Agrafil du 26 novembre 2024

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Politique agricole de l’UE: Wojciechowski fait son bilan et propose un pacte agricole

Alors que le Parlement européen doit approuver, le 27 novembre, le nouveau Collège des commissaires, pour une entrée en fonction dès le début du mois de décembre, l’actuel commissaire à l’Agriculture Janusz Wokciechowski a publié le bilan de son mandat. Dans ce véritable testament politique, le Polonais fait l’inventaire de son action et présente sa vision pour l’après-2027. Parmi ses principales réalisations, il mentionne la hausse des fonds agricoles dans la Pac par rapport à la proposition initiale, son action en matière de réponses aux crises (pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine), la simplification de la Pac à la suite des protestations du secteur, ou encore son activité en matière de promotion des produits agricoles. À ses successeurs, Janusz Wojciechowski – qui n’avait pas la charge du Dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture – propose un «pacte agricole pour une agriculture durable et la sécurité alimentaire». Composé de 21 engagements, il serait fondé sur quatre principes: le renforcement de la sécurité alimentaire, la stabilité économique et juridique des agriculteurs, la promotion de la production agricole durable et le maintien de la solidarité avec les agriculteurs.

Cognac: Bruxelles attaque les mesures antidumping chinoises à l’OMC

La Commission européenne a annoncé, le 25 novembre, avoir formellement demandé auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) la mise en place de consultations avec la Chine au sujet des mesures antidumping provisoires sur les importations de brandys de l’UE, première étape du processus de règlement des différends. Concrètement, Bruxelles considère que les mesures chinoises, en place depuis le mois d’octobre, ne sont pas conformes aux règles de l'OMC. L’exécutif européen soutient également que Pékin n’a pas fourni la preuve d’une menace de préjudice pour son industrie du brandy et que, par conséquent, il n’existe aucun lien de cause à effet entre la menace de préjudice présumée et les importations de brandy en provenance de l'UE. La Chine dispose désormais de dix jours pour répondre à la demande de l'UE. Cette annonce intervient alors que le président Emmanuel Macron et le chinois Xi Jinping ont convenu, en marge du sommet du G20 des 18-19 novembre, de mener un travail technique et de «trouver une issue favorable autour d’un échange entre les Premiers ministres» au cours du premier trimestre de 2025.

Cognac: la maison Hennessy suspend son projet d'export en vrac vers la Chine

Hennessy (LVMH) a annoncé le 25 novembre la suspension de son projet d'exportation de cognac en vrac vers la Chine, qui avait provoqué une grève massive de près de 600 salariés la semaine passée. Cette décision intervient une semaine après l'annonce d'une prochaine visite en Chine de Michel Barnier pour aborder la question des surtaxes imposées aux brandies européens par Pékin, en riposte à une procédure similaire de Bruxelles sur les voitures électriques produites en Chine. «La Maison a décidé de suspendre le projet-test d'envoi de vrac de cognac (...) tout en suivant de très près l'évolution de la situation politique et diplomatique», selon un communiqué. Hennessy prévoyait d'expérimenter l'export en cuve de son cognac afin de contourner des surtaxes évaluées à 35% sur les bouteilles vendues en Chine. L'entreprise «dément formellement tout projet de délocalisation de sa production à Cognac». Et de préciser que «les vendanges, la distillation, la maturation en fûts de chêne, l'assemblage... seront toujours réalisées à Cognac, avec un maintien de [son] approvisionnement en matières sèches (bouteilles, étiquettes...) dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui sans aucun impact sur l'emploi des salariés de la Maison».

Retraites: Sénat et gouvernement précisent le calendrier de la mise en place de la reforme

Les sénateurs ont adopté le 22 novembre un amendement du gouvernement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (PLFSS) précisant le calendrier de la réforme des retraites agricoles, à propos duquel un accord avait été conclu le 30 octobre pour une mise en œuvre en 2026. Dans le détail, l'amendement précise que 90% des liquidations effectuées dès 2026 et 2027 seront concernées. La révision finale en 2028 ne porterait plus que sur une part réduite de ces pensions, celle correspondant à la carrière depuis 2016. «Les mesures du texte initial permettaient de mettre en œuvre dès 2026 la moitié de l'impact financier total de la réforme, notamment par le biais des minima de pension et de la partie relevant des régimes alignés sur le régime général pour les poly-pensionnés», a rappelé le gouvernement. L'exécutif soutenait initialement une mise en œuvre progressive de la réforme, mettant en avant les importants travaux techniques que devait mener la MSA. La Sécu agricole avait cependant indiqué être prête pour l’échéance 2026. «La MSA a proposé de liquider les pensions des non-salariés agricoles dès janvier 2026 en fonction d‘une sélection des meilleures années de points de retraite pour la partie de carrière avant 2016», précise l’amendement.

Manifestations: les agriculteurs entament une deuxième semaine d’actions

«Stop aux réglementations qui tuent nos métiers»: des agriculteurs ont entamé lundi 25 novembre leur deuxième semaine consécutive de mobilisations. À Vierzon (Cher) par exemple, des barrages filtrants sur l'autoroute A20 ont visé les poids lourds frigorifiques français et étrangers. Plusieurs dizaines d'agriculteurs du deuxième syndicat agricole français, la Coordination rurale, y ont participé. Dans les Ardennes, quelque 121 tracteurs et 178 agriculteurs étaient mobilisés au total, selon les autorités. La FNSEA y avait appelé à des actions devant la préfecture et les sous-préfectures. «Le message, c'est stop aux surtranspositions, stop aux réglementations qui tuent nos métiers», a déclaré à l'AFP Thierry Huet, de la FDSEA des Ardennes. Parmi les nombreuses autres actions ailleurs dans le pays, une centaine d'agriculteurs ont traversé la ville d'Arras (Pas-de-Calais) avec une cinquantaine de tracteurs, avant de déverser ballots de paille, palettes, pneus et fumiers devant la préfecture, a constaté un journaliste de l'AFP. Ailleurs encore, des plateformes logistiques ont été bloquées, comme à Avermes (Allier). Après une première semaine de mobilisations contre l’accord UE/Mercosur, les syndicats agricoles poursuivent leurs actions, notamment pour dénoncer les «entraves à l’agriculture», selon la FNSEA.

Pommes: après la tempête Caetano, des vergers «significativement touchés» en Val de Loire

Dans un post publié sur LinkedIn, l'Association nationale pommes poires (ANPP) apporte son soutien aux arboriculteurs touchés par la tempête Caetano, qui a traversé la France le 21 novembre. «L’épisode neigeux qui a touché le centre ouest de la France a significativement touché une partie des vergers de pommiers du Val de Loire, et en particulier les départements de la Sarthe, d’Indre-et-Loire et du Maine-et-Loire», alerte l’ANPP. Plus précisément, le poids de la neige sur les filets paragrêles a «cassé des arbres, allant jusqu’à détruire certains vergers». Alertée de la situation le 22 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a assuré Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP, de son soutien, mais également de «l’activation sans délai par les services du ministère de l’Agriculture de la procédure de reconnaissance de calamité agricole pour perte de fonds». Pour l’heure, «les dégâts sont actuellement en train d’être chiffrés, avec possiblement une dizaine d’hectares de vergers, une centaine de filets touchés», a indiqué le directeur de l’ANPP Pierre Venteau à Agra Presse le 25 novembre. Cinq jours plus tôt, l’association de producteurs avait publié une révision à la baisse de récolte de pommes en 2024-2025, à 1,4 Mt. «C’est donc 5% de moins que l’année dernière», précise l’ANPP.

Pommes: la baisse de la production dans l’UE confirmée, notamment en France (presse)

À l'occasion du salon international Interpoma, du 21 au 23 novembre à Bolzano (Italie), le secrétaire général de l’Association mondiale des pommes et des poires (WAPA) Philippe Binard a confirmé une baisse de la production de pommes dans l’UE pour la saison 2024-2025, rapporte le magazine de presse spécialisé italien Corriere Ortofrutticolo. Comme annoncé lors de la conférence Prognosfruit à Budapest (Hongrie), la production de Golden Delicious devrait diminuer de 10,2% en un an, pour atteindre un total d’environ 2 Mt. La Gala, deuxième variété la plus produite, devrait quant à elle diminuer de 11,1% en un an, pour s’établir à environ 1,4 Mt. En cause, des conditions climatiques défavorables, en particulier des gelées printanières, qui ont affecté la majeure partie des pays européens, entraînant une diminution des stocks en novembre 2024, comparativement à la même période en 2023. C’est notamment le cas en France, où la production s’établit à 1 426 000 tonnes en 2024, en recul de 3% par rapport à l’année précédente, a annoncé Daniel Sauvaitre, président de l'Association nationale pommes poires (ANPP), lors du salon. À l’inverse, l'Italie, l'Espagne et la Suisse font figure d'exception avec des niveaux de stocks supérieurs à ceux de l'année précédente, précise M. Binard.

Pommes de terre transformées: le projet Lugo de NatUp prend du retard

En début d’année, la coopérative normande NatUp dévoilait son projet Lugo: un investissement de 30 M€ sur le site de sa filiale Lunor, à Luneray (Seine-Maritime) pour «proposer des produits transformés à base de pommes de terre cultivées en Normandie». L’usine actuelle, dédiée à la pasteurisation de près de 40 000 tonnes de légumes, passera alors à 60 000 tonnes. «Aujourd’hui, tous ces produits sont principalement importés des Pays-Bas et de Belgique, rappelle Laurent Lemarchand, directeur du pôle innovation et diversification et qui, le 1er janvier 2025, deviendra directeur général du groupe. La promesse est de transformer sur place, avec un outil industriel compétitif, des légumes produits localement, pour approvisionner des restaurants collectifs de la région, dont les cantines. Le tout, en préservant les 230 emplois.» Alors que les premières fouilles archéologiques ont mis au jour des poteries datant de l’âge de bronze, de nouvelles fouilles sont programmées au cours du premier semestre 2025, pour un budget de 500 000 €. Des opérations qui devraient retarder le début des travaux... et augmenter la note d’au moins 5 M€. La mise en service de la nouvelle usine est, elle, espérée pour 2026. (Anne Gilet)

Frites surgelées: l'UE obtient un nouveau panel à l'OMC pour son différend avec la Colombie

Constatant l’échec de la procédure de consultation entamée le 31 mai, la Commission européenne a obtenu, lors de la réunion de l’organe de règlement des différends de l’OMC le 25 novembre, la mise en place d’un groupe spécial chargé de trancher sur la mise en conformité de la Colombie dans le cadre du différend sur les importations de frites surgelées. Concrètement, Bruxelles reproche depuis plusieurs mois à Bogotá de ne pas avoir correctement exécuté les recommandations du panel de l’Arrangement d’arbitrage intérimaire multipartite (AMPA). Cet organe avait définitivement condamné la Colombie en 2022 pour avoir imposé sur les importations d’Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas (85% des exportations de frites surgelées de l’UE en Colombie pour une valeur de 19,3 M€) des mesures antidumping contraires aux règles de l’OMC. De son côté, la Colombie regrette la décision de l’UE et considère avoir fait de grands efforts pour expliquer lors des consultations la conformité de ses calculs aux normes de l'OMC. Une fois établi, le groupe spécial disposera alors de 90 jours pour produire son rapport.

Olives espagnoles: l’UE demande à l’OMC des sanctions contre les États-Unis

À moins de deux mois du retour de Donald Trump à la Maison blanche, la Commission européenne a demandé, à l’occasion de la réunion de l’organe de règlement des différends de l’OMC le 25 novembre, la possibilité d'imposer des contre-mesures sur les importations en provenance des États-Unis pour un niveau annuel d’environ 35 M$ (montant qui pourrait être ajusté pour tenir compte de l’inflation). Bruxelles estime notamment que Washington ne s’est pas conformé à la décision du groupe spécial condamnant les droits antidumping et compensateurs imposés sur les olives mûres en provenance d'Espagne. Au grand dam des États-Unis, qui contestent l’analyse de l’UE. En février, un groupe spécial de conformité de l'OMC avait déterminé que les mesures mises en place les États-Unis n’avaient pas permis une mise en conformité avec les décisions antérieures dans cette affaire, offrant la possibilité à l’UE de demander des compensations. Depuis, les deux parties ne sont pas parvenues à un accord sur une compensation mutuellement acceptable. Un panel d’arbitrage de l'OMC devrait donc maintenant se pencher sur la question, déterminer le niveau approprié des contre-mesures et rendre sa décision dans un délai de 60 jours.

Étiquetage: la Cour des comptes de l'UE critique le manque de clarté et d'harmonisation

La législation de l’UE sur l’étiquetage des denrées alimentaires présente, selon la Cour des comptes européenne, des lacunes inquiétantes, ainsi que des problèmes au niveau des contrôles et des sanctions. Dans un rapport d'audit publié le 25 novembre, elle souligne que, au lieu d’apporter de la clarté, les étiquettes alimentaires sont trop souvent source de confusion. Les consommateurs sont exposés à une multiplication du nombre de labels, de logos et de systèmes, qui ne fait pas systématiquement l’objet d’un suivi, déplore Keit Pentus-Rosimannus, membre de la Cour responsable de l’audit. Et d’ajouter que même les informations obligatoires, telles que l’indication de la date de consommation, ne sont pas toujours faciles à comprendre. La Cour regrette l’absence d’un système unique d’étiquetage nutritionnel sur la face avant des emballages, que s’était engagé à présenter la précédente Commission européenne. Elle s’inquiète aussi du manque de contrôles des informations facultatives – comme les allégations nutritionnelles, de santé ou vertes («sans antibiotiques», «naturel»…) – ou des ventes en ligne. La nouvelle Commission européenne, qui prendra ses fonctions début décembre, prévoit de présenter d’ici un à deux ans une refonte du système européen d’étiquetage alimentaire.

Néonicotinoïdes/miel: les apiculteurs de l'Unaf appellent le Sénat à rejeter la PPL sur les «entraves»

L’Unaf (apiculteurs) appelle le Sénat à voter contre la proposition de loi (PPL) «visant à libérer la production agricole des entraves normatives» déposé par le sénateur Laurent Dumplonb (LR), dans un communiqué le 20 novembre. L’Unaf conteste notamment l’article 2 de la PPL qui supprime l’interdiction pure et simple des néonicotinoïdes en France et propose à la place de s’en tenir à l’application du droit européen. Une «régression inadmissible» pour le syndicat apicole, qui reviendrait à réautoriser l’acétamipride sur le sol français. L’Unaf estime en effet que l’argument de «surtransposition» de Laurent Duplomb «est faux», car «le règlement européen n°1107/2009 impose aux États membres de retirer du marché tout pesticide ne démontrant pas son innocuité sur les abeilles, sur leurs larves, sur leur comportement, sur la survie et le développement des colonies à court et à long terme». L’Unaf s’inquiète aussi d’autres «régressions graves pour la protection de la santé publique et de l’environnement» prévues dans la PPL: suppression de l’encadrement du commerce des pesticides établi par la loi Egalim; possibilité donnée au ministre de l'Agriculture de «suspendre» une décision de l'Anses relative aux pesticides; autorisation de l’épandage par drone.

Nutrition/climat: la version de travail de la Snanc «va dans le bon sens», selon le Rac

Alors que le média Contexte a publié une version de travail de la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc) le 22 novembre, le Réseau action climat (Rac) estime auprès d’Agra Presse que le document «va globalement dans le bon sens». S’il se félicite que cette version provisoire affirme la nécessité de ne plus «faire peser l’essentiel de la responsabilité sur le consommateur et sur les agriculteurs», le réseau d'associations environnementales déplore néanmoins que la majorité des mesures présentées ne soient «qu’incitatives». Pour rappel, le document comprend en tout vingt objectifs, parmi lesquels celui de limiter la consommation de viande pour diminuer les émissions de GES ou encore celui de «réduire la pression marketing sur la population, notamment les enfants, pour les produits non respectueux de l’environnement et de la santé». À noter que cette dernière mesure, comme l'ensemble du texte, est dans l’attente d’un arbitrage interministériel. «De même, si la Snanc va dans le bon sens en visant plus de transparence sur les achats de la grande distribution et de la restauration commerciale (…), l’ambition ne permet pas de garantir un meilleur partage de la valeur avec l’amont agricole», regrette le Rac. Aussi l’association espère-t-elle que la Snanc sera prochainement mise en concertation, avec une «ambition rehaussée».

UE/Mercosur: un ministre brésilien soutient les fournisseurs de viande face à Carrefour

Le ministre brésilien de l'Agriculture a apporté le 25 novembre son soutien aux entreprises du secteur de la viande dans leur décision de ne plus approvisionner les magasins du groupe Carrefour dans le pays, selon l’AFP. «Je suis heureux de l'attitude de nos fournisseurs. Si pour le peuple français, il ne faut pas que Carrefour achète de viande brésilienne, que Carrefour cesse d'acheter de la viande brésilienne pour ses magasins au Brésil», a déclaré le ministre Carlos Favaro à la chaîne Globonews. De son côté, le président de la Chambre des députés du Brésil, Arthur Lira, a fustigé le «protectionnisme européen, surtout de France vis-à-vis du Brésil». La controverse a débuté le 20 novembre, quand le p.-d.g. de Carrefour, Alexandre Bompard, a écrit au syndicat agricole majoritaire FNSEA que la chaîne de supermarchés «ne vendra aucune viande provenant du Mercosur». Une annonce liée à l'opposition de la France au projet d'accord commercial UE/Mercosur, sur fond de manifestations d'agriculteurs français qui craignent que cet accord n'ouvre la porte à une concurrence déloyale. Le groupe français avait néanmoins souligné que son refus de vendre de la viande issue des pays du Mercosur ne s'appliquait qu'aux magasins Carrefour en France. Mais cette annonce a suscité une vive indignation au Brésil, notamment de la part du puissant secteur de l'agro-négoce.

Bovins viande: surmortalité de 14%, notamment en raison de la FCO et de la MHE (presse)

Un an après l’apparition de la maladie hémorragique épizootique (MHE) et la résurgence de la fièvre catarrhale ovine de sérotype 8 (FCO-8), «on observe 14% de surmortalité chez les vaches allaitantes adultes entre octobre 2023 et septembre 2024», estime Valérie David, de l’Idele, interrogée par Réussir Bovins viande. Cette surmortalité correspond à «près de 11 700 vaches mortes en plus par rapport à la normale (moyenne des trois années précédentes)». Bien que les maladies vectorielles ne soient pas la seule explication, «l’évolution de la surmortalité suit les trajectoires des propagations de la MHE et des FCO», notent nos confrères. Les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, premiers départements touchés par la MHE, affichent une hausse de mortalité de 33% (1100 têtes). Le Cantal et l’Aveyron, où est apparu à l’été 2023 un nouveau variant de la FCO-8, connaissent de leur côté une surmortalité de 31% (1900 têtes). Plus récemment, au troisième trimestre 2024, «les départements au nord et nord-est de la France accusent un peu plus de mortalité», indique Valérie David, qui y voit «un début d’effet de la FCO 3» (sérotype exotique arrivé en France en août).

Bovins viande: «très demandés», les broutards français voient leur prix grimper (Idele)

Entre des effectifs en stagnation, des exportations en baisse et le développement de l’engraissement en France, «les broutards français sont très demandés à l’échelle européenne», note l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances le 22 novembre. Résultat: des cours «en hausse faute d’offre suffisante», de +40 à +70 ct€/kg en un an, selon les catégories d’animaux, pour des cotations allant de 3,83 à 4,2 €/kg en semaine 46 (du 11 novembre). Dans les élevages, alors que la décapitalisation se poursuit, les effectifs de mâles sont stables pour les charolais (premiers en nombre de têtes) et en baisse pour les limousins, blonds d’Aquitaine et croisés. Or, l’engraissement de broutards se développe dans l’Hexagone, «aux dépens de l’export», observe l’Idele: depuis le début de l’année (1er janvier-20 octobre), les exportations de broutards ont reculé de 7% sur un an (à 749 000 têtes). Et dans les mois à venir, les broutards français devraient se faire encore plus rares: les effectifs d’animaux de moins de six mois sont «en forte baisse» (-8% sur un an au 1er octobre). La tendance aux vêlages d’automne «ne s’est pas poursuivie en septembre 2024», constate l’Idele, (-9% en septembre sur un an), probablement en raison des maladies vectorielles (MHE et FCO).

Ovins viande: la cotation des agneaux entrée abattoir dépasse 10 €/kg, une première

La cotation nationale des agneaux à l’entrée des abattoirs a atteint 10,16 €/kg en semaine 46 (du 11 novembre), dépassant les 10 €/kg pour «la première fois depuis que les cours sont remontés à FranceAgriMer», indique l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances le 22 novembre. Cette «immuable ascension», selon les mots de l’institut technique, «pose de réels problèmes de répercussion sur l’aval de la filière». «L’enjeu est aujourd’hui le maintien d’un linéaire de viande ovine en magasins», préviennent sans détour les analystes de l’Idele. D’une part, «vu le prix élevé de l’agneau, certains distributeurs ne commandent des carcasses que le week-end, essayant ainsi de minimiser les risques». D’autre part, les abatteurs «peinent parfois à honorer leurs commandes» de viande d’agneau française, «faute d’approvisionnement». En cause, la baisse saisonnière de production, aggravée cette année par la «faiblesse de l’offre». Sur les neuf premiers mois de 2024, le disponible de viande ovine a fondu de 5% par rapport à 2023 (-14%/2015-2019), entre des abattages hexagonaux en baisse (-5% sur la même période, à 55 300 téc) et des exportations d’agneaux en hausse (+6%). Des chiffres qui ne reflètent pas l’épizootie de FCO, dont l’impact est «à venir», rappelle l’Idele.

Autoroute A69: la justice va trancher sur une possible suspension du chantier

Le tribunal administratif de Toulouse a examiné le 25 novembre le dossier controversé de l'autoroute A69, la rapporteure publique se prononçant pour une annulation des autorisations du chantier, qui entraînerait la suspension des travaux entamés en 2023. Cette magistrate indépendante, dont les avis sont souvent suivis, a demandé «l'annulation dans leur intégralité des autorisations environnementales» concernant l'autoroute Toulouse-Castres. Il n'y a pas de «raison impérative d'intérêt public majeur» justifiant sa construction, selon elle. La rapporteure publique a jugé «excessif» d'invoquer une «véritable situation d'enclavement» du sud du Tarn. Et de souligner que le gain de temps d'une vingtaine de minutes entre Toulouse et Castres permis par cette autoroute payante s'accompagnerait d'une «dégradation» de la route gratuite. En effet, cet «itinéraire de substitution» traverserait à nouveau Soual et Puylaurens, car leurs contournements, aujourd'hui gratuits, seraient intégrés dans l'A69. Le tribunal rendra sa décision sous une quinzaine de jours. L'audience a porté sur quatre recours, dont deux demandes d'annulation d'arrêtés préfectoraux autorisant les liaisons autoroutières A69 et A680 présentées par France nature environnement.

Tomates/ToBRFV: seize exploitations indemnisées l'an passé, réflexion sur les conditions d'accès

À l’occasion de son congrès les 21 et 22 novembre, Légumes de France a dressé un bilan des activités du Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE) concernant le soutien aux producteurs de tomates affectés par le virus ToBRFV sur la période 2023-2024. En 2023, seize exploitations en Bretagne et en Pays de la Loire, représentant 55 ha, ont été concernées. «Le montant des indemnisations, s’élevant à 7,55 M€, a été versé à hauteur de 75%, aux producteurs concernés», a expliqué Gérard Roche, administrateur de Légumes de France. En 2024, de nouvelles régions sont impliquées: la région Paca et la Nouvelle-Aquitaine. Le virus ToBRFV y a été repéré dans onze exploitations concernant 25 ha de culture de tomates, pour une indemnisation globale de près de 4 M€. Gérard Roche a aussi indiqué que la section «Légumes frais» du FMSE travaillait sur des pistes d’amélioration de l’analyse de risques: origine des plants, variétés utilisées (résistantes ou non), protocole de désinfection bien suivi. «Si l’analyse de risque est mauvaise, le taux d’indemnisation pourrait être abaissé à 50%», avertit Gérard Roche «Si, au contraire, elle montre que les producteurs ont pris toutes les précautions nécessaires, le taux d’indemnisation serait maintenu à 100%.»

Fruits et légumes: Jean-Hugues Belland pressenti à la présidence du CTIFL

Jean-Hugues Belland (grossiste, UNCGFL) semble bien parti pour prendre la succession de Jacques Rouchaussé à la présidence du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), a appris Agra. Le conseil d’administration du CTIFL se réunira le 26 novembre pour le vote. Jean-Hugues Belland succéderait ainsi à Jacques Rouchaussé qui a piloté le centre technique pendant neuf ans. Depuis 2004, Jean-Hugues Belland est à la présidence du groupe Profex, réseau d’entreprises de gros en fruits et légumes présente sur plusieurs marchés d’intérêt national (Bordeaux, Rungis, Agen, Rouen, Toulouse), ainsi qu'à Ville-sur-Auzon (Vaucluse). M. Belland est administrateur du CTIFL depuis fin 2017 et assure la co-présidence de sa commission Fruits. Comme le veut l’alternance au sein des instances, c’est un représentant de l’aval qui prend la tête du centre technique, car un représentant de l’amont, Daniel Sauvaître, a accédé récemment à la présidence d’Interfel.

Groupes vétérinaires: Jacques Bonin est élu président du Syngev

Jacques Bonin a été élu, le 19 novembre, à la présidence du syndicat des groupes d’établissements vétérinaires (Syngev), indique un communiqué. Il prend la suite d’Émeric Lemarignier, qui était à la tête du syndicat depuis sa création en 2021. Jacques Bonin est le président d’Anicura France, un groupe spécialisé dans les soins aux animaux de compagnie (chiens et chats). Les membres du Syngev représentent plus de 960 cliniques et centres hospitaliers vétérinaires en France (20% du secteur).
* Argos Vétérinaire, Anicura, IVC Evidensia, Mon Véto, Qovetia, Vetpartners, le réseau de Madame Corinne Armand et Univet

Cabinet d'Annie Gevenard: la conseillère presse Marie-Ève Malouines sur le départ

Confirmant une information de nos confrères de Contexte, la conseillère presse et communication Marie-Ève Malouines indique qu'elle quitte le cabinet de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, mettant en avant des «raisons personnelles». De même, le chargé de communication Antoine Laudijois revient au ministère des Personnes en situation de handicap, où il est promu au poste de conseiller communication de la ministre. La concomitance des deux départs est un «concours de circonstance», assure-t-on au cabinet.