Agrafil du 26 novembre 2025

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UE/Mercosur: pas de procédure d’urgence sur les sauvegardes au Parlement européen

Le PPE (droite) a une nouvelle fois échoué, le 25 novembre en séance plénière à Strasbourg, à faire valider le recours à la procédure d’urgence pour l'adoption de la proposition controversée de la Commission européenne visant à renforcer la clause de sauvegarde agricole de l’accord commercial UE/Mercosur. Après un premier échec le 19 novembre lors de la conférence des présidents (organe politique du Parlement européen), le principal groupe politique de l’hémicycle a cette fois retiré sa demande avant même de la soumettre au vote de la plénière. Une annonce qui est un soulagement pour les opposants au projet de texte. Dans un communiqué du 25 novembre, le cercle de réflexion Farm Europe avance que l’emploi d’une telle procédure accélérée «aurait affaibli la capacité du Parlement européen à travailler correctement sur les moyens d’améliorer» le mécanisme mis sur la table par l’exécutif européen. Il se réjouit ainsi que la possibilité soit offerte aux parlementaires d’amender un texte «aux implications profondes pour l’agriculture». L'eurodéputé centriste irlandais, Barry Cowen, se félicite aussi que le texte retourne en commission du Commerce international et que celle de l'Agriculture puisse donner son avis sur le sujet.  

Pesticides : la Commission européenne lance une étude d’impact sur la réciprocité

La Commission européenne a annoncé, le 25 novembre, le lancement d’une analyse d'impact afin de renforcer le réciprocité des normes de production de l'UE relatives aux pesticides vis-à-vis des produits importés. Il s’agira, précise Bruxelles, de « comprendre les conséquences économiques, environnementales et sociales qu'une plus grande cohérence des exigences pourrait avoir » notamment les impacts potentiels sur les flux commerciaux de l'UE et la compétitivité des producteurs européens. Une étude préliminaire va être confiée au Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC) dont les résultats sont attendus « d’ici l’été 2026 ». Sur cette base, l’exécutif européen pourra décider « d’éventuelles modifications appropriées et proportionnées du cadre juridique existant afin de progresser vers une plus grande réciprocité des normes ». La Commission européenne doit déjà présenter, le 16 décembre, un paquet de simplification des règles en matière de sûreté alimentaire qui devrait comprendre un engagement à fixer les limites maximales de résidus (LMR) pour les substances les plus dangereuses interdites dans l’UE au niveau de la limite de quantification.

Biocontrôle : Strasbourg demande une accélération des procédures de mise sur le marché

Le Parlement européen a adopté à une très large majorité (590 voix contre 28 et 32 abstentions), en plénière à Strasbourg le 25 novembre, une résolution appelant la Commission européenne à accélérer l’accès aux agents de lutte biologique. Les parlementaires s’y prononcent pour une définition juridique claire de ces produits de biocontrôle ainsi que pour des procédures d'approbation et d'autorisation plus rapides. Ils demandent également aux États membres de faciliter le recours à la procédure de reconnaissance mutuelle de ces produits. Et ils insistent aussi sur la nécessité d'investir davantage dans les capacités d'évaluation des États membres et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) où devrait être créé un guichet unique pour accompagner les entreprises. La plupart de ces dispositions devraient se retrouver dans le paquet de simplification des règles en matière de sûreté alimentaire que la Commission européenne doit présenter le 16 décembre.

Phytos : BASF porte plainte suite à l’intrusion dans son site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf

Dans un communiqué du 24 novembre, BASF a annoncé avoir porté plainte contre X suite à l’intrusion sur son site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf le 17 novembre dernier. L’agrochimiste se justifie en expliquant que l’opération en question avait été conduite « au mépris des règles évidentes de sécurité industrielle, exposant les personnes présentes (collaborateurs, manifestants, pompiers et forces de l’ordre) à des dangers considérables ». Il ajoute que « les activités du site sont par ailleurs parfaitement connues, déclarées et soumises à des contrôles réguliers par les autorités. BASF respecte ainsi pleinement les lois et règlements ». En plus d’intimidations envers les pompiers, les manifestants auraient provoqué des dégradations de véhicules personnels appartenant aux salariés, pointe BASF. Pour rappel, plusieurs organisations (Confédération paysanne, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest (CSVPO), Cancer Colère, Faucheurs volontaires et Soulèvements de la Terre) avaient revendiqué l’intrusion, affirmant qu’il s’agissait d’une « inspection des stocks afin de récupérer des preuves supplémentaires de la fabrication et du stockage de pesticides interdits, notamment à base de fipronil ».

Engrais: des organisations céréalières de l’UE demandent un report du MACF

Une douzaine d’organisations agricoles de l’UE –agriculteurs (Copa-Cogeca, CEPM, CIBE), meuniers, amidonniers – appellent, dans un communiqué du 25 novembre, la Commission européenne et les États membres à reporter la mise en œuvre du mécanisme de compensation carbone aux frontières de l’UE (MACF) pour les engrais. « Aussi incroyable que cela puisse paraître, de nombreux facteurs servant au calcul de le MACF n'ont pas encore été fixés par la Commission, notamment les valeurs de référence et les valeurs par défaut », soulignent ces organisations. Selon leurs estimations, les prix des engrais pourraient augmenter « de 10 à 15% en 2026, certains scénarios prévoyant des hausses pouvant dépasser 30% ». Or elles rappellent que les céréaliers de l’UE subissent actuellement des « marges historiquement faibles, voire négatives, principalement en raison de la forte hausse des coûts de production depuis 2020 », en particulier des engrais « leur principal poste de dépenses ». Avant toute entrée en vigueur du MACF elles demandent que « tous les éléments techniques déterminant les coûts du MACF soient finalisés » et que des mesures efficaces de compensation des coûts soient mises en place. La France, avec notamment le soutien de l’Irlande, a récemment alerté les institutions européennes sur ce problème, sans obtenir à ce stade de réponse concrète.

Céréales : ni retrait, ni nouvelle solution fongicide pour la récolte 2026 (Arvalis)

Lors d’une visioconférence de presse organisée le 25 novembre, Jérôme Thibierge, ingénieur en protection des plantes chez Arvalis, a déclaré « que pour la campagne 2026, toutes les matières actives fongicides sur céréales sont reconduites. Nous disposons donc de la même boîte à outils que l’année précédente ». Il faudra attendre 2027 pour que de réelles innovations fassent leur apparition. Selon l’institut technique, Syngenta prévoit de commercialiser « sa première formulation de pydiflumétofène », utilisée contre la septoriose. Une association entre cette matière active et le prothioconazole devrait suivre en 2028. Ensuite, Philagro espère commercialiser le métyltétraprole en 2028 également. Toutefois, deux matières actives risquent un retrait du marché dans un avenir proche, alerte Arvalis. Il s’agit du tebuconazole, dont l’autorisation expire le 15 août 2026, et du cyprodinil, qui expire le 31 octobre 2026. L’institut technique a par ailleurs indiqué que la nuisibilité des maladies fongiques s’est avérée assez réduite en 2025, grâce aux conditions climatiques favorables. Autre bonne nouvelle : Arvalis et l’Inrae ne font pas état de progression notable de résistance aux fongicides en 2025.

Coopérative : changement de directeur et de président chez Dijon Céréales

Christophe Richardot, directeur général de Dijon Céréales depuis huit ans, quittera ses fonctions le 31 décembre 2025, « dans le cadre d’un accord serein fondé sur une divergence d’orientation stratégique », précise le groupe. Il sera remplacé, le 1er janvier, par Simon Bilbot qui pilotait, depuis 2021, le pôle distribution. Autre changement : celui de président. Didier Lenoir va céder sa place à l’issue de l’assemblée générale du 9 décembre. Cette nouvelle gouvernance s’inscrit dans « une nouvelle étape stratégique pour Dijon Céréales fondée sur un recentrage territorial et un renforcement des synergies locales ». Elle intervient après « une campagne 2024 éprouvante » ayant généré « une augmentation significative des coûts de fonctionnement qui ont pesé sur le résultat du pôle agricole ». L’idée est désormais de « construire des synergies pertinentes, adaptées au terrain » avec les coopératives voisines, à commencer par Bourgogne du Sud présente également dans l’Alliance BFC. Mais pas question pour l’heure de fusion mais plutôt de quête de « convergences organisationnelles et économiques » pour « gagner en efficacité, optimiser les flux du grain et créer de la valeur pour les adhérents ». (Anne Gilet)

Vin : Hansen ouvert à mobiliser la réserve de l'UE pour de la distillation de crise

À l'occasion de l'assemblée générale de la Cnaoc (vins AOC) le 25 novembre, le commissaire à l'Agriculture s'est montré ouvert à une distillation financée par la réserve de crise européenne, comme demandé par la ministre de l'Agriculture française, Annie Genevard. Évoquant la possibilité d'une «distillation de crise», Christophe Hansen a déclaré :  «Nous avons des réserves dans ces 450 millions d'euros (de la réserve de crise agricole européenne, ndlr) que l'on pourrait débloquer à court terme.» Il ne s'est pas prononcé sur le financement de l'arrachage, au regret de la profession. La veille, Annie Genevard avait rappelé avoir sollicité la Commission européenne pour « mobiliser la réserve de crise européenne, notamment pour financer la distillation de crise des surstocks non marchands, prioritairement en caves coopératives ». À la veille du salon Sitevi, qui s’ouvrait le 25 septembre à Montpellier, la ministre de l’Agriculture a annoncé un « plan national de sortie de crise » pour la filière vitivinicole, en proie à une crise de la demande. Parmi ses principales mesures, ce plan comprend « une nouvelle enveloppe de 130 M€ pour l’arrachage définitif », mesure réclamée par la profession (après une première enveloppe de 120 M€ déployée fin 2024 sur plus de 27 000 ha). Face à la Cnaoc, le commissaire européen a par ailleurs rappelé son engagement à ouvrir de nouveaux marchés à l'exportation, comme l'Inde, au travers d'accords commerciaux.

Vin : la FNSEA déplore un calendrier des aides à l’arrachage « pas à la hauteur »

La FNSEA a jugé le 25 novembre que le calendrier des aides à l’arrachage de vignes n'était « pas à la hauteur de ce qui avait été demandé », après un échange avec Annie Genevard, présente à l'ouverture du salon Sitevi à Montpellier. « Le 130 M€ d’hier soir n’est plus à ce stade que 70 M en 2026 », a déploré auprès de l'AFP le président Arnaud Rousseau. « La ministre vient de préciser que ce ne serait que 70 M€ en 2026 », a-t-il déploré, précisant que le reste serait « étalonné en 2027. À 4 000 euros l’hectare arraché, ça ne fait qu’un peu moins de 20 000 hectares », loin de la première phase de 50 000 ha souhaités par la FNSEA. « Ça n’est pas ce que les viticulteurs avaient compris hier soir », d’après lui. « Nous ferons une première évaluation à 70 M€ pour un déploiement ensuite à la hauteur de ce que nous avons dit, a déclaré à la presse la ministre de l’Agriculture. Nous verrons bien ce que nous aurons consommé en 2026 », a-t-elle précisé, ajoutant qu’« il n’y avait absolument aucun doute sur la somme des 130 M€ sur laquelle le gouvernement s’est engagé ». « Nous, nous demandons que cet arrachage ne soit pas définitif, mais temporaire, a souligné Rémi Dumas, président JA de l’Hérault. Nous voulons des perspectives pour planter de la vigne qui s’adapterait aux consommateurs, tels que de nouveaux cépages par exemple ».

Vin : la Cnaoc veut réorienter les budgets du PSN vers la relance de la consommation

A l'occasion de l'assemblée générale de la Cnaoc (vins AOC) le 25 novembre, son président Jérôme Bauer a indiqué qu'il souhaitait réviser la répartition de l'enveloppe viticole du plan stratégique national (PSN), la déclinaison française de la Pac, pour privilégier la relance de la consommation. Dans ce budget de 270 millions d'euros, «nous allons devoir faire des arbitrages budgétaire, pour ramener d'autres thématiques et muscler la promotion», a déclaré le viticulteur alsacien. Dans le détail, il propose d'«économiser sur la restructuration et l'investissement, et de muscler la promotion interne et pays tiers». Et de souligner que les Italiens investissent 100 millions d'euros pour la promotion à l'export, contre 40 millions d'euros seulement en France. Par nouvelle thématique, Jérôme Bauer entend «quelques millions d'euros» destinés à l'oenotourisme, «pas pour des projets individuels mais collectifs». Invité de l'assemblée générale, le viticulteur et négociant Gérard Bertrand a plaidé pour «mettre beaucoup plus de moyens» dans la promotion, évoquant un investissement annuel de 150 à 200 millions d'euros.

Egalim/vin : la filière viticole pousse une PPL pour faire respecter les coûts de production

À l'occasion de l'assemblée générale de la Cnaoc (vins AOC) le 25 novembre, l'administrateur bordelais Stéphane Gabard a indiqué que la filière travaillait avec des parlementaires pour qu'ils déposent une proposition de loi visant à intégrer la question du revenu des viticulteurs dans les relations commerciales. Le texte viserait à interdire « la vente à perte » chez le viticulteur, en se basant sur des indicateurs de coûts de production, mais aussi de marché, précise M. Gabard en marge de l'évènement. Interrogé par Agra Presse, le président du Cniv (interprofession) Bernard Farges explique que l'objectif est « de ne pas descendre en dessous des coûts de production » des viticulteurs, tout en laissant des marges de manœuvre aux territoires. Le projet de texte de la filière a été présenté à la FNSEA. Interrogé par Agra Presse, son président Arnaud Rousseau n'a pas eu connaissance de ce projet de texte en particulier, mais indique en partager « l'esprit », précisant que l'intégration des coûts de production doit être, selon lui, différenciée selon les filières et les marchés. La filière viticole doit consulter prochainement Bercy sur son projet. Rappelons que d'autres véhicules législatifs sont dans les tuyaux, qui vont dans la même direction. La ministre de l'Agriculture Annie Genevard n'a, pour l'heure, pas abandonné l'idée d'un projet de loi Egalim 4, qui aborderait la question du revenu des agriculteurs. La filière vin compte également sur le paquet vin européen, pour fixer des prix d'orientation dans la filière.

Cognac/porc : visite d'Emmanuel Macron prévue en décembre à Pékin

À l'occasion de son audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat le 19 novembre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a évoqué un projet de déplacement d'Emmanuel Macron en Chine, dans un contexte de conflits commerciaux dans les filières porcs et spiritueux (cognac). L'Élysée confirme à Agra Presse que cette visite est bien prévue, même si elle n'a pas encore été confirmée officiellement. La liste des filières embarquées avec la délégation n'est pas encore définie. En cognac, Pékin avait imposé en 2024 d’importantes restrictions aux importateurs de brandys européens, mesure largement perçue comme une réponse à l’enquête antidumping européenne visant les véhicules électriques chinois. En juillet, les principaux exportateurs comme Hennessy, Rémy Cointreau et Martell, ont accepté d’augmenter leurs prix pour échapper à une hausse des droits de douane. Même situation en porc, où la Chine a annoncé en septembre des droits antidumping sur les exportations de porc européen depuis le 10 septembre, ce qui affecte les exportations européennes, notamment les abats. La semaine dernière, le prix de base au cadran de Plérin était sur le point de passer sous la barre de 1,50 €/kg. Le cours était de 1,495 €/kg le 20 novembre, du fait d’une baisse de 0,9 centime, en dépit de l’effort de certains acheteurs pour le maintenir autour de 1,50 €/kg,

Influenza : en Vendée, plus de la moitié des mises en place bloquées à la Ciab

Du fait de l’élargissement des zones réglementées autour des foyers d’influenza en Vendée, les mises en place de poussins sont bloquées pour l’équivalent de 60% de la production de la coopérative Ciab (fournissant Arrivé du groupe LDC), a confié son son directeur général Patrick Pageard en marge de la conférence de presse de l’interprofession Anvol le 25 novembre. Le professionel a mis en avant le récent renforcement volontaire des mesures de prévention dans le territoire, notamment le dépeuplement préventif dans des zones « pare-feu » et l’organisation des flux de camions de telle sorte qu’ils terminent leur tournée dans les zones de sécurité. Ces dispositions volontaires s’ajoutent aux mesures rendues obligatoires le 21 novembre par le ministère en Vendée et trois départements voisins. « Grâce à la coopération de tous les acteurs, on échappe à l’emballement des contaminations que l’on connaîtrait du fait d’une pression infectieuse qui surpasse tout ce qu’on a connu », a-t-il estimé auprès d’Agra Presse. Patrick Pageard a aussi donné un exemple de la rapidité du traitement des « alertes à la moindre suspicion » : « Celle de ce matin à 9h44 [le 25 novembre] a été infirmée à 11h54, comme d’autres, tous les jours ».

Lait : le plan caprin d’Agrial vise l’installation de 40 éleveurs par an d’ici 2035

La coopérative Agrial a dévoilé le 25 novembre son plan caprin 2035, qui vise à « installer une quarantaine d’éleveurs par an d’ici 2035 » et « soutenir le développement des élevages existants. » L’objectif de ce plan est d’augmenter la collecte de la coopérative de 35 millions de litres de lait de chèvre en 10 ans. Pour rappel, la filière lait d’Agrial représente 160 millions de litres de lait de chèvre collecté par an. Elle possède notamment la marque Soignon, leader du fromage de chèvre en France. Le nouveau plan s’articule autour de trois piliers : des formations, un suivi individuel par un référent conseiller lait, et un accompagnement financier. La coopérative prévoit notamment « un prix garanti pendant 5 ans, réévalué pour les nouveaux installés et les développements d’exploitation, une dotation Soignon versée dès la première année pour les nouveaux producteurs et les développements d’exploitation, pouvant aller jusqu’à 15 000 € par associé, et une aide à l’achat de reproducteurs de bonne qualité sanitaire et génétique. » Le premier plan d’accompagnement de la filière caprine lancé en 2016 a permis de collecter plus de 25 millions de litres de lait de chèvre supplémentaires, de réaliser 300 installations et d’accompagner 77 projets de développement.

Lait : les éleveurs de chèvre demandent à l'aval de mieux payer le lait

Les éleveurs de chèvres de la Fnec (FNSEA) a déploré le 25 novembre un prix du lait de chèvre payé aux éleveurs qui reste trop faible et demande aux transformateurs et distributeurs une augmentation du prix du lait. « La matière première agricole (MPA) n’a pas connu de hausse ces dernières années et cela s’est répercuté sur le prix de base du lait de chèvre qui stagne depuis 2023 », peut-on lire. Deux années difficiles se sont succédé. « En 2023, alors que la production stagnait, le coût de production augmentait de 50 €/1000L. Quant à 2024, la collecte a baissé « de plus de 14 millions de litres. » Et « en 2025, les coûts de production se maintiennent à un niveau élevé, ils ne diminuent pas ! » Un même constat est dressé par la section caprine de la Coordination rurale : « aucun signal de revalorisation du prix du lait n’a été donné par les industriels, car l’indicateur Ipampa ne reflète pas la réalité économique des élevages est en baisse ! » Selon le syndicat, l’indice « censé refléter les coûts de production, n’intègre pas deux postes essentiels : la main-d’œuvre et le fermage. » Il demande donc que « les discussions interprofessionnelles intègrent enfin l’ensemble des charges réelles supportées par les éleveurs. »

Lait : 500 salariés attaquent Lactalis pour obtenir leurs primes

Selon Me Renaud Portejoie, représentant « plus de 500 salariés » de Lactalis, une action en justice est enclenchée, depuis le 20 novembre, contre le géant laitier pour obtenir le versement de primes de participation « indûment réduites ». Ces salariés se sont constitués partie civile dans l’enquête menée actuellement par le Parquet national financier sur des faits de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale contre la SAS BSA, société mère de Lactalis. Ils s’estiment victimes de fraude fiscale puisque la participation qui leur a été versée a été calculée sur la base de bénéfices minorés par Lactalis. La société a déjà réglé au fisc 475 millions d’euros fin 2024 pour éviter des poursuites sur ce dossier. Les salariés déposent aussi plainte contre X pour escroquerie. Il est reproché à la SAS BSA de ne pas avoir publié ses comptes consolidés, ce qui « interdit tout recours des salariés en remboursement des primes de participation spoliées », selon le courrier de l’avocat qu’Agra Presse a pu consulter. Contactée, la communication de Lactalis indique que « les comptes sociaux sont publiés auprès du tribunal des affaires économiques de Paris» et que «le règlement d'ensemble conclu avec l'administration fiscale fin 2024 a permis de mettre un terme à un différend d’interprétation portant sur l’imposition de deux sociétés internationales, lesquelles ne sont en aucun cas concernées par le dispositif de participation aux résultats des salariés. »

Lait : Besnier assigné en référé pour non-publication des comptes de Lactalis

Emmanuel Besnier, représentant légal de la SAS BSA, maison mère de Lactalis, a été assigné en référé, le 25 novembre devant le tribunal des affaires économiques de Paris par Alexandre et Maxime Renahy, rapporte leur avocat Renaud Portejoie. Ils demandent qu’Emmanuel Besnier dépose et publie les comptes consolidés et les « procès-verbaux de chacune des décisions de l’assemblée générale », selon le document consulté par Agra Presse, sous astreinte de 20 000 euros par document et par jour de retard. Ces demandes couvrent les exercices 2020 à 2024. L’audience est fixée au 11 février 2026. Le but de l’action en justice est de pouvoir vérifier que la minoration des bénéfices, pour laquelle Lactalis a bénéficié d’un règlement d’ensemble fin 2024 contre le paiement de 475 millions d’euros au fisc, s’est bien concrétisée par le versement aux salariés de primes de participation réduites (voir ci-dessus). Lactalis précise que « les comptes sociaux sont publiés auprès du tribunal des affaires économiques de Paris » et que les deux sociétés internationales concernées par le règlement d’ensemble « ne sont en aucun cas concernées par le dispositif de participation aux résultats des salariés. »

Viande chevaline : deux propositions de loi pour interdire l’hippophagie, la FNC inquiète

Des parlementaires ont récemment déposé deux propositions de loi (PPL) visant à interdire la consommation de viande de cheval en lui octroyant le statut d’animal de compagnie, une évolution qui « provoquerait un choc économique, social, environnemental et entrepreneurial sans précédent », alerte la FNC (éleveurs de chevaux, FNSEA) dans un communiqué le 20 novembre. Le dernier texte en date est celui de la sénatrice Samantha Cazebonne (RDSE, Français hors de France), déposé le 4 novembre. L’élue macroniste propose de « faire évoluer le statut juridique du cheval » en l’excluant de la catégorie des animaux de rente. D’après l’exposé des motifs, l’article 2 de la PPL « exclut strictement et sans dérogation possible, le cheval de notre chaîne alimentaire en interdisant son abattage et sa transformation en viande commercialisable ». Quelques semaines plus tôt, le 16 septembre, le député Éric Paugel (DR, Alpes-Maritimes) déposait une PPL similaire. Pour la FNC, « le statut d’animal de compagnie interdirait ou rendrait illégales » les activités économiques liées au cheval et à son élevage, faisant peser une « menace directe sur la liberté d’entreprendre ».

Bovins : 3 000 animaux débarquent en Libye après avoir été refusés en Turquie

Près de 3 000 bovins uruguayens, bloqués pendant un mois sur un navire au large des côtes turques, ont débarqué en Libye « en bonne santé », a annoncé le gouvernement uruguayen le 24 novembre. Les autorités turques avaient bloqué le débarquement, invoquant des incohérences dans les certificats sanitaires requis pour l'entrée du bétail sur leur territoire. L'Uruguay a évoqué un désaccord entre l'exportateur et l'importateur et avait indiqué la semaine dernière que le navire avait entamé son voyage de retour, tout en précisant qu'il tenterait de réacheminer le bétail vers une autre destination. Avec le débarquement des 2 901 animaux, cette situation « est définitivement résolue », a souligné le ministère uruguayen de l'Élevage, de l'agriculture et de la pêche. Des inspections réalisées le 21 octobre avaient révélé que « certains animaux n'étaient pas munis de boucles auriculaires ni de puces d'identification électronique, et que 469 d'entre eux ne correspondaient pas aux listes fournies », ce qui a conduit à l'interdiction d'entrée du bétail, a indiqué le gouvernement turc. Le 24 novembre, Montevideo a réaffirmé que « cette affaire ne soulève aucune préoccupation sanitaire concernant le bétail exporté » et qu'il s'agit d'un différend entre parties privées.

Tomates/Sahara occidental : pression pour rejeter l’acte délégué sur l’étiquetage de l’origine

A la veille du vote, le 26 novembre au Parlement européen, de l’acte délégué relatif à l’étiquetage de l’origine des fruits et légumes originaires du Sahara occidental, trois organisations agricoles de l’UE (Copa-Cogeca, EUCOFEL et AREFLH) alertent sur ses conséquences négatives pour la filière européenne des fruits et légumes. Elles appellent donc à adopter l’objection au texte, déposée par le groupe politique PPE (droite), afin d’obtenir une « renégociation complète et équilibrée de l’accord ». Selon elles, la proposition est un « contournement juridique qui trompe les consommateurs, ignore la jurisprudence européenne et crée un précédent pour masquer l’origine des produits ». Elles regrettent également l’absence de mesures de réciprocité, de clauses miroirs et de mécanismes de sauvegarde robustes alors qu’elles estiment que les producteurs européens feront face à une concurrence déloyale des produits sahraouis. Enfin, les associations déplorent la délégation de la délivrance des certificats de conformité aux autorités marocaines. La proposition de l’exécutif européen avait été vivement critiquée par les eurodéputés de plusieurs groupes politiques de la commission de l’Agriculture à l’occasion de leur réunion du 20 novembre.

Fruits : réformes validées pour les AOP Chasselas de Moissac et Noix du Périgord

Les modifications des cahiers des charges des AOP Chasselas de Moissac et Noix du Périgord ont été approuvées par le comité national des appellations d’origine laitières, agroalimentaires et forestières, a indiqué l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) le 19 novembre. « Ces deux cahiers des charges feront l’objet d’une procédure nationale d’opposition de deux mois avant leur homologation », selon un communiqué diffusé le 24 novembre. Les modifications du cahier des charges de l’AOP « Chasselas de Moissac » résultent d’une d’expérimentation menée entre 2018 et 2023 sur les modes de conduite et les niveaux de rendement, destinée à vérifier le maintien de la qualité malgré une hausse des rendements. « Le changement majeur est celui de l’augmentation des rendements autorisés dans le cadre de l’AOP » », confirme l’AOP chasselas de Moissac à Agra Presse. Concernant l’AOP Noix du Périgord, les modifications du cahier des charges prévoient l’introduction d’une cinquième variété, la Fernor, plus tardive et donc un peu moins gélive. Elles intègrent également de nouvelles mesures agroécologiques, à savoir la limitation annuelle des apports d’azote par hectare et l’enherbement des vergers, souligne Carmen Vilheno de Castro, animatrice de l’AOP Noix du Périgord à Agra presse. Enfin, le cahier des charges autorise désormais l’énoisage mécanique.

Chambres d'agriculture : mise sous tutelle préfectorale de la chambre de Lozère

La chambre d’agriculture de Lozère, théâtre de fortes dissensions entre sa présidente FNSEA et la Coordination rurale (CR) qui conteste sa réélection, a été placée sous tutelle de la préfecture, a appris l'AFP le 25 novembre de sources concordantes. L’élément déclencheur remonte au 21 novembre, lorsque la CR a refusé de voter le budget 2026 et le budget rectificatif 2025, comme l’ont rapporté à un journaliste de l’AFP la présidente Christine Valentin (FNSEA) et plusieurs élus CR. Cette situation a de facto entraîné la mise sous tutelle de l’organisme. «Dans l’immédiat, il s’agit d’achever l’année 2025 en payant les dépenses obligatoires», a expliqué à l’AFP la secrétaire générale de la préfecture, Laure Trotin, appelant à restaurer «un dialogue nécessaire» pour construire «un budget de compromis»n faute de quoi le budget 2025 sera reconduit «aussi longtemps que nécessaire». Pour justifier son refus de voter les budgets, la CR a assuré n’avoir reçu les comptes «que la veille de la session», selon Jean-Luc Boulet, l’un des élus, pour qui «le blocage ne vient pas de la CR» mais de Mme Valentin, qui n’est selon lui «ni légitime, ni majoritaire». Aux élection de début d'année, la CR avait obtenu 13 élus sur 18 dans le collège 1 (exploitants actifs) mais les autres collèges avaient renversé la tendance pour arriver à une égalité parfaite et Mme Valentin avait finalement été élue au bénéfice de l’âge.

Machines agricoles : la FNCuma présente ses six propositions pour la future PAC

Dans un communiqué du 25 novembre, la FNCuma (représentant les coopératives d’utilisation de matériels agricoles) a présenté ses six propositions pour la future Pac. La première porte sur le plan stratégique nationale (PSN) de la Pac dans lequel le réseau veut définir des «principes communs» concernant les aides aux investissements pour les Cuma, déclinés dans des politiques publiques régionales ». La FNCuma propose ensuite de créer un « dispositif d’aide à l’investissement immatériel (comme le conseil, NDLR), dédié aux collectifs agricoles ». Vient ensuite le renforcement du conseil indépendant en mécanisation, en amont et en aval d’acquisition de matériel.  La quatrième proposition porte sur la coordination de la Pac et des politiques publiques nationales en matière d’aides aux investissements. La cinquième recommande l’inclusion dans l’observatoire des prix et des marges « des données relatives à l’amont et aux agroéquipements », comme défendu à l'Assemblée par le député socialiste Dominique Potier. La dernière proposition est de rendre éligible à l’aide aux investissements le matériel reconditionné, « sous réserve d’une garantie équivalente à l’état d’origine et du respect d’un cadre strict à définir en matière de subventionnement ». Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, les députés français ont voté le 14 novembre un crédit d’impôt au titre des charges de mécanisation collective. L'examen du texte proposé débutera au Sénat le 27 novembre. 

Machines agricoles: tendance légèrement haussière des accidents, malgré moins de tracteurs

Le nombre d'accidents corporels ayant impliqué un tracteur agricole a augmenté en 2024, et suit une tendance haussière depuis 2010. Selon le bilan annuel de l'observatoire de la sécurité routière diffusé en septembre. En 2024, 267 accidents corporels ont impliqué un tracteur agricole, contre 249 en 2023, 243 en 2019 et 237 en 2010, soit une tendance légèrement à la hausse, alors même que le nombre de tracteurs est en érosion depuis les années 1990. Ces accidents ont induit la mort de 50 personnes (43 en 2010) dont 12 dans un tracteur. Parmi ces 50 tués, onze le sont dans un accident avec un tracteur seul, 35 dans un accident avec d’autres usagers (dont quatre piétons).  Parmi les 49 conducteurs de tracteurs agricoles impliqués dans un accident mortel en 2024, 4 ont entre 14 et 17 ans et 4 ont plus de 64 ans ; 47 sont des hommes et 2 des femmes. Début novembre, la FRSEA Bretagne, plusieurs syndicats de salariés et acteurs sociaux ont présenté une campagne régionale inédite autour de la sécurité en tracteur. Elle vise à sensibiliser les employeurs et les jeunes en formation agricole aux bons réflexes pour prévenir les risques. L’évolution de la technologie, une certaine « insouciance » de la part des jeunes et un potentiel « défaut d’appréciation » de ces derniers par les exploitants seraient autant de vecteurs de risques, selon un élu.

Chasse : Jean-Christophe Chastang réélu président d’InterProchasse

Réuni le 19 novembre, le conseil d’administration d’InterProchasse a réélu Jean-Christophe Chastang à la présidence de l‘interprofession, selon un communiqué diffusé le 25 novembre. Cet éleveur de gibier dans la Drôme entame son troisième mandat à la tête de l’interprofession. M. Chastang est par ailleurs président du SNPGC (producteurs de gibier de chasse) et vice-président de la CFA (aviculteurs, FNSEA). Cité dans le communiqué, il a indiqué vouloir « intensifier les actions de communication » de l’interprofession, « mener à bien [ses] projets stratégiques », tout en continuant à « renforcer les liens avec les familles professionnelles composant InterProchasse ».