées à l'automne, avec une mise à prix de 11.000 euros, soit le montant de la dernière proposition de l'acquéreur rétracté.

Enseignement agricole : les diplômes accessibles en VAE désormais mieux visibles

D’ici au 1er septembre 2025, tous les diplômes relevant du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire seront disponibles sur la plateforme nationale de validation des acquis de l’expérience (VAE), annonce la rue de Varenne dans un communiqué le 23 juillet. Une première « salve » de trente diplômes, issus des domaines de la production agricole, de l’agroalimentaire et du paysage, y avait été intégrée le 18 juin. Cela concernera à terme plus de 150 formations donnant accès à plus de 200 métiers. La validation des acquis de l’expérience permet à toute personne de faire reconnaître les compétences acquises au fil de son parcours professionnel, en vue d’obtenir un diplôme ou un titre reconnu. Elle permet, par exemple, d’obtenir un brevet professionnel de responsable d’entreprise agricole, ouvrant droit à des aides à l’installation. Elle s’adresse aussi à des salariés agricoles souhaitant faire évoluer leur carrière et prendre davantage de responsabilités. La liste des diplômes disponibles est consultable à l’adresse : https://vae.gouv.fr/

Vin: changement de directeur général chez Edmond de Rothschild Heritage

Dans un communiqué diffusé début juillet, le groupe Edmond de Rothschild Heritage annonce les nominations d’Eric Bastard de Crisnay, comme directeur général, et d’Arthur Lassale, en tant que directeur général adjoint. Eric Bastard de Crisnay travaille depuis 35 ans dans le groupe LVMH, où il a occupé des «fonctions stratégiques et opérationnelles en France comme à l’international», allant du siège du groupe, à sa division Moët Hennessy, en passant par Sephora. Diplômé d'AgroParisTech, Arthur Lassale a dirigé le développement des Domaines Delon, puis fondé sa propre structure de conseil dédiée à la transformation des organisations viticoles.