Agrafil du 30 novembre 2021

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Covid-19: l’OMC reporte sine die la douzième conférence ministérielle

Face à la rapide propagation du nouveau variant Omicron (souche contagieuse du virus de la Covid-19), le Conseil général de l’Organisation mondiale du Commerce a décidé le 26 novembre, d’un commun accord entre toutes les délégations, de reporter sine die la douzième conférence ministérielle, prévue initialement à Genève du 30 novembre au 3 décembre. Malgré cette seconde annulation - après celle de Noursoultan (Kazakhstan) en juin 2020 à la suite de l’apparition des premiers cas de Covid-19 -, la directrice générale de l’institution genevoise, la nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, a toutefois indiqué aux 164 membres que «cela ne signifie pas que les négociations doivent s’arrêter. Au contraire, les délégations devraient être pleinement habilitées à rapprocher leurs positions le plus possible». Alors qu’un accord agricole était de toute façon hors d’atteinte en raison de trop fortes divergences, ce laps de temps supplémentaire permettra aux membres de hausser leur niveau d’ambition afin d’atteindre des résultats concrets, lors des prochains comités de l’Agriculture, sur les différents chapitres mis sur la table (soutiens internes, accès au marché, stockage public à des fins de sécurité alimentaire, mécanisme de sauvegarde spéciale, restrictions à l’exportation, concurrence à l’exportation, coton et transparence).

Viande bovine: la FNB a envoyé un contrat-type à son réseau

Alors que la contractualisation deviendra obligatoire pour certaines catégories de bovins viande au 1er janvier 2022, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a finalisé un modèle de contrat, qu'elle a envoyé à son réseau le 25 novembre. Le document, qu'Agra Presse a pu consulter, comporte la mention – instaurée par la loi Egalim 2 – d'un tunnel de prix, ainsi qu'une détermination du prix à partir des trois types d'indicateurs prévus par l'article L631-24 du Code rural (coûts de production, marché et qualité/cahier des charges). «Le travail va maintenant arriver sur le terrain», a résumé le vice-président de la FNB Emmanuel Bernard lors d'une table ronde organisée par la FDSEA du Maine-et-Loire le 26 novembre. Et d'inviter les sections départementales de la FNB à «s'en saisir», afin que les éleveurs puissent proposer une «offre relativement simple» basée sur leurs pratiques actuelles. Ces contrats devront reposer sur les indicateurs interprofessionnels de coût de production, dont la publication est bloquée par les distributeurs. Une position qui «reflète un état d'esprit de résistance», mais qui «ne change rien au déploiement», a estimé M. Bernard. «Dès qu'elle le pourra, la FNB demandera à l'Idele (institut technique, NDLR) de publier ces indicateurs», comme prévu par la loi, a-t-il ajouté.

Blé Label rouge: les régulateurs de croissance sur la sellette (professionnels)

Intercéréales (interprofession) craint une interdiction des régulateurs de croissance pour le blé panifiable à destination de la farine Label rouge, mesure qui doit être examinée en janvier au comité national de l’Inao (Institut national de l'origine et de la qualité). «L’Inao serait prêt aujourd’hui à tordre le cou à quelques pratiques culturales», en entraînant «une dégradation de la qualité de nos céréales», a alerté le 25 novembre le président Jean-François Loiseau, lors de son assemblée générale, en présence du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. Cela vise l’utilisation des régulateurs de croissance, dont l’intérêt est de permettre au blé de «rester droit, sans quoi la céréale risque de finir au sol et s’exposer à la pourriture», a-t-il expliqué en marge de l’évènement. Un projet de modification du cahier des charges de la farine Label rouge, soumis à procédure nationale d’opposition (PNO), prévoit l’interdiction d’usage des régulateurs de croissance pour les blés panifiables (à l'exception des blés de force), confirme l’Inao. «La PNO s’est achevée et les services de l’Inao sont en train d’étudier les oppositions sur le sujet, qui seront exposées au comité national IGP-Label rouge-STG du mois de janvier.» Chaque année, 114 000 t de farine Label rouge sont produites, selon les chiffres d’Intercéréales.

Fromages AOP: légère tension sur les volumes de saint-nectaire à l’approche des fêtes

À l’approche des fêtes de fin d’année, l’AOP saint-nectaire anticipe des tensions d’approvisionnement liées à «un petit tassement des volumes de lait produits et une demande qui augmente chaque année», a précisé à Agra Presse son président Sébastien Ramade le 29 novembre. Rien d’anormal à cette période de l’année où la demande surpasse habituellement l’offre, mais une légère baisse de production, due à un été pluvieux et un fourrage de mauvaise qualité, pourrait accentuer ce décalage, sans pour autant créer une pénurie. «À date, sur nos volumes de collecte, nous sommes en baisse de 15 à 20%», affirmait le 24 novembre sur BFMTV, Arnauld Dischamp, vice-président de la fromagerie Dischamp, qui produit des fromages AOP en Auvergne. «Je suis à -5% de production sur ma ferme au mois de novembre», illustre Sébastien Ramade, qui produit du saint-nectaire fermier à Murat-le-Quaire (Puy-de-Dôme). La baisse de production de lait concernerait principalement les filières AOP du Massif central (fourme d’Ambert, cantal, bleu d’Auvergne et saint-nectaire), informe le Cnaol (appellations d’origines laitières). Elle affecte surtout l’AOP saint-nectaire, qui transforme déjà tous ses volumes de lait en fromages, contrairement aux autres filières AOP qui disposent d’une marge plus importante de lait en réserve.

Fleurs coupées: le français Bigot Fleurs bientôt racheté par l’anglais Flamingo

L’entreprise familiale sarthoise Bigot fleurs (roses, tulipes, muguet) est entrée en négociations exclusives pour être rachetée par le groupe anglais Flamingo, révèle l’Agence API (Ouest-France) le 29 novembre. «L’opération n’est pas liée aux difficultés de la crise, c’est un choix stratégique», a déclaré son co-dirigeant Nicolas Bigot. Après une année 2020 marquée par des pertes importantes durant le premier confinement, M. Bigot assure que «2021 sera une année record» avec un chiffre d’affaires d’environ 30 millions d’euros (M€), contre 19 millions d’euros (M€) en 2019. Bigot Fleurs fait partie des leaders français de la fleur coupée, elle emploie «180 salariés en France à Allonnes, près du Mans et presque un millier au Kenya». Elle passera dans le giron du britannique Flamingo, «présenté comme le leader de la production et de la vente de fleurs, plantes et légumes au Royaume-Uni et numéro deux en Europe continentale». Le groupe anglais «affiche un chiffre d’affaires de 620 millions de livres sterling (770 M€) et compte 22 000 salariés incluant sept fermes en Afrique de l’Est». 

Pêches et abricots: la filière renforce ses actions face au changement climatique

À l’issue de son séminaire annuel qui s’est déroulé les 23 et 24 novembre, l’AOPn pêches et abricots de France a annoncé ses orientations stratégiques. L’association d’organisations de producteurs représentative de la filière compte «amplifier» sa collaboration avec ses partenaires scientifiques afin de choisir des variétés «résistantes, adaptées au changement climatique, et répondant aux attentes de qualité gustative», indique un communiqué le 29 novembre. L’AOP va aussi s’engager dans «la création de références sur la question du carbone» et «la relance de formations supérieures en arboriculture». En outre, elle va créer «très prochainement» un «comité de R&D» voué à augmenter sa capacité de financement de programmes de recherche. L’association va par ailleurs poursuivre «la construction de références en agroécologie», et œuvrer pour «la sécurisation de la production».