Agrafil du 29 novembre 2021

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Influenza aviaire: premier cas de l'automne en élevage commercial, dans le Nord

Déjà repérée cet automne parmi les oiseaux sauvages et dans quelques basses-cours françaises, l'influenza aviaire, a touché un premier élevage commercial de poules pondeuses, sur la commune de Warhem, dans le département du Nord, a annoncé le ministère de l'Agriculture le 27 novembre. Il s'agit du virus H5N1, précise le cabinet du ministre interrogé par l'AFP. Avec ce cas dans un élevage, la France perd à nouveau son statut «indemne» d'influenza aviaire, qu'elle venait de retrouver le 2 septembre, a confirmé la même source. Cela devrait avoir «des conséquences sur certains marchés à l'export» de ses volailles. «Des démarches ont été initiées via les ambassades pour rassurer les principaux pays importateurs sur le caractère sporadique à ce stade de cet événement et la mise en oeuvre des mesures de gestion habituelles telles que prévues par la réglementation de l'UE», ajoute le cabinet de Julien Denormandie. Pour le moment, les conséquences «ne devraient pas aller au delà-de ce qui avait été noté l'an dernier», selon le cabinet de Julien Denormandie. «Nous avons l'assurance qu'un certain nombre de pays continueront à accepter l'introduction des productions françaises à partir des autres départements, grâce à ce qu'on appelle la reconnaissance du zonage», ajoute-t-il.

Foie gras: la mairie de Strasbourg le bannit de ses réceptions officielles

La mairie de Strasbourg, sous l'impulsion de sa maire écologiste Jeanne Barseghian, a banni depuis son entrée en fonction en juillet 2020 le foie gras de ses réceptions officielles, au nom du «bien-être animal», selon un document consulté par l'AFP. «Depuis ma prise de fonction en qualité de Maire, j'ai pris la décision de ne plus servir cette spécialité gastronomique lors des événements officiels organisés par la ville de Strasbourg», écrit Mme Barseghian dans un courrier daté du 16 novembre dernier et adressé à l'association de défense de la cause animale Peta France, que l'AFP a pu consulter. L'association a salué une «bonne nouvelle pour les oies et les canards», dans un communiqué diffusé le 25 novembre, journée mondiale de lutte contre le foie gras, et à la veille de l'ouverture du Marché de Noël, où des producteurs de foie gras alsaciens tiennent des stands. Dans un communiqué paru le lendemain, l'interprofession du foie gras (Cifog) dénonce une «véritable offense pour l'association des producteurs de foie gras d'Alsace Gänseliesel et tous les professionnels de la filière alsacienne».

Menu végétarien: limiter la fréquence hebdomadaire n’est pas «pertinent» (Anses)

Saisie par les ministères de l'Agriculture et la Santé, l’Anses estime dans une note publiée le 25 novembre que l’augmentation du nombre de menus végétariens hebdomadaires dans les cantines «ne modifie pas le niveau de satisfaction des apports en nutriments, au regard de l’atteinte des références nutritionnelles». «Il n’est donc pas pertinent de proposer de ce fait une fréquence maximale de menus sans viande ni poisson», tranchent les experts de l’agence. En clair: le menu végétarien quotidien dans les cantines ne poserait aucun problème en termes de santé et d’apports nutritionnels, malgré les débats qu’il a pu susciter récemment. L’agence souligne au passage que, par rapport à ses recommandations, «l’apport en protéines est presque 3 fois supérieur» dans les menus avec viande et poisson. Et les apports en acides gras et sodium seraient également «excessifs». Dans ce contexte, poursuit la note, les déjeuners végétariens «permettent à la fois de diminuer légèrement cet apport [en protéines] et d’augmenter les apports en fibres». L’agence recommande en conclusion d’agir aussi «sur la qualité nutritionnelle des repas pris hors de la cantine», qui reste le facteur central du «profil de consommation global des enfants».

Biodiversité: un 2e viticulteur condamné pour avoir détruit l'habitat de la tortue d'Hermann

Dans le Var, le domaine viticole du Château des Launes, à La Garde-Freinet a été condamné le 26 novembre à 45.000 euros d'amendes fermes pour avoir défriché la zone d'habitat d'une espèce de tortue menacée, ainsi qu'à une indemnisation «en réparation» du préjudice écologique, deux mois après une décision semblable visant un autre domaine. Fin septembre, dans une affaire similaire, une amende de 100.000 euros avait été infligée par le même tribunal de Draguignan à un autre domaine viticole du Var, le domaine du Château de Berne, lui aussi coupable d'avoir défriché une zone d'habitat de la tortue d'Hermann. Le domaine avait également été condamné à verser 375.000 euros au titre du «préjudice écologique», somme affectée par le tribunal «à des mesures en faveur de la tortue Hermann». Défendu par le même avocat, Me Ladouce, le Château de Berne a fait appel. L'avocat avait dénoncé l'application «anormalement zélée» de la réglementation sur les interdictions de défrichage dans les zones protégées, comme la Réserve de la plaine des Maures, réglementation qui aurait démontré «ses limites» cet été. L'avocat faisait référence au gigantesque incendie qui a ravagé en août le massif des Maures et l'arrière-pays de Saint-Tropez (Var), faisant deux morts.

Nitrates: l’eau en Seine-Normandie pâtit des retournements de prairie (agence de l’eau)

Dans le bilan annuel publié le 26 novembre, l’agence de l’eau Seine-Normandie note une amélioration générale de ses eaux souterraines, avec près de 25 stations supplémentaires en «bon état» sur les 512 étudiées. Cependant, «les dégradations liées aux nitrates sont en hausse», alerte Christophe Poupart, directeur de la connaissance au sein de l’agence lors d’une conférence de presse, alors qu'environ 90 stations sur le bassin de l’agence ont été déclassées en 2021 pour ce paramètre. La période récente a d’ailleurs vu, rappelle M Poupart, «une aggravation des épisodes d’échouages d’algues, comme à Courseulles-sur-mer (14)». Car la plupart des nouveaux sites dégradés, selon M Poupart, «se trouve principalement dans les zones de retournement de prairies, et notamment en Normandie». Pour espérer améliorer la qualité, l’agence mise sur les aides au développement du bio ou de filière à bas intrants, ainsi que sur «la règlementation ou même le levier fiscal, qui peuvent être des outils de politiques publiques», appuie Sandrine Rocard, directrice générale de l’agence. Autre espoir : les paiements pour services environnementaux, dont l’expérimentation a été lancée en 2019. Et côté surveillance, glisse Christophe Poupart, «des observatoires des reliquats azotés pourraient être développés dans les départements», afin d’accompagner les prochains plans nitrate régionaux à paraitre.

Phytos: le cancer de la prostate reconnu maladie professionnelle «avant fin d'année»

Un décret reconnaissant le cancer de la prostate comme maladie professionnelle, notamment  à la suite de l'usage du pesticide chlordécone, sera pris «avant la fin de l'année», a indiqué le 28 novembre le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, en pleine crise sociale dans les Antilles. La sortie de ce décret avait déjà été annoncée en octobre, mais «nous avons fait en sorte d'accélérer les choses pour qu'il puisse être pris avant la fin de l'année. Je m'y engage. Le gouvernement s'y engage», a déclaré le ministre dans l'émission "Dimanche en Politique" sur France 3. Le décret rendra possible l'indemnisation des agriculteurs empoisonnés par le chlordécone via un nouveau fonds d'indemnisation pour les victimes de maladies professionnelles liées aux pesticides, a confirmé le ministère auprès de l'AFP. «Il y a une demande légitime, depuis maintenant fort longtemps, des professionnels, que le cancer de la prostate puise être reconnu comme une maladie professionnelle liée à l'utilisation de produits, notamment le chlordécone», a expliqué M. Denormandie au micro de France 3. Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France.

Lait bio: la Conf’ demande des mesures d’«urgence» face à la baisse des prix

Dans un communiqué paru le 25 novembre, la Confédération paysanne «s'inquiète de la baisse des prix du lait bio payés aux producteurs et productrices par plusieurs laiteries, particulièrement dans un contexte de hausse des charges». Le syndicat appelle l’Etat et la filière à prendre des mesures d’ «urgence» et sollicite une rencontre avec le ministère de l’Agriculture «pour trouver très rapidement des solutions». Il demande également «aux entreprises de collecte qui ne l'ont pas encore fait, d'appeler leurs producteurs et productrices à diminuer [temporairement] leur production». Dans un contexte où les volumes de lait bio augmentent plus vite que la demande, le prix de base payé aux éleveurs est en baisse ces derniers mois : -1,7% en août et -2,5% en septembre par rapport à 2020. «Cette baisse est amenée à s’accentuer dans les prochains mois», explique Corentin Puvilland, chargé du suivi de la conjoncture et des filières lait bio à l’Idele, qui souligne des disparités entre les prix payés par les différents opérateurs. Favorable à une régulation des volumes à l’échelle européenne pour l’ensemble de la filière laitière, la Conf' appelle enfin le ministre à «profiter de la présidence française de l’Union européenne [qui commencera le 1er janvier 2022, NDLR] pour ouvrir d'urgence une discussion» sur le sujet.  

Bretagne: la chambre d'agriculture inquiète pour l'avenir de l'élevage

La chambre régionale d'agriculture de Bretagne, première région d'élevage en France, s'inquiète pour l'avenir de ces productions en raison en particulier de «l'usure économique et morale» des agriculteurs. «La tentation d'arrêter l'élevage n'est plus taboue», écrivent les présidents de la Chambre dans une longue lettre ouverte rendue publique le 26 novembre et adressée notamment au ministre de l'Agriculture et aux élus de la région. «Les revenus de l'élevage sont toujours à la peine et inférieurs aux revenus des filières végétales», relève la Chambre qui voit se profiler «une végétalisation rampante». Selon les élu, «les éleveurs aspirent à une vision et une cohérence entre politiques publiques et politiques de filières, entre enjeux de souveraineté alimentaire, enjeux climatiques et environnementaux!», poursuivent-ils, soulevant notamment la question des énergies issues de l'agriculture. «Les politiques publiques en faveur de la production d'énergies renouvelables représentent-elles un risque pour la vocation alimentaire de l'élevage?» Revenant sur les gaz à effet de serre émis par l'élevage, ils demandent: «veut-on en Bretagne la neutralité carbone de l'élevage breton, sans vache dans les champs, sans jambon, sans poulet régional dans nos cantines?».

Enseignement agricole: Purpan propose une formation d’ingénieur par apprentissage

Dès la rentrée de septembre 2022, l’École d'ingénieurs de Purpan, près de Toulouse, proposera, en plus de sa formation Agro-Bachelor, une formation d’ingénieur par apprentissage, a-t-elle indiqué le 26 novembre dans un communiqué. Pour mémoire, Agro-Bachelor est un diplôme délivré par l’école certifiant un programme de trois ans d’études. La nouvelle formation d’ingénieur par apprentissage s'adresse à des étudiants titulaires d'un BTS, DUT ou niveaux équivalents souhaitant exercer dans les domaines de l'agriculture, l'agro-alimentaire et l'environnement. Les trois années se feront en alternance entre les cours académiques (1 800 heures) et la formation en entreprise (2 800 heures). Tout au long de ces trois ans, l'étudiant-apprenti bénéficiera d'un double tutorat en entreprise avec son maître d'apprentissage et à l’école de Purpan avec un enseignant-chercheur attitré. «Tous les trois valideront ensemble les activités les plus adaptées à l'entreprise et permettant le meilleur développement des compétences de l’ingénieur», précise le communiqué.